‹ Iconographie de J.-J. RousseauChapitre 1 sur 51 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Les images prouvent éloquemment la popularité d'un homme. Celle de Rousseau fut immense comme le nombre des pièces que tous les arts consacrèrent à son souvenir.

De son vivant déjà la peinture et la gravure rendent hommage à son talent ; le portrait au pastel exécuté par Maurice Quantin de la Tour d'après le « citoyen de Genève » est reproduit par les maîtres du burin : St-Aubin, Cathelin, Ficquet, Dupréel. C'est le commencement de cette popularité croissante à laquelle les artistes anglais Ramsay et C. Corbutt apportent aussi leur concours.

La mort de Rousseau donne le signal de Péclosion des images, les bustes par Houdon sont moulés à l'infini ; Ingouf, de Lignon, Chodowiecki, Delvaux, Marillier, Le Mire, Abr. Girardet multiplient ses portraits ; Godefroy, Moreau jeune gravent le tombeau d'Ermenonville et les poètes complètent de leurs vers les hommages rendus par les artistes au génie du philosophe ; Dupréel, Monnet, Le Cerf, de Launay et Cochin célèbrent ses bienfaits par des allégories où l'admiration et l'enthousiasme emportent leurs auteurs aux sommets les plus élevés de la fantaisie.

La révolution française, qui se reconnaissait fille de Voltaire et de Rousseau, devait aussi célébrer leur mémoire. Langlois, Bonneville, Vérité, Duplessis-Bertaux, Copia, Gamerey, Léthière, Angélique Briceau, Desvoge copient les portraits précédents devenus rares, ils les habillent au goût du temps, ils font de l'auteur de V Emile un collègue de Mirabeau, de Robespierre, de Danton et de Marat, quand ils ne l'accolent pas à Guillaume Tell, à Brutus ou à Mucius Scsevola. L'imagerie populaire ne reste point en arrière et les ateliers de Basset se

chargent de répandre le portrait de a Thomme de la nature i de la vérité » jusqu'au fond des campagnes les plus reculées cette effervescence est le prélude de l'apothéose de Rousseau < de sa translation au Panthéon.

Avec l'empire et la gloire militaire pâlit le culte du Contra social et de son auteur, les poômes héroïques et les guerrier du peintre David font délaisser les théories républicaines et L sentiment de la nature qui avaient enflammé tous les cœurs les peintres et les sculpteurs qui avaient chanté Rousseau s'éprennent de l'épopée du moment ou gardent le silence.

Sous la Restauration les esprits ont besoin d'apaisement et d'idéal, on revient à Rousseau, non à celui du Contrat social, mais à celui de la Nouvelle- Héloïse et de la Lettre à M. de Malesherbes ; la peinture, la gravure et la lithographie vont faire renaître son image ; Gérard, Mauzaisse, Maurin, Massard, Marin-Lavigne et d'autres en ravivent ses traits un peu effacés par la gloire militaire de Napoléon.

L'apaisement succède à ces périodes agitées ; on juge Rousseau avec moins de passion et plus de justice, ses portraits entrent au Musée historique de Versailles créé par Louis-Philippe; David d'Angers le place au Frontoti du Panthéon^ sur cette façade oii se lit l'inscription : a Aux grands hommes la Patrie reconnaissante. » Genève ne reste point en arrière non plus ; en 1834 elle élève à Rousseau une statue de bronze, œuvre de Pradier.

Les images qui consacrent le souvenir de l'immortel auteur de V Emile et du Contrat social font partie de sa gloire. D n'était point hors de propos d'essayer d'en noter les indications ; nous les avons limitées cependant, car il est matériellement impossible de connaître tous les tableaux, dessins, bustes et statuettes, faïences, porcelaines et émaux qui ont trait à Jean- Jacques.

Nous donnons les légendes des planches, médailles, etc., avec leurs fautes et leurs erreurs.

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