ESPRIT DE: LA JEUNESSE
Miniature française du xrv° siècle.
ES
Le pèlerin, qui est dans la force de l'âge, rencontre la Jeunesse portant aux pieds des ailes vertes, couleur d'espérance. La Jeunesse a les cheveux blonds, la robe bleue; elle prend le pèlerin sur ses.épaules, et lui dit en lui faisant passer la mer:
J'ai nom Jeunesce la légière,
La gileresse, la coursière, La sauterelle, la saïllant, Qui tout dengier ne prise un gant.
Je vois, je viens, je sail, je vole, Je espringalle et carolle.
Mes piés me portent où je veuil E eles.ont:; tu les vois bien:à-l’euil.
Baïl çà la main, je veuil voler :
Et par la mer te veuil porter.
* Romant des trois pèlerinages, à Ia bibliothèque Sainte-Geneviève, P 9.
Il ÿ a une remarquable rapidité dans cette poésie du x1v° siècle !
L'Église, cette généralisation abstraite de tous les chrétiens, cette société animée du Saint-Esprit, a été, comme le Saint- Esprit, assimilée à une colombe. Le pape également, qui est le vicaire de Dieu et le directeur de l'Église ; le pape, qui doit être plutôt un ange qu un homme et une âme qu un corps, à été allégorisé et doué, jusqu’à un certain point, des formes de Voiseau. Un mot sur ces figures symboliques de l'Église et du pape, parce quelles peuvent compléter ce que nous devons dire sur le Saint-Esprit.
Dans le manuscrit d'Herrade, on voit l'Église représentée sous la forme d'une colombe, comme on figure la troisième personne divine, mais avec certaines particularités. L’avant du corps est argenté; l'arrière est doré. Cette colombe a des ailes à la tête, des ailes aux épaules, des ailes aux pieds; ces trois paires d'ailes la mènent, aussi vite que la parole, d'une extrémité de la chrétienté à l’autre. Tout cela est -:emblématique, et le. texte qui explique cette miniature dit: « Cette colombe signifie l Église, * quiest, par son éloquence divine, sonore comme de largent;.elle est. ornée d'instruction et de sagesse pour qu'elle instruise les autres. Cette colombe est d'or parce qu'elle est éclatante de charité; l'or pâle ou rouge, qui couvre l'arrière de son dos, signifie l'amour des fidèles ?. »
* Ce poëme français, qui est à la bibliothèque Sainte-Geneyiève, est ,-comme texte et comme miniatures, un des plus curieux livres qui existent.
2 Hortus deliciarum. « Hæc columba significat Ecclesiamn, quæ per divinameloquentiam « quasi argentum est sonora , et erudita, et sapientia exornata ut alios’erudiat. Hæc-et co- «lumba est aurea, id est caritate splendida ; et posteriora dorsi ejus sunt in pallore vel « rubore auri, id est caritas fidelium. » Ces expressions semblent provenir du psaume cxvir, v. 14 : «Si dormiatis inter medios cleros, pennæ columbæ deargentatæ, et posteriora « dorsi ejus in pallore auri, »