PRE
RS Te) à a
:PAVL DV RAN D:€EX-MS:GTR
Se ss . ne , D 4 À + Vicset D'URNE PRET
Ce dessin est tiré d’un manuscrit grec. oùu.nous avons déjà
PA
, Psalterium cum fiquris, grec, n°139: On dit sur le livre que
:. Bibliothèque royale
üent David :
COY TK BACIAEI AOC KAÏI THN AIKAIOCYNHN
«O @€ TO KPIMA
COY TW YIW TOY BACIAE(DC.» On voit que le sigma est partout.en forme de C:
hñl INSTRUCTIONS.
pris le prophète Isaïe placé entre le Jour et la Nuit!. David, assisté par la Sagesse et la Prophétie, tient un livre où est écrit : « O Dieu! donnez votre discernement au roi, et au fils du roi votre justice. » Le texte et les deux personnifications de la Sagesse et de la Prophétie, assistant au trône, ont trait à l’intelligence. Ce discernement que David demande pour lui, cette justice qu'il implore pour Salomon son fils, lequel prononça un jugement dont l'intelligence fait encore aujourd'hui notre admiration, tout cela est de la sagesse et de la droïture d’esprit. Dieu est favorable à la prière de David , et le Saint-Esprit plane sur la tête du roi, qu'il remplit de tous ses dons. On remarquera le nimbe qui entoure la tête de David et celle des deux allégories. Ce tableau est réellement l'apothéose de l'intelligence que sanctifie l'Esprit divin. L'Esprit est le dieu de la raison. Du reste, cette doctrine est dans le passage suivant de saint Paul, qu'on ne saurait trop méditer : « L'esprit est donné visiblement à chacun pour l'utilité. L'un reçoit de l'esprit la parole de la sagesse; l'autre reçoit du même esprit la parole de la science. À l'un la foi arrive par le même esprit; à l’autre, et par cet esprit unique, le don de guérir les maladies. L'un a le don des miracles, un autre des prophéties, un autre du discernement des esprits, un autre des langues diverses, un autre
l'epsilon et l'oméga sont archaïques également. Remarquez des fleurs de lis au x‘ siècle. semées avec des quatre-feuilles sur le manteau de David. Ceci me rappelle qu'une couronne fleurdelisée, en marbre blanc, est sculptée sur la façade méridionale, au dehors de l'église principale de Chilandari, grand couvent du mont Athos. Des fleurs de lis décorent également l’abside de l’église dite Hécatompyli, à Mistra. Le manuscrit est reconnu du x° siècle, l'Hécatompyli m'a semblé du xrr1° et la couronne de Chilandari du xv°. Je doute qu’on trouvé en France des fleurs de lis réelles qui soient authentiquement antérieures au x1° siècle, et je pense que c’est un ornement choisi au hasard parmi beaucoup d’autres et adopté par les rois de France, pour leur blason, seulement à partir du x11° ou même du xrr1° siècle.
* Plus haut, p. 208, pl. 52.
LA ° e ,
de l'interprétation des langues. Mais c'est un seul et même esprit qui opère toutes ces choses et fait, selon qu'il lui plaît, la part à chacun ‘.» Moïse avait déjà dit que l'esprit de Dieu fait prophétiser et qu'il donne l'intelligence de l'avenir; et les Actes des apôtres avaient ajouté que le Saint-Esprit parlait par la bouche des prophètes*?. Tout cela est conforme au texte de saint Paul et au dessin du manuscrit grec. Saint Pierre enfin avait reproché à Ananie de mentir au Saint-Esprit; or le mensonge est surtout un vice intellectuel. La science et la pensée modernes recueillent ces textes épars; elles groupent et multiplient ces faits isolés et trop rares encore, les mettent sous un jour plus éclatant, et prononcent, que le Saint-Esprit a commencé son règne. Ce qui flottait au moyen âge commence à se fixer aujourd'hui; et chaque personne divine rentre dans ses attributions spéciales *.
Au reste, l'art chrétien lui-même attribue quelquefois l'intelligence au Saint-Esprit, tandis qu'il donne la force au Père et l'amour au Fils. Le dessin suivant présente ce fait, qui est pour nous du plus haut intérêt.
* Ad Corinthios, I, cap. x11, v. 7-11. « L'esprit de Dieu scrute et conNAÎîT ce qui est en Dieu, dit saint Paul dans la même épitre, chap. 11, v. 10 et 11. Il y aurait peut-êlre lieu de parler ici du péché contre le Saint-Esprit, péché qui paraît purement intellectuel, irrémissible et sur lequel on a tant discuté; mais nous ne sortirions de ce grave débat qu'après une dissertation fort longue et où l'archéologie monumentale n'a presque rien à voir. On peut consulter d’ailleurs un traité du bénédictin allemand Martin Gerbert; cet ouvrage, imprimé en 1767, a pour titre : De peccato in Spiritum Sanctum in hac et in altera vita irrenussibili.
? Lib. Numerorum, cap. xu1, v. 25-29.— Tertullien, De anima, cap. 11, dit : « Sancti «Spiritus vis operatrix prophetiæ. » — Act. Apost. cap. xVH1, v. 29.
* « Dieu est en trois personnes : la puissance est au Père, qui a tout créé; l'amour au Fils, qui a tout racheté; l'intelligence au Saint-Esprit, qui a tout vivifié. » Ainsi s'exprime M. Fabisch, statuaire lyonnais, dans une introduction à l'histoire et à la philosophie de l'art chrétien. (Voyez l'Institut catholique, tome II, p. 308, n° de décembre 1842.) L'Ins-
titut est un recueil périodique; il se publie à Lyon, sous les yeux et le patronage de MF de Bonald , cardinal-archevèque.
111. — SAINT-ESPRIT EN DIEU DE L'INTELLIGENCE ET TENANT UN LIVRE. Miniature française du x1v° siècle !.
Au centre de cette Trinité, Dieu le père tient de globe, attribut de sa toute-puissance et de la création, dont il est l'auteur. Le Fils, qui est assis, suivant la loi, à la droite de son Père, tient la croix où il est mort et qui est surmontée quelquelois d'un pélican souvrant les entrailles pour ressusciter ou nourrir ses petits * : cette croix est le symbole de l'amour.
© Manuscrit français, Bibl. roy. fonds Lavall.
* Voyez un remarquable dessin à la couleur noire, sur soie, qui appartient à M. Jules Boilly. Cette pièce, longue de deux mètres cinquante centimètres, sur soixante et dix centimètres de haut, vient des environs de Narbonne et a dû être exécutée en Allemagne ; elle a servi sans doute de parement d’autel. Au centre, Jésus meurt entouré de sa mère, de saint Jean évangéliste, de la Religion chrétienne personnifiée et d'Isaïe, de la Synagogue personnifiée et de. David. Au pied sont agenouillés un roi et une reine qui ressemblent à Charles V de France et à sa femme, qui sont aujourd’hui à Saint-Denis et qu'on prend bien à tort pour saint Louis et pour Blanche de Castille. Le K de Karolus sert d'ornement
ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. hA7 Le Saint-Esprit, à la gauche du Père, aussi âgé que le Père et le Fils, et couvert symboliquement de leur propre manteau , tient un livre ouvert, qui est l'attribut de l'intelligence et qui a la forme des tables de la loi. Constamment le livre désigne l'intelligence, l'étude, la science. Un texte de Guillaume Durand, que nous avons donné plus haut, ne laisse aucun doute là-dessus. Le rouleau signifie la science incomplète; le livre, la science parfaite. On devrait toujours donner le livre aux apôtres et le rouleau aux prophètes, pour marquer le degré de connaissance des uns et des autres’. Le Saint-Esprit est donc ici la source, la cause de l'intelligence, et c'est ainsi principalement qu'il devra être figuré dans l'avenir.
CULTE DU SAINT-ESPRIT
Les honneurs extérieurs rendus au Saint-Esprit, moindres que ceux du Christ, surpassent ceux qu on attribue à Dieu le père. L'art figure le Saint-Esprit plus rarement que Jésus, mais beaucoup plus souvent que Jéhovah.
Sous le nom de Saint-Esprit et sous celui de Paraclet, beaucoup d'églises et de couvents ont été élevés à la troisième per-
au cadre. À droite et à gauche du crucifiement sont l'arrestation de Jésus au jardin des Oliviers, la flagellation , le portement de la croix, la sépulture, la descente aux enfers et l'apparition à Madeleine. Au sommet de la croix le pélican se perce le ventre. C’est du x1v* siècle et d’une fort remarquable exécution: Un pélican est posé de même sur la cime de la croix dans les crucifiements qui ornent beaucoup de manuscrits à miniatures. Le pélican , image du dévouement absolu , devait accompagner le crucifiement; on le voit sur des vitraux du x11° siècle qui décorent lachapelle du fond de l'abside, dans l'ancienne église abbatiale d'Orbais (Marne, arrondissement d'Épernay).
* Voyez ce que nous disons à ce sujeb, page 280. Du reste, voici le texte de Durand; on ne sera pas fâché de lé connaître : « Ante Christi adventum fides figurative ostende- «batur, et quoad multa in se implicita erat. Ad quod ostendendum patriarchæ et pro- «phetæ pinguntur cum rotulis, per quos quasi quædam imperfecta cognitio designatur. « Quia vero apostoli in Christo perfecte edocti sunt, ideo libris, per quos designatur con- « grue perfecta cognilio, uti possunt. » { Rationale div: offic: b. F, cap. ri.)
18 INSTRUÜCTIONS.
sonne divine. En Italie, à Florence, c'était une église et un cloître qui furent peints par Cimabue”; à Rome, une église et un hôpital construits et sculptés par Marchione d’'Arezzo, sous le pape Innocent IIT?; à Arezzo, c'était l'oratoire du Saint- Esprit, dont le maître-autel fut peint à fresque par Taddeo Gaddi, élève de Giotto*. À l'entrée de Palerme, l’église de Santo-Spirito, bâtie en 1173”, est célèbre dans les annales du pays; car là se passa l'événement qui fit éclater la vengeance méditée depuis longtemps par Jean de Procidaÿ. Le Campo-
* Vasari, Vies des peintres, Vie de Cimabue. L'église fut rebâtie par Brunelleschi.
* Idem, ibid. Vie d'Arnolfo di Lapo. Au Borgo-Vecchio existaient cet hôpital et cette église de Santo-Spirito-in-Sassia. (Voyez dans les Mémoires de la commission des antiquités de la Côte-d'Or, in-4°, tome I, pages 3-99 , l'Histoire de la fondation des hôpitaux du Saint-Esprit de Rome et de Dijon, par M. G. Peignot.) L'hôpital du Saint-Esprit fut fondé à Rome en 1198, par le pape Innocent IIT; mais ce fut une restauration à nouveau, car l'origine en remonte au vin° siècle. Sur ce modèle fut fondé à Dion, en 1204, par Eudes IIT, duc de Bourgogne, un hôpital également dédié au Saint- Esprit. Une bulle de 1241 résume les priviléges accordés par les papes à l'ordre hospitalier du Saint-Esprit en général. Dans l'énumération des contrées, provinces et villes où l'ordre avait des possessions et des hôpitaux, on nomme Dijon, Dôle, Tournus, Besançon, etc. Les hospitaliers du Saint-Esprit portaient sur leur habit religieux, en signe distinctif, la croix d'argent à double traverse, espèce de croix de Lorraine. Nous en avons donné plusieurs exemples plus haut, planches 96, 98, pages 390, 395. Cette croix double des hospitaliers du Saint-Esprit fut montrée en révélation par un ange au pape Innocent IIT, fondateur de l’ordre. La robe des religieux était bleue; le manteau, qui était noir, portait cette double croix. Dans les hôpitaux de Rome et de Dijon on recevait les orphelins, les enfants trouvés, les malades pauvres et les pèlerins ; on y exerçait les sept œuvres de miséricorde. Cet hôpital a existé jusqu’en 1790. À la bibliothèque de la ville de Troyes existe un curieux manuscrit rempli de dessins à la main; le texte contient l'histoire et la description de cet hôpital du Saint-Esprit, dont les dessins présentent des vues de toute nature. Un manuscrit semblable est à Dijon, et c'est d'après ce bel ouvrage que M. Peignot a fait son travail.
? Vasari, Vies des peintres, Vie de Taddeo Gaddi.
* Fazellus dit : « Gualterius Panormilanus cænobiumS. Spiritus, Cisterciensis ordinis, «condidit anno 1173.»
* C'était la coutume, à Palerme, d'aller entendre la messe à Santo-Spirito le mardi de Pâques. Le dernier jour du mois de mars de l'année 1282 , les Palermitains se trouvaient réunis en très-grand nombre dans l'église, comme à l'ordinaire. Un des soldats
ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. 49 Santo de Palerme dépend de cette église. En Allemagne, une église de Cobourg s'appelle Saint-Esprit. En France, dans le département de la Somme, une chapelle de l'église paroissiale de Rue a le nom de Saint-Esprit; dans le même département, une abbaye, fondée en 1218, s'appelle Paraclet-des- Champs”. L'abbaye du Paraclet, à Nogent-sur-Seine, est célèbre par Abaiïlard qui l'a fondée, et par Héloïse qui en fut la première abbesse?: Des abbayes du Saint-Esprit existaient à Béziers et à Luxembourg; des abbayes de Sainte-Colombe (la colombe est le symbole du Saint-Esprit) existaient dans le diocèse de Limoges, dans le territoire d’Ardres, près de Vienne en Dauphiné, près de Sens et dans le diocèse de Chartresÿ. Aïnsi la troisième personne divine avait, sous ses deux noms de Saint-Esprit et de Paraclet, et sous celui de Sainte-Colombe, des établissements considérables, églises et chapelles, cloîtres et monastères, qui lui étaient consacrés. On se contentera des faits qui précèdent, sans en signaler de semblables ni en An-
français, nommé Droet, qui étaient venus se mêler aux fidèles, insulta une jeune fille de Palerme, distinguée par ses vertus et sa beauté. Ses parents accoururent à ses cris et massacrèrent le soldat brutal. Le peuple, qui haïssait les Français, se jeta sur ceux qui étaient dans l’église et les égorgea tous. La nouvelle du massacre se répandit bientôt dans toute la ville, et alors commencèrent les vêpres siciliennes. ( Gally Knigth, Excursion monumentale en Sicile, et Bulletin monumental de M. de Caumont, 5° vol. p. 198.)
? Cette abbaye, qui était de femmes, fut fondée par Enguerrand, seigneur de Boves ; deux des filles d'Enguerrand en furent les premières abbesses. Cette abbaye était de l'ordre de Citeaux; c’est une ferme aujourd’hui, et elle n’a conservé que peu de restes de ses anciennes constructions. Je dois ces renseignements à M. Goze, correspondant du comité des arts et monuments, à Amiens. On remarquera que cette abbaye du Paraclet était de l'ordre de Citeaux, comme celle de Santo-Spirito, à Palerme.
? Le Paraclet de la Picardie et celui de la Champagne étaient tous deux des couvents de femmes. Le nom de Paraclet, qui signifie consolateur, l'avait peut-être voulu ainsi. C'est sous les ailes de la divine colombe qu'Héloïse abrita sa douleur et chercha à se consoler.
* Monastères de France, par M. Louis de Mas-Latrie, dans l'Annuaire historique pour l'année 1838.
INSTRUCTIONS. — Ii. b7
gleterre ni en Espagne”. En France, on a même dédié une petite ville de Provence et une autre de Gascogne au Saint-Esprit ?. Enfin, dans la liturgie, 1lexiste un office entier en l'honneur du Saint-Esprit. On a composé des hymnes, des proses, des litanies, des prières, en son honneur; on lui à consacré une des plus belles fêtes, la Pentecôte, qui se célèbre en mai, dans la plus belle saison et dans le plus beau mois de l’année. Ce sont là de grands hommages , grands surtout quand on les met en regard de ceux rendus au Père, auquel pas une église, pas un office, ne sont dédiés *. Comme nous l'avons dit, un ordre célèbre de chevalerie a été institué portant le nom de la troisième personne divine. L'ordre du Saint-Esprit, ordre privilégié et réservé aux plus hautes notabilités de l'aristocratie, fut fondé en 1352; réorganisé en 1579, il a existé jusqu'en 1830. Voilà, dans le culte religieux ou civil, à peu près tous les honneurs rendus au Saint-Esprit; voyons maintenant ce que l'histoire rapporte, ce que l'art a fait pour lui. La part de la troisième personne divine a été belle assurément dans la
* M. Cyprien Robert (Cours d'hiéroglyphique chrétienne, dans l'Université catholique, tome VI, page 266) dit : «Les premières basiliques, placées ordinairement sur des hauteurs, s’appelèrent Domus Columbæ , demeures de la Colombe, c'est-à-dire de l'Esprit saint. Elles recevaient les premiers rayons de l'aurore et les dernières flammes du couchant. » Je n’aï pu vérifier ce fait ni savoir sur quoi on le fondait. D'ailleurs , si des basiliques élevées sur des hauteurs ont été nommées maisons de la colombe, c’est peut-être parce que les colombes et les pigeons ramiers y faisaient leur demeure, plutôt qu'en vue du Saint-Esprit. J'émets un doute, sans rien affirmer, parce que, je le répète, je ne connais pas les faits énoncés par M. Robert. ,
* Le pont Saint-Esprit est célèbre en Provence. La terre du Saint-Esprit est la plus grande des nouvelles Hébrides.
* Qu'on se rappelle, relativement à la différence des honneurs rendus à chacune des personnes divines, la note 1, p. 242. Cette différence s'explique et se justifie par l'histoire. On n'a pas vu le Père; mais le Fils, qui nous sauve, et le Saint-Esprit, qui nous guide, se sont manifestés visiblement. Nous devions donc les représenter plus souvent et les honorer plus tendrement que le Père : c'était plus facile et plus naturel.
ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. 451 narration historique comme dans les œuvres de la peinture et de la sculpture. |