‹ Iconographie des perroquetsChapitre 1 sur 52 · Iconographie des perroquets · texte numérisé non relu

Iconographie des perroquets

Dès l’origine de la science, les Perroguets ont attiré l'attention des observateurs. Doués d'une physionomie qui n'appartient qu'à eux, habitants des zones les plus chaudes, formant une tribu nombreuse et variée, ils se font remarquer encore par leur organisation et par leurs mœurs. On les a considérés, avec raison, comme les Oiseaux les plus parfaits, et placés en tête des Mourrisseurs (Alrices ou Sitistæ).

# Les Perroquets sont parmi les autres Oiseaux ce que sont les Singes parmi les Mammifères (Avium Simiæ, Linné).

La facilité de leur domestication, la gentillesse de leurs allures et l'élégance de leur robe, devaient naturellement provoquer les recherches des ornithologistes, en même temps qu'elles excitaient la curiosité des amateurs, Le dessin, l'éclat, labeauté de leur livrée, ont souvent fourni aux arts d'imitation, tels que la peinture sur porcelaine, les impressions sur tissu, la décoration de nos meubles, l'ornementation de nos tapisseries, des modèles précieux, des contrastes animés ou des rapports inattendus.

En 1766, dans la douzième édition de son Système de la Nature (A), Linné a réuni 47 espèces de Perroquels. Il les caractérise assez nettement, et les groupe en trois sections, d’après la longueur et la forme de la queue.

Gmelin a rassemblé 141 espèces (2), et Latham 162 (3). L'ouvrage du premier auteur est daté de 1788, et celui du second de 4790 ; mais, dans l'un et l’autre recensement, il se trouve plusieurs espèces purement nominales. L

En 1801, Levaillant a publié les figures el les descriptions de 90 espèces de Perroquets. Son Iconographie, remarquable pour l'époque, est en deux volumes ia-folio (4). .

Trente-deux ans plus tard, M. Bourjot Saint-Hilaire a représenté 88 autres espèces dans un ouvrage, rédigé sur le même plan, digne aussi d'éloges, quiforme la suite ou le troi de son infatigable prédécesseur (5).

me volume de l’Iconographie

Les Perroquets figurés par Levaillant et par M. Bourjot Saint-Hilaire composent un total de 178 espèces. Ce nombre est considérable, sans doute (6); mais il devait être bientôt dépassé par les découvertes des divers voyages scientifiques entrepris dans ces derniers temps. M. Bourjot Saint-Hilaire l'avait bien prévu, jorsqu’il disait dans son avertissement de 4837 : « Nous représentons ici à peu près l’état actuel complet » de la science; si nous laissons en arrière dix ou quinze espèces certaines non décrites, c'est uñë réserve » À joindre à des découvertes futures pour compléter une quatrième partie. Dans trente ou quarante ans, » il faudra faire pour nous ce que nous faisons nous-méme pour Levaillant (7). »

Dix-huit ans à peine se sont écoulés, et le besoin de publier celte quatrième partie commence à devenir urgent. Dans son Conspectus Psittacorum (8), édité en 1856, S. A. le prince Charles Bonaparte a porté le

nombre des Perroquets connus à 330 ; ce qui fait 152 espèces de plus qu'il ne s’en trouve dans les ouvrages

(1) Sustema Nature. Holmiæ, 1766, 1, p. 139.

(&) Sustema Naturæ. Rudolpbipoli, 1788, I, p. (3) Index ornithologicus , sive Systema Ornithologi

2 vol. in-#, Londres, 1790, p. 82 (&) Histoire naturelle des Perroquets. Paris, 2 volumes. — L'ouvrage a élé commencé en 1804 el lerminé en 1805.

(5) Histoire naturelle des Perroquets. Paris, 3° volume (supplémentaire) pour fairo suite aux deux volumes de Levaillant. — L'ouvrage a été commencé en 1837 et terminé en 1838. :

(6) Lo Conspectus Psittacorum do Kuhl (Nova Acta physico-medica Acad. Cæs. Leop. Curol., 1820) en présente 209 espèces, et la Monographia Psittacorum de Wagler (AUhandl. mathem. physik. Class. der kænigl. Bayern. Akad. der Wissensch » Munich, 4832) en renferme 228, dont 30 douteuses,

(7) Préface, p. vin.

(8) Publié dans le Naumannia, 1856, p. 352.

réunis de Levaillant ct de Bourjot, c'est-à-dire presque le double et sept lois autant d'espèces qu'en connaissait Linné!

L'auteur du présent ouvrage a rassemblé À grands frais tous les matériaux de sa Publication. Son ardeur pour les mettre en œuvre égale Ja sûreté de son coup d'œil et la fidélité de ses observations. Il a

pour collaborateurs l'ornithologiste le plus éminent de notre époque, et un savant z0olomiste, aussi recom-

mandable par la profondeur de ses études que par l'habileté de son scalpel.

Dans l'état actuelide l'ornithologie, il n’était guère permis de donner un simple atlas composé de figures coloriées et de courtes descriptions, et de parler des Perroquets nouvellement découverts sans revenir plus où moins sur les Perroquets déjà décrits. Les voyageurs modernes, fout en rapportant des espèces

É inédites, ont recueilli des renseignements pleins d'intérêt sur la vie commune, le caractère et les mœurs des Perroquels anciennement connus. Æ

L'étude des formes extérieures ne pouvait pas être isolée de celle de la structure, et l'anatomie des Perroquets devait être accompagnée de leur physiologie.

Il ne fallait pas négliger non plus la distribution géographique de ces curieux animaux. Les zones climatériques, les archipels, les îles mêmes, produisent souvent des modifications dans la forme, dans la faille et dans la coloration, qu’il était important de faire ressortir. La vie sociale des Perroquets et leur genre d'aliments doivent exercer aussi une influence prononcée et sur leur habitat et sur leur station. Oiseaux essentiellement sylvicoles, leur abondance ou leur rareté sont presque toujours en rapport avec celles de {el ou tel fruit, de telle ou telle espèce végétale. Les Perroquets sont des animaux qui détruisent beaucoup plus qu'ils ne dévorent; aussi leur faut-il une quantité immodérée de nourriture. Gaspillant vingt fois plus

de fruits qu'ils n'en consomment, ils dévastent en peu de jours les forêts, même étendues, sur lesquelles

ils s’abattent : c'est pourquoi ces Oiseaux ne peuvent prospérer que dans des conditions déterminées qui ne se rencontrent pas dans lous les lieux. e

D'un autre côté, la connaissance plus exacte de leur structure a modifié ou confirmé les rapports des divers groupes, ct perfectionné la classification. Il devenait donc indispensable de remanier l'ensemble de tous les Perroquets connus. M. Bourjot Saint-Hilaire avait, du reste, parfaitement senti l'utilité de ce remaniement, lorsque, parlant de l'Zndew placé en tête de son livre, il semble reconnaitre la nécessité prochaine de la refonte générale des trois volumes publiés (4).

Cette Iconographie formera le quatrième volume de l’Æistoire naturelle des Perroquets de Levaillant et de M. Bourjot Saint-Hilaire. Elle contiendra les figures des espèces qui ne se trouvent pas dans les trois volumes publiés par ces deux auteurs, accompagnées d’une courte description, et les détails anatomiques.

Elle sera suivie d’une Histoire naturelle des Perroquets, in-8°, monographie de toute Ia famille qui renfermera Vhistoire, l'anatomie, la physiologie, les mœurs, la classification, la synonymie et la description de toutes les espèces observées jusqu’à ce jour.

M. de Souancé a trouvé les éléments de son ouvrage, d’abord dans la riche collection du prince d’Essling, son oncle, dans celle du Jardin des Plantes de Paris, et dans les divers Musées de France et de l'étranger. Il a surtout profité des découvertes faites en Amérique par MM. d'Orbigny et de Castelnau, en Australie par M. Gould et par les voyageurs ses compatriotes, ct dans la Malaisie par les naturalistes hollandais. 11 a rassemblé aussi les Perroquets nouveaux apportés par les diverses expéditions scientifiques de cireumnavigalion, Enfin, il s'est procuré autant d'espèces vivantes qu'ila pu, afin d'étudier par lui-même et de suivre pour ainsi dire jour par jour leur manière de vivre, leurs amours, leurs ruses, leurs combats et

jusqu'à leurs moindres habitudes.

Page 1