PRÉSENTÉE À LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE LYON, LE 6 FÉVRIER
Avant de commencer la description des insectes qui doivent composer la vingt-septième livraison, je crois devoir signaler une erreur qui s’est glissée dans la rédaction de la vingt-cinquième (1), et une dans la rédaction de la vingt-sixième. Cette seconde erreur cependant n’a pas été reproduite sur la planche.
A la page 158 de cette 26° livraison, j’ai désigné des noms Ancylosis Cinnamomella, Dup. (pl. 284, fig. 9), un insecte représenté sous ses divers états; Ie. pl. 115, fig. 15 à 19, lequel n’est point ce lépidoptère ; c’estla Gynancycla Cinerella, Dup. (Depositella, Zk.)
(1) Suivant M. Henri Doubleday, les fig. 7 et 8 de la 111° pl. (23° liv.), ne seraient pas des variétés de la Cidaria Immanata, ainsi que je l’ai pensé; mais « le n° 7 une Cidaria Russata, Var. Perfuscala, Haw. et, le n° 8, une C. Russata, Var. Commutata du même
auteur. »
Cependant la fig. 9 de la même planche est bien une variété constante de l’Inmmanata,Haw.
Nola (?}) HBardeimula, Mill.
(Species nova.)
(PL. 117 fig. let 2.)
Cette charmante espèce, dont la découverte revient encore à notre infatigable collègue, M. Dardoin, üientdes Micteola, Herr.- Sch.,et des Nola, Leach. qu'elle semble relier. C’est,selon moi, plutôt à ce dernier genre qu'’eile appartient, qu’au genre Nycteola composé de la seule Falsalis, Herr.-Sch. (Nycteolidæ, H.-$S. 2° Supp. Tab. [, ng. 4 ets.)
La Nola? Dardoinula mesure 0",017 ; elle est de la grandeur de la Cicatricalis, on mieux de la Zhymula. Par la disposition des lignes, aux ailes supérieures, elle a, sauf la taille plus petite, quelque ressemblance avec la Togatulalis, cependant elle se distingue de celle-ci par ia nervure costale plus droite, ou moins arquée que chez toutes les Mo/a. C’est par ce caractère, et aussi par les ailes supérieures larges à l’extrémité, que la nouvelle espèce tient au genre Nycteoia.
Les premières ailes sont assez larges, à l’extrémité surtout ; elles sont d’un gris-clair presque blanc, et à leur centre se détache vaguement l’espace médian lavé d’argileux ; il est limité extérieurement par un trait épais, noirâtre, partant de la côte pour aboutir au bord interne qu’il ne touche cependant pas. Le trait qui lui est opposé est fin, noir, sinueux, anguleux à la base; il part aussi de la côte. La ligne subterminale est fine, blanche, en zigzag, mal indiquée. Les franges sont assez longues, concolores et précédées par une série de petits points noirs. Les ailes inférieures sont d’un gris-blanc, uniforme et luisant. Endessous, les supérieures qui sont d’un gris-foncé, luisant, laissent soupconner seulement la bande transverse noire du dessus.
Nola ? Dardoinulu 173
Les secondes ailes seraient semblables au dessus, s’il n’existait un point cellulaire foncé. Les antennes sont filiformes; les palpes assez courts, ascendents, (1) velus et dépassant le front. La trompe médiocrement allongée, fine, rougeâtre. Les yeux gros, noirs et rougeätres au centre. Le thorax assez robuste et concolore; l’abdomen, qui dépasse les inférieures, est d’un gris-blanchâtre et luisant. Les pattes longues, blanchâtres et luisantes ; les inférieuresavec deux paires d’éperons.
On ne connaît encore que le de Darduinula; il a été rencontré le 15 septembre 1870, aux environs de Marseille; (2) sa conservation est telle qu'on la croirait obtenue de chenille.
Ce charmant papillon fait partie de la riche collection de M. Dardoin. Mon cabinet : un exemplaire en bon état.
Pierogon Gorgon.
Esp. pl. 47, fig.5.—Hb. 102 et 124.—Dup. II, pl. 3,fig. 2aetb. — (Grorgoniades. Hb., Verz. 1815 — Bdv.,lc. pl. 48, fig. 6. — Stgr. Cat. 492.
(PL. 117 fig.3 à 5.)
Ce lépidoptère, qui est toujours d’une grande rareté, ne devra pas demeurer, par suite de la connaissance de la chenille, dans le même genre que l'Ænotheræ dont, on le sait, la chenille est dépourvue de la corne qui surmonte le 11° anneau. Un autre
(1) Les palpes ascendants et la trompe semblent éloigner ce lépidoptère des Noa et des Nycteola. Devrait-il former un genre séparé
(2) Cette année deux nouveaux sujets mâles ont eté capturés, me mande M. Dardoin.
caractère important qui aurait dû suflire déjà pour la séparation des deux espèces ; celui des antennes, chez l’insecte parfait du Gorgon, contournées en cornes de bellier, au lieu d’être droites et en massue allongée ainsi que chez l'ŒÆnotheræ, comme l’a du reste observé le premier, Duponchel (II, p. 25). Ces deux caractères, dis-je, doivent isoler le Gorgon du genre Pterogon et former un nouveau genre sur lequel j’appelle l’attention des classificateurs.
. Elle est remarquable par l'éclat des lignes blanches qui se détachent sur le fond d’un rougeâtre foncé uniforme, lavé cependant de gris-bleuâtre sur les derniers anneaux. La tête est globuleuse, assez développée, concolore, traversée perpendiculairement par deux lignes brunes, éclairées de chaque côté de nlanchâtre. Les seize pattes concolores existent, mais chose utile à signaler, c’est que les quatre premières ventrales sont sensiblement plus courtes (1) que les quatre dernières. La corne du onzième anneau est presque droite, relativement courte, très aiguë, brune et tachée de blanchâtre à la base. Les lignes blanches qui se voient sur toute la longueur de la chenille, sont ainsi disposées : la vasculaire est double, médiocrement large, et plus étroite sur les premiers et les derniers segments ; les lignes sous-dorsale et stigmatale sont larges, non inlerrompues, et finement liserées de brun de chaque côté. Entre ces deux dernières lignes, ainsi que sur le ventre, on voit un liseré fin, blanc, inter-
(1) Caractère qui éloigne encore la chenille du Pé Gorgon de l'Œnotheræ, et qui semble la rapprocher des larves de Smérimthes, dont les deux premieres pattes sont plus courtes que les autres.
Pteroyon Gorgon. 179
rompu aux incisions. Les stigmates sont ovales, d’un orangé obscur et liserés de noir.
Cette chenille, qui n’était point encore parvenue à son entier développement, mais qui était toutefois dans un parfait état de conservation, m’a été envoyée par M. Siaudinger qui m’a assuré qu'elle vit dans la nature sous les Galium ; cependant il n’a pu me préciser l’espèce.
INSECTE PARFAIT
Il varie beaucoup ; ce que nul auteur n’a jusqu’à ce jour fait observer. J’ai sous les yeux une © de Gorgon, ex larvd, où le fond des ailes et le thorax sont bien moins foncés que chez le type. Chez cette variété, les bandes et taches des premières ailes sont presque blanches, et le brun du thorax a sensiblement pal. La couleur du dessous est affaiblie dans les mêmes proportions qu’en dessus.
Je figure, indépendemment du types”, cette intéressante aberration qui peut bien être une variété constante.
Collection Donzel à Lyon : 4 exemp. ex larvd.
Camptogramma (?) Uniformata, Bell.
Ann. Soc. Ent. Fr. (Séance dn 12 février 1862.) — * Sigr. Cat. 2663.
(PI. 117, fig. 6 à 8.) CHENILLE.
C’est à la fin d'avril qu’éclosent les œufs de la première génération. Les jeunes larves grossissent rapidement; parvenues à LS
leur entier développement, au commencement de juin, elles se chrysalident bientôt dans les feuilles sèches et les insectes parfaits se montrent vingt ou vingt-cinq jours après.
La chenille est médiocrement allongée, à peine carénée sur les côtés, à lignes nombreuses et continues. Sur le fond carné passant quelquefois au vert clair, ou vert jaunâtre, on voit la ligne vasculaire étroite, brune, marquée à chaque incision des anneaux du milieu, d’une tache triangulaire noirâtre. La stigmatale est large et blanche ; entre ces deux lignes principales, il en existe trois autres fines, tremblées, continues, verdäâtres. Le dessous est marqué d’une large ligne claire, continue et liserée de brun de chaque côté. Les dix pattes sont concolores ; les trapézoïdaux petits et bruns.
Cette larve vit dans la nature sur plusieurs espèces de Galium; je l’ainourrie avec le G. molugo.
Bien que plus allongée que la chenille de l’Ablutaria, celle de l’'Uniformata lui ressemble, et paraït avoir toutes les habitudes de cette Larentia.
INSECTE PARFAIT
La Camptogramima (?) Uniformata (1), qui a deux générations, varie sensiblement. Le type est d’un gris-brun plus ou moins foncé, avec des stries couleur d’argile, et de nombreuses lignes ; mais quelques sujets obtenus ex larva& sont généralement d’un ton argileux clair ; d’autres sont d’un gris - brun très foncé. |
Cette espèce, découverte par M. Himmighoffen, il y a à pee
(1) Cette Phalénite n'est-elle pas plutôt vaisine de l’Ablutaria et de la Frustrataque de la Seriplturata ainsi que l’a pensé M. Bellier de la Chavignerie ?
Gelechia Oxycedrella 177
dix ans, n’a encore été rencontrée qu'aux environs de Barcelone (Espagne.) Mon cabinet : 12 exemples : 5 mâles, 7 femelles.
Gelechin @xycedrella, Fill.
(PI. 118, fig. 1 à6) CHENILLE
L'œuf pondu en juillet est déposé sur une baie de Juniperus oxycedrus; il éclot vers la mi-août, alors que le fruit commence à mürir. Aussitôt éclose la petite larve s’introduit dans la partie charnue de la baie, grossit lentement pendant l’automne, semble ne pas endommager le fruit qui la recèle, s’engourdit pendant l'hiver, mange et grossit de nouveau au premier printemps, et atteint son entier développement en mars ou avril. C’est à ce moment qu’elle s'échappe et descend de l’arbuste en se laissant glisser à terre au moyen d’un fil de soie. Elle se transforme rapidement.
Cette petite larve mesure 10 à 12 millimètres. Sa forme est celle de toutes les chenilles du genre Gelechia. Elle est atténuée postérieurement, phissée, avec seize pattes bien développées, et le premier anneau protégé par une plaque écailleuse. Le fond est d’un blanc jaunâtre ou ambré, lavé d'argileux sur la partie dorsale et de gris bleuâtre sur les derniers anneaux. La tête et la plaque du premier segment sont d’un ochracé pâle, les seize pattes concolores. Il n'existe pas de lignes: quelques points pilifères seuls se remarquent surmontés de poils fins et courts.
Cette chenille varie en gris, avec la plaque écäilleuse concolore.
Le plus souvent un fruit ne suffit pas à la chenille de l'Oxycedrella; elle se déplace alors et s’introduit dans une autre baie du J. oxycedrus; mais elle endommage cette dernière, on le conçoit, plus rapidement que la précédente.
La métamorphose a lieu parmi les détritus de végétaux, quelquefois cependant c’est au centre du fruit qu'arrive la transformation dans un hamac en soie blanche.
La chrysalide est courte, brune, avec la gaïne des ailes descendant assez bas sur l’abdomen ; celui-ci est obtus à l’extrémité. L’insecte adulte se montre vers les premiers jours dejuillet, et l’éclosion se prolonge pendant cinq à six semaines.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0",012 à O",013.
9 0",014 à Om,015.
C’est une des plus tranchées parmi les espèces si nombreuses du genre Gelechia ; aussi, à sa vue, M. Stainton est moi n’avons pas hésité à la déclarer nouvelle.
Les ailes supérieures sont étroites, allongées, luisantes, et les inférieures sont fournies de longues franges soyeuses. Sur les premières, qui sont d’un chamoïis foncé, on voit quatre grosses taches noires principales de forme incertaine, mais plutôt elliptiques qu’arrondies, dont deux appuyées à la côte, et deux au bord interne. Le plus souvent ces taches noires sont liserées sur les bords d’une teinte claire comme moirée. On voit, en outre, quelques points noirs, formant tache, placés à la base de l'aile, et d’autres au bord interne; ces derniers sont moins nombreux et moins constants. Les ailes inférieures sont uniformément d’un
Gelechia Oxycedrella. 179
gris foncé et luisant, avec leurs longues franges concolores. En dessous, il n’existe aucune tache ; les quatre ailes sont d’un gris très foncé, luisantes, et seulement lavées de couleur chamois obscur aux supérieures. Les antennes sont d’une longueur normale, moliformes et d’un jaune chamois. Les palpes, en crochet très relevé, sont noirs en dessous et jaunâtres en dessus. La tête est velue ; le thorax robuste et concolore. Les pattes, avec deux paires de tarses aux inférieures (pl. 118, f. 6), sont concolores.
La © est semblable au ©; elle est seulement un peu plus grande.
La G. Oxycedrella ue varie que pour la taille; certains sujets, dont peut-être les larves ont jeüné, sont de moitié plus petits que le type. J’ai devant moi une soixantaine d'exemplaires de cette espèce obtenus ex larvd (1).
Les sujets, pris au vol dans le voisinage des Génévriers qui ont nourri les chenilles, sont rarement en bon état de conservation. C’est au crépuscule du soir que vole en juillet, sur les collines les plus chaudes de Cannes, cette jolie Tinéide. Je la place après la G&. Aleella, F. (Alternella Hb. 46. f. 151) dont elle a la coupe d’ailes.
(1) M. de Peyerimhoff, notre collègue. me mande avoir obtenu de chenilles élevées par lui, en juillet dernier, un nombre à peu-près égal de cette Gelechia nouvelle.
Chelonia Spectabilis, Tauscher.
Mém. Mosc. 1806, pl. 13 fig. 6. — Stgr. Cat. 756. — Jnterisa, Dup. VI, p. 81, pl. 57. — Herr.— Sch. fig. 9 et 10. Incisa, | Frey. pl. 356.
(PI. 118, fig. 7 et 8.) CHENILLE.
Elle est médiocrement allongée, cylindrique, recouverte de nombreux poils rudes d’un jaunäire-clair, implantés en faisceaux sur des tubercules de couleur orange, cerclés de jaune clair. Le fond de la chenille est très brun, presque noir. La seule ligne stigmatale existe ; elle est large, droite, continue, et d’un blancjaunäire. Les stigmates, placées sur la ligne même, sont grands, cependant on les distingue à peine, car ils sont d’un jaune clair et nullement cerclés. Le dessous du corps et d’un gris-jaunâtre marbré de brun. La tête est petite , globuleuse, entièrement noire et luisante. Les pattes écailleuses sont rougeâtres, avec le dernier article noir. Les ventrales et anales sont de couleur orange ; la couronne est brune.
Cette larve que nul iconographe français n’a encore figurée, doit être polyphage, ainsi que toutes les espèces congénères ; cependant elle semble préférer les armoises aux autres plantes herbacées.
Duponchel, en décrivant l’insecte parfait sous le nom de 7ntercisa, ne le croyait pas publié; il l'était pourtant, et, de plus, figuré depuis 1806, sous le nom de Spectabilis, par Tauscher, dans les mémoires de la société impériale de Moscou ; prelétil8;te G:.
Chelonia Spectabilis. 181
Le de la Spectabilis est assez différent de la & par la dispositon des taches et par sa couleur.
La Chelonia Spectabilis qui aujourd’hui fait partie de toutes les grandes cullectious, n’a encore été rencontrée que dans certaines parties montagneuses de la Russie méridionale. Espérons cependant qu’un jour, ce beau lépidoptère viendra enrichir notre faune francaise. Le plus grand nombre de nos montagnes provençales : l’immense chaine des Maures , celle de l’Estérel, les Alpes qui dominent Nice, Cannes et Menton, n’ont jamais été explorées d’une manière sérieuse; il ne serait donc pas étonnant d’y rencontrer la précieuse Spectabilis, pas plus, toutefois, que sa congénère la Quenselii, considérée naguère comme exclusive à la Sibérie et au Groënland, laquelle vient d’être signalée dans nos Alpes françaises. |
Quelques années plus tôt, je dois le dire, la Quenselii avait été retrouvée sur les hauteurs de Célérina, en Suisse, par M. Rod. Zeller, et, peu après, rencontrée en nombre, à Zermait, par MM. Guenée, Fallou, Constant et Oberthur.
Bomiyx Eversmannéi Ev.
Bull. Soc. Mos. 1843, pl. 10, fig. 2. — Frey. T. 428, fig. 3-4. — H.-S. fig. 73 et 74. — Gn. Ann. Soc. Fr. 1858 p. 456. — Sigr. 923.
(PI. 118, fig. 2etl0)
Elle est par sa couleur tranchée distincte de toutes celles du genre, mais sa forme la place naturellement dans le groupe des chenilles de Rubi, Quercus, Callunae, Spartii, Trifolüi; cependant c'est de cette dernière qu’elle se rapproche Le plus, aussi bien
par la couleur que par la disposition des lignes. Cette larve est
complétement cylindrique, pleine, demi-velue, ornée, sur un fond noir velouté, de couleurs vives. La ligne vasculaire, partant du second anneau, est large et d’un gris-bleuâtre. La sous-dorsale est fine, très interrompue, et de couleur amarante ainsi que la partie supérieure du premier anneau. La sigmatale n'existe pas, à proprement parler, mais au-dessous des stigmates, on voit une large ligne d’un gris vineux, et, au-dessus de ceux-là, une grosse lache, où mieux une réunion de plusieurs stries d’un blanc-jaunâtre, placée sur chaque incision. Les stigmates sont petits, blancs et cerclés de noir. La tête est petite, bleuâtre, globuleuse, avec les mandibules d’un rougeâtre pourpré. Les seize pattes sont concolores, mais, du côté interne, elles sont d’un orangé vif. Le venire, qui est d'un noir profond, laisse voir sur chaque segment deux taches rectangulaires d’une belle couleur orange placées à la suite l’une de l’autre; les poils sont d’un brun-foncé mêlés de noir.
Dans le jeune âge, cette chenille est d’une teinte beaucoup plus obscure; les couleurs vives dont elle sera parée sont alors imparfaitement indiquées. Elle vit, dit-on, en juin, sur les Scabieuses ; « sur un Acacia, suivant Freyer, et sur le Xaragona frutescens, suivant M. Herrich. »(Gn. Anu. Soc. Fr. 1858, p. 457.)
Cette superbe chenille a déjà été représentée par M. Freyer, d'Augbourg, mais le fécond inconographe allemand l’a-t-il reproduite d’une manière bien exacte? Cala me paraît douteux. Aurai-je mieux réussi à la faire figurer moi-même ? J’ose l’espérer.
INSECTE PARFAIT
Le est des plus remarquables par le développement de se antennes, dont les lamelles sont plus longues que chez aucun autre Bombyx.
Perarge Clymene 183
La teinte paille claire des ailessupérieures chez les deux sexes est constante. Cependant, par la forme générale et la disposition des lignes, c’est du Zrifoli que, de même que pour la chenille, le Bx. Eversmani se rapproche le plus.
« Le papillon vole sur les pelouses arides de l’Oural, à la fin d'août. » Gn.
Perarge Clymene, Esp.
PI. 85, fig. 1-3 — Hb. 165-6. — Dup. — Bdv. — Frey. — H.-S. 102-103. — Sigr. 368.
(PI. 119, fig. 1à 3.)
Celle-ci semble s'éloigner des Perarge par la structure exceptionnelle de la tête; forme unique, je suppose, parmi les chenilles de Satyrides, dont le plus grand nombre est aujourd’hui connu. Cette forme particulière, dis-je, devrait peut-être nécessiter pour la C/ymene un genre nouveau.
La chenille est d’une longueur normale, fusiforme , très plissée en travers, légèrement pubescente, d’un vert un peu bleuâtre, avec les lignes longitudinales mal indiquées. Seize pattes bien développées, avec le dernier anneau finissant en pointe fourchue, et la tête dégagée du premier segment: cette tête, assez grosse, ronde, ciliée, concolore, surmontée de deux pointes saillantes, rappelant assez la tête des chenilles du "genre Nemoria. Les mandibules sont rougeâtres, et les ocelles bruns. Les trois lignes ordinaires sont étroites, continues, plus claires que le fond, finement liserées de vert foncé, mais cependant peu
apparentes. Les stigmates ovales, concolores, à peine cerclés, sont invisibles à l’œil nu.
Ainsi que toutes les larves de Satyres, celle de la Clymene vit uniquement de graminées. Selon toute probabilité, elle doit se suspendre pour se chrysalider.
J'ai recu de M. Staudinger cette curieuse chenille.
L’insecte appartient à la Russie méridionale. Le papillon vole dans les grands bois qui bordent le Wolga.
(PI. 119, fig 5à5) Epimephele Pasiniané, Esp.
Hb. — God. — Bdv. — Sigr. — Ber.
CPL AO ie. d'à 6.)
Si le précédent Satyride se distingue par sa chenille de toutes les autres espèces congénères, dont les larves ont été observées, le Pasiphaë, par ses premiers états, se relie naturellement à l’Hyperanthus. En etfet, l’une et l’autre de ces deux espèces se transforment sous les pierres, dans une position horizontale, alors que toutes les autres chenilles d’£’pinephele s’attachent par le dernier anneau pour se métamorphoser.
Elle est assez courte, convexe en dessus, aplatie en dessous, carénée sur les côtés, à tête très dégagée du premier anneau, et un peu bifide, ou mieux cordiforme (1). Cette larve est en outre atténuée postérieurement, avec une double pointe aiguë au dernier segment ; elle est très pubescente, avec de nombreuses lignes d’un brun-rougeâtre. Le fond est d’un jaune-argileux ; la
(1) Par ce double caractère de la tête un peu bifide et dégagée du premier anneau, ne semblerait-elle pas se rapprocher de la chenille de la Clymene ?
Epinepliele Pasiphaë 185
vasculaire est large, continue, d’un brun-noirâtre ; la sousdorsale est large, très ondulée, à peine plus claire que le fond, et accompagnée de nombreux points bruns de chaque côté. La ligne stigmatale est très large, presque droite, claire, finement liserée de blanc en dessus, et de blanc-noirätre en dessous. Tout le corps est en outre parcouru longitudinalement par plusieurs lignes fines, serrées, continues, formées par l’agglomération de nombreux atomes bruns.
La ligne sous-dorsale est, à l’incision des 5°, 6°, 7°, & et 9° anneau, marquée en dessus d’un gros point brun. Les stigmates petits et bruns. Les pattes écailleuses brunes ; les dix autres concolures. Enfin, la tête est marquée de deux bandes d’un brunrougeâtre qui la traversent de haut en bas.
La chenille de Pasiphaë, me mande M. Himmighoffen qui me l’a envoyée d'Espagne, vit isolément sur les graminées qui bordent les chemins montagneux des environs de Barcelone. On la trouve, pendant le jour, au centre des touffes de longues herbes, tout près du sol.
Parvenue à toute sa taille, vers la fin d’avril et le commencement de mai, cette larve se retire sous les pierres pour se métamorphoser, s’y place dans une position horizontale, et partage avec la chenille de lZyperanthus, les habitudes des Sat. Proserpina, Hermione, Briseis, Arethusa, Fidia, ete. Elle s’élo'gnerait donc par ce mode de transformation, je le répète, de toutes les chenilles d’Zpinephele.
’éclosion du Pasiphaë a lieu vers la fin de mai ou le commencement de juin, et se prolonge pendant un mois environ.
INSECTE PARFAIT
Cette jolie Satyride ns varie jamais. Elle n'est pas rare dans les bois-taillis des collines d’Auribaud, de Grasse, de Vence, de Nice, et autres lieux de la Provence.
186 CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS e « Le Pasiphaë à été pris dans l’Ardèche. Il s’avance même jusque dans le Dauphiné, province qu’il ne doit pas dépasser.
P. MILLIÈRE
Saturnia À tlantica. 187
Pour rendre un dernier hommage au remarquable talent de peintre-naturaliste de notre regretté collègue, feu Bruand-d’Uzelle, et aussi pour faire connaître la femelie d’une superbe Saturnide, je crois devoir figurer dans ce recueil deux beaux dessins de la Saturnia Atlantica, que m'a laissés cet ami de notre chère science entomologique.
Si, en agissant ainsi, je m'écarte momentanément du cadre que je me suis tracé, celui de ne représenter dans mon iconographe que des papillons européens, je prie mes lecteurs de m’excuser en faveur du motif qui me fait agir. |
Outre les deux belles figures de la Safuwrnia exotique, je donne le texte littéral, de la description de l’insecte, qu'a laissé Bruand-d’Uzelle, texte écrit en entier de sa main.