‹ Iconographie chrétienne. Histoire de DieuChapitre 73 sur 126 · GROIX GRECQUE À DOUBLE TRAVERSE · texte numérisé non relu

GROIX GRECQUE À DOUBLE TRAVERSE

Sculpture d'Athènes, xr° siècle.

le

PT Ÿ Fait Cas)

LLLZ LL Les IS

Ces deux croix ornent le portail occidental d'une église d'Athènes , et sont sculptées sur des plaques de marbre blanc. On avait donné la croix à l'aigle et au faucon; il convenait donc de la compléter par la croix aux deux paons, car celle-ci est à gauche et fournit la première moîtié de l'inscription.

ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. 399 En Grèce, au pied des croix sculptées et peintes qui ornent les églises, on voit presque toujours des animaux affrontés qui regardent avec terreur ou avec amour le signe de la rédemption sous lequel ils paraissent shumilier. Le lion, l'aigle, le paon, le faucon, sont les animaux qui se voient le plus souvent. L'aigle et le paon, qui sont l'emblème de Forgueil; le faucon et le lion, qui rappellent la violence cruelle et la cruauté grossière, pourraient bien signifier que ces passions mauvaises sont forcées de passer sous le joug de la croix. La colombe et la brebis, qu'on voit fréquemment sur les fresques des catacombes et les anciens sarcophages, pourraient annoncer que les vertus sortent de la croix comme les vices sont abattus par elle. Saint Paulin, évêque de Nole, envoie à son ami Sulpice Sévère les distiques suivants, qu'il avait écrits près de deux croix peintes en rouge, ceintes d'une couronne de fleurs et escortées de deux colombes :

Ardua floriferæ crux cingitur orbe coronæ, Et Domini fuso tincta cruore rubet.

Quæque super signum resident cæleste columbæ Simplicibus produnt regna patere Der.

On dirait que ces vers ont été composés pour une Croix ainsi figurée sur un sarcophage en marbre, et qui provient du cimetière du Vatican !. Saint Paulin dit encore:

7 RARE Tolle crucem qui vis auferre coronam.

Si l'intention allégorique est incertaine dans les exemples qui précèdent, elle ne saurait être douteuse dans la croix sui-

* Voyez les œuvres de saint Paulin, Epistola XII ad Severum , et Bosio, Rom. sotterr. p. 79. — En fait d'interprétations allégoriques, l'imagination a devant soi une carrière immense; nous nous arrêterons donc ici, et nous renverrons, pour plus de détails, à la quatrième partie tout entière de la Rom. sotlerr. surtout à commencer du chapitre xr1. Nous n'adoptons pas les idées de Bosio; mais nous n'en recommandons

vante, qui est pattée, inscrite dans un cercle et cantonnée de quatre livres ouverts, dont chacun est lui-même inscrit dans une auréole circulaire. Nous avons déjà vu plusieurs dessins où Jésus-Christ, renfermé dans une auréole, soit elliptique 4 soit circulaire, est accompagné des attributs des quatre évangélistes; ici le Christ est représenté par sa croix et les évangélistes par leur évangile.

Page 1