P. MILLIÈRE DIX-NEUVIÈME LIVRAISON
Présenties à la Société Lin-éesne de Lyon, le 10 juin 1867)
Lycanen Mylus, S-\.
Hb., pl. 670, fig. 3.— Villiers et Gn., p. 25. --Stgr. Cat. 117—Abencerragus, Pierret, Ann. Soc. ent. Fr., pl. 1. fig. 7.
(Var. Panoptes. ) (PL. 85, fig. 1 à 4.)
Ellenes ‘éloigne pas pour la forme de ses congénères. Elle éclot vers le milieu ou la fin d'avril, peu de jours après que l'œuf a été - pondu à l’aisselle d'une petite branche de Thymas vulgaris des fleurs À
duquel cette chenille se nourrit. Ses trois premières livrées, bien
qu’assez pâles, annoncent la parure qu’elle aura quand elle sera
parvenue à son entier développement qu’elle "n’a guère atteint que le 15 ou le 20 mai. Adulte, cette larve au repos est courte, globuleuse, convexe en dessus, un peu aplatie en dessous, très-carénée latéralement, à anneaux distincts et renflés. La tête est petite, lenticulaire, noire, luisante, rétractile et à moitié cachée sous le premier anneau. Sur le fond de la chenille qui est d’ua vert clair, on voit, à partir du deuxième segment au neuvième, une suite de taches dorsales piriformes, d'un carminé vif, éclairées au centre par deux points blancs, séparés entre eux par la ligne vasculaire qui est d’un £arminé vineux, ascez large et continue. Chaque tache piriforme est en outre accompagnée des deux côtés d’un double trait blanc d’abord, puis vert foncé. La ligne stigmatale, interrompue aux incisions, est d’un blanc vif et largement liserée de vert foncé de chaque côté ; les stigmates sont d’un blanc mat. Le ventre est d’un vert plus obscur que le dos et les flancs ; il est partagé par une ligne sombre et continue. Les pattes écailleuses sont brunes, les membraneuses sont vertes. Cette jolie chenille vue à une forte loupe paraît couverte de poils nombreux, courts et serrés ; elle était jusqu’à ce jour demeurée complètement inconnue sous ses premiers états. C’est aux environs de Cannes et d’Hyères et probablement dans toute la région du littoral qu'on la rencontre sur le Thymus vulgaris, et cela dans les lieux les plus chauds, les plus brûlés par le soleil. Cette larve ou plutôt celle de l’Hylas type, doit vivre encore sur le Thymus serpillum du centre et du nord de la France où ne croît pas spontanément le Thymus vulgaris. Elle éclot au moment où le Thym est en pleine floraison et sa croissance est rapide, puisque la chrysalide est formée dès les premiers jours de juin (1).
(1) Elle ne doit pas senourrir uniquement de la fleur du Thym, car que deviendrait la génération d'automne, celle qui paraît alors que la plante: n’a plus une seule fleur, et même ne présente plus que des feuilles dures et coriaces? La Q du Panoptes qui éclot en août cu septembre déroserait-elle ses œufs sur une autre plante labite fleurie alors ?
Lycaena Hylas. 331 Quand on élève des chenilles de cette Lycaena, il ext important de isoler, car non-seulement elles se dévorent entre elles, mais les rysalides qui ont été formées les premières sont impitoyablement mangées par les larves qui restent dans la poche en gaze qui les enferme sur la plante fraiche et fleurie.
C'est au pied des Thyms, parmi les débris de végétaux que se métamorphose la chenille du Panoptes. Je n'ai jamais remarqué qu’elle fixât sa chrysalide sur les branches de la plante. La chenille se place, ainsi que ses congénères, la tête en haut, et moins de quatre à cinq jours après, la chrysalide est formée ; celle-ci est ovoïde, courte, un peu atténuée aux extrémités, sans aspérités, d’un jaune argileux lavé de verdâtre sur l’enveloppe des ailes dont les nervures se distinguent, bien que d’une manière imparfaite. Très-peu de jours après la transformation, onze ou douze au plus, éclôt quelquefois un ichneumon parasite; mais un second parasite, un diptère, éclot en mars de l’année suivante. Le tiers des larves de la première génération donne l’insecte parfait à la fin de l'été; les deux autres tiers environ passent l'hiver et ne paraissent qu’à la fin de mars ou vers les premiers jours d'avril.
INSECTE PARFAIT
Cette variété constante de l'Hylas n’est bien caractérisée que chez la © qui, obtenue d'’éclosion, présente une teinte très-sombre. IL y a chez le Panoptes des différences de taille qu'il me paraît difficile d'expliquer ; certains sujets femelles sont relativement très-grands, tandis que d’autres sont d’une exiguité extrême. Je ne parle ici que des individus pris au vol. Le type de l’Hylas n'a jamais, à ma connaissance, été remarqué en Provence.
Cette Lycaena vole en plein soleil dans les lieux où croissent les Thyms; elle se pose fréquemment sur leurs rameaux, surtout si la plante est en fleur ; elle est facile à saisir.
A Hyères, on doit chercher le Panoptes dans le voisinage de l'Ermitage ; à Cannes, c’est principalement sur la lisière du bois de pins situé sur le chemin du Cannet qu’on est certain de le rencontrer en grand nombre.
Le type n’est pas précisément rare à Francheville (Rhône), mais il paraît près dun mois plus tard que le Panoptes.
Fotys (Pyrausta) Erimaeuialis, Srnc.
Ann. Soc. entomol. Sltettin, année 1866, p. 109. (PL.'85, fig. 4).
Celte charmañte petite espèce a été décrite récemment d’après un seul exemplaire o”* en très-bon état; mais elle n’a point encore été figurée. C’est assurément la plus petite des Pyrausta ; bien que l’auteur qui l’a nommée ne lui ait pas assigné de place, je crois qu'elle doit se ranger après le Botys (Pyrausta) Acontialis, Ster.
La P. Trimaculalis mesure à peine 0°,013 d'envergure. Le fond est d’un noir brun luisant, marqué de trois grosses taches circulaires d’un beau jaune orange, dont deux placées près du bord interne, et la troisième au bas de l’apex. Les ailes inférieures sont traversées au centre par une très-large bande également de couleur orange n’atteignant nile bord supérieur ni le bord interne de l’aile. Les franges sont assez larges, concolores, avec l’extrémité blanchâtre. En dessous l’orangé des taches a päli, et la première de ces trois taches de l'aile supérieure a sensiblement bruni. Les antennes sont filiformes et noires ; la tête, les yeux et le thorax qui est passablement robuste sont, ainsi que l'abdomen, entièrement noirs.
La Pyrausta Trimaculalis (Botys Trimaculalis, Stgr.) fait partié de la collection de M. Grüner, de Leipsick. On ne connait jusqu'à ce jour que cet unique individu de l'espèce, qui a été pris près d’Amasia, par le nafuialist' Kindermann.
Acidalia Decorata. 333
Acidalin Decorata, W.-V.
PL. 43. — Boik. 226. — Hb. 71. — Tr. HN, p. 285. — Dup. VI, p.47, pl. 173, fig. 2. — Bdv. 1836. — Herr.-Sch. p. 25. — Gn. IX, p. 485.— Stgr. Cat., 140. = Cinerata, Fab., p. 259. =
Ornataria, Esp., pl. 51, fig. 2.
Pl 85,.fig. 5 à 7.) CHENILLE. :
Elle a quelque ressemblance avec la chenille de sa voisine l'Ornata, Scop. avec laquelle on pourrait la confondre; cependant sa forme plus allongée la rapproche plutôt des larves de l'Imitaria, Hb., Im— mutata, L., Depunctata, Scop., Submutata, Tr. etc.
Les chenilles d'Ornata et de Decorata ont les mêmes mœurs : vivent à la même époque et se nourrissent sur la même plante ; mais je dois dire que la chenille de Decorata estbeaucoup moins abondante que celle de sa congénère, et qu'en comparant ces deux larves, on n’a pas de peine à les distinguer. Celle de la Decorata dont on ne savait rien des premiers états, passe l'hiver, et ne parvient à toute sa grosseur, en Provence, que vers le milieu ou la fin d'avril. A cette époque elle est longue, cylindrique, très-plissée, non carénée sur les côtés, généralement de couleurs assez vives, avec les lignes ordinaires bien marquées, et la tête petite et globuleuse. La vasculaire est fine, double, noire et repose sur un fond de couleur jaunâtre ; la sous-dorsale est très-large, continue, d'un gris noir ardoisé se fondant par en haut. La stigmatale est large, continue, blanche, salie de gris ardoisé sur les incisions et finement liserée de brun rougeûtre. Les stigmates sont relativement gros et noirs. La tête, qui est concolore, est marquée de lignes foncées, lesquelles sont la continuation des sous-dorsale et stigmatale. Le ventre est marqué sur chaque anneau
du milieu d’une tache brune de forme rectangulaire. Les dix pattes sont concolores; les quatre dernières sont très-rapprochées.
Cette chenille vit sur le Thymus vulgaris dont elle ronge les feuilles les plus tendres en attendant qu’elle puisse se nourrir des fleurs. Elle se tient à découvert et sa position est ordinairement des plus rigides, Elle doit vivre aussi sur le Thymus serpillum.
La métamorphose, pour la première génération, a lieu vers le 10 ou le 45 mai, sous la mousse, au centre d’une légère coque; la chrysalide qui n’a rien qui la distingue pour la forme, est d’un vert pomme, avec les anneaux abdominaux rougeâtres. L'état léthargique de l'in secte ne dure pas plus de dix-huit à vingt jours.
INSECTE PARFAIT
Cette Decorata, si bien nommée, est une des plus jolies du genre Acidalia. Elle est généralement considérée comme appartenant à la France méridionnale ; cependant je dirai qu'avant de la rencontrer aux environs de Cannes (Alp.-Mar.), je l’avais recueillie dans le Lyonnais, en Auvergne près de Clermont, etdans le département de Saôneet-Loire, près d’Autun, volant sur les coteaux les plus secs, parmi les genêts où croît le Thymus serpillum. Partout elle/était assez rare et se voyait en compagnie de l’Ornata dont, pendant longtemps, on ne la croyait qu'une variété locale.
La Decorata qui a deux générations, et peut-être trois ou quatre dans le Midi, ne paraît pas varier, à moins que l’Arcuaria, Hb., f. 137, « que personne n’a vue en nature » (Gn.) ne soit qu'une aberration de cette Acidalia.
Obs. Je lis dans les notes manuscrites de feu Donzel que l'Arcuaria. Hb. appartient à l'Italie.