‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inédits (volume 5)Chapitre 5 sur 58 · LIBRARY · texte numérisé non relu

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Voici trois espèces à ajouter aux nombreuses Acidalies qui déjà ont été publiées. La récente découverte de ces nouvelles venues fait espérer que la matière n’est pas épuisée, et qu'avant peu d’années leur nombre pourra augmenter sensiblement, d’autant plus qu’aujourd’hui les lépidoptéristes paraissent se livrer à leur recherche avec une prédilection marquée.

Ni l’une ni l’autre de ces trois espèces n’ont encore été figurées ; elles ont cependant été publiées.

Acidalia Robiginata, SrGr.

Ann. Soc. ent. de Stettin (année 1862, p. 267). (PI. 57, fig. 1 et 2.)

Cette Acidalia, qui appartient au groupe C du species Guenée, ne saurait être confondue avec aucune autre espèce.

Envergure : 0",018 à 0”,020.

Les ailes sont entières, un peu épaisses, soyeuses, d’un jaune d’ocre plus foncé sur les bords qu’à la base et rappelant la teinte de la Perochreata, sa congénère. Les lignes transversales sont disposées à peu près comme chez l’Aureolaria, Les ailes supérieures présentent trois lignes transversales noires : celle du centre, en zigzag, est trèsanguleuse. La frange, médiocrement longue et brune, est précédée d’une éclaircie festonnée, précédée elle-même d’une ombre qui s'affaiblit en s’avançant au centre de l’aile. Les inférieures ne sont caractérisées que par deux lignes transverses noires, dont la seconde présente extérieurement un angle vif. L'espace ombré qui vient avant la frange se voit aussi. Le point cellulaire est indiqué en noir aux quatre ailes. Sur la frange mème il existe des points qui correspondent aux nervures et qui alternent avec les traits noirs qui précèdent immédiatement la première. En dessous, les ailes sont plus

Acidalia Pecharia. 53

foncées ; elles sont aspergées d’atomes bruns, et les lignes, qui ont la même disposition qu’en dessus, sont plus accusées. On voit également aux quatre ailes le point cellulaire. Les antennes sont courtes, moniliformes, concolores en dessus, et brunes en dessous. Le front et le thorax sont de la couleur des ailes. L’abdomen est grèle et ocreux. Les pattes sont également ocreuses.

La femelle est semblable au mâle.

Lors de son dernier voyage en Espagne, M. le D' Staudinger a capturé cette jolie espèce à San Ilfonso (Vieille-Castille) , en juin ou juillet, dans des lieux très-herbus où elle volait à la tombée de la nuit. On ne sait absolument rien de sa chenille.

L’Acidalia Robiginata fait partie de mon cabinet. Plusieurs entomologistes français la possèdent aussi. Elle doit trouver place après la Perochreata, et porter dans le species général le n° 738 bus.

L’espèce n’a point encore été comprise dans le catalogue Stgr.

Acidalia Pecharia.

Stgr. Ann. Soc, ent. de Stettin (année 1862).

(PL. 57, fig. 3 et 4.)

On ne peut non plus confondre cette petite espèce avec aucune autre Acidalie.

Les ailes sont assez allongées, avec les lignes et les dessins mal indiqués. Elles sont d’un gris de poussière, aspergées de nombreux atomes foncés qui, par leur nombre, dissimulent les lignes ordinaires; cependant on distingue bien la bande marginale qui est sombre, en zigzag et finement liserée de blanchâtre intérieurement. La tache cellulaire existe aux quatre ailes, mais elle est assez peu appa-

rente. Les fran es, médiocrement longues et d’un gris jaunâtre, sont 8 gris J

précédées de points noirs bien visibles qui ont aux inférieures la forme de petits traits noirs. Le dessous présente à peu près les mêmes lignes et les mêmes taches qu’en dessus, mais le tout est moins foncé. Les antennes sont à peine ciliées; elles sont blanchàtres ainsi que le haut de la tête. Le thorax et l'abdomen participent de la couleur des ailes. Les pattes sont blanchâtres : les inférieures sont garnies de poils plus longs qu’à l’ordinaire; enfin le fémur des premières pattes est relativement court.

L’Acidalia Pecharia a été trouvée, il y a plusieurs années déjà, aux environs d'Ofen (Basse-Hongrie ), par un entomologiste zélé, M. Pech, à qui elle fut dédiée.

Elle sera placée après la Calunetaria, Stgr. (Dorycniata, Bell. Ann. Soc. ent. de Fr., 4862, p. 198, pl. 4, fig. 4.), et portera le n° 812 ter dans le species général.

Cette petite espèce, bien que rare encore, commence à se répandre dans les collections. J’en possède un exemplaire femelle obtenu ex larva.

Je n’ai rien appris sur la chenille de la Pecharia.

Acidalia Folognearia.

Stgr, Ann. Soc. ent. de Stettin (Année 1862, p. 264 ).

(PI. 57, fig. 10 À 12.)

Envergure : 0",018 à 0°”,019.

C’est à l’Acidalia Straminata, Tr. (Gn. 851) que cette espèce a été comparée. Bien que plus petite et avec des ailes plus allongées et plus aiguës à l’apex, la Folognearia sera mieux placée après cette Straminata que partout ailleurs. L’insecte est généralement d’un jaune paille clair, sali par de nombreux atomes noirs irrégulière-

ient répandus sur toute la surface des ailes. Les lignes ordinaires

Acidalia Folognearia. 35 sont mal indiquées, mais elles sont plus visibles cependant que celles de la Straminata. Ces lignes qui sont au nombre de quatre sur les ailes supérieures, et de trois sur les inférieures, sont presque droites, sauf la basilaire qui forme un coude avancé sur l’espace médian, on voit le point cellulaire indiqué en noir sur les quatre ailes. Les franges sont de la couleur du fond : à leur base il existe une ligne de points nervuraux noirs et assez gros. Le dessous est plus sombre : le sablé noir est plus serré; la tache cellulaire aux quatre ailes et les points nervuraux sont mieux marqués qu’en dessus; enfin une ligne transverse brune, dentée, flexueuse qui traverse les ailes, est indiquée sous forme de points noirs rapprochés. La tête est brune, les antennes et le front sont blancs ; le thorax est d’un ton un peu lus chaud que le reste. Le corps qui est grèle est de la couleur des ailes. Les pattes antérieures sont brunes à la base, les postérieures n’ont pas de tarses chez le mâle. Les deux sexes possèdent ces pattes fort longues; elles sont plus grandes que je ne les ai remarquées chez aucune espèce du genre.

La femelle qui est de la taille du mâle s’en distingue par l’abdomen plus renflé et par la basilaire des ailes supérieures mieux écrite.

M. Staudinger nous dit qu’il a reçu cette espèce de l’entomologiste M. Fologne, de la Belgique, auquel il l’a dédiée. M. le D' Breyer, ajoute-t-il, en a trouvé de son côté deux exemplaires dans des lieux incultes. Enfin l’auteur de la Monographie des Sésies européennes ajoute qu’il a reçu de la France occidentale une femelle de la même espèce. Cela étant, l’Acid. Folognearia, qui a été trouvée pour la première fois en Belgique, doit appartenir à la faune lépidoptérique française.

Cette Acidalia nouvelle fait partie de mon cabinet; elle devra porter le n° 851 bis dans le species général, et dans le catalogue allemand le n° 55 bis.

Acidalia Nexata.

Hb. 401, 421. — Herr.-Sch. p. 32. — Bdv. 1887. — Dup. 271. — Gn. IX, p. 486. — Stgr. Cat. 27.

(PI. 57, fig. 5 à 9.)

Au printemps de cette année je faisais de l’entomologie à Ax-sur-Ariége (Basses-Pyrénées), et j’y prenais une Acidalia femelle en assez mauvais état, que je rapportai à la Nexata, la plus exiguë peut-être de toutes les Phalénites connues. J’obtins de cette femelle quatre œufs fécondés qui sont éclos neuf jours après, c’est-à-dire le 18 mai. Je nourris avec soin ces microscopiques chenilles qui, au sortir de l’œuf, sont d’un jaune blanchâtre. Après la seconde mue, la vasculaire se prononce en gris foncé. Le 12 juin l’insecte avait atteint toute sa grosseur ; il ne mesurait pas plus de 0*,017 à 0”,018 de long. Il est alors très-atténué antérieurement, caréné sur les côtés et d’un jaune verdâtre uniforme. La vasculaire assez bien indiquée, est continue, géminée, brun rougetre. On ne voit pas de sous-dorsale; la stigmatale est claire, large, flexueuse. Les stigmates sont ovales, bruns et presque imperceptibles. La région ventrale, d'un vert bleuâtre faible, laisse voir une seule ligne continue, assez large, mal indiquée et grisâtre. La tête est petite, carrée, rougeûtre. Le premier anneau et les pattes écailleuses sont également teintés de rougeûtre. Les pattes anales sont concolores.

J'ai nourri ces chenilles avec les fleurs de la Linaria orgamifolia, D. C., plante fort répandue dans le fond des vallées chaudes des Pyrénées qui avoisinent l’Espagne. Cependant je crois cette espèce polyphage (1). J’ajouterai qu’elle est d’une éducation facile et qu’on l'amène aisément à bien.

(1) Je dirai que je connaissais déjà la chenille de l’Acidalia Nexata, etqu’à

Acidalia Nexata. D7

Elle est lente dans ses mouvements, mais sensible au bruit : le plus petit froissement de la plante où elle demeure fixée tout le jour, l’oblige à se rouler sur elle-même et à se laisser tomber à terre.

Le 16 ou le 47 juin, un mois après son éclosion, la chenille filait quelques brins de soie blanche dans un coin du vase qui la renfermait, et tissait une coque légère dans laquelle la transformation arrivait bientôt après.

La chrysalide, un peu ramassée, est jaune, lavée de verdâtre, avec enveloppe des antennes et les incisions de l’abdomen plus ou moins rougetres. L’extrémité abdominale est brune et garnie de plusieurs petits crins divergents. L’éclosion a eu lieu à la fin du même mois de juin. L’insecte est donc resté en chrysalide une douzaine de jours seulement.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0",041.

Les ailes sont arrondies, luisantes, d’un blanc pur. Sur les supérieures on voit une ligne extrabasilaire, étroite, brune, mal écrite ; puis la coudée, suivie elle-même d’une large bande d’un gris argileux foncé sur laquelle se détache en blanc une bande terminale irrégulièrement large. La frange qui est blanche est précédée d’une série de petits points noirs. Les inférieures sont moins chargées de dessins que les supérieures ; elles présentent néanmoins deux lignes transversales étroites, mal indiquées, avec le bord brunâtre. Le point cellulaire est indiqué aux quatre ailes. En dessous, les supérieures sont très-blanches et marquées d’une large bordure brune

l'époque où j'en fis une première fois l'éducation, je l'avais nourrie avec plusieurs espèces de plantes : les Rubiacées, les Composées et certaines Crucifères. Le Diplotaxis tenuifolia, D.C., semblait lui convenir plus que toute autre. Je tenais ces premières chenilles de l’obligeant M. Staudinger qui me les avait envoyées de l'Espagne en mai 1858,

divisée elle-même par une subterminale blanchâtre. La côte est également brune. Les antennes, le thorax et l'abdomen sont blanchâtres.

La femelle, qui a un aspect plus élancé, présente une coloration différente : le large espace terminal foncé qu'on remarque chez le mâle existe bien, mais il est d’un argileux clair chez les sujets d'éclosion récente. Enfin l’espace basilaire et les lignes ordinaires sont largement teintés de cette couleur argileuse. L’abdomen est gros, conique et dépasse les ailes.

Cette Phalénite bien caractérisée doit avoir plusieurs générations ; elle vole à la tombée de la nuit, dans les lieux secs, mais cependant recouverts d’une végétation herbue.

Connue depuis longtemps déjà, elle a été rapportée de l'Andalousie par plusieurs lépidoptéristes qui y ont chassé les petites espèces.

Aujourd’hui la Nexata doit faire partie de la faune française. Elle a êté placée par M. Herrich-£chæffer dans le genre Emmiltis (Cleta), mais elle n’en a pas les caractères.

Noctua Confilua.

Treit. VI, 4" part. p. 405 et sup. X, p. 35. — Frey. Beitr. pl. 98, fig. 4. — Gn. Ind. 239. — Bdv. Icon. pl. 83 et Gen. 784. — Dup. IV, p. 140, pl. 109. — Herr.-Sch. 154. — Gn. V, p. 331. — Stgr. Cat. 91.

(PI. 58, fig. 1 à 3.)

Elle est allongée, épaisse, cylindrique, rase, légèrement renflée postérieurement, d’un jaune verdàtre et finement striée de brun. Ainsi que bon nombre de chenilles de noctuelles, celle dont il est question est marquée du quatrième anneau au dixième compris, d’une li-

Noctua Conflua. 59

gne sous-dorsale surmontée, sur chaque segment, d’une tache cunéiforme noire dont la pointe se dirige en avant. La vasculaire est étroite, blanchâtre, finement liserée de brun de chaque côté et n’est que très-imparfaitement visible sur les anneaux du milieu. La stigmatale est indiquée par des traits bruns, étroits et chevronnés. Les stigmates sont ovales, noirs, et cerclés de blanchâtre. La tête est petite, globuleuse, cordiforme, et marquée de deux traits noirs en croissant Opposés l’un à l’autre. Le ventre est plus clair que le reste du corps et n’a pas de lignes. Les pattes écailleuses sont testacées avec le dernier article noir. Les ventrales et anales sont concolores et ont la couronne brune.

Est-ce plutôt une chenille de Noctua que celle d’une Agrotis? Bien que M. Staudinger ait compris dans son Catalogue général l’insecte parfait parmi les Agrotis, j'inclinerais à le considérer, d’après la forme de sa chenille, plutôt comme une Noctua proprement dite, et à me ranger ainsi de l'avis de nos auteurs français, MM. Boisduval, Duponchel et Guenée.

Cette espèce , qui passe l'hiver, a été rapportée d'Islande. Elle est polyphage, mais ce sont surtout le Selene acaulis, L. et les Leontodon qu’elle mange de préférence (1). Parvenue à toute sa taille vers la fin de mai, elle tarde peu à se métamorphoser après s’être placée parmi les détritus de végétaux où elle a formé une coque mêlée de grains de terre.

La chrysalide est médiocrement allongée, de forme ordinaire, brun foncé, peu luisante avec l'extrémité noire, munie de quatre pointes droites un peu divergentes. Deux de ces pointes, celles du milieu, ont une longueur double des autres.

(1) Ces renseignements , ainsi que ceux qui concernent la chenille de la Sommeri, m'ont été fournis par M. Staudinger qui a récolté et élevé lui-même les chenilles de ces deux noctuelles.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0°,030 à 07,032.

Les ailes supérieures, de forme presque rectangulaire, sont coupées carrément; elles sont épaisses et bien fournies d’écailles d’un gris plus ou moins rougeâtre avec les lignes et les taches ordinaires assez visibles, sinon bien indiquées. La réniforme et l’orbiculaire sont jaunâtres et se détachent sur le fond d’une tache longitudinale presque noire. La claviforme est écrite en noir et représente un V couché de forme indécise. L’extrabasilaire, la coudée et la subterminale sont jaunâtres et liserées d’une teinte foncée; les deux premières de ces lignes sont sinueuses et peu marquées. La frange est médiocrement longue et précédée d’un liseré blanchâtre, précédé luimême d'une série de points nervuraux. Les inférieures sont brunes, unies avec la frange jaunâtre. Les antennes sont à peine ciliées. Le thorax est concolore et bien fourni, l’abdomen est long avec l’extrémité jaunâtre. Je ne connais pas la femelle : elle ne doit pas beaucoup différer du mâle.

Treitschke est le premier qui ait observé et décrit la Conflua. Elle a été trouvée pour la première fois en Hongrie, et depuis retrouvée en Silésie et en Islande; ce dernier pays semble être sa véritable patrie. M. Guenée croit qu’elle pourrait bien avoir été prise en France (V. p. 332).

La Noctua Conflua fait partie de mon cabinet. La plupart des grandes collections doivent posséder cette espèce, car depuis ses voyages dans les contrées du nord de l’Europe, M. le D' Staudinger l'a répandue en Allemagne et en France.

Crymodes Sommeri. 61

Crymodes Sommeri.

Lefebv. Ann. Soc. ent. de Fr., p. 391, pl. 10, fig. 4. — Gn. 238.— Bdv. 934.—Dup. Sup. IE, 586, pl. 49, fig. 4-2,—Gn. V., p. 187. — Stgr. Cat. 354.

(PL. 58, fig. 4 à 6.) CHENILLE,

Elle vient heureusement jeter quelques lumières sur les chenilles de Crymodes, car aucune de ce genre n’avait encore été observée. Celle de la Sommeri est cylindrique, pleine, complétement rase et offre des couleurs tranchées : elle est d’un rougetre vineux en dessus et sur les côtés. Le ventre est d’un verdâtre livide largement strié de jaune clair mat dans le voisinage des pattes membraneuses et au milieu de chaque segment. La ligne vasculaire est médiocrement large, brune et continue; la sous-dorsale, un peu plus étroite que la précédente, est également brune et continue. La stigmatale est sombre, étroite, ondulée, interrompue : cette ligne est limitée par la couleur du ventre qui tranche d’une manière sensible. La tête est assez petite, cordiforme, d’un jaunâtre obscur , striée de brun et luisante. Les pattes écailleuses sont de la même couleur, mais le dernier article est noir ainsi que la couronne des dix autres pattes. Le premier anneau, un peu plus haut et plus foncé que les autres, n’est pas corné. Les stigmates, visibles à l'œil nu, sont blancs et doublement cerclés de noir d’abord et de jaunàtre. Les trapézoïdaux sont petits et mal indiqués : les deux premiers, sur chaque segment, sont accompagnés extérieurement d’un point gris blanchâtre pas toujours bien visible.

Cette chenille élevée en Islande vit sur diverses espèces de Hieracium, Leontodon et certaines graminées. Elle met tout l’été à gros-

sir et n’est parvenue à toute sa taille qu’en septembre. Elle se cache alors pour se métamorphoser, passe tout l’hiver en chrysalide et n’éclot qu'au printempstrès-tardif dans ces froides contrées, c'est-àdire à la fin de mai ou au commencement de juin.

La chrysalide, qui est proportionnellement grosse, est d’un brun rouseâtre et luisante. Les anneaux très-distincts sont sensiblement carénés. La pointe abdominaleest unique, courte, forte, noire et un peu relevée. Les yeux et les antennes sont visiblement indiqués sous l’enveloppe qui les protôge.

INSECTE PARFAIT

A voir les deux figures de Duponchel, représentant la Sommeri (UE, pl, 49, fig. 1 et 2), on reconnaitrait difficilement l’espèce qu'il a voulu représenter. Comme ce sont les seules figures qui existent de cette Crymodes, si celle que je fais figurer est passable, jai l’espoir qu’elle sera bien accueillie. Voici la description de ce lépidoptère toujours fort rare.

Envergure : 0*,034 à 0°,036.

Les ailes sont épaisses, squammeuses, robustes. Les supérieures sont d’un gris foncé sur le fond desquelles les lignes et les taches sont bien indiquées. La réniforme et l’orhiculaire, qui sont concolores, se détachent en clair par leur entourage et surtout par le trait noirâtre sur lequel ses taches reposent. L’espace médian, largement sali de noir, est limité par la coudée et l’extrabasilaire qui toutes deux sont claires, flexueuses, dentées et finement liserées de noir à droite et à gauche. Une tache blanchâtre, en forme d’M couchée, précède la frange ; celle-là est précédée ellé-même par des taches cunéiformes noires qui s’y appuient. La frange est brune et . accompagnée antérieurement par une ligne de points noirs lunulés et séparés entre eux par une éclaircie. Les ailes inférieures sont d’un gris brunâtre, traversées par une bande foncée et presque droite. On distingue le point cellulaire, Les antennes sont ciliées ; le tho-

Crymodes Sommeri. 63 rax est robuste, fourni d’écailles, d’un gris foncé avec les ptérygodes brunes. L’abdomen est concolore.

L’insecte varie : certains sujets sont plus chaudement teintés que ne l’est le type.

En outre de l'Islande où cette noctuelle a été prise en certain nombre, elle a été rapportée du Cap-Nord et du Groenland.

Très-peu d’entomologistes connaissaient cette rareté en nature avant les voyages en Islande et au Cap-Nord de M. Staudinger, qui a rapporté de ces loitaines contrées un grand nombre de sujets oblenus de chenilles par ses soins.

Les deux sexes de cette espèce appartiennent à mon cabinet.

M. Lefèvre qui a décrit la Sommeri dans les Annales de la Société entomologique de France, en 1836, l’a dédiée à M. Sommer d’Altona.

EXPLICATION DES PLANCHES De la 496 Livraison.

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Fig. 4. Nemoria Aureliaria, Mir.

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