Q. VIXIT ANN, IL, M. X, D XIII
jusqu'au sac, jusqu'à l'instrument du travail; mais rien ne justifierait ce système *. Dans le cimetière de Sainte-Agnès, à Rome, on voyait une peinture à fresque représentant non plus un seul vigneron ou marchand de vin, comme sur la planche précédente, mais huit hommes qui portent sur leurs épaules un tonneau, sans doute rempli de vin, près de deux autres tonneaux. Cette fresque surmontait une sépulture où reposaient ces huit individus d'âge divers et composant une famille entière de marchands de vin ?.
On ne doit pas donner constamment une explication mystique des vases, canthares, fioles, écrins, tonneaux, lampes, chandeliers, balances, pesons, fléaux, marteaux, ciseaux, haches, boisseaux, tessères, ancres, vaisseaux, maisons, chaises, pains, raisins, dattes, olives, roses, cyprès, palmiers, palmes, cœurs, oiseaux, poissons, quadrupèdes. Expliquer par le symbole ou l’allégorie tous les instruments, tous les outils des métiers, tous les ustensiles de ménage, toutes les plantes, fleurs, fruits ou feuilles de la nature, tous les objets des arts, toutes les représentations humaines ou animales, tous les êtres fantastiques qui couvrent ces monuments, cest détourner vers une acception hypothétique et souvent déraisonnable des objets
* Cette pierre tumulaire est gravée dans Bosio, Rom. sotterr. p. 505, L'inscription suivante accompagne çe dessin :
GAVDENTIO FECERUX FRATRI QUI VIGSIG ANNJS ZXXVIIII M VIII D XWI1.
On retrouve Îà des fautes d'orthographe qui s'expliquent très-bien par la condition du mort; ce mort exerçait sans doute le même état que ses frères qui lui ont élevé ce monument funéraire. Fecerum pour fecerunt, vicsic pour vixit sont des exemples curieux de ces fautes qui sont si multipliées dans les inscriptions funéraïres des premiers chrétiens.
* Bosio { Rom. sott. p. 557 \ donne un dessin de ce curieux monument.
dont le sens est prochain, réel et non pas figuré; mais appliquer tout cela à Jésus-Christ, comme on paraît disposé à le faire, cest dépasser toute mesure et, disons-le, toute convenance. Cependant, parmi ces signes innombrables, il en est un qui domine tous les autres, et qui, par sa présence, définit les monuments où il brille: c'est la croix. Ici, dans cette histoire de la seconde personne de la Trinité envisagée dans sa nature divine, il ne devait pas être question de la croix, gibet où expire la nature humaine; c'est à la vie terrestre de Jésus qu'elle appartient exclusivement et non pas à son existence divine. Cependant, comme l'agneau , comme le lion, là croix symbolise la seconde personne de la Trinité. Là, par exemple, où l'on figure la Trinité entière, le Père par un portrait d'homme, le Saint-Esprit par une colombe, on voit le Christ représenté quelquefois par sa croix uniquement }, tandis que sa personne, lui-même, est absent. Il est renfermé dans sa croix, comme il l'est dans l'agneau *, comme le Saint-Esprit l'est dans la colombe. C'est à ce titre qu'il faut en parler ici.