PRÉSENTÉE À LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE LYON, LE 6 FÉVRIER
Acidalina Cervantaria, Mill.
Je. 111,/p. 21, pl. 103, f. 1 à 3 — Sigr.Cat. 2118.
Cette espèce décrite et figurée récemment (Ic. III, p. 21, 108, f.1 à 3), ne l’a été que d’après deux ©". Depuis lors, la chenille a été découverte par M. Himmighoffen. Ce naturaliste m’ayant procuré un certain nombre de larves de cette Phalénite, m’a mis à même d’en présenter l’histoire complète. La chenille de la Cervantaria doit, par sa forme allon xée, s’éloigner de la Monihata qui est courte et ramassée et avant laquelle je l’ai placée ; elle se rapprocherait plutôt des chenilles d’Acidalia Incanaria, Cantéeneraria, Dorycniata, Romanaria, Decolorata, Immutata, Caricaria, Depunctata et autres.Elle est, en effet, allongée, atténuée antérieurement, plissée, sensiblement carénée sur les côtés, à fond argileux, avec les lignes et dessins à peine indiqués. La vasculaire estlarge, interrompue, d’un jaune d’ocre pâle et finissant en pointe sur le 12° anneau ; toutefois cette ligne se prononce en brun
sur les quatre ou cinq premiers segments. La stigmatale est fine, ondulée, continue, un peu plus claire que le fond et placée sur la carène. Une teinte d’un gris ardoisé plus ou moins vif règne audessous de la stigmatale, ne s’arrête qu'à une ligne ventrale claire, continue, resserrée, et formant, en s’écartant sur chaque anneau du milieu, une losange allongée. Les stigmates sont très petits, blancs et cerclés de brun. La tête est petite, aplatie en avant,concolore, partagée par une ligne d’un jaune d’ocre. Les pattes écailleuses sont blanchâtres, avec la couronne brune; les quatre dernières pattes très rapprochées les unes des autres sont concolores. Le clapet anal est à peine indiqué ; les trapézoïdaux petits et bruns sont cerclés de blanchâtre. Quelques poils très courts accompagnent la tête et les derniers anneaux.
La chenille de la première génération grossit pendant tout l'hiver ; elle est rigide et vit à découvert fixée aux plantes basses qui la nourrissent. C’est, paraît-il, sur une petite Crucifère, l’Alyssum calycinum ? que cette larve aurait été rencontrée. Je l'ai nourrie en captivité avec la fleur de l’Alyssum maritimum, plante qui reste fleurie toute l’année ; elle réussit toujours bien.
Cette chenille de Cervantaria a atteint toute sa grosseur dès lami-avril; elle se transforme alors dans les feuilles sèches retenues par quelques fils de soie.
La chrysalide bientôt formée est médiocrement allongée, généralement d’un vert jJaunâtre terne, avec la tête, la pointe abdominale et les nervures indiquées en brun rougeâtre. Les anneaux sont marqués inférieurement de quatre à cinq points très bruns.
INSECTE PARFAIT
En publiant l’Acidalia Cervantaria il y a trois ans, je n’ai rien dit de la © que je n’avais pas encore vue. Elle ressemblerait tout-à-fait au æ si ses antennes n'étaient simples, et si
Acidaha Alyssumata 197
l'abdomen n’était un peu plus développé. La tache cellulaire est indi juée aux quatre ailes en dessus et en dessous. Nous. J’ai obtenu un accouplement de cette Acidalie en captivité; les œufs de la seconde génération, au nombre de 55, sont éclos après dix jours au plus.
Cette seconde génération a subi ses transformations en été ; en moins de six semaines, et m’a fourni les chenilles d’une autre génération, ces dernières ont passé l’hiver.
__ Cette nouvelle espèce vole, ainsi que je l’ai dit, page 23, en parlant du S, en mai, puis en juillet, aux environs de Barcelone (Espagne). C’est dans les lieux herbus de certains vallons frais qu’on la rencontre assez fréquemment.
Acidalie Alyssumata, Himmighoffen et Mill.
(Species nova)
(PI. 121. fig. 6 à 11.)
La chenille de cette petite espèce s'éloigne autant par ses mœurs et sa forme courte de la Cervantaria, que le papillon se rapproche de cette dernière par sa coupe d’ailes et son faciès général. Pour juger de cette différence chez les larves, on n’aura qu’à les comparer ; je donne, sur la même planche, la figure de chacune d’elles.
La chenille de l'Alyssumata qui, par sa forme, doit faire partie du groupe des Acidalia Osse ata, Interjectaria, et Politaria pl. 64, et Moniliata, pl. T6, n’a qu'une génération ; ce fait est caractéristique. Les œufs éclosent en juillet, cinq à six jours après qu’ils ont été pondus. Ici encore, l’insecte demeure près de onze mois sous son état de larve. Les œufs, dis-je, sont
arrondis, d’un fauve obscur, et, vus à une forte l6upe, paraissent cannelés.
Dans sa jeunesse la chenille de cette nouvelle Acidalie est d’un jaune verdâtre, avec les anneaux du milieu d’un vineux clair, ainsi que la tête. Elle passe l’hiver perdue dans les feuilles desséchées, semble ne rien manger jusqu’au premier printemps, et n’acquiert son entier développement qu’en mai. A cette époque elle est, comme je l’ai dit, assez courte et très plissée; elle est de plus rugueuse, carénée sur les côtés, un peu atténuée antérieurement. Le ton général est le rougeâtre vineux marbré de blanc, de brun, de jaunâtre, avec éclaircie sur chaque anneau, variant en plus obscur. Le ventre est uniformément d’un ardoisé obscur et concolore. Les lignes ordinaires n’existent qu’imparfaitement, cependant on voit des traces de la sous-dorsale, et la vasculaire est marquée sur les quatre derniers segments. La stigmatale placée sur la carène disposée en bourrelet, est à peine plus claire que le fond. Les 5°, 6°, 7° et 8° anneaux sont, sur la région dorsale, tachés à l’incision, d’un gros point jaunâtre accompagné de noir à droite et à gauche. La tête est petite, noire, avec de nombreux poils très courts. Les dix pattes sont brunes; les anales marquées de blanc en dehors.
Cette chenille paraît vivre dans la nature plus spécialement sur la Centaurea aspera si abondamment répandue en Catalogne eten Provence ; cependant elle est polyphage, ainsi que toutes ou presque toutes les Arpenteuses qui passent l’hiver. Je l'ai nourrie soit avec la fleur de diverses espèces de Centaurées, soit avec celle de la Scrophulaire aquatique et celle de l'Anthémis commune, soit enfin avec la fleur de l'A lyssum maritimum dont elle a vécu pendant les trois derniers mois.
La transformation a lieu dans les feuilles sèches tombées à terre, et la petite Phalène éclot quinze jours après.
Acidalia Alyssumata 199 INSECTE PARFAIT
On prendrait cette Acidalia, au premier abord, pour un petit exemplaire de la Cervantaria dont elle se distingue, je me hâte de le dire, par un très sérieux caractère; celui des antennes filiformes chez le «”, alors qu’elles sont pectinées chez l’espèce congénère. Voici, au reste, la description de l’A/yssumala.
Envergure : 0*,016 à 0,017.
Le ton général est d’un vineux clair qui s’affaiblit aux ailes inférieures, avec le tout saupoudré de brun. Les lignes ordinaires fines, d’un brun un peu verdâtre, sont assez visibles aux quatre ailes. L’extrabasilaire présente un coude arrondi très prononcé ; la ligne coudée propre est festonnée,avec une série de cinq à six points nervuraux. L’espace médian est träversé par une troisième ligne également continue, mais moins visible que les précédentes. Le point cellulaire petit , elliptique et brun, accompagne cette ligne intérieurement. Une éclaircie festonnée précède la frange qui est médiocrement longue et concolore. Enfin, une série de sept points allongés, noirs, précède immédiatement la frange aux quatre ailes.
Les inférieures sont traversées par trois lignes [brunes un peu moins accusées qu'aux supérieures. En dessous les quatre ailes sont d’un gris enfumé luisant où les lignes du dessus ne se voient plus que très imparfaitement. Il en est de même du point cellulaire qui souvent disparaît. Les antennes sont simples ou mieux à peine crénelées vues à la loupe. Les yeux noirs; le vertex, le thorax et l’abdomen concolores. Les pattes sont longues et brunes; les quatre premières sont munies d’une paire d’éperons ; les deux dernières n’en ont pas.
La * est un peu plus grande que le , et lui ressemble pour le ton général.
L'Alysswmata, qui a pour patrie les environs dé Barcelone (Espagne) où (1) M. Himmighoffen l’a découverte, est beaucoup plus rare, me mande ce naturaliste, que ne l’est la Cervantaria.
Je placerai l’Alyssumata après la Moniliata à cause dela forme assez courte et très rugueuse de sa chenille.
Mon cabinet : 6 et 4° ex larvä.
Acidalia Helianthemata, Mil].
Mill. Icon. pl. 113, fig. 6 à 9. — Sigr. Cat. 2144. (PL 12h Ge 123 15).
J’ai figuré, dans la XXVI* Liv. pl. 113, cette petite espèce
d’après la femelle seulement, le m'étant alors inconnu. Depuis cette époque, j’ai recueilli en nombre cette Phalénite, et J'ai pu m’assurer que les” avait la même parure que la ?, mais avec cette différence que le fond rougeâtre du # est un peu moins accusé que chez l’autre sexe. Cependant la bande noire qui traverse les quatre ailes en dessus et en dessous est aussi prononcée chez l’un que chez l’autre.
Cette Acudalia varie; elle se présente alors sans la bande noire précitée. Je dirai aussi que cette variété constante est presque aussi abondante que le type. Type et variété volent ensemble ; c’est-à-dire du commencement à la fin de juillet.
(1) Obs. Depuis la rédaction de cet article, j'ai trouvé, au mois de juillet dernier plusieurs sujets de l’Alyssumata à Cannes, dans les garigues qui touchent à mon habitation.
La fécondité de cette espèce est vraiment remarquable. Une © rencontrée au mois de juillet dernier, sur un terrain inculte, m'a pendu cent dix œufs fécondés. J’élève les chenillesqui ne diffèrent nullement de celles d'Espagne, bien que pourtant l’insecte parfait soit généralement plus pâle.
Acidalia Helianthemata 201
L’Helianthemata variété, celle qui est dépourvue de la bande noire, doit être depuis assez longtemps déjà confondue, par beaucoup d’entomologistes,avec l’Obsoletaria, Rb. (Rufularia, H.-$. f. 84-85), toujours plus grande de près d’un tiers, avec l’apex des supérieures sensiblement plus arrondi; j'en juge comparativement d’après plusieurs exemplaires d’Obsoletaria reçus de Corse, (1) ainsi que d’après l’Obsoletaria des environs de Cannes, qui vole quinze jours plus tard quel’ Helianthemata, mais jamais dans les mêmes lieux (2). Cette dernière est plus abondante que l’Obsoletaria ; elle se montre de la mi-juillet à la mi-août dans les bois clairsemés les plus exposés au soleil, tandis que l’Obsoletaria se tient toujours dans les fourrés et dans les grandes herbes d’où elle ne s’envole que difficilement. Enfin, je dirai que l’Obsoletaria (3) que j'ai figurée ainsi que sa chenille, (Ic. II, pl. 76, f. 6),n’est que la variété constante de mon Helianthemata laquelle aurait été rencontrée précédemment à Celles-les-Bains (Ardèche), à Marseille et en Catalogne.
(1) Deux Obsolelaria, set ® , qui me sont communiqués à l’instant par M. Zeller, de Zurich, que ce naturaliste tient de M. Mann, ne diffèrent en rien de l’Obsoletaria type des environs de Cannes et de Nice.
(2) Ce détail est à noter.
(3) Dans la prochaine livraison je figurerai l’Obsoletaria vraie avec sa chenille que j'élève en ce moment ab ovo, et dont la croissance doit durer plus de dix mois !...
Acidalla Isabellaria, (1) Mill.
Iconog. Il, p. 498, fig. 3-4.
J’ai décrit et figuré ( XXII° Liv., pl. 97) le de cette jolie Phalène de l'Espagne occidentale. Aujourd’hui je viens faire connaître la ® qui est sensiblement plus grande que l’autre sexe. Je parlerai aussi de la chenille sur laquelle on ne savait encore rien. ji
Cette larve rappelle pour la forme et aussi pour les mœurs les chenilles des espèces congénères Zmmutata, Hb. et Depunctata, Scop. ; et aussi celle de Promutata (2). C’est dire qu’elle est allongée, sans carène latérale, avec les quatre pattes postérieures très rapprochées les unes des autres, et, par le fait, très éloignées des pattes écailleuses. Elle serait cylindrique, si elle n’était légérement atténuée sur les premiers anneaux. Elle est d’un gris argilo-vineux en dessus, passant au bleuâtre en dessous, et, de plus, lavée de verdâtre sur les premiers et les derniers anneaux. La ligne vasculaire est imparfaitement indiquée, sauf sur les trois derniers segments où elle est marquée de brun. Il n’existe aucune ligne soit en dessus, soit en dessous. Les dessins sont à peu près nuls; on voit cependant sur les an-
(1) Suivant M. Staudinger, Catalogue des Lépidoptères d'Europe, p. 151, l’Acidalia Isabellaria ne serait, ainsi que les quatre espèces suivantes : Falsaria, H.-S. fig. 463 ; Confinaria, H.-S. fig. 315 à 317; Romanaria, Mill. pl. 106. fig. 4 à 11; et Dentatolineala, Rb. Cat. S. And. PI. 16, fig. 7; qu'une variété de la Luridala, (H.-S. fig. 419).
Voilà de ces rapprochements forcés que je ne saurais admettre.
(2) Que j'espère bientôt faire connaître.
Acidalia Isabellaria 203
neaux du milieu une ombre grise qui occupe, à la hauteur de la sous-dorsale, le quart environ de chacun de ces anneaux. Les points trapézoïdaux sont relativement gros et bruns ; les stigmates sont très petits, bruns, et placés au centre d’une éclaircie ; ils sont accompagnés d’un gros point noir sur tous les anneaux. La tête est petite et un peu aplatie en avant; elle est concolore ainsi que les dix pattes.
J'ai nourri cette chenille, pendant jé mois de juillet, avee plusieurs plantes herbacées, telles que Crucifères, Genêts et Centaurées. Ce sont les fleurs de l’AZyssum maritimum, qu’elle a semblé préférer. C’est à la fin du même mois de juillet qu’elle est parvenue à toute sa grosseur. (1)
Isabellaria © mesure vingt millimètres d'envergure. Ainsi quelle, elle est d’un rougeâtre vineux, bien que d’un ton plus pale. Elle est de plus lavée de bleuâtre sur le bord externe des quatre ailes. Les lignes transversales, un peu verdâtres,sont moins accusées, plus nébuleuses que chez le d'; cependant la frange est large, d’un fauve carné et précédée d’un trait fin, noir, et interrompu aux nervures. La tache cellulaire est petite, brune, à peine visible sur les quatre ailes. Le dessous est aussi différent du dessus que chez le # ; il est d’un gris carné, uniforme et luisant, avec la frange lavée de fauve. La tache cellulaire est imparfaitement indiquée en brun.
M. Himmighoffen n’a pu encore rencontrer qu’un nombre très restreint d’Zsabellaria, soit à l’état de chenille, soit à celui d’insecte parfait.
() Lesdeux chenilles d'Acid. Isabellaria que j'ai reçues de M. Himmighoffen, de Barcelone, étant mortes, l’une ichneumonée, l’autre en chrysalide, je donne, sous toute réserve, la figure et la description de cette larve.
à Psyche Silphoella, NAS.
-( Species nava )
(PI. 122, fig. 1à5.)
Renfermée dans un fourreau qu’elle doit trainer constamment aprèselle,on ne voit guère cette chenille que parvenue à toutesa taille ; ce qui a lieu vers la fin de mars, alors que son enveloppe tubulaire a recu son entier développement. L'existence de cette larve, pendant la pius grande partie de sa vie, semble donc assez mystérieuse. En automne et en hiver on ne peut la découvrir dans les lieux où elle sera commune quelques mois plus tard.
Après l’avoir arrachée de son fourreau où elle se cramponnait désespérément, j’ai reconnu que cette chenille présente les caractères suivants: cylindrique, médiocrement allongée, très plissée, avec les anneaux distincts, d’un jaune pâle un peu verdâtre. Elle a seize pattes bien visibles ; les écailleuses noires et très robustes sont beaucoup plus longues que les membreuses. La tête est globuleuse, uniformément noire et luisante. Les trois premiers anneaux sont recouverts de larges plaques écailleuses noires, luisantes, séparées au sommet par un sinus clair. Le douzième segment présente une plaque écailleuse petite, d’un brun mat; les pattes ventrales sont concolores, avec la couronne brune. Les trapézoïdaux et autres points pilifères sont bien marqués en brun, ainsi que les stigmates placés sur la carène qui est imparfaitement indiquée en plus clair que le fond.
Cette chenille vit autrement que la plupart des larves de Psyche; elle n’a jamais été renvontrée sur des graminées, et, en captivité, elle n’a touché à aucune de ces plantes. Dans la
Psyche Silphella 205
nature elle se nourrit volontiers de Plantago, Rumex et Dorycnium. Notre collègue, M. de Peyerimhoff et moi avons un . jour surpris une chenille de la Silphella rongeant les feuilles du Dorycnium suffruticosum plante qu’elle ne doit cependant pas préférer, puisque celle-ci ne croît plus à la hauteur où je trouve le plus abondamment la chenille de la Psyche dont il est question. On la rencontre aux environs de Cannes à 140 ou 150 mètres au-dessus du niveau de la mer; je ne l’ai jamais remarquée plus haut. C’est aux expositions Sud-Est, dans le voisinage du Grand-Pin, en face des îles Lérins, qu’elle vit le plus ordinairement. Toutefois, de loin en loin, elle se montre au Sud ; rarement plus bas que la hauteur que j’ai indiquée.
Le fourreau que la chenille fixe le plus souvent contre les murs en pierres sèches, élevés pour soutenir des terres plantées de vignes, le fourreau, dis-je, est tubuliforme, un peu courbé au centre, presque cylindrique, allongé, beaucoup plus que celui de sa voisine la Ps. Leschenaulti, Stgr. ; rappelant plutôt les fourreaux d’un genre autre ; celui, par exemple, de la Fumea Suriens (Ic. pl. 65, f. 5) dont il partage, nôn-seulement la forme cylindrique et allongée, mais encore la couleur argileuse.
Le fourreau de la © est toujours plus/long que celui du .
L’insecte parfait se montre du 15 avril au 10 mai; de six à sept heures du matin. Je nél’ai jamais vu éclore passé cette dernière heure, bien que les fourréaux soient constamment demeurés au soleil. |
INSECTE PARFAIT
Envergure On 018 à Om,019.
C’est de ses deux congénères la Fulminella, Sigr. et Leschenaulti, Stgr. que la Silphella s'éloigne le moins. Elle est un peu plus petite que la première et légèrement plus grande que
la seconde de ces deux Psyche. On voit de suite ên quoi la nouvelle espèce diffère de ses voisines lorsqu'on peut en juger par comparaison. La Si/phella a l’apex des supérieures sensiblement plus aigu que chez ses deux congénères. Les quatre ailes relativement plus allongées sont d’un noir de suie presque opaque, ce qui n’a pas lieu chez les espèces précitées. Elle a de plus (et ceci est un nouveau motif de séparation), les franges et les nervures relativement épaisses, et d’un noir opaque profond. Les poils du thorax et ceux de l’abdomen sont d’un noir mat absolu, sans nulle trace de poils blancs ou gris. Le dessous est d’un noir mat tout aussi intense que le dessus. La Ps. Si/phella d' ne varie jamais.
La © est d’un blanc grisâtre, avec la tête ambrée et luisante; la plaque des deux premiers anneaux est carnée. C’est très imparfaitement qu’on distingue à la loupe des rudiments d’antennes. Les œufs dont cette ® a l’abdomen rempli, sont relativement gros, elliptiques et d’un blanc douteux.
Psyclie Standfussii, H.-S.
VI, p. 175 — Heineman, I, p. 181 — Stgr. Cat. 850.
(PI. 122. fig. 6 et 7.)
Est-ce une espèce séparée, est-ce simplement un grand exemplaire de la Fusca, Haw. (Calvella, Och. )? Une simple variété ne pourrait, ce me semble, se présenter avec {une envergure aussi considérable ; je croirais plutôt à une espèce distincte de la Fusca, d'autant que la costale présente un contour légèrement rentré chez la Sfandfussri, tandis que le contraire existe chez la Fusca.
La Ps. Standfussii, H.-S., la plus grande de toutes les Psy-
Psyche Plumistrella 207
chides connues, appartient à la Russie méridionale; elle n’avait point encore été figurée.
Les pailles courtes du fourreau paraissent plutôt disposées
transversalement que longitudinalement.
Obs. J'ai sous les yeux une femelle de la Standfussii; mais on ne peut rien en dire, tant elle est déformée par la dessication.
Je r’ai rien pu apprendre de la chenille ét de ses mœurs.
Mon cabinet : deuxexemp. un et une ©, avec leur fourreau.
Psyche Plumistrella, Hb.
Hb. Tin. f. 213 — Brd. Monog. pl. 11, fig. 46a d. — Stgr. Cat. 847 — Plumigerella, Dup. IV, pl. 56, f. 8.
(PI. 122, fig. 8et9).
Cette espèce, une des plus tranchées, est mal connue, peu répandue dans les collections, et l’insecte parfait assez mal reproduit par les iconographes. Le fourreau, en tout cas, n’est figuré nulle part.
La chenille, qui a été représentée par Bruand, ( Monog. des Psychides, )« ressemble, dit-il, à l’Albivitrella.» (Albida ).Cela n'est point exact, si j'en juge par la figure si différente de la chenille d’Albida ( Icon. II, pl. 102, f. 17.)
Le fourreau est de taille exiguë et revêtu de pailles courtes ; cependant ces pailles ne sont nullement serrées, et ne se prolongent qu’au tiers de sa longueur ; les deux autres tiers du fourreau sont recouverts de grains de sable fin, serrés et bruns.
La Psy. Plumistrella appartient à nos provinces de l’Est où elle est toujours rare. Elle n’a jamais été rencontrée au centre et au midi de la France. M. Zeller me l’a envoyée de Zurich où il la prend de loin en loin.
Psyche Zelleri, Mn.
Mn. z. b. V. 1855, p. 706, 1 à 8. — Stgr. Cat. 830: -
(PI. 122, fig. 10 et 11).
Elle n’a pas été comprise dans la Monographie des Psychides de Bruand. Nul auteur français n'ayant encore fait connaître cette petite espèce, je crois devoir figurer le d: ‘ainsi que son fourreau. Je le fais d’autant plus volontiers ‘que la Zelleri considérée jusqu’à ce jour comme appartenant à la Russie méridionale, vient d’être retrouvée en France. En effet, au commencement de mai 1870, je recevais de Plaisia (Jura) cinq fourreaux d’une Psychide, que je ne reconnus pas. Vers la fin du même mois, j’obtenais deux mâles en tout semblables à la Zellers de Russie, et trois femelles.
J’ai l'espoir de faire connaître plus dd la chenille sur la-
quelle il m'est envoyé le renseignement qui suit: « Fourreaux . trouvés sur des buissons qui rampent et qui végètent sur une :ÿ
pelouse sèche d’une montagne voisine. »
La P. Zelleri fera désormais partie de la faune française.
Psyche Apiforamis, Rossie(l)
Fau. étrus. II, tab. 8, f. 2. — God. IV, 29, f. 7. — Frey. pl. 667. — Bell. Ann. Socc. Fr. 1860, p. 691 — Sigr. Cat. 825— Apiformella, Brd. — Fucella, Hb. Tin. 809.
( PI. 122, fig. 12et13)
Elle a de grands rapports de forme avec ses voisines
(1) Petrus Rossius, Fauna Etrusca, Il, T. 8, f. 2, p. 287. L’auteur de la faune étrusque a considéré la Ps. À [(piformis comme un Diptère appartenant au genre Syrphus; il a donné @eux figures assez bonnes de sa S. Apiformis.
Psyche Apiformis 209
les P. Albida et Silphella dont elle ne diffère que par les dessins de la tête.
Cette larve,qui n’a pas encore été observée,a seize pattes, les membraneuses sont à peine développées, mais les écailleuses sont robustes, d’un jeaune rougeâtre, avec le dernier article noir. Le corps est très plissé, à peine caréné sur les flancs et d’un blanc jaunâtre. Les trois premiers segments qui s’emboîtent l’un dans l’autre sont recouverts d’une large plaque écailleuse ambrée, avec de nombreuses taches noires. La tête également d’un jaune ambré estmaculée de taches noires lesquelles sont,de chaque côté, disposées en deux groupes dont le supérieur est le plus grand. Les mandibules, les ucelles et les palpes sont noirs. La chenille de la P. Apiformis,ainsi que j'en ai dit deux mots à la p.21 du présent volume,est commune aux environs de Naples. Vers le commencement de mars, j'ai pu, à Pompeï, recueillir bon nombre de fourreaux de l’Apiformis, les uns déjà fixés aux vieilles murailles, les autres appendus aux ronces du voisinage, des feuilles desquelles cette chenille devait se nourrir ; ce dont pourtant je n’ai pu m'assurer personnellement. Cette Psyche n’est pas rare en Sicile, suivant M. Bellier de La Chavignerie qui à étudié la faune entomologique de ce pays.
Le fourreau ressemble assez à celui de la P. Atribombycella, Brd. bien que plus petit et moins épais ; il est composé de pailles ténues placées en travers et recouvertes d’une soie blanchâtre.
L’éclosion du lépidoptère a lieu vers la fin d'avril.
INSECTE PARFAIT
La figure de l’Apiformis de la Manogr. Brd. (PI. I, f. 18 a) ne donne de cette Psyche qu’une idée imparfaite. Le thorax et surtout l'extrémité de l’abdomen, chez les sujets
fraîchement éclos, sont recouverts de poils d’un fluve vif. Cette couleur imprime à l’Apiformis « un aspect brillant et des plus gais parmi les espèces de ce genre nombreux, toutes ou presque toutes si tristement vêtues de deuil.
Obs. Ce doit être par erreur que Bruand a dit (Monog. p.39) en parlant de l’Apeformis : « se trouve dans le Midi de la France. » Jusqu'à ce jour personne, que je sache, ne l’a rencontrée en Provence.
L’Apiforme appartient spécialement, je crois, à l’ancien royaume de Naples. C’est bien vainement que je l’ai cherchée aux environs de Gênes, de Florence et de Rome. Le musée entomologique de Naples ne possède guère que l’Apiformis pour représenter le genre Psyche (1) mais elle y est en grand nombre d'exemplaires & bien conservés pour la plupart.
Psyche Febretta, Boyer de Fonscolombe,
Ann. Soc. Fr. 1835, p. 107, pl. 1. — Brd. pl. I, f. 27 a. b.— Bell. Ann. Soc. Fr. 1860, p. 190. — Stgr. Cat. 817 — Vetulella, Rb. Cat. Sys. And. a. b. pl. 3, f. 2, p. 296.
(Var. Albipunctella, Mill. ) (PI. 123, fig. 14 à 18) Je crois avoir suffisamment démontré (Ic. III, p. 12 et sui-
vantes) que la P. Velutella, Rb. n’est autre que la P. Febretta, Boyer de Fonscolombe. Je ne reviendrai donc pas sur
(1) Toutefois, deux sujets en fort mauvais état de la Ps. Cinerella, Dup. s’y trouvent aussi.
Psyche Febretta 211
les renseignements que j'ai fournis alors pour prouver que le nom de Vetulella n’est qu’un synonfme. Cependant tout en confirmant aujourd’hui ce que j’en ai dit à l'époque précitée, je rendrai sommairemeut compte de nouvelles observations que, depuis lors, j'ai été à même de faire à l’égard de cette espèce qui, jusqu’à ce jour, est demeurée fort rare, et que possèdent peu de cabinets.
La P. Febretta paraît en août seulement ; du commencement de ce mois au 20 ou 25 environ. C’estle matin qu’elle éclot, entre sept et huit heures ; se distinguant en cela de sa congénère, la Cinerella, Dup., qui éclot toujours à l’entrée de la nuit et qui vole jusqu’au matin.
Après m'être procuré quelques femelles de Febretta qui sont écloses sur une pelouse de mon jardin, à Cannes, les mâles arrivèrent, dans la matinée, en grand nombre autour de ces femelles, à tel point que, par instant, j'en comptais de douze à quinze volant à la fois, ou se posant sur les parois extérieurs de la cage qui enfermait les femelles. Ces mâles paraissaient tellement occupés, que nul bruit ne les effrayait, et qu’ils se laissaient saisir avec la main, ou piquer sur place.
La vivacité des Febretta S est si grande, et, par suite, ces insectes se gâtent si vite pendant leur vol extravagant, que, sur vingt sujets capturés, c’est à peine s’il s’en trouve un de pasable.
A l’époque de l’éclosion de cette Psyche elle n’est pas telle qu’on l’a représentée jusqu’à ce jour, c’est-à-dire d’un roux foncé ou d’un roux brunâtre, par la raison que des sujets ayant vieilli en collection, ont dû servir de modèle au peintre.
La Febretta de récente éclosion est vivante et d’un noir fuligineux, avec l’extrémité des franges blanchâtre; le thorax et l'abdomen sont d’un gris mêlé de roussâtre. Les antennes sont grandes, plumeuses et tirent un peu sur le roux.
Cette espèce, qui ne devra plus être rare, présente une variété constante; celle-ci est, aux environs de Cannes du moins,
sensiblement plus abondante que le type, c’est-àlire qu’elle se montre dans les proportiôns de quatre sur cinq.
Cette variété se distingue de l’espèce ordinaire par la présence aux ailes supérieures d’un point cellulaire assez gros, d’un blanc vif. Ce même point blanc est reproduit en dessous, mais avec cette différence qu’il se fond et forme une traînée blanchâtre à droite et à gauche des plus caractéristiques.
La Psyche Febretta type est commune en Sicile, suivant M. Bellier de La Chavignerie.
Platypteryx Binaria, Hufn.
— Hamula, Esp. — Hb. fig. 46-47. — Dup. 2°, pl. 140, fig. 3. — Uncinula, Bork. II, p. 461. — Hb. fig. 45. (Var. Méridionalis). |
(PI. 123, fig. 1à5.)
La chenille de la Plat. Uncinula de Borkhausen, Var. (?) … Méridionalis, lépidoptère considéré jusqu’à ce jour comme variété constante de l’ÆZamula d’Esper et de Duponchel, la chenille, dis-je, n’a été figurée nulle part. Cette variété méridionale est-elle en réalité qu’une simple aberration du type, la Binaria? J’inclinerais fort à en douter et à voir là une espèce distincte, 1° par la constance de cette prétendue variété ; 2° par la différence notable de la chenille comparée à celle du type dont Hubner nous a laissé une assez bonne figure sous le nom de Sicula (Bomby. I, Sphingides, F. c, 1, a ); et par cellede la chrysalide b. En effet, la couleur de la chenille de Hubner est tellement différente de celle de l’Uncinula, et la forme de la pointe qui surmonte le 3° anneau estsi dissemblable que je crois,
Platypteryx Binaria 213
je le répète, à l'existence de deux espèces. Voici en tout cas ce que j’ai à dire des premiers états de l’Uncinula, Bork. Var. (?) Meridionalis.
Elle passe l’hiver pendant lequel, très petite encore, elle demeure fixée aux branches de divers chêne-verts de Ja Provence, et ne parvient à toute sa grosseur que pendant le mois de mars (1), époque à laquelle sa croissance est des plus rapides.
À la seconde mue, cette larve est brune, couleur qui se prononce au point de devenir noirâtre souvent. Dès la troisième mue elle abandonne sa livrée sombre et passe au vert d’eau très-clair ; parvenue à son entier développement, le vert tire sur le bleuâtre lavé de carmin sur la région dorsale; le tout est aspergé de nombreux petits points allongés d’un vineux pourpre.
Cette chenille n’a, comme toutes celles des P/atypteryx, que 14 pattes, le dernier segment qui se termine en pointe longue et relevée en étant dépourvu. La tête est aplatie en avant, large à la base, avec le sommet à deux pointes émoussées ; elle est concolore, et aspergée de points pourprés. Les ocelles sont noirs, et les mandibules vineuses. La ligne vasculaire seule existe sous forme de trait fin pourpré ; elle s’arrête au 5° anneau inclusivement ; à partir du 6°, on remarque un large espace dorsal en forme de losange plus clair que le fond, lequel aboutit au 10° anneau. Cette losange est limitée sur les bords par un trait pourpré qui se fond inférieurement. La pointe du 3° anneau est
(1) En décembre dernier, une chenille, parvenue par exception à sa 4° mue, s’est transformée vers la mi-janvier, et a donné son insecte parfait le 5 avril suivant ; c'était un ©.
aiguë, unique (1) et d’un pourpre carminé, ainsi que celle du 12°. Les stigmates, d’une petitesse extrême, sont rougeâtres et cerclés de noir. Les pattes concolores et vineuses extérieurement ; la couronne des ventrales est également vineuse. Le ventre d’un vert bleuâtre ne présente pas de lignes.
Cette chenille qui me paraît vivre spécialement sur le Quercus ilex se nourrit des feuilles de l’année précédente, et ne touche jamais auxnouvelles,alors même qu’elle manquerait des premières feuilles. Pendant le jour elle se tient fixée au revers d’une feuille. C’est sous l’une de celles-ci qu’elle se métamorphose, et c’est avec cette feuille qu’elle forme une sorte de tente, où, retenant les bords au moyen de fils de soie, elle tisse sa coque qui est d’un blanc jaunâtre (fig. 2. ). Je crois que, pour cette opération importante, la transformation, elle ne descend jamais de l'arbre qui l’a nourrie.
La chrysalide est, de son côté, assez différente de celle de l’'Hamula; elle n’est pas blanche; celle du est entièrement d’un vert bleuâtre taché de brun, et rougeâtre sur la poitrine; le tout recouvert d’une légère efflorescence blanchâtre. Celle de la © est d’un blanc un peu verdâtre, assez courte, à pointe abdominale obtuse, avec la gaïîne des antennes très apparente, et laissant voir, chez celle du ©”, les lamelles fixées à la hampe. L’insecte adulte éclot une première fois en avril et mai, et une seconde en août et septembre.
INSECTE PARFAÏT.
Ici nous trouvons encore des caractères qui doivent séparer
(1) Et non pas « bifide, dont la base est entourée de petits points blancs, » Dup. VII, 2, p. 85. Ce passage de Duponchel ayant trait à la chenille de l’Zamula prouverait encore que ma chenille est une autre espèce.
Eupithecin Massiliata 215
les deux races, ou mieux, les deux espèces. La P. Hamula, Hb. f. 46-47, type, set ©, est toujours plus petite que lUncimula, Bork. ( Uncula, Hb. f. 45). Celle-ci est, en outre, lavée d’une teinte d’un gris-bleuâtre châtoyant qui n’existe pas chez le de l’Jamula. Parlerai-je des deux points noirs aux supérieures, toujours plus accusés chez l’Æamula ? ainsi que de la coudée présentant un angle vif, tandis que cette coudée, chez l'Uncula, est toujours arrondie au coude? enfin, la couleur de chacune des deux espèces , l’époque d’éclosion, etc. Tout, en un mot, porte à penser que Borkhausen a eu raison de considérer cette prétendue variété ( Zamula, Esp. Hb. Dup. ) comme espèce distincte nommée par lui Uncinula.
Eupithecia Massiliata, Mill.
Ic. Il, pl. 67 fig. 1 et2. — Stgr. Cat. 2794.
( PI. 123, fig. 6et 7.)
Elle rappelle. assez celle de la Cocciferata, Mill. Ces deux chenilles ont des mœurs identiques. Elles vivent en Provence sur les mêmes arbres ; les chêne-verts, et à la même époque; celle du 15 mai au 15 juin, et éclosent dans le même temps, du 19 mars au lo avril de l’année suivante. Ce qui distingue la chenille de Massiliata de celle de Cocciferata, c’est d’abord sa taille plus petite, ensuite les tâches rougeâtres du dos, lesquelles au lieu de se présenter sous forme de chevron, affectent plutôt celle d’un trident dout la base repose sur chaque incision.
La Massiliata insecte parfait est, on le sait, très distincte de sa congénère ; à tel point que les deux espèces ne font pas partie du même groupe d'Eupithecia. Une curieuse particularité, je
dois le dire, se rattache à cette Massihata; les Cbrysalides recueillies au printemps, non-seulement n’écloront pas toutes l’année suivante, maisles deux tiers environ resteront à éclore, et ne donneront leurs insectes parfaits que la deuxième année pour le second tiers, et que la troisième année pour le troisième tiers.
La Massihata est aussi commune aux environs de Cannes que la Cocciferata.
Obs. Au commencement de 1870 j'ai cru reconnaitre dans cette Eupithecia une espèce distincte de la Massihata, et pensaï dès lors l’indiquer dans les Petites Nouvelles Entomologiques publiées par M.E. Deyrolle,sous le nom de Peyerimhoffata. Ayant reconnu mon erreur, ce nom devra être désormais considéré comme nul.
Metrocampa Honorarin, V4-V.
Hb. — Tr. — Dup. — Bdv. — H.-$S. — Led. — Lah. —Gn. — Sigr. — Cat. 2297. — Adsociaria, Bork.— Excisama, Esp. — B* Honorifica, Esp.
(PI. 123, fig. 8à11)
Elle n’est figurée en aucun pays; cependant deux auteurs l’ont décrite ; Esper et M. Guenée.
Le genre Metrocampa, composé seulement de deux espèces «européennes; Æonoraria et Margaritaria, est des plus intéressants.
« C'est surtout par les chenilles que ce genre est parfaitement distinct de tous les autres. Celles-ci forment plusieurs excep-
Metrocampa Honoraria 217 tions remarquables dans toute la grande division des Phalénites. D'abord, elles ont douze pattes, et la paire de membraneuses qui s'ajoute au nombre normal des Géomètres, n’est pas seulement pour la forme, comme chez quelques autres genres de cette famille (Rumia, Odontopera), mais elle est bien développée et sert, quoi qu'on en ait dit, à la progression aussi bien qu’à la préhension, etc. » Gn. X. p. 126.
Cette chenille est allongée, aplatie en dessous, très plissée, convexe en dessus, garnie latéralement d’appendices filamenteux ainsi que les Catocala avec lesquelles elle a de nombreux rapports; cependant elle ne possède pas leur agilité, et n’est pas marquée de taches noires ventrales comme les larves de Catocala. |
Le type de la chenille d’Jonoraria présente, sur chaque segment du milieu, une sorte d’anneau concolore paraissant en saillie. Elle est entièrement d’un gris-blanchâtre cendré variant quelquefois en roussâtre ou violâtre. Les trapézoïdaux sont subverruqueux, petits, concolores, et cerclés de brun à la base. Les lignes ordinaires n’existent pas ; le ventre est d’un gris bleuâtre; les stigmates d’un jaune serin, elliptiques, sont cerclés de noir. La tête est aplatie en avant; elle présente en dessus, des lignes foncées, ondulées transversalement, avec le sommet de chaque calotte lavé de roussâtre. La face est blanchâtre et picotée de brun. Les douze pattes, dont les deux premières ventrales plus courtes que les autres, sont concolores.
Un caractère omis par les auteurs qui ont parlé de cette chenille, est que celle-ci a le onzième segmentsurmonté d’une légère éminence caronculiforme ; nouveau point de rapprochement avec les chenilles de Catocala.
Je crois que la véritable patrie de cette espèce est le littoral, la région des oliviers. Elle est fort abondamment répandue aux environs de Cannes où elle vit sur les chêne-verts, mais, je dois le dire, plus spécialement sur les oliviers où
elle passe l’hiver étroitement appliquée le long des branches (1.)
Elle me semble particulièrement commune dans mon jardin et, lors de la cueillette des olives en hiver, on la fait souvent tomber des arbres (2). Elle n’est alors qu’à sa troisième mue.
La transformation a lieu vers la mi-avril, dans une coque molle placée au centre de feuilles d’olivier qu'a réunies la chenille.
La chrysalide est pleine, médiocrement allongée, d’un rouge brun, nullement saupoudrée de gris où de bleuâtre, avec la pointe abdominale courte et bifide.
L’insecte parfait s’est montré vingt-cinq jours après la transformation de sa chenille.
La première éclosion a lieu vers le quinze mai, et la seconde dans le courant d'octobre (3).
C’est avec une ponte, obtenue à cette dernière époque, dont les œufs sont éclos douze jours après, qu’il m’a été permis de suivre l’insecte dans toutes ses phases.
Obs. La fécondité de |’ onoraria est très grande; après l'acte copulatif, la © qui vécut seize jours sans avoir été blessée par l'épingle, pondit 464 œufs qui sont éclos à la fin du douzième jour. La mère, ainsi qu’on le juge, survécu! quatre à cinq jours à l’éclosion de ses premiers œufs.
(D) L'espèce n’est pas rare en Auvergne où, aux environs de Thiers, je l’ai souvent fait tomber des chênes ordinaires. Dans cette partie de la France, c’est toujours avant l'hiver qu'elle se métamorphose pour passer cette saison en chrysalide.
(2) On rencontre vivant dans les mêmes conditions, la chenille de la Boarmia Umbraria,remarquable Phalénite, aussi abondante que l’AHonoraria, dont j'ai l'espérance de faire bientôt connaitre les premiers états.
(3) Détail de mœurs qui a son importance ; l'espèce a deux générations; Ce que personne n'avait encore dit.
Lithocampa Milherei 219 INSECTE PARFAIT
Le type qui mesure 0",045 à 0",047 est d’un carné rougeâtre. La © est toujours plus grande que le , plus anguleuse au bord des quatre ailes, plus claire, avec les lignes transverses mieux marquées.
Cette belle Phalénite varie quelquefois: une des plus remarquables aberrations que j'ai vues, est celle d’un , d'Auvergne, obtenue ex larvd.
Chez cette variété le fond carné roussâtre a disparu entièrement pour faire place à une teinte d’un vert glauque pâle uniforme.
La Met. Honoraria vient facilement au réflecteur. Je l'y ai prise maintes fois à Cannes, soit au printemps, soit à l’automne.
Lithocampa Millierei, Sigr.
Berliner Entomologis. Zeitschrift, 1870, p. 119. n° 18. Stgr. Cat. 1691.
« Une magnifique nouvelle espèce voisine de Ramosa » (Eine prachtige neue Art bei Ramosa), Staudinger, Berl. ent. Zeit. 1870, p. 119, vient d’être découverte en Catalogne par M. Himmighoffen qui, par ses recherches intelligentes, continue à enrichir la faune lépidoptérique de l'Espagne occidentale.
Cette Lithocampa nouvelle qui n’a pas encore été figurée, a été décrite d’après quatre sujets femelles obtenus de chenilles; le n’étant point alors connu.
Je cède au désir de plusieurs entomologistes éh faisant connaître le © et la chenille de cette nouvelle espèce.
Ayant obtenu l’insecte ex larv&, j'ai pu l’étudier; je le fais représenter sous ses divers étais.
Le 5 septembre 1870, il m'était envoyé de Barcelone, par M. Himmighoffen, un certain nombre de chenilles, à leurs divers âges, de la Zithocampa Millierei; ces larves provenaient de la seconde génération.
Jeune, cette chenille ressemble à la Zithorhiza, mais un peu plus tard elle a plus de rapports avec sa congénère Ramosa. A sa seconde mue elle est allongée, d’un gris foncé, avec trois lignes latérales. Les trapézoïdaux et la caroncule du onzième segment sont relativement prononcés. Parvenue à son entier développement elle est fusiforme, sensiblement atténuée aux extrémités, sans carène latérale, à tête lenticulaire, avec le onzième anneau surmonté d’une pointe bifide coupée brusquement en arrière, et éclairée de blanc vif transversalement. Les quatre premières pattes ventrales, les deux premières surtout, sont relativement courtes ; mais aussi, les quatre dernières et les deux pattes anales sont très allongées. Ce caractère important des deux premières paires de pattes membraneuses plus courtes que les deux autres, semble ne pas exister chez la chenille de Ramosa. Sur le fond d’un jaune un peu orangé on distingue de nombreuses lignes serrées et blanchâtres, cependant des trois ordinaires, on n’aperçoit que la ligne vasculaire qui présente sur chaque segment un dessin dorsal en forme de losange, d’un blanc vif, obscursi sur chaque incision de brun pourpre. Le premier anneau et la tête sont marqués sur les côtés d’une large bande longitudinale foncée. Les stigmates sont ovales, de couleur orange et cerclés de noir ; les trapézoïdaux sont bien développés, blanchâtres et cerclés de noir. Le 12° anneau présente une double rugosité en dessus, surmontée de poils raides. Le ventre qui n’est nullement aplati, est d’un blanc bleuâtre; on
Lithocampa Millierei 221
remarque, ainsi que chez les Catocala, une large tache d’un noir bleuâtre entre les fausses pattes, alors qu’il n’existe qu’une ligne ventrale chez la chenille de la Ramosa. Au reste mêmes habitudes, même nourriture chez les deux espèces de chenilles. C’est, en effet, sur les Lonicera des bois que vit la chenille de la nouvelle Zethocampa, dont elle ronge les feuilles les plus tendres sans toucher aux tleurs. Sa croissance est des plus rapides : quatre ou cinq semaines lui suffisent ordinairement. Elle se transforme dans la terre au centre d’une coque papyracée, composée de soie et de grains de terre.
L'insecte passe l’hiver sous son état léthargique.
La chrysalide est lisse, pyriforme, brune, avec l’enveloppe renfermant l’extrémité de la trompe testacée ; mais celle-ci n’est nullement en filet linéaire et en saillie descendant sur l’abdomen ; caractère qui semblerait éloigner cette espèce de la famille à laquelle pourtant elle se rattache par des caractères essentiels.
L’éclosion (1) du lépidoptère se prolonge pendant tout le mois de juin pour la première génération, et du quinze juillet au quinze août pour la seconde.
Il est de la taille dela Ramosa son unique congénère; ce qui l'en distingue principalement, c’est que le © de la nouvelle Lithocampe n’a pas, ainsi que la Ramosa , les antennes « garuies de lames longues et très serrées. » En effet, les deux sexes, chez la nouvelle espèce, ont les antennes filiformes. Ce caractère, joint à celui des dessins bien différents des ailes supérieures,
(1) L’éclosion du premier sujet a eu lieu en chemin de feroüil s’est bien développé. C’est dire que l'insecte réussit en captivité.
est plus que suffisant pour séparer de la Z. Rañosa, la Lit. Milherei dont voici la description.
Envergure : 0",030.
Sur un fond d’un gris un peu violacé, les ailes supérieures sont traversées longitudinalement par une large bande brune fondue en dessous et s’avançant de la base à l’apex qu’elle touche. Vers le milieu de cette bande obscure se détache en clair, la tache réniforme qui est en croissant, et la tache orbiculaire ; celle-ci sous forme d’un trait allongé. Ces deux taches sont liserées de blanc vif; la première en dessous seulement, la seconde en dessus et en dessous. Elles sont le plus souvent reliées par un trait blanc très fin. La tache orbiculaire vient se confondre avec une large bande costale, continue et blanchâtre, passant au blanc vineux à partir des deux taches précitées. La ligne subterminale se présente sous forme d’un liseré fin d’un blanc vif accompagné extérieurement d’un liseré noir très fin. Les franges sont longues et brunes, coupées au centre par une éclaircie d’un gris rosé. La bande brune qui aboutit à l’apex est, avant d’y arriver, coupée par trois traits nervuraux d’un noir profond. Enfin, un trait également noir traverse cette bande en dessous des deux taches ordinaires. Les ailes inférieures sont d’un blanc satiné uniforme, avec un simple trait brun qui précède la frange d’un blanc parfait. Les supérieures sont en dessous d’un gris foncé luisant sur lequel les taches réniforme et orbiculaire sont très vaguement indiquées en gris clair. On voit encore un trait brun fin, interrompu, précédant la frange. Les ailes inférieures sont blanches, mais moins qu’en dessus, avec une bordure costale d’un gris foncé et une tache cellulaire petite et imparfaitement indiquée. Les yeux sont noirs ; les antennes longues, simples, brunes et blanches à la base ; le vertex blanc. Le thorax, dont les ptérygodes se relèvent souvent en crête aiguë (P1.120,fig.8), est de deux couleurs; la partie supérieure quicomprend la pointe précitée, est d’un gris argenté, et partagée au centre par une
Lithocampa Millierei 223
ligne brune ; la partie inférieure est d’un brun foncé. L’abdomen est mince et d’un blanc violacé, avec deux touffes de poils blanchâtres ; une sur le second anneau, et une plus grande sur le troisième. La poitrine et les pattes sont d’un roussâtre vineux.
La ® est un peu plus grande que le ; elle lui ressemblerait tout-à-fait si les ailes inférieures, dont le fond est blanc, n’étaient salies par une large bande d’un brun vineux qui se fond insensiblement.
Au genre Lithocampa, Gn. se joindra l'espèce que je viens de décrire et dont la riche parure ne le cède en rien à celle de Ramosa. |
La Zit. Millierer, Stgr. est fort rare, paraît-il. Ce n’est qu’après plus de vingt ans de séjour en Catalogne, que M. Himmighoffen a réussi à la découvrir dans des lieux que ce naturaliste a parcourus très fréquemment. Elle habite aux environs de Barcelone les ravins frais et élevés. Espérons que bientôt cette remarquable X ylinide viendra enrichir notre faune française.
Mon cabinet : 3'et3 ? ex larvd.
P. MILLIÈRE