‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 4)Chapitre 6 sur 70 · P. MILLIÈRE VINGT-CINQUIÉME LIVRAISON · texte numérisé non relu

P. MILLIÈRE VINGT-CINQUIÉME LIVRAISON

(Présentées à la Société Linnéenne de Lyon, le 40’ janvier 1870)

Cledeohia Angustalis, W.-V.

Hb., 21, 123. — Haw.. p. 168. —Tr.. p. 46, et Sup. p. 7: — Dup.. p. 78, pl. 214, f. 4 etp. 233, f..8. — Wood. 770. — Gn., p. 137. — Sigr. Cat., 32. = Erigalis, Fab. et Cr. Erigatus, Sup... 30. — Curialis, W.-N. A.:8. — Fab., 409. = Bombycatus, Haw.. p. 368.

| (PI. 109, fig. 1 À 4.)

Le genre Cledeobia, de Stephens, adopté par les auteurs français. est un des plus beaux parmi les Pyralites ; c'est aussi un des plus nombreux puisqu'il compte près de vingt espèces. Cependant, le diraije? pas une seule de ses chenilles n'a encore êté observée : aussi, est-ce

Annales de la Sociélé linnéenne. 1

ke CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS.

Obs. Duponchel, qui à figuré assez exactement fe o', he devait pas alors connaître la 9 , autrement il ne se serait pas exprimé ainsi (p. 79, v. 8°, 2°) : « Cette description faite sur le æ, peut s’appliquer également à la 9, avec cette différence que celle-ci est généralement d’une teinte plus claire. » Cependant cet iconographe nous donne plus tard (pl. 235, fig. 8), la © d’Angustalis exactement reproduite ; mais comme cette figure n’est accompagnée d'aucun texte, Duponchel n'a pas reconnu qu'il s'était primitivement trompe.

J'ajouterai que Treitschke s’est mépris lorsqu'il nous à dit que la chenille d’Angustalis pourrait vivre sur l’Épilobe des marais.

Pygmanenn Vemetaria, Ir.

Hb., 329. — Tr., FE, p. 259 et Sup. X, p. 486. — Dup. V, p. 536, pl. 208, f. 6. — Bdv. 1939. — H.-S., p. 103, et Sups, pr 7h, f. 444. — Lah., 167. — Gn. IX, p. 3922. = Fuscaria, Fhb.— Led. — Stgr. 327. — Canitiaria. Frey., pl. 195, fig. #.

(PI. 109, fig. 5 à 8.)

Non seulement la chenille de cette curieuse espèce, qui forme genre, est restée inconnue jusqu'à ce jour, mais il est probable que la Venetaria 9 n’a été que très-imparfaitement connue par les auteurs qui en ont parlé, autrement ils n'auraient pas manqué de dire que cette Q a les ailes très-courtes, très-étroites ; qu’elle est dans l'impossibilité absolue de voler, et que c’est à cause de cela qu’elle est demeurée pendant si longtemps d’une extrême rareté.

J'ai pu m'assurer que le ©, qu’on prendrait volontiers pour une Psychide, vole en essaims, ainsi que nous l’a dit le premier M. le docteur de La Harpe, sur les prairies des hautes Alpes, au bord des glaciers, en juillet et août. C'est dans ces conditions que, le 48 juillet 1862, j'ai capturé au Montenvert un certain nombre de Venetaria ©” volant au soleil sur les pentes qui dominent la mer de glace.

Pygmaena Venetaria. 5 Je ne connaissais pas alors la 9 ni ses habitudes. Elle se tient cachée sous l'herbe courte ; d’autres fois cependant, elle grimpe, vers le milieu du jour, à une tige de plante basse, et y demeure fixée pendant quelques heures. C’est alors qu'a lieu l'acte copulatif (1). Indépendamment de chenilles à toute leur taille, j'ai recu de Celerina, à Lyon, une ponte de cette Venetaria; les œufs sont ovales, granuleux et d’un vert bieuâtre.

Elle rappelle pour la forme celle de la Minoa Euphorbiala. Elle est courte, très-plissée, carénée sur les côtés, grossièrement chagrinée et recouverte de poils fins, serrés et très-courts. Elle est en outre d’un brun rougeâtre rappelant la terre de Sienne, couleur qui se prononce au point de devenir presque noire en dessous et en dessus de ja ligne stigmatale qui, elle-même, est large, continue et un peu plus claire que le fond; la vasculaire est fine, obscure et interrompue ; pas de sous-dorsale; le ventre est concolore, sans lignes et sans dessins. La tête est relativement très-grosse, brune et éclairée de rougeûtre sur les côtes. Les dix pattes sont unicolores. Cette chenille est très-lente ; elle vit, suivant MM. Zeller, sur plusieurs espèces de plantes herbacées et sous-arbrisseaux, notamment la Draba ver ee la Viola calcarala et l’Uva ursi.

La transformation a lieu à la fin de juillet, dans la mousse ou les feuilles sèches, et, quinze jours après, au plus, éclot l’insecte parfait.

(1) Renseignements qui m’ont été fournis par MM. Rod. Zeller père et fils, de Zurich. Ces entomologistes sont parvenus à étudier sur nature les mœurs de cette intéressante Phalénite.

Nos collègues, MM. Guenée et Fallou, m'ont, d'autre part, communiqué qu'ils ont pris abondamment sur les pentes du Riffelberg des chrysalides de la Venetarin qui leur ont donné des individus des deux sexes, mais les Ç dans une proportion lrès-inférieure aux . Quelques-unes de ces Q,.à l’état parfait. se lrainaient dans l’herhe et ont été également recueillies. i

On trouve, en même temps que ce dernier, la chenill®@ à divers âges et la chrysalide.

INSECTE PARFAIT

Les ailes sont grandes, minces, d'un noir fuligineux chez les sujets récemment éclos, avec le corps grèle et noirâtre ; les antennes sont de moyenne longueur, pectinées, épaisses.

La © diffère essentiellement du o’; elle a les ailes courtes, étroites, aiguës à l’extrémité, plus claires que celles du o, traversées aux supérieures par une double ligne médiane brune. L’abdomen est long et dépasse les ailes.

Obs. Les œufs, qui sont pondus en août, tardent peu à éclore ; les petites chenilles doivent atteindre leur seconde ou leur troisième mue avant les gelées précoces de ces hauteurs. C'est à ce moment que les larves de la Venetaria, surprises par les premiers froids, demeurent ensevelies sous d’épaisses couches de neige en un complet engourdissement jusqu'aux premiers jours de juin de l’année suivante.

Setina Ramosa, GoD.

Gn. — Berce, IT, p. 106. — Aurita, Esp. — Frey. — Herr.

(Var. Pallens.)

(PL 109, fig. 9 à 41.)

Il m'a été envoyé de Suisse, à la fin de juillet, par M. Rod. Zeller, plusieurs chenilles de la Setina Ramosa, rencontrées sur les hauteurs qui entourent la petite ville de Celerina. Ainsi qu'il arrive pour beau— coup de lépidoptères de ces régions élevées, l’insecte parfait vole en même temps qu’on rencontre sous les pierres la larve et la chrysalide.

Tr

Selina Ramosa. 7

Elle est assez courte, cylindrique, faiblement carénée sur les côtés, velue, avec les poils qui sont médiocrement longs, entièrement noirs et sans aucun mélange de blanc ou de fauve. Sur le fond de la peau, qui est obscur, se détachent les lignes ordinaires indiquées par des séries de tubercules mamelonnés de grosseurs diverses, lesquels sont d’un jaune vif. La première de ces lignes, ou séries de points saillants, est large surtout à partir du 3° au 10°. La ligne sous-dorsale est plus étroite que la précédente; la stigmatale est caractérisée par une double série de points oblongs et superposés par deux sur chacun des anneaux. La tête est petite, noire et laisante ; les pattes. écailleuses sont noires, les dix autres sont d’un pourpre obscur ainsi que le ventre.

Cette chenille ne parait vivre que de divers Lichens qui croissent en abondance sur les rochers. C’est avec la Peltigera canina que j'ai nourri les chenilles que j’ai élevées, lesquelles m'ont paru manger sans interruption pendant le jour. Elles se sont métamorphosées du 10 au 45 août.

INSECTE PARFAIT

Il varie beaucoup ; presque tous les entomologistes ont décrit le type et quelques variétés ; cependant la plus remarquable peut-être est une aberration pâle de l’un et l’autre sexe, rapportée de Zermatt par M. Fallou, variété qui, je crois, n’a été figurée nulle part. Chez cette aberration, qui est constante ( PI. '409, fig. 40 et 41.), le fond est d’un jaune paille assez pâle avec les lignes ordinaires et séries de points noirs à peu de chose près les mêmes que chez l'espèce ordinaire. Les pattes et les antennes participent de la couleur anormale de l’insecte.

Les anciens auteurs ont à peine connu les femelles du genre Setina ;

ils ne les ont du moins pas figurées. Ces femelles $nt demeurées longtemns très-rares par suite de l'extrême difficulté qu’elles ont de voler. En effet, leur abdomen très-développé et leurs ailes courtes doivent s'opposer le plus souvent à leur vol. |

Las. Ramosa ® se tient sur les rochers moussus, au lieu où, le plus souvent, à vécu sa chenille, et qu’elle ne devra guère quitter. C'est là que, aux premiers rayons du soleil, voltigent lourdement les mâles, et qu'a lieu l’acte copulatif.

Non seulement cette Setina habite les vallées hautes de la Suisse; mais en France, on la rencontre dans les Basses-Alpes, en Savoie, et, selon toute probabilité, elle doit faire partie de la faune des Alpes- Maritimes.

Obs. Je ne partage pas l'opinion des entomologistes allemands qui pensent que la Ramosa n’est qu'une variété d'Aurûta, par la raison que les insectes parfaits me semblent suffisamment différer entre eux. C’est aussi l’opinion de notre savant collègue, M. Guenée, qui à douné, dans les Annales de la Soc. ent. de France (année 1866), des renseignements très-complets sur ces deux espèces de Serina, dont

les chenilles se ressemblent au point de les confondre. Le même au-

teur nous a dit que ces larves ne différaient guère de celle de l’Irrorea qu'il a élevée bien souvent.

Scoparia Coarctalis, ZELL.

Zell., Linnæa, p. 308, fig. 14. — Herr.-Sch., p. 46. — Gn., VI, p. 430. = Angustea, Step., p. 302. — Wood, 1450 ?

(PL. 109, fig. de 12 à 17.)

La chenille de cette espèce vient augmenter le très-petit nombre des larves de Scoparia qui ont été découvertes. Bien que la connaissance de cette chenille n’apprenne rien de nouveau sur les mœurs

Scoparia Coarctlalis. ] de celles du genre, on ne lira pas sans quelque intérêt peut-être ce qui se rattache aux premiers états de la S. Coarctalis appartenant à l'Europe méridionale, où elle semble être d'une extrême abondance et où l'insecte parfait, qui vole en même temps que vit la chenille à tous ses âges, se rencontre aussi bien pendant l'hiver qu'au printemps et à l'automne. ,

Elle a tous les caractères de celles du genre ; elle est vermiforme, atténuée postérieurement, d'un gris livide obscur, lisse, recouverte de points pilifères saillants, noirs, luisants et ainsi disposés : Les deux premiers des quatre points trapézoïdaux sont sensiblement plus gros que les deux autres. Un seul point allongé occupe, de chaque côté, la place de la sous-dorsale; les stigmates sont noirs ; les seize pattes sont concolores. La tête est globuleuse, noire, luisante, lavée de jaunâtre sur les joues. |

Cette chenille vit sous la mousse, à l'exposition du nord, dans des galeries cylindriques forinées de grains de terre et de soie, ouvertes aux deux extrémités et d’où elle s'échappe soit pour manger, soit pour fair le danger, Elle ronge les racines des mousses et peut-être bien les tiges de ces plantes récemment poussées. C’est au bord supérieur de sa galerie, quelqusios très-longue, qu'elle se transforme dès le premier printemps. Au surplus, vers le milieu de mars 1869, je trouvais à Naples, contre les murailles moussues de l’ancienne route de Pausilippe, la chenille de la Coarctalis à tous ses âges, la chrysalide et l’insecte parfait ; celui-ci plaqué Done les murs humides du mème lieu. ,

La chrysalide, qui est assez longue, est d’un jaune ambré, avec l'extrémité abdominale obtuse, brune, et terminée par deux trèspetits crochets.

J'ai retrouvé plusieurs sujets de la mème chenille à Monte-Mario, près de Rome, sur de vieux arbres recouverts de mousses et dans les

Has

mêmes conditions que celles que j'avais observées à Naples. Les mu-— railles en ruines, à Rome, dont quelques-unes sont garnies de nombreuses mousses, ne m'ont pas donné cette chenille; mais l’hiver suivant, M. de Peyerimhoff et moi l'avons rencontrée abondamment sur la route d'Antibes, contre les murs moussus exposés au nord.

INSECTE PARFAIT

Il est effectivement impossible de le confondre avec aucune autre Sceparia à cause de l’étroitesse de ses ailes et de la netteté de la tache orbiculaire et des deux lignes transversales (4) qui occupent l’espace médian fort large chez cette petite Eudorée.

La S. Coarctalis est peut-être la plus exiguë parmi les vingt-huit ou trente espèces connues jusqu'à ce jour. Elle varie; je figure, (pl. 109 n° 17), une aberration constante que je nomme

Var. Napolitalis

chez laquelle la base de l'aile supérieure, le centre et le bord externe de la coudée, ainsi que la grosse tache orbiculaire, sont d’un argileux jaunâtre.

On remarque en outre des variétés de la Coarctalis à tons plus ou moins obscurs. Cependant je n’ai retrouvé nulle part ailleurs qu’en Italie, la Var. Napolitalis à tons fauves et argileux.

La S. Coarctalis que j’ai rencontrée souvent à Marseille, en hiver, contre les murs humides de l’intérieur de [a ville, était toujours d’un tiers plus grande que le type. Y aurait-il là une espèce séparée ?

C’est le type qui est si répandu dans les Alpes-Maritimes, dans le Var et dans l’Ariége. Les Scaparia, autres que la Coarctalis, doivent être fort rares dans la péninsule et en Provence, puisque c’est la

(4) Cependant je vois deux Coarctalis de Naples obtenues ex larv4 chez lesquelles les dessins et les lignes sont des plus mal indiquées.

Scoparia Coarctalis. 11 seule, jusqu'à ce jour, que j'y ai rencontrée. Elle semble remplacer plusieurs espèces congénères très-communes au centre et au nord de la France.

Il peut sembler surprenant que l'Angustea, Step. figurée par Wood sous le n° 4450 soit la même espèce que la Coarctalis. I est cependant certain que cette dernière, si abondante dans toute la Provence et à Naples, inconnue au centre et au nord de la France, se retrouve abondamment dans le pays brumeux d'Angleterre.

M. de La Harpe, de Lausanne, dans ses Eudorea de la Suisse , n’a pas mentionné la Coarctalis.

Obs. Ilexiste au Muséum de Naples plusieurs exemplaires d’une seule or ru de Scoparia sous le nom de ide c'est la Coarctalis bien caractérisée.

Les Eupithecia, ces petites Phalénites, de parure si uniforme, et qui ont été si dédaignées pendant longtemps par les entomologistes de tous les pays, ont fini cependant par leur présenter un très-grand intérêt, grâce, Je me hâte de le dire, aux lépidoptéristes distingués qui s’en sont occupés. Ce sont M. Guenée, M. Herrich-Schaeffer, M. Curtis et M. de La Harpe. Plus récemment, M. le professeur P. Mabille nous à donné, dans les Annales entomologiques de France, p. 67 à 75, l'énumération de vingt-trois Eupithecia qu'il a observées en Corse, dont plusieurs nouvelles.

L’exiguité de ces Géomêtres, dont la taille ne dépasse pas la plus minime des Phalénites, jointe à la simplicité de leurs livrées (4) ont contribué à rendre leur étude difficile et à augmenter les erreurs qui se sont glissées dans les premières descriptions. « Aussi le genre Eupithecia est-il, de toutes les Géomètres, le plus difficile à mettre au net » Gn., p. 299. Mon avis est qu’on n’y parviendra sûrement qu’en étudiant avec grand soin les premiers états de ces insectes , et surtout en faisant connaître exactement les plantes dont se nourrissent les chenilles, et l’époque certaine de leurs papillons.

J'observe depuis quelques années un certain nombre de larves de ce genre nombreux. Mon projet étant de communiquer aux lépidopté-

(1) « Le dessin des Eupithecia se ramène toujours assez facilement à un même Lype, savoir : sur les ailes supérieures trois bandes plus claires que le fond, arquées, sinuées ou coudées , liserées de chaque côté d’un filet foncé et divisées par un filet semblable dans le milieu, en sorte que les espèces chez lesquelles cos bandes sont toutes biendistinctes, paraissent traversées par une multitude de lignes, Ensuite, vient la ligne subterminale qui est simple, plus dentée que toutes les autres, et qui s’élargit presque toujours en une tache claire à l’angle interne. Le point cellulaire manque rarement et est souvent très-noir et très-tranché. Les ailes inférieures n’ont en général de bien distinct qu’une seule bande (celle de la coudée) et la ligne subterminale ; le point cellulaire est toujours plus petit et souvent nul. Enfin, il faut souvent chercher sur l'abdomen des caractères dont le plus eonstant est une bandelette foncée qui traverse le deuxième anneau, » Gn., X, p. 301 et 302.

Eupithecia Oxycedrata. 13 ristes ce que j'ai appris des mœurs de chacune de celles que j'ai observées, j'ai l'espoir de les faire connaître par petits groupes. Je commencerai aujourd’hui l’histoire des huit espèces suivantes : Oxycedrata, Rb., Ericearia, Rb., Phœniceata, Rb., Semigrapharia, Brd., Sextiata, Mill, Expressaria, H.-S., Helveticaria, Bdv. ct Sobrinata, Hb. Cependant plusieurs de ces chenilles sont déjà découvertes, mais aucune, à ma connaissance, n’a encore été figurée.

Je ne partage pas l’avis de mon savant confrère, M. Guenée, qui nous dit, p. 299, qu'il est peu de chenilles d'Eupithecia qui s'attachent exclusivement à un genre de plantes, et que beaucoup d’entre elles sont polyphages. C’est, le dirai-je, presque toujours le contraire qui existe: du moins pour les larves d'Eupithécies que j'ai étudiées. Les chenilles de ce genre qui sont polyphages sont peu nombreuses. A part celles de la Centaureaia, de la Pumilata et celles de quatre à cinq autres espèces, c’est toujours sur les mèmes végétaux, à des époques fixes, etune fois par an pour le plus grand nombre, que ces chenilles se remarquent. J’ai encore observé que plusieurs espèces vivent sur des plantes ombellifères.

Personne, que je sache, n’a encore parlé d'un fait qui, chez les larves d’Eupithecia, paraît exister chez un grand nombre. Vertes pour la plupart, ces chenilles présentent une variété rougeâtre, ou d’un rouge vineux qui se produit dans les proportions d’un cinquième environ. J'ai de plus remarqué que ce fait a toujours lieu si l’arbre ou l’arbrisseau qui nourrit la chenille, aune tendance à varier lui-même dans ses teintes, soit pour la couleur du feuillage, soit pour celle des fruits plus ou moins avancés.

Peu d'espèces présentent pour la forme, à leur état de chenilles, autant d'homogénéité que cette grande famille des Eupithecia. A part un très-petit nombre, presque toutes rentrent dans la forme commune qui est d’être plus ou moins allongées, à peine carénées sur les côtés, avec la tête petite et globuleuse, et vivant à découvert sur les grands arbres, les arbrisseaux et les sous-arbrisseaux.

Eumpitlhiecirs @Gxycedrntn, Re.

Ann. Soc. ent. Fr., 4832, p. 47, pl. 2, fig. 42. — Bdv., 4733. — Gn., X, 349. — Stgr. Cat. 688. — Mabille, Ann. Soc. ent. Fr., p. 655 (4868).

(PL. 440, fig. 1 à 2.)

Est-ce bien celte espèce qui est le type du genre ? C'est toutefois à cette forme médiocrement allongée, plissée, rugueuse, faiblement caréuée, à tête petite et globuleuse, que se rattache le plus grand nombre des larves d'Eupithecia. Celle de l'Oxycedrata est d’un vert un peu clair qui se confond avec la couleur des feuilles du Juniperus, au centre desquelles cette chenille se tient sans cesse, mais qu’elle quitte toujours pour se transformer, La ligne vasculaire est fine et d'un vert foncé, la sous-dorsale est étroite et blanche, la stigmatale est large, blanche et tachée de rougeñtre sur les trois premiers anneaux ; le clapet est souvent teinté de la même couleur. Elle varie en vineux, d'autrefois en brun. Une autre variété (?) plus rare que les eux précédentes, m'a d’abord paru une espèce distincte; mais comme l'insecte parfait, dont l’éclosion a lieu en même temps que le type, lui ressemble de tous points, j’ai dû ne voir ici qu’une aberration de chenille. Le fond est d’un jaune vif, et chaque anneau présente sur le dos de la chenille un dessin hiéroglyphique de couleur rougeatre dont la pointe descend de chaque côté, et aboutit à la hauteur de la Stigmatale.

La chenille de lOxycedrata paraît vivre uniquement sur le Juniperus oxycedrus de tout le littoral. On la rencontre aux environs de Cannes dès la fin de novembre, où elle est d’une extrême abon— dance. Ces premières chenilles se transforment bientôt et éclosent en

Eupithecia Phoeniceata. 15 mars suivant(l). Une seconde génération lui succède bientôt; chez cette dernière, l’insecte parfait se montre au commencement de juin. Cette seconde éclosion, dont on trouve la chenille à toute sa taille vers le 45 ou le 20 juin, demeurera en chrysalide jusqu’en octobre époque où, en Provence, commencent à se développer les fleurs du J, oxycedrus.

La chrysalide, verte chez le type, est rougeâtre, brune ou jaune, si cest l’une ou l'autre des trois variétés de chenille qui la formée.

Eupithecina Fhoenicenta, Re.

Ann. So. ent. Fr., 1834, p. 392, pl. 8, fig. 6.— Bdv. 1735. — Gn., X, p. 349. — Ster. Cat. 685. = Oxycedrata. Dup. Sup., 531, pl. 90, fig. 9.

(PI. 410, fig. 6 à 9.) CHENILLE.

Elle diffère assez notablement des autres chenilles vertes d’Eupithecia, ses voisines ; elle est plus allongée et surtout plus cylindrique, d’un vert plus sombre, et marquée de lignes sous-dorsales blanchâtres, mais celles-ci mal indiquées. La tête est petite, rétractile, et disparaît à moitié sous le premier segment. Les pattes écailleuses sont souvent teintées de vineux. Cette larve affecte au repos une forme si semblable aux feuilles de l’arbuste qui la nourrit, qu'il est presque impossible de la distinguer. Plus jeune, elle est d’un vert

(4) M. de Peyerimhoff qui a passé à Cannes l'hiver de 1869-1870, a obtenu ex larvâ plusieurs sujets de l'Oxycedrata dès la fin de janvier. Mais je dois ajouter que notre collègue tenait ses chenilles et ses chrysalides dans un appartement chauffé.

tirant sur le jaunâtre, lavée sur les anneaux du miliéwde teintes carminées.

C'est une espèce qui varie aussi en rougeàtre et en brun.

Jusqu'à ce jour cette chenille n’a été rencontrée, aux environs de Marseille et d'Hyères, que sur le Juniperus phoenicea. Ce Génévrier est abondamment répandu au bord de la mer, en face de l'île Porquerolle située à quelques kilomètres d’Hyères. Ce lieu paraït être la véritable patrie de la Phoeniceata. On peut recueillir sa chenille pendant les mois de décembre, janvier et jusqu'en février. Le papillon ne vole qu'en automne, des premiers.aux derniers jours de septembre; il n’a donc, si j'en juge par mes observations, qu'une seule génération.

L’insecte parfait ne varie guère que par la taille. Un accouplement ayant eu lieu en captivité le 4“ octobre, l’éclosion des chenilles est arrivée le 12 du même mois.

Obs. Je n’ai pas encore rencontré la chenille de la Phoeniceata aux environs de Cannes où n'existe pas le Juniperus qui la nourrit; cependant elle doit vivre sur le territoire de Monaco et celui de Men ton, car j'ai aperçu sur les rochers escarpés de leurs environs de nombreuses touffes de J. phoenicea.

Eupithecia Sextiata. Dar. et Mir.

Iconog., IE, p. 370, pl. 89, fig. 5.

(PI. 110, fig. 14 à 17)

A la 89° planche de mon iconographie, j'ai figuré sous le n° 5, pl. 370, Vol. II, cette jolie Eupithecia. C’est par hasard que, depuis lors, j'ai découvert la chenille aux environs de Cannes. Ainsi que le trèsgrand nombre des Eupithécies, la Sextiata, n’a qu'une génération ; son état léthargique dure près de onze mois. C’est à la fin de mars, jors de la grande floraison de l'odorant sous-arbrisseau qui doit

Eupithecia Sextiata. 17

nourrir la chenille, qu’éclot l'insecte parfait qui tarde peu à y déposer ses œufs lesquels éclosent huit ou dix jours après.

Dès le premier âge ses couleurs tranchées se prononcent. Vingt jours se sont à peine écoulés que cette larve est parvenue à son entier développement. Par sa forme atténuée antérieurement, elle paraît différer de ses congénères. Le fond est d’un vert d’eau mat qui passe au vert bleuâtre en dessous. La ligne vasculaire seule existe; elle est large, continue, et d’un beau rouge amarante foncé ; cette ligne commenñce-en pointe sur le premier anneau et se termine de même sur le clapet anal. La tête est globuieuse ei d'un testacé jaunâtre, les pattes écailleuses sont de la même couleur: les anales sont d’un vert bleuâtre. Les stigmates, très-petits, sont noirs.

Cette chenille varie en vineux, ou mieux en pourpre foncé. Elle est peu répandue et vit, aux environs de Cannes, à partir de la fin d'avril au 20 ou 25 mai, sur le Thymus vulgaris dont elle ronge la graine fraîchement formée ; pour y parvenir elle plonge la tête et les trais premiers segments dans le péricarpe. Elle descend bientôt de la plante pour se métsmorphoser, et forme sa chrysalide au centre d'une toile légère mêlée de grains de terre. Cette chrysalide est d’an beau vert et très-luisant. Le papillon n’éclot qu’au mois d'avril de l’année suivante ; cependant quelques sujets ne paraissent que deux ans après ; fait que je n’avais point encore observé chez les Eupithecia.

INSECTE PARFAIT

Il né varie pas. La © ést entièrement semblable au o.

Les sujets qui ont servi à ma description ont été rencontrés aux environs d'Aix en Provence par notre collègue M. Dardoin.

Cette Phalénite doit être répandue sur tout le littoral, mais il et bon de faire observer qu'elle se localise extrêmement. Je dirai à ce

propos que les plaines de la Roubine, qui sont plus fournies de Thy- Annales de la Sociéié Linnéene, 2

mus vulgaris que nulle part ailleurs aux environs de Cannes, ne m'ont jamais donné cette chenille, et que, jusqu’à ce jour, je ne l’ai rencontrée qu’au centre d’un petit bois de pins d’Alep très clair-semé, vivant en compagnie de celles des Nola Thymula, Acidalia Decorata , A. Submutaia et de celle du Lycaena, Var. Panoptes, toutes figurées à la pl. 85.

Eupithecia Semigrapharia, Br.

H.-Sch., Sup., pl. 76, fig. 537. — Impurata Hb., 347, — Dup. — Sigr. — Gn.. X, p. 310. — Modicaria, H.—<S., fig. 178. — Bdv. — Led. — Lah. — Minoraria, Bdv., 1680. — Nepetata , Mabille, Ann Soc. ent. Fr., Vp. 68. (1869).

(PL. 140, fig. 10 à 13.)

Il est fâcheux que la chenille de l'Eupith. Impurata. Hb. ne soit pas encore connue, on saurait si définitivement la Semigrapharia, Brd. représente une espèce distincte ; ce que je crois pourtant.

Tout en respectant l'opinion de MM. mes collègues, je ne puis être de l’avis de M. Mabille à l'égard de son Eupithecia Nepetata publiée récemment dans les Annales de la Société entomologique de France (A* trimestre 1869, p. GS, pl. 2, fig. 4), espèce que je rapporte à la Semigrapharia, Bru.

Cette dernière Phalénite que depuis trois ou quatre ans j’élève soit à Lyon, soit à Cannes, et dont je n’ai jamais rencontré la chenille que sur le Calamenta nepeia, à exactement les mœurs de celle de la Nepetata, Mab.; de plus la chenille de la Semigrapharia se rapporte exactement à celle de la Nepetata qu'a décrite notre collègue « La chenille est très-allongée , cylindrique », (je pourrais ajouter quelque peu carénée sur les flancs) « d’un gris cendré rembruni de noirâtre, avec les quatre anneaux intermédiaires portant une tache noire imitant à peu près un losange, se réduisant à une vasculaire assez mince sur

Eupithecia Semagrapharia. 19

les derniers anneaux, etc. ». Et plus loin « Chrysalide d'un fauve marron, avec l'enveloppe des ailes plus claire ». |

L'espèce vit à Cannes à la même époque qu’en Corse, la MNepetata. Aux environs de Lyon on la trouve quinze ou vingt jours plus tôt qu'en Provence. La chenille se chrysalide aussi vers le même temps que la Mepetala, et le papillon éclot à la même époque que cette dernière, c’est-à-dire en août de l’année suivante.

Tout le monde connaît aujourd'hui la Semigrapharia sans qu’il Soit utile de la décrire de nouveau.

Je regreîte de n'être pas une fois encore du même avis que M. Mabille à l'égard dé sa Nepetata, qu'il dit avoir plus de rapport avec la Merinata, Gn., qu'avec l'Impurata. Cela me porterait à penser que lorsque notre collègue écrivait ces lignes, il n’avait pas sous les yeux la vraie Merinata, espèce qu'il fait éclore « en avril et mai », p. 68, lorsqu'en réalité c'est en juillet et en août que paraît la Merinata (4). Au reste j'ai pour me convaincre la Nepetata bien caractérisée que je tieus de l’obligeance de M. Mabillle lui-même, laquelle ne diffère en rien selon moi de la Semigrapharia dont huit ou dix sujets que j’ai reçus de feu Bruand, me servent à La comparer.

(1) M. Dardoïin, qui élève depuis longtemps cette espèce, me mandait, à la date du 27 décembre 1869 « La chenille de la Merinata, Gn. rapportée par M. Staudinger à la Laquearia (1) vit en septembre sur l’'Odontites lutea, et le papillon éclot en juillet. »

(1) Après avoir fait part à M. Guenée de l’opinion de M. Staudinger, qui rapporte à la Merinata, Gn. la Laquearia, H.-S. l'auteur du Species m'a répondu < qu'en effet, la figure et a description de M. Herrich-Schaeffer paraissent tout-à-fait convenir à la Merinaia, Gn. >

Eupithecia Ericenria, Rs.

Ann. Soc. ent. Fr., 1832, p. 50, pl. 2, fig. 14. — Bgy.; 1731. — Gn. X, p. 348. — Sior. Cat, 686.

(PI. 110, fig. 4 et 5.)

Trois chenilles d’Eupithecia, celles d’Ericearia, Rb., Expressaria, H.—$. et Helveticaria, Bdv. ont ensemble les plus grands rapports de forme et de couleur. Le vert un peu jaunâtre est la nuance du fond où l’on voit, chez chacune de ces trois espèces, une ligne vasculaire d’un vert foncé. large et continue, une sous-dorsale plus claire que le fond, également continue, et une stigmatale large, blanchàtre et toujours bien accusée. En sorte que la description de l’une pourrait, si l’on n’y regardait de très-près, et comparativement, convenir aux deux autres chenilles. Voici en quoi celle d'Ericearia diffère : Elle est toujours un peu plus courte, et, sur les trois derniers seoments, elle présente invariablement ce caractère que, la carène qui porte la ligne stigmatale est toujours teintée de carminé plus ou moins vif, ce qui n’a pas lieu chez l’Expressaria à laquelle cette larve ressemble le plus.

La chenille d’Ericearia, Rb. ne vit jamais en novembre (£), aux environs de Cannes du moins, mais bien en mars et avril, et l’insecte parfait éclot en septembre et octobre.

(1) Epoque à laquelle M. Mabille dit qu’elle vit en Corse, « sur les bruyèresyen novembre », p. 75. Cependant je fais observer que M. Rambur, qui a découvertda chenille, indique pour celle-ci Erica arborea (1) qui ne fleurit jamaïs en automne, mais seulement au premier printemps. Je ne l'ai jamais rencontrée que sur Erica arborea dont elle ronge les fleurettes. Cette chenille ainsi que toutes cellés qui vivent sur les Erica ne se nourrissent, on le sait, que de la fleur développée ou sur le point de s'épanouir.

(1) « Cette chenille vit sur l’Erica arborea >» Rambur, Lépidoptères de la Corse, p. 32.

Eupithecia Expressaria. 21 Je dois ajouter que là chenille de l’£ricearia ne varie jamais ; le contraire arrive fréquemment chez celle de l'Expressaria., H.-S.

Eupithecia Expressaria, [.-S.

p. 421 et 134, fig. 284, — 985. — Led. = Gn., Var. Sobrinata, p. 348. — Stdg. Cat., 694.

(PI. 110, fig. 18 et 19.)

J'ai, à l'égard de cette espèce, sinon une rectification à faire, du moins à la séparer de sa congénère l’Ericearia, Rb., à laquelle M. Mabille l’a réunie en synonymie. Mon avis est que ce sont deux espèces séparées.

Elle ressemble beaucoup, on le sait, aux larves de Helveticaria, Oxycedrata et Ericearia. C’est même à cette dernière, je l'ai dit, qu'on voudrait la réunir par la raison que chenille et papillon se ressemblent. Mais il est plusieurs raisons qui tendent à les séparer :

1° La chenille d'Expressaria est un peu plus allongée que celle d’Ericearia; 2° Un caractère persistant et particulier à chacune de ces deux espèces est, chez l’'Expressaria, d’avoir les pattes anales entourées de vineux extérieurement (fig. 18), tandis que chez sa congénère, c’est, on s’en souvient, le centre de ces mêmes pattes qui est teinté de cette couleur ; 3° L’Expressaria varie en rougeàtre et en brun, ce qui n'arrive jamais chez la chenille de l’Ericearia ; 4° Enfin, si ces deux chenilles vivent à la même époque, celle de l’Expressaria ne se rencontre jamais que sur les Juniperus, tandis que l’autre vit exelusivement sur un Erica. Deux plantes de familles aussi éloignées ne peuvent, c’est mon avis, nourrir la même espèce de chenille.

Pour moi, nul doute, l'Expressaria est une Eupithecia séparée de toute autre.

A. né

Sur un fond vert, les lignes sous-dorsale et stigmatale sont blanchâtres. Le dessous, d’un blanc bleuâtre, présente une ligne claire et continue. La tête est petite, verdâtre, luisante. Les pattes écailleuses sont vertes ainsi que les anales.

Cette chenille vit, en mars et avril, à Celles-les-Bains, seul lieu où je l’aie rencontrée, sur le Juniperus macrocarpa et, peut-être, sur le J. vulgaris. Sa métamorphose a lieu dans la terre à une faible profondeur, et l’éclosion de la phalène arrive en septembre ; cependant j'ai obtenu des éclosions dès la fin de juillet. ;

Eupithieccia Melveticaria, Bov.

4687. — Dup., Sup., p. 39, pl. 53, fig. 7. — H.-S., p. 120 et 131, fig. 130, 131, 133. — Led. — Lah., 197. — Stgr.

(Var. Anglicata, Mizz.)

(PI. 410, fig. 20 et 21.)

Voici une Eupitheeia, d'origine anglaise, connue chez nos voisins sous le nom de Helveticaria, mais qui, selon toute probabilité, n’est point la véritable Helveticaria des Allemands, des Suisses et des Français.

Je ne connais pas la chenille de l'Helveticaria type, mais j'ai la presque certitude qu’elle n’est pas celle que je vais décrire et figurer. Bien que toutes deux vivent sur les Juniperus (1), l'Helveticaria éclot invariablement en automne, tandis que ia variété (?) Anglicata éclot toujours au printemps. Cette dernière que, jusqu’à nouvelle information, je ne veux point séparer du type, est toujours d’un tiers plus

(1) Le chasseur Anderregg et après lui M. de La Harpe ont élevé la chenille du type sur le Juniperus sabina ; celle de la variété (?) ne se rencontre que sur le J. communis.

Eupitheria Helveticaria. 23 petite que lui et ne varie jamais; sans parler de la coloration des quatre ailes qui est constamment plus sombre.

Voici la description de la chenille que j’ai reçue de notre très-obligeant collègue M. Henry Doubleday, d’Epping, qui, chaque année, l'élève en grand nombre.

Elle rappelle entièrement pour la forme et la couleur les larves d’Ericearia et Expressaria précèdemment décrites, mais voici en quoi elle en diffère : La sous-dorsale, qui est blanchâtre comme chez ses congénères, est largement ombrée de vert foncé en dessous. La stigmatale placée sous la carène est très-fine, blanche et continue du 3° au 12° segment, et non plus très-large; une ligne jaunâtre la traverse en dessous, des écailleuses aux anales.

Cette chenille vit en Angleterre, mais surtout en Ecosse, en septembre et octobre (4). Rien de particulier à signaler pour la métamorphose de la chenille et pour la forme de la chrysalide qui ressemble à celles des espèces dont il vient d’être question.

J'ai dit que l’éclosion avait lieu en avril, six mois seulement après la transfermation.

INSECTE PARFAIT

Au lieu d’être, comme l’Helveticaria type, d’un brun canelle clair, cette Var. Anglicata est moins obscure, plus arrondie; les lignes des quatre ailes sont souvent oblitérées, même chez les sujets qui n’ont pas volé. Si le point cellulaire est bien indiqué partout en noir, il est moins allongé que chez le type, et la frange est toujours plus large que chez ce dernier. Les lignes mal indiquées du dessus reparaissent

(1) Je fais observer que cette époque est celle de l’éclosion de l’insecte parfait de la Suisse et de la France. Ce fait a une importance réelle au point de vue de la séparation des deux races. ,

CS

telles en dessous, bien que chez l'espèce ordinaire êès lignes transversales soient bien marquées en brun. La © est un peu plus grände et plus obscure que le ©. L’insecte ne varie pas.

Mon cabinet : huit exempl. © et 9. hé

Obs. Je donne en regard de l’insecte parfait dela Var. (?) Anglicata, la figure des ailes droites du type (pl. 410, n° 22), pour qu’on puisse juger à quel point la différence est sensible.

Eupithecia Sobrinata, He.

465. — Tr. — Dup. — Evers. — Frey. — Bdv. -— H.-S. — Lab. Gn.— Stgr. = Laevigata, Haw.; p. 362. — Stph. — Wood.

(PL. 110, fig. 23.)

Elle s'éloigne pour la forme des huit espèces dont il vient d’être question ; en effet, elle est assez courte, mais très-carénée sur Les côtés. Cette forme la rapprocherait plutôt de celle de l’Emmelesia Unifasciata, Haw., dont je raconterai prochainement les mœurs curieuses.

La chenille type de la Sobrinata est d’un vert pomme, avec les incisions d’un jaune serin. Elle a sur le dos, à chacun des anneaux du milieu, une tache d’un brun vineux en forme de triangle. Ce dernier caractère la rapproche encore de la chenille d'Unifasciata. La tête est globuleuse et concolore ainsi que les dix pattes. C’est aussi une larve qui varie en vineux et en brun rougeâtre. On ne l: rencontre que sur le Juniperus communis. C’est en avril qu'il faut la chercher sur les petites montagnes du Lyonnais, et aux expositions méridionales.

Dès que disparaît géographiquement le Juniperus communis pour être remplacé par un autre, le J. macrocarpa? on ne retrouve plus cette chenille en se dirigeant du côté de la Provence. C’est en vain

Eupithecia Sobrinata. 25 que je l'ai cherchée aux environs de Valence et d'Orange ; elle n'a, à plus forte raion, jamais été rencontrée sur le litioral. Cette larve, qui grossit rapidement, se transforme vers la fin d'avril. La cheat éclot au mois de septembre suivant.

INSECTE PARFAIT

Le type ne varie guère dans tout le Lyonnais ; cependant j’ai reçu de MM. Ferrouillat frères plusieurs chenilles que ces jeunes entomologistes avaient rapportées de la montagne d’Iseron ; lesquelles produisirent des sujets très-obseurs et fort petits, mais que, spécifiquement, on ne peut séparer de l’espèce ordinaire.

M. Guenée parle d’une Var. B. cbscure provenant d’Ecosse, et d’une sous-variété fort curieuse ; je les possède toutes deux; elles m'ont été offertes par M. Doubleday. L'une d'elles est si remarquable qu’elle mériterait l'honneur d’être figurée.

L'auteur du Species rapporte à la Sobrinata l Expressaria, H.. ; mais il commence par dire: « Je n'ai point vu cette Ewpithecia en nature, » S'il l'eùt connue, nul doute, il l’eût considérée comme espèce séparée.

Obs. J'ai rencontré, il y a une quinzaine d'années, en juillet, quarante où cinquante chenilles d’une Eupithecia, près de la ferme du mont Pilat (Loire) sur le chèvrefeuille, dont l'insecte parfait a été rapporté à la Sobrinata par M. Herrich-Schaeffer et par M. Guenée. J'ai dû provisoirement accepter ce nom ; mais je dois dire que la chenille, que je n’eus le temps ni de décrire ni de peindre, m'a paru, je me le rappelle, très-différente des chenilles trouvées sur le Juniperus communis. J'appelle en passant l'attention des lépidoptéristes sur ces chenilles du chèvrefeuille des montagnes, car je soupçonne qu'il y a à une espèce séparée.

En outre de ces huit chenilles d’Eupithecia, et, en attendant que je figure d'autres espèces de ce genre intéressant, je crois devoir

citer celles que j'ai élevées et étudiées, et, en même femps, je dirai quelles sont les plantes qui nourrissent les chenilles d’Eupithecia, observées avant moi et par moi.

E. Venosata, F.

La chenille à été figurée par Fubner ; depuis par M. Freyer, et, enfin, par M. Fologne, de Bruxelles. Elle vit sur le Silene inflata. Obs. Le 19 avril, le fait peut sembler surprenant, j'ai pris au vol, à Cannes, l’insecte parfait butinant en plein midi sur les fleurs de mon jardin. E. Silenicolata, MABILLE.

La chenille vit sur le Silene paradoxa (1).

E. Limariata, W.-V.

Sa chenille, qui à été figurée par Hubner et par M. Freyer, vit, dans le Lyonnais, sur la Linaire des champs.

E. Pulcheïllata, STEP.

La chenille a été figurée par Stéphens. Hubner l’a représentée sur Ja Digitale à fleurs blanches, sous le nom de Linariata. Je l'ai ren— contrée abondamment, en juillet, sur la montagne d’Iseron (Rhône), rongeant les fleurs de la Digitale pourprée. La Phalène n’est éclose qu’en juin de l’année suivante.

ÆE. Centaureata. RoEs.

Chenille figurée par Hb., Frey., etc. Cette larve, qui varie énormément, se rencontre en automne aux environs de Cannes et de

mi td RE (4) J'ai reçu de M. Doubleday, d’Epping, huit exemplaires d’une variété de la

Venosala, d'un gris brun plais où moins accusé, qui ne me paraissent pas différer de la Silenicolata de M. Mabille. La chenille vit en Angleterre sur le Silene inflata.

Eupithecia. 97 Lyon, sur une foule de plantes herbacées, mais plus particulièrement sur les Ombelliféres.

E. Hosmarinata, Dar. et Mis. (Icon. I, pl. 63).

La chenille jusqu'ici n’a été rencontrée qu'aux environs de Marseille, sur le Romarin fleuri.

E. Figusticatz, Donz.

Elle ne me paraît être qu'nn grand exemplaire de la Succenturiata (Var. Oxydata, Tr.), dont la chenille par conséquent vivrait sur les Armoises. Cette Oxydata n’est pas rare aux portes de Lyon, sur les collines de Saint-Clair et de la Pape, lieux où le type, la Succenturiata, ne se {rouve pas. |

E. Insignata, Bs.

La chenille, suivant M. Mabille, doit vivre en Corse sur le Pyrus amygdalifolius.

E. Breviculata, Donz.

La chenille, suivant M. Mabille, doit vivre en Corse sur la Cléma-

tite.

E. Millefoliata, RossLER.

Suivant M. Mabille, la chenille vit en automne aux environs de

Paris sur les Mille-feuilles, et l’insecte parfait éclot en juin de l’année suivante. Elle avait d’abord été considérée comme inédite par

M. Mabille et publiée sous le nom de Achilleata. (Ann. Soc. ent. Fr. p. 70; (1869) ; à la page 80 du même volume, son nom primitif lui a été rendu.

E. Sabfulvata, Haw.

Ne serait, d’après M. Guenée, qu’une variété de la Succenturiata. Je l’en crois distincte. On élève abondamment la chenille en Angle-

terre sur les Achillées, tandis que celle de la Succenturiata ne vit que sur les Armoises.

E. Mayerata, G\.

La chenille, suivant M. Guenée, vit sur l’Alsine verna. Æ. Silemnta, STAND.

On trouve la chenille, suivant M. Standfuss, vers la fin de juillet, dans les capsules du Silene inflata.

E. fripunetata, AS.

J'ai rencontré abondamment la chenille, à la fin de juillet, sur la grande Ombelle des prés, à Plombières (Vosges). L’insecte parfait n’est éclos qu’en juin de l’année suivante.

E. Plumbheolata, Haw.

La chenille a été figurée par M. Fologne, de Bruxelles. Je l'ai trouvée au parc de Lyon, en juillet, sur la Cléinatite. La petite Phalène n’a paru que les premiers jours de juin de l’année suivante.

E. Guinmarrdarin, Boy.

Cette espèce avait primitivement été décrite par M. Rambur sous le nom de Scopariata. Elle a reçu un troisième nom, celui de Multi florata, Mill. (Zconog. IL, pl. 71), et peut-être bien un quatrième, celui de Tenebrosaria, H.-S. J'ai dit que la chenille vit en Provence et dans les Pyrénées-Orientales sur les Erica scoparia, arborea et var. multiflora. J'ignore si la chenille de la Guinardaria, Bdv., qui représente une race tranchée, vit sur les Erica.

E. Satyrata, Hi.

La chenille a été figurée par Hubner, et ensuite par M. Freyer. Ce dernier la représente sur le Thymus vulgaris (Tab., 194).

Eupithecia. 29 E. Veretraria, H.-S.

La chenille, qui a été élevée par M. Guenée, vit dans les capsules du Veratrum album.

E. Castigata, I.

Suivant M. Guenée, la chenille vit, en août et septembre, sur une foule de plantes basses et d’arbustes, tels que l'OEillet, l'Hyssope, les Aster, la Verge d'or, eic.

E. Fimpinellata., Hz.

La chenille a été figurée par Hubner sur la petite Ombelle des champs ; c’est tout ce qu'on en sait.

E. Trisignata, HS.

Suivant M. Doubleday, la chenille vit, en septembre, sur l’Angelica sylvestris. Suivant M. de La Harpe, elle vit en société sur l’Heraclcum spondylum.

E. Lariciata, FREy.

M. Freyer représente la chenille sur un Pin. J'ai trouvé, à la fin de mars, l’insecte parfait, en grand nombre, dans un bois de Pins d’Alep, aux environs de Cannes.

E. Subumbrata, W.-V. (Pipeperata, STEP.)

« La chenille, me mande M. Doubleday, vit, en septembre, sur les fleurs de l’Asparagus offic., du Crepis taraxifolia et sur celles de la Centaurea nigra. Le papillon éclot en juin. »

E. Pusillata, W.-V.

La chenille qui a été décrite par Khasen n’est probablement pas,

suivant M. Guenée, celle que Hubner a représentées#sur le Bouleau. D'après M. de La Harpe, la chenille ne se rencontre jamais que sur les Pins et Sapins. L'opinion de ces deux naturalistes me paraît exacte. C’est aussi celle de M. Doubleday, qui m'écrit quela chenille de la Pusilluta vit, en mai, sur le Pinus abies, et que le papillon éclot l'automne d’après.

E. Coceiferata, Mir. Icon. Il. pl. 56.

La chenille vit sur les Quercus ilex, suber et coccifera de la Provence, M. Mabille a pris, en Corse, une variété de la Cocciferata, qu'il a nommée Semitinctata, et dont la chenille a ies mœurs de celle du

type.

E. Demotata. Hs. (Pimpinellata, TR.

La chenille, qui n’est pas encore figurée, n'est pas rare sur les collines à base d’alluvion de tout le Lyonnais, en septembre et octobre, sur le Bupleurum falcatum. L’insecte parfait ne vole qu’en août

de l’année suivante. E. Inmotata. Ie.

Si sa chenille est la plus commune de toutes les larves d’Eupithecia qu’on rencontre dans le département du Rhône, c'est aussi une des plus jolies par les bigarrures vertes, rouges et blanches dont elle est recouverte. On la rencontre, en sentembre, à Lyon ; en novembre et jusqu’en décembre, à Hyères et à Cannes, sur l'Armoise vulgaire, L'insecte parfait éclot en avril ; il n’a qu’une génération.

E. Expallidata, Gx.

« La chenille, m'écrit M. Doubleday, vit sur le Solidago virgaurea, et le papillon éclot en août de année suivante. »

E. Tamarisciata. FREY.

Cette espèce, que j'ai successivement soumise à M. Herrich-

Eupithecia. 91 Schaeffer, à M. de La Harpe et à M. Guenée, a été considérée par ces messieurs comme une simple variété de l’Innotata à laquelle, en effet, elle ressemble tellement qu'on ne peut l'en distinguer. C’est pourtant une espce séparée; j'en juge par la chenille que j'ai recueillie en certain nombre, à Chamonix, en juillet 1862, au bord de l’Arve, sur le Myricaria (Tamarix) germanica. Cette chenille est d’un vert clair uniforme, sans lignes, et non d’un vert foncé; ce qui la rend méconnaissable dans l’ouvrage de M. Freyer. Elle ne varie nullement.

E. Fraxinata (des Anglais).

C'est une espèce non encore comprise dans le Species, ni dans le Catalogue du docteur Staudinger. Elle est plus petite que les Eupith. Innotata et Tamarisciata. La forme, et la couleur de sa chenille qui est verte, sauf le clapet anal teinté de vineux, l’éloigne de l’Innotata, mais la rapproche de la Tamarisciata dont elle n'est peut-être qu'une variété. J’ai rencontr* cette chenille, en juin 4863, sur le Coriaria myrtifolia, à Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales).

E. Indigata, He.

J'ai recueilli la chenille, en septembre, sur les collines boisées des environs de Lyon, et n’ai obtenu l’insecte parfait qu’en juin. Mais, chose fâcheuse, ayant égaré la description de cette larve, il nem’a plus été possible de me souvenir sur quelle plante je l’ai rencontrée.

E. Constrictata, G\.

Depuis bientôt quinze ans j’élève la chenille. Elle vit, en septembre, sur les collines des environs de Lyon, d’Hyères, de Cannes, etc., sur l'Euphrasia lutea, dont elle rongeles fleurs et les graines fraiches.

E. Massiliata, MiLr.

La chenille, qui est encore inédite, vivrait, d’après les données de M. Dardoin, sur le Tamarix gallica des environs de Marseille.

E. Libanotidata, Scu.

Si mes souvenirs ne me trompent, la chenille vit, en septembre, sur les collines silvestres du département du Rhône, de la fleur d’un Solidago.

E. Ultimata, Bov.

M. Dardoin m’écrit qu'il vient d'obtenir ex larva plusieurs sujets de cette petite espèce, dont il a trouvé les chenilles sur le Tamarix gallica.

Obs. Le 5 mai 4860, il m'est éclos une 9 de l'Ultimata d’une chenille reçue d'Hyères, l’automne précédent, mêlée à d’autres larves du Tamarix des bords de la mer.

E. Namata, He.

La chenille, publiée par Hubner et ensuite par M. Freyer, vit, en septembre et octobre, sur la Calluna vulgaris, dans tout le Lyonnais. Mais c’est surtout aux environs de Cannes qu'elle est abondante. L’insecte parfait éclot en mars et avril. Les sujets de la Provence sont beaucoup plus sombres. Au premier abord on dirait d’une autre espèce. [l m'a ëté dit que la Nanata à deux éclosions ; je n’ai pu vérifier le fait.

Subnotats., Hs M. Guenée, qui a élevé la chenille en octobre, nous dit qu'on la

rencontre à l'arrière saison sur les Chenopodium. Le papillon paraît en juillet.

Eupithecia. 33

E. Vulgata, Haw.

Ainsi que M. Guenée, j'ai rencontré sa larve sur les Aster, à Hauteville (Ain). Mes dessins de la chenille, restés en carton, ne ressemblent nullement, pour la couleur, aux deux figures de la Fulgata de M. Freyer. (Tab. 300.)

E. Absynthiata, L.

La chenille à été décrite par M. Guenée. « Elle vit, nous dit cet auteur, sur les Solidago, Senecio, Artemisia absynthium et même sur le Myrica gale. Je l'ai abondamment rencontrée au commencement d'octobre, à Hauteville, sur la Verge-d’rr, au milieu de sapins qui entourent cette commune.

E, Minuta, Hs.

M. Doubleday élève depuis longtemps la chenille sur la Calluna vulgaris.

E. Campanularia, F.

Espèce non comprise dans le Spécies général. La chenille a été représentée par M. Fologne, dans les Annales de la Société entomolo— gique de Bruxelles, sur la Campanula trachelium. M. Doubleday, qui rapporte cette Eupithecia à la Denotata, Hb., m'écrit que la chenille vit en Angleterre sur la même Campanule.

ÆE. Assimilata, Dous.

M. Doubleday élève la chenille, en Angleterre, sur le Ribes nigrum. Elle a été figurée dans le Species, pl. 2, fig. 9. Cependant j'ai retrouvé cette larve, en octobre, au Grand-CaïMp de Lyon, dans les parties

basses qui avoisinent le Rhône, sur le houblon, dont elle ronge les feuilles.

Annales de la Société Linnéene,

La chenille de l’Assimilata est d’un vert d’herbe uniforme. L’insecte parfait est éclos dès la fin de février. L'espèce doit avoir deux

générations.

E. Tenuiata, Hs.

En 1864, M. Fologne a figuré la chenille dans les Annales entomologiques Belges. « Elle vit, dit-il, dans les chatons du Saule

marsau. »

E. Dodonenata. G\.

La chenille vit en juin sur le Quercus robur.

E. Abreviata, ALBIN.

La chenille décrite par M. Guenée vit, suivant cet auteur, en juin, sur les chênes qui croissent sur les collines sèches et pierreuses. M. Doubledaÿy me mande que la chenille vit en juin sur le Quercus robur, et que la phalène paraît à la fin d'avril de l’année suivante.

E. Exiguata, Ar.

M. Freyer figure la chenille sur le Berberis vulgaris. M. Doubleday l’a rencontrée en Angleterre sur l’Oxyacantha.

E. Strobilata, DE GEER.}

La chenille décrite par de Géer doit vivre sur les Pins ou Sapins. E. Togata. He.

La chenille, inédite encore, doit vivre sur les Sapins parmi les feuilles desquels on trouve ne l'insecte au repos.

E. Pumilata., Ib.

On trouve la chenille du type, à ses divers âges, partout en France,

Eupithecia. 35 je crois. En Provence je l’ai rencontrée sur presque tous les arbustes fleuris en automne, en hiver, au printemps. La fécondité de cette Phalénite est inouïe.

E. Var, Globulariata, Mic. Icon. I, pl. 3, 4e livraison.

Cette variété est des plus constantes ; sa chenille vit de préférence sur [a Globularia alypum.

E. Var. Pauxillata, Bpv.

C’est aussi une variété constante de la Pumilata. Aux environs de Cannes, sa chenille vit, plus ans à l’île Sainte-Marguerite, sur la Cinéraire maritime.

E. Parvularia, H.-S.

Cette espèce n’est aussi, selon toute probabilité, qu’une variété de petite taille de la Pumailata. Sa éhenille vit en grand nombre sur un Chenopodium ? des îles Lérins, fleuri en janvier et février.

E. Coronata, Hz.

La chenille, figurée par Hubner, vit, en juin, sur la Clématite, puis en septembre. M. Fologne, de Braxelles, l’a figurée, en 1864, sur l'Eupatorium cannabinum. Je l'ai rencontrée aux environs de Cannes, sur un Aster.

E. Rectangularia, L.

Tout le monde sait aujourd'huise qu’en a dit M. Guenée, dans l’exposé du genre Eupüithecia, et le tort considérable que la chenille cause, en avril et mai, à tous les arbres fruitiers. Eile a été figurée, en 1864, par M. Fologne, de Bruxelles.

E. Debiliata. Hs.

M. Fologne a représenté la chenille dans le même temps que celles des deux précédentes espèces. Il nous a dit qu’elle réunit les feuilles du Vaccinium miyrtillum, où elle se retiré pendant le jour. Bien avant 1864, j'ai rencontré cette chenille à la montagne d'Iseron, sur la même plante et dans les mêmes conditions.

E. Altenaria, STGR.

La chenille de cette Eupithecia, découverte depuis peu d'années, a été rapportée du Cap-Nord : elle doit vivre sur un Bouleau.

E. Goossensiata, Mas. Ann. Soc. ent. Fr., p. 78 (1869). La chenille vit sur la Colluna vulgaris.

E. Unedotata. Mas. Ann. Soc. ent. Fr. (1869).

La chenille vit, à l’île de Corse, en octobre et novembre, sur l’Arbutus unedo. L’insecte parfait éclot en mars. C’est bien en vain que, l'an passé, vers le même temps, M. de Peyerimhoff et moi l'avons cherchée aux environs de Cannes sur l’Arbousier fleuri. Cependant notre collègue m’a assuré avoir rencontré, en décembre 1868, à Hyères, une chenille de cette nouvelle Ewpüthecia qui lui a donné l’insecte parfait en mars de l’année suivante.

E. Alliaria, STGR.

Cette espèce a été récemment découverte. Sa chenille, que je ferai bientôt connaître, est presque entièrement blanche. Elle ronge les graines de l'Atlium flavum, m’écrit le docteur Staudinger qui vient de me la procurer.

Amphidasys Betularias | 37

Amphidasys Betularia, ALs.

(Var. Doubledayaria, Mill.)

(PL AAA, fig. 1.)

J'ai décrit, à la p. 38 du vol. IL, et j'ai figuré à la pl. 75, une variété 9 de l’Amphidasys Betularia, que je croyais alors variété accidentelle ; mais depuis j'ai acquis la preuve qu’il n’est peut-être pas d’aberrations de lépidoptères aussi constantes que celle dont il est question. Aujourd’hui, je fais représenter le o qui n’est pas moins remarquable que la Q.

Les sujets des deux sexes que j’ai sous les yeux, étant d’éclosion récente, sont peut-être d’un noir de charbon plus prononcé que la © précédemment représentée. Ainsi que chez cette dernière, le © a les pattes annelées de blanc; il a de plus à la base de l’aile supérieure une petite tache blanche, qui rappelle la couleur du fond chez le type.

Cette variété constante est élevée, tous les ans, en Angleterre, par M. Henry Doubleday, à l’obligeance de qui je dois plusieurs exemplaires et 9 de cette remarquable variété.

Je la dédie à cet entomologiste distingué.

Mon cabinet : 3 d'et 4 9.

Col. Gn., Dardoin, Fallou, etc.

En outre de la Var. Doubledayaria, il en est deux autres qui ne sont guère moins curieuses que celle-là.

L'une que je désigne 44

Var. A. (fig. 3.)

rappelle assez le type. C'est un exemplaire ?, de petite ‘taille,

chez lequel ie noir a une tendance à se prononcer; mas il ne se montre qu’à l’extrémité des ailes supérieures.

Cette variété est de même provenance que la Var. Doubledayaria. Mon cabinet : deux 9 identiques.

Var. B. (fig. 2.

Cette troisième aberration de la Betularia est une très-grande 9 chez laquelle les taches noires, nombreuses et serrées, ont une tendance à envahir les quatre ailes, ainsi que le thorax et l’abdomen. Elle semble faire le passage de l’une à l’autre des deux précédentes variétés. : |

Ce bel insecte, obtenu de chenille, m’a été obligeamment offert par M. Doubleday.

Mon cabinet : deux 9 identiques.

Acidalin Eugeniata, Dar, et Mii.

(Species nova.)

(PI. 111, fig. 4 à 6.)

Envergure : le © 0".021 à 0",022.

— la & 0°,024 à 0,095.

Elle est de la grandeur de l’Ephyra Poraria, et, au premier aspect, on la prendrait pour une Ephyra, principalement à cause de son dessin. à

Cette espèce inédite a un faciès particulier ; elle ne ressemble donc à aucune autre Acidalie.

Les ailes sont grandes, bien développées, aiguës à l’apex, avec un léger angle émoussé aux inférieures, entièrement d’un carné très-vif, et finement aspergées d’atomes bruns. La ligne coudée est

Cidaria Immanata. 39 mal écrite, bien qu’assez large et continue du bord costal au bord interne. La ligne qui la suit est seulement indiquée par une série de points nervuraux bruns, petits el nets; une seconde série de points semblables existe sur la frange même, lesquels points précèdent les petits traits bruns qui limitent la frange, La tache cellulaire est petite, ronde, brune et visible aux quatre ailes, Les antennes sont filiformes et concoiores ; les yeux rougeâtres ; le vertex, d’un blanchâtre carné ; le thorax et l'abdomen sont également concolores. Le dessous, plus clair que le dessus, est d’un blanchâtre carné; mais ici la ligne coudée et les divers points sont peut-être mieux indiqués qu’en dessus. Les pattes sont longues et concolores ; les inférieures possèdent une paire d’éperons bien développés.

La 9 est un peu plus grande que le o”, mais les ailes et le corps sont d’un ton plus chaud; les points plus gros et bien marqués, l'abdomen très-développé et renflé au centre.

Cette remarquable Acidalia à été rencontrée, en juillet, par M. Dardoin, dans les garigues des environs de Marseille. Elle a été dédiée par notre collègue à M"° Eugénie Dardoin, sa nièce.

L’Acidalia Eugeniata doit trouver place après l’Imitaria, Hb., et, dans le Species, porter le n° 881 bis. |

Cabinet Dardoin : deux o”, deux 9.

Cidaria Immanata, HAw.

(Var. H. etI.) (PI. 111, fig. 7 et 8.)

Ges deux variétés accidentelles sont tout aussi remarquables l’une que J’autre. Il suffira, pour en juger, de jeter les yeux sur la planche 111, fig. 7 et 8. ‘

L’une et l’autre proviennent des environs d’Epping où.elles ont été obtenues de chenilles par M. Doubleday.

Une variété identique au n° 8 a été rencontrée, il y deux ans, aux environs de Paris, par M. Fallou pére. |

Je désignerai la Var. n° 7, qui est une ?, par la lettre H, et la Var. n° 8, qui est aussi une 9, par la lettre I.

Mon cabinet, un éxempl. de chacune de ces variétés accidentelles.

Cidaria EImmanata, HAw.

(Var. Pythonissata, MizL.)

(PI. 111, fig. 9.)

Cette variété, plus remarquable que les deux précédentes, a, de plus que celles-ci, d’être constante ; c'es à ce titre qu’elle doit porter un nom, Elle provient encore d'Angleterre où M. Doubleday l'a obtenue ex larba en un Certain nombre d'exemplaires. J'ai recu de cet obligeant collègue trois sujets identiques dont un o”; c’est ce dernier que je figure. Toutefois, l’une de ces trois variètés a le fond des supérieures un peu moins noir que chez les deux autres ; en effet, ces ailes supérieures sont lavées de brun pourpré.

M. Doubleday me mande qu'il a élevé d'œufs ces belles variétés de l’'Immanata.

Notodonta Sieversi, MÉNET.

Molscheulsky : Etudes entomologiques, 1856, p. 44.-—-Segr. Cat. 292.

(PL. AAA, fig. 10.)

Cette rare Notodonta, qui appartient au cabinet de M. Lédérer, ‘ma été communiquée pour la faire connaître.

«Elle a été découverte, me mande M. Lederer, à Pétershourg, et retrouvée par M. Nowieki à Lemberg en Galicie ».

Agrotis Spinifera. #1 Agrotis Spinifera, Hs.

389.— Tr. VI, {°° part., p. 382, et Sup., p. 24. — Gn., Ind., p. 24.— Bdv., 830. — Herr.-Sch., 24, — Gn., V, p. 265. — Stgr. Cat. 157, (PL. 112, fig. 1 et 2.)

La chenille de cette Agrotide n’a rien de tranché ; elle rentre pour la forme et la couleur dans celles du plus grand nombre. Elle est médiocrement allongée, cylindrique, d’un argileux chaud tirant sur le jaunâtre en dessous, avec le premier segment surmonté d’une plaque écailleuse rectangulaire, testacée. Les lignes qui sont assez apparentes et continues, se présentent ainsi : la vasculaire est fine, géminée et brune ; la sous-dorsale est large, légèrement ondulée et brune, couleur qui se fond en dessous ; la stigmatale est fine et blanchâtre. On voit en outre un liseré clair et continu qui surmonte les stigmates ; ceux-ci sont gros, ovales, noirs et cerclés de brun. La tête est de couleur testacée et marquée de deux traits bruns perpendiculaires..Les pattes écailleuses sont brunes, les dix autres concolores. Les :trapézoïdaux, bien indiqués en brun, sont, sur le dernier segment, surmontés de poils courts.

Cette chenille ne parait pas très-rare aux environs de Barcelone. On la trouve la nuit au pied des graminées dont elle ronge les!feuilles préféra blement aux racines. Pendant le jour, elle se cache soigneusement dans le sable où elle demeure jusqu’à la nuit, elose..Elle «se métamorphose dans la terre après avoir formé une coque molle.

Le lépidoptère, qui doit avoir deux éclosions, parait la. première fois vers la fin d'avril.

INSECTE PARFAIT

C’est une des Agrotis les plus caractérisées par ses dessins bruns et tranchés. Sur un fond de couleur de bois, on voit, en outre des

deux taches ordinaires bordées de brun, une tache claviforme trèsallongée, brune, entourée de noir en tout sens, éclairée de jaunâtre à son point de départ et finissant en pointe aiguë. Les ailes inférieures sont d’un blanc pur, teintées de roussâtre à la frange du côté interne.

Cette espèce n'arrive que très-lentement dans les collections. Elle doit voler en Provence, la chose est supposable; mais jusqu’à ce jour, il n’est pas prouvé qu'elle fasse partie de la faune française.

L’Agr. Spinifcra à été rapportée de la Sicile pour la première fois ; puis retrouvée au midi et au nord de l'Espagne.

Agrotis Puta (1), Hs.

255. — Tr., Ill, p. 32, et Sup., p. 213. — God. IT, p. 243, pl. 67, fig. 7.— Gn., Ind., 241. — Gn., V, p. 266. — Stgr., Cat. 153.

(PI. 142, fig. 3 et 4)

Elle est médiocrement longue, à peine atténuée postérieurement, d’un verdâtre obscur, passant à l’argileux en dessus, avec une plaque écailleuse brune sur le premier anneau, partagée au sommet par un sinus blanchâtre. La ligne vasculaire, fine et brune, se voit à peine, mais les deux autres sont très-bien marquées, principalement la sous-dorsale; celle-ci est large, très-ondulée, d’un vert foncé, fondue inférieurement ; la stigmatale est ondulée, continue, plus claire que le fond. La tête est cordiforme, testacée, largement maculée de noirâtre sur les bords. Les stigmates sont grands, ovales, d’un noir luisant, et accompagnés de chaque côté d’un gros point foncé. Les

(1) Pula, déesse romaine qu’on invoquait pour la taille des arbres. Da verbe pulare, émonder, couper.

Agrolis Puta. 43 trapézoïdaux ont cela de remarquable que la première paire est à peine visible, tandis que la seconde est grande, noire et luisante. Toutes les pattes sont concolores.

J'ai rencontré cette chenille à toute sa taille, à la fin de février, aux environs de Cannes, sous les plantes basses, à moitié enfouie dans le sable; je l'ai nourrie de graminées. Peu de jours après elle s’est transformée dans la terre, après avoir formé une coque molle. L'insecte parfait m’est éclos à la fin d'août, entre huit et neuf heures du soir.

INSECTE PARFAIT

Nous n’avons guère en France que la Var. Lignosa, de Godard (I, pl. 67, fig. 5 et 6). La Puta, Bdv., Icon., pl. 81 (Renitens, Hb., 745-117), paraît être la race de la Provence, de l’Espagne, de l'Italie ; à Florence, je l’ai remarquée en plusieurs exemplaires au muséum entomologique.

C’est la Var. Radius, Haw., que nous prenons dans le Lyonnais et dans l’Ardèche; mais elle est assez rare. On se la procure en chassant la nuit sur la bruyère fleurie en août et septembre. Cette race n’est pas étrangère à la Provence, où elle a été rencontrée, le 2 mai 1869 (1) par notre collègue, M. de Mimont, dans l’Estrel, butinant en plein soleil. Ce fait, du lépidoptère éclos alors, prouverait qu'il a deux générations, ou peut-être bien que cette Radius, Haw., pourrait être distincte de la Puta.

La fig. 255, de Hubner, et celle de Godard, pl. 67, fig. 7, avec large espace subterminal ochro-argileux, représenterait le type, qui est sans doute inconnu en France.

(1) Je lis dans les notes manuscrites de feu Donzel qu'il a pris la Radius, à Hyères, le 30 avril.

Agrotis Fatidica, Hs.

70%. — Herr.-Sch., 456. — Gn., V, p. 262. — Stgr. Cat., 195. — Berce, HE, p. 129. = Heidenreichi, Germ., Faun., Ins., Eur., 22, t. XIV. = Incurva, H.-S., 591, fig. 2, 9. — Bellier, Ann. Soc., Fr., 1859, pl. 5, fig. 6, ©.

(PI. 142, fig. 5 à 8.) CHENILLE.

Elle est, dans sa jeunesse, d’un fauve clair, couleur qui, à la 3° mue, passe au chamois foncé. Parvenue à son entier développement, au commencement d'août, époque où M. Rodolphe Zeller me l'a envoyée de Celerina, cette larve est cylindrique, mais atténuée aux deux extrémités, vermiforme, plissée, d’un verdâtre très-foncé, presque noir, et recouverte, à partir du 4° segment, de gros points noirs luisants, On ne voit, chez cette larve, d’un aspect particulier, aucune des lignes ordinaires. La tête est petite, d’un jaune rougeûtre, marquée de deux traits noirs perpendiculaires, séparés par un gros point central également noir. Le 1° anneau est recouvert d’une large plaque écailleuse noire et luisante. Le 2° et le 3° segments sont partagés au centre par une rangée transversale de points noirs luisants, lesquels aboutissent de chaque côté à la stigmatale. La plaque du dernier anneau, qui est d’un brun foncé, se termine en pointe. Les pattes écailleuses sont jaunâtres, avec le dernier article noir ; les dix autres pattes sont assez courtes, avec la couronne brune. Les stigmates sont ovales et entièrement noirs et luisants.

Cette curieuse chenille vit dans les Alpes, à une hauteur considérable. M. Zeller, qui l’a découverte, je crois, me mande qu’il ne l’a rencontrée jusqu'à ce jour que « sur la montagne de Muottas, à

Agrotis Fatidica. 45 2,367 mètres, à deux lieues de Celerina, et spécialement dans une localité exposée en plein midi. »

Elle se cache, me mande M. Zeller,.sous les pierres plates entourées de gazon, où elle forme des galeries en soie et en terre qui lui servent de retraite pendant le jour, un peu à limitation de la chenille de l’Helioshobus Hirta, et d’où elle sort la nuit pour manger.

M. Zeller ne peut assurer que ce soient plutôt les racines que les feuilles de graminées qui servent de nourriture à cette chenille. Notre collègue pense cependant qu’elle ronge de préférence les racines.

Dans ces hautes régions couvertes de neige pendant neuf mois, la croissance de la chenille de Fatidica, pendant le rapide été qui y règne, est des plus promptes. Cependant M. Zeller suppose qu'une partie des chenilles doit passer deux hivers à l’état de larve, par la raison, dit-il, qu'on trouve en même temps sous les pierres, l’insecte parfait au repos, la chrysalide et la chenille à ses divers âges. L'état léthargique dure de quinze à dix-huit jours.

« L’insecte parfait 9 ne devant avoir que des ailes courtes, et comme à moitié développées, sa chrysalide se reconnaît de suite par sa forme obtuse et gonflée ».

INSECTE PARFAIT

Le o” est une des plus belles Agrotis, mais ce qui ajoute à l'intérêt qui s’attache à cette espèce, c’est la © , dont les aïles très-courtes sont impropres au vol. Cette 9 présente des variétés si remarquables qu'on serait tenté, au premier abord, de voir en elles autant d’espèces séparées. Ainsi, la fig, 456, de M. Herrich-Schæffer paraît aussi différente de la fig. 591, du même auteur, que cette dernière semble s'éloigner de la fig. 592 de cet iconographe. Ce dernier numéro représente la même Fatidica ® que celle qui a été figurée par M. Bellier, sous le nom de Zncurva, H.-S. (Ann. Soc. ent., Fr., 1859, pl. 5, fig. 6.) Suivant M. Zeller, la Fatidica $ de nos Annales entomologiques représenterait le type. Celle que je figure diffère de

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