‹ Iconographie de J.J. Rousseau. Publié par le Comité du centenaireChapitre 1 sur 42 · Iconographie de J.J. Rousseau. Publié par le Comité du centenaire (2 juillet 1878) · texte numérisé non relu

Iconographie de J.J. Rousseau. Publié par le Comité du centenaire (2 juillet 1878)

Les images prouvent éloqueniiuent la popularité d'un homme. Celle de Rousseau fut immeusc comme le nombre des ])ièces que tous les arts consacrèrent h sou souvenir.

De son vivant déjà la peintiu'e et la gravui'c rendent hommage à son talent ; le portrait au pastel exécuté par Maui'ice Quantin de la Tour d'a])rès le « citoyen de Genève » est reproduit par les maîtres du burin : St-Aubin, Cathelin, Ficquet, Dupréel. C'est le commencement de cette popularité croissante à laquelle les artistes anglais Ramsay et C. Corbutt apportent aussi leur concours.

La mort de Rousseau donne le signal de l'éclosion des images, les bustes par Houdou sont moulés à F infini ; Ingoiif, de Lignon, Chodowiecki, Delvaux, Marillier, Le Mire, Abr. Girardet multiplient ses portraits ; Godefroy, INIoreau jeune gravent le tombeau d" Ermenonville et les poètes complètent de leurs vers les hommages rendus i)ar les artistes au génie du philosophe ; Dupréel, JMounet, Le Cerf, de Launay et Cochin célèbrent ses bienfaits par des allégories où l'admiration et l'enthousiasme emportent leurs auteiu's aux sommets les plus élevés de la fantaisie.

La révolution française, qui se reconnaissait fille de Voltaire et de Rousseau, devait aussi célébrer leur mémoire. Langlois, Bonneville, Vérité, Duplcssis-Bertaux, Copia, Garnerey, Léthière, Angélique Briceau, Desvoge copient les portraits précédents devenus rares, ils les habillent au goût du temps, ils font de l'auteur de VEïnile un collègue de Mirabeau, de Robespierre, de Danton et de Marat, quand ils ne l'accolent pas à Guillaume Tell, à Brutus ou à Mucius Scaivola. L'imagerie populaii'e ne reste point en amère et les ateliers de Basset se

chargent de répandre le portrait de « l'honinie de la nature et de la vérité » jiiscprau fond des campagnes les ])lus reculées ; cette effervescence est le prélude de ra])otliéose de Rousseau et de sa translation au Panthéon.

Avec l'empire et la gloire militaire pillit le culte du Contrat social et de son auteur, les poèmes héroïques et les guerriers du peintre David font délaisser les théories républicaines et le sentiment de la nature qui avaient entiammé tous les cœurs ; les peintres et les sculi)teui's qui avaient chanté Kousseau s'éprennent de l'épopée du moment ou gardent le silence.

Sous la Restauration les esprits ont besoin d'apaisement et d'idéal, ou l'evient à Rousseau, non à celui du Contrat social, mais à celui de la Noiivelle-Hcloïse et de la Lettre à M. de Maleslierhes ; la peinture, la gravure et la lithographie vont faire renaître sou image ; Gérard, jNIauzaisse, Maurin, Massard, Mariu-Lavigne et d'autres en ravivent ses traits un peu effacés par la gloire militaire de Napoléon.

L'apaisement succède h ces périodes agitées ; on juge Rousseau avec moins de passion et plus de justice, ses portraits entrent au Musée historique de Versailles créé par Louis-Philippe; David d'Angers le place au Fronton du Panthéon, sur cette façade où se lit l'inscription : « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante. » Genève ne reste point en arrière non plus ; en 1834 elle élève à Rousseau une statue de bronze, œuvre de Pradier.

Les images qui consacrent le souvenir de l'innnoi-tel auteur* de V Emile et du Contrat social font partie de sa, gloire. 11 n'était point hors de propos d'essayer d'eu noter les indications ; nous les avons limitées cependant, car il est matériellement impossible de connaître tous les tableaux, dessins, bustes et statuettes, faïences, i)orcelaines et émaux {\\\\ ont trait à Jean- Jacques.

Nous donnons les légendes des planches, nuklailles, etc., avec leurs fautes et leui's eri-eui-s.

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