‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inéditsChapitre 21 sur 45 · CINQUIÈME LIVRAISON · texte numérisé non relu

CINQUIÈME LIVRAISON

(Présentées à la Société Linnéenne de Lyon, le 11 novembre 4861 D

TE DL) ame —

Butalis Doryeniella , Mic. (Species nova.)

( Planche {re, fig. 1 à 6.)

Longueur : 0,013 à 0,014 mill. ; fusiforme, atténuée aux deux extrémités, d’un vert bleuâtre, recouverte de nombreuses lignes longitudinales peu apparentes. Le premier anneau, écailleux, noir, largement liseré de blanc antérieurement , est partagé au sommet par une échancrure blanche très-fine. Le dernier segment est garni, au sommet, d'une écaille petite, noire, luisante.

On distingue à la loupe les trapézoïdaux et de nombreux points verruqueux : ils sont surmontés d’une villosité grise assez longue. Une carène concolore, faiblement accusée, existe à la place de la stigmatale.

Les stigmates , invisibles à l'œil nu , sont surmontés d’un point noir relativement gros.

Le ventre, d’un vert pale, est sans lignes.

La tête, lenticulaire, est noire et luisante. Les pattes écailleuses sont robustes et de même couleur que la tête. Les ventrales, concolores, ont la couronne jaunatre.

Cette petite chenille, d’une vivacité extrême, vit sur le Doryenium suffruticosum L. ; elle lie le sommet des tiges et en forme des paquets assez volumineux. Elle y pratique des galeries ouvertes aux extrémités, dans lesquelles elle demeure cachée pendant le jour. Elle ne quitte sa retraite que la nuit pour manger.

C'est vers le milieu d'avril que j'ai recueilli en abondance cette Tinéide à Celles-les-Bains (Ardèche) (").

CHRYSALIDE

Au commencement de mai la chenille de Dorycniella quitte la plante, file dans les mousses ou les feuilles sèches une soie fine, très-blanche, sous laquelle elle se métamorphose en chrysalide au bout de quarante-huit heures.

La nymphe conico-cylindrique , allongée, est presque entièrement noire. Elle éclot vingt ou vingt-cinq jours après

sa transformation.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,011 à 0,012 mill.

Il est entièrement d'un gris-bleuâtre-ardoisé et luisant, sans lignes, sans taches, et serait complètement concolore si les ailes inférieures n'étaient un peu plus sombres que les supérieures.

Die UT CR er NU NUE EN ORNE LERREIR ACER ES

(*) Depuis la rédaction de cet article, j'ai retrouvé la chenille de Dorycniella aux environs de Marseille, vers la fin de janvier, sur la Coronilla minima L. L’insecte, qui était alors aux trois quarts de sa taille, semblerait passer l'hiver. En ce momeni j'élève chez moi cette pelite larve : son éducation est facile,

Calamodes Occitanaria. 97

Le dessous, également uniforme, tire un peu sur le jaunätre.

Les ailes supérieures, dont le sommet se prolonge en pointe obtuse, sont étroites et faiblement arquées à la côte. Elles sont garnies inférieurement d’une longue frange.

Les secondes ailes, également étroites, sont terminées en pointe plus aiguë que les supérieures; elles sont largement frangées au bord interne.

Les antennes sont fusiformes dans les deux sexes et relativement longues. Les palpes inférieurs, seuls visibles, sont relevés au dessus de la tête. Les deux premiers articles sont faiblement velus ; le troisième est nu et très-aigu. La tête est large ; les yeux, gros, sont entourés d’une abondante villosité. Le thorax est robuste; l'abdomen, assez court, est cylindrique.

La femelle est semblable au male.

Butalis Dorycniella (") devra, dans le Catatogue de Duponchel, trouver place après la Seliniella Zzzr.

Cette petite Tinéide, qui doit avoir deux générations, ne vole guère qu'au crépuscule du soir et du matin.

Calamodes Occitanaria.

Dup. IV, p. 560, pl. 159, fig, 5. — Frey., pl. 210, fig. 1, 2. — Bdv. 1561. — Herr.-Sch. p. 79, fig. 52. — Gn. 545.

(Planche 1, fig. 7 à #1.)

Cette espèce, ainsi que l’observe judicieusement M. Guenée, dans son excellente monographie des Phalénites , n’est pas une Boarmia. En effet, trop de caractères placent Occitana-

(1) En souvenir de la plante qui nourrit la chenille de cette nouvelle Bulalis.

riw loin du genre dans lequel tous les auteurs lont précédemment placée.

Par la découverte récente de la chenille, j'ai pu reconnaitre que cette Calamodes s'éloigne autant des Synopsia Hs., des Cleora Curr., que des Boarmia proprement dites.

Il est plus que supposable que si M. Guenée, qui a créé, pour Occitanaria seule, son genre Calamodes, eût connu les premiers états de l'insecte, il ne l’eût pas laissée parmi les Boarmides : il en eût fait vraisemblablement une Fidonide, car sa chenille possède en grande partie les caractères de cette dernière famille.

Cependant l'auteur du Species pressentait qu'un jour les Fidonides pourraient bien revendiquer la Calamodes Oeci-

tanaria (?).

CnÊénNILLE.

Elle serait complètement cylindrique, n’était une petite carène sur les flancs. Généralement d’un gris terreux presque uniforme, mais variant quelquefois en brun foncé chez les individus provenant de l'Ardèche.

Le premier anneau, d’une teinte carnée, est recouvert de nombreux points noirs invisibles à l'œil nu.

La vasculaire est large, continue, d’un gris foncé, qui devient brun sur les quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième anneaux. On distingue sur chacun de ceux-ci, au dessus de l'incision, un double point blanc plus ou moins visiblement écrit. La sous-dorsale, large, géminée, continue du premier au onzième segment, faiblement ondulée, est gris foncé. La sligmatale, qui repose sur la carène, assez large,

{*):Gn. X, p. 229.

Calamodes Occitanaria. 229

füblement ondulée, blanchâtre, est tachée de rougeâtre au centre.

Les stigmates, ovales, jaune-aurore, sont cerclés de noir.

Le ventre, d’un blanc livide, est marqué d'une raie continue, grise, liserée de blanchätre à droite et à gauche.

La tête, aussi haute que le premier anneau, est grise et striée de brun. Les yeux, noirs, au nombre de cinq de chaque côté de la tête, se distinguent sans peine à la loupe. Les pattes écailleuses sont concolores ; les anales, également concolores, sont maculées extérieurement de poinis noirs placés sur trois rangs.

La villosité, qui est très-courte, ne se voit pas à l'œil nu.

Cet insecte, qui se tient à découvert est, d’une grande rigidité. Il est aussi très-robuste et peut supporter pendant quinze à vingt jours l’absence totale de nourriture.

La chenille sort de l'œuf à la fin de l'automne, mange peu pendant l'hiver; par le fait elle grossit lentement, et n’atteint toute sa taille qu'en mars ou avril. Sa nourriture exclusive est le Thymus vulgaris L. fort répandu dans les garigues les plus chaudes de la Provence et de Ardèche.

Les chenilles de Occitanaria qui vivent aux environs d'Hyeres, sont généralement d’un gris terreux et donnent toujours des insectes parfaits beaucoup plus bruns que le type, c’est-àdire plus chargés d’atomes foncés: tandis que les chenilles des environs de Celles-les-Bains, plus brunes que celles de la Provence, produisent des sujets d’un gris blanchâtre, et qui parfois ont le fond tout-à-fait blanc. Cependant les dessins des ailes sont identiques chez ces deux races. Ne présenteraient-elles pas deux espèces distinctes ?

CurYsALibE,

Vers la fin de mars, la chenille de Occitanaria s'enfonce

dans la terre, se place parmi les racines des Thymus et se métamorphose assez promptement en nymphe. Celle-ci, assez renflée, avec la pointe relativement forte et longue, ne présente pas d’aspérités. Elle est d’un rougeitre obscur. Cependant la place des ailes et celle des yeux sont lavées de vert obscur.

Cette Calamodes, qui n'a qu'une seule génération par an, éclot à la fin d'août et dans le courant de septembre.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,030 à 0,052 mill.

Les quatre ailes, d’un blanc roussâtre, sont plus ou moins sablées de brun. Les supérieures, oblongues, prolongées à l'apex, ont les lignes ordinaires d’un brun noir, très-irrégulières de forme. La subterminale est tridentée au sommet et accompagnée exlérieurement d’une ombre plus ou moins visible, suivie elle-même d’une éclaircie blanchätre,

La frange, précédée d’un liseré noir, est à peine festonnée; elle est grise et finement enlrecoupée de brun. |

Les ailes inférieures n'ont que deux lignes brunes, qui ne sont bien écrites qu’au bord abdominal.

Les taches discoïdales sont visibles aux quatre ailes, mais plus accusées en dessous qu'en dessus.

Les antennes sont garnies de longues lames qui les rendent fort plumeuses. Le thorax, court, presque carré, est de la couleur des ailes. L'abdomen, assez grèle, conique, est Leinté de roussatre.

La femelle, toujours plus petite et plus brune que le male, a les antennes complètement filiformes.

Var.:: A.

Cette race provencale, un peu plus petite que le type, est,

Fidonia Concordaria. 231

ainsi que je lai dit plus haut, beaucoup plus foncée que les individus de l'Ardèche. Toutes les lignes sont ici plus larges et plus brunes. L'espace qui sépare la frange de léclaircie blanchâtre, est entièrement recouvert d’atomes bruns.

Le dessous est, tout autant que le dessus, chargé de nombreux atomes foncés, avec les lignes transverses et les points discoïdaux vivement écrits en brun.

La chenille de cette variété et celle du type, bien qu'ayant entre elles de grands rapports de formes, m'ont semblé différer l’une de l’autre.

Fidonia concordaria.

* Hb. 126, 318, 319. — Treits. I, p. 282. — Dup. IV, p. 429, pl. 166, fig. 2-5. — Bdv. 1516. -- Herr.-Sch. p. 89. — Gn. 1177.

(PI 2, fig. À à 3.)

Relativement forie, cette chenille est allongée, atténuée antérieurement et sans éminences. Le fond est d’un jaune verdâtre sur lequel tranchent plusieurs lignes d’un vert presque noir,

La vasculaire, assez étroite, est continue du premier au onzième segment. L'espace compris entre la stigmatale et la sous-dorsale est d’un vert très-foncé. Cet espace, vu à la loupe, paraît formé de trois lignes sombres presque contiguës.

La sous-dorsale est double, géminée, continue, très-fai-

blement écrite : on ne la distingue qu’à la loupe. La stigmatale, plus claire que le fond, est large, continue, légèrement ondulée.

Les stigmates, placés au milieu de la ligne même, sont orangés et cerclés de noir.

Le ventre, immédiatement au dessous de la stigmatale, présente sur chaque anneau une large tache oblongue , noire, lavée de vineux en arrière. Le milieu du ventre est rayé longttudinalement d’une triple ligne blanchâtre à peine distincte à l'œil nu.

La tête, sans être lenticulaire, n’est pas globuleuse : elle est faiblement aplatie en avant, concolore et tachée de noir. Les pattes antérieures sont de couleur testacée; les postérieures sont lavées extérieurement de vineux obscur.

La chenille de Concordaria que l’on rencontre fréquemment dans les départements du centre de la France sur les Genista sagitlalis el scoparia ,- vit à découvert depuis l'instant de sa naissance jusqu'à sa chrysalidation.

La génération du printemps grossit très-vite; celle de l'automne est plus lente à atteindre son entier développement.

Les œufs de Concordaria qui m'ont fourni les chenilles dont je viens de faire l'éducation, ont été pondus le 2 mai; moins de huit jours après, les jeunes larves voyaient le jour.

On doit être surpris que cette espèce, commune dans une très-grande partie de l’Europe, n’ait point encore été observée sous ses premiers élals.

Deux mois environ après l’éclosion de la chenille, celle-ci a atteint toute sa taille. L’insecte, pour se métamorphoser, ne prend pas de grandes précautions : il descend sous la mousse ctn'y forme pas toujours une coque.

La chrysalide, conico-cylindrique, passablement renflée , d'un brun rougeñtre, est d’un vert obscur dans le voisinage

Fidonia Concordarix. 233

de la tête. Cette nymphe, dont la pointe abdominale est forte, unique, noire, n’a rien de remarquable.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,032 à 0,034 mill.

Les ailes supérieures, arrondies, à apex obtus, d’un jaune d’ocre vif, sont fortement saupoudrées d’atomes bruns. Les lignes transversales ordinaires et la bande marginale, trèsbrunes, recouvrent presque entièrement ces premières ailes. Deux ou trois taches blanches, placées entre la subterminale et la bordure, sont plus apparentes chez certains sujets que chez d’autres.

Les inférieures , arrondies, d’un ochracé très-chaud , également aspergées d’atomes bruns, sont traversées par deux lignes brunes plus écartées à la côte qu’au bord abdominal.

Les franges des quatre ailes sont brunes et entrecoupées de blanc. Le dessous des supérieures n’a que la ligne subterminale bien écrite : elle est formée par six gros points noirs, oblongs, séparés par les nervures. Les inférieures, striées de brun et marquées de larges taches blanches affectant la forme rectangulaire, ont leurs lignes aussi bien écrites qu'en dessus.

Le point discoïdal est visible aux quatre ailes en dessus et en dessous.

Les antennes du mâle, à extrémité filiforme , sont fortement plumeuses.

- La femelle, qui est plus grande que le mâle, a les antennes simples et l'abdomen renflé.

Lors de la première apparition de cette Fidonia dans nos environs, on est à-peu-près sûr de voir voler l'espèce pendant six semaines ou deux mois, dans les lieux plantés de Genèts.

Je n’ai pas trouvé Concordaria dans l'Ardèche, où cepen-

dant abondent plusieurs espèce de Genista, notamment je sagittalis. Elle est remplacée dans ce pays par sa congénère Plumistaria qui, on le sait, vit sur le Dorycnium suffruticosum.

Concordaria a deux générations par an : la première éclot dès la fin d'avril, et la seconde en août. Cette dernière génération est beaucoup moins abondante que celle du printemps.

Nota. — Mon ami, M. A. Constant, a pris, cette année aux environs d’Autun, une fort belle variété de Concordaria, dont le dessus des ailes est entièrement noir uni, sans

aucun dessin ni atome d'une autre couleur.

Noctua Glareosa.

Esp. p. 587, pl. 198, f. 5. — Treits. Sup. X, p. 79. — St. Il, p. 159, pl. 21, f. 1. — Bdv. Ind. p. 81. — Yebraica, Hb. 642, 643. — Frey. IL, pl. 201, f. 2, 3. — Gn. Ind. 259. — Bdv. 1125. — Decempunctata ? Vill. pl. V, f. 17. — I. Geminum, Dup. IL, p. 80, pl. 77, f. 6. — Gn. Spec. 535.

(Planche 2, fig. 4 à &.)

Ainsi que la plupart de ses congénères, elle est cylindrique , épaisse, un peu renflée sur les dixième et onzième anneaux.

Le type, d'un carné rougeatre, tres-finement aspergé de points foncés, est, selon les sujets, d’une teinte plus ou moins prononcée, |

Des lignes ordinaires, on ne distingue que la stigmatale, qui est assez large, continue, blanchâtre et faiblement li-

Noctua Glareosa. 2395

serée de brun en dessus et en dessous. Il existe des traces de la vasculaire, qu’on n’apercoit guère qu'à la loupe.

On soupconne un chevron dorsal placé sur chaque segment. L

La seconde ligne ou sous-dorsale ne se voit pas.

Les stigmates sont ovales, blancs et cerclés de brun.

Le ventre, plus clair que les autres parties de l’insecte, est également sablé de brun.

La tête, moyenne, globuleuse, d’un brun tesiacé, est marquée de deux traits noirâtres, perpendiculaires, correspondant aux deux lignes sous-dorsales (absentes ).

Le premier anneau est à moitié garni d’une plaque écailleuse hémisphérique, rayé de trois petites lignes claires aboutissant, la première à la vasculaire, les deux autres aux traits noirâtres de la tête.

Les seize pattes sont concolores.

Cette espèce varie quelquefois en vert clair, ayant, ainsi que le type, la stigmatale large, blanche et continue. (PI. 2, fig. a.)

Déjà cette espèce a été observée, mais elle n’a été figurée nulle part.

Glareosa parait moins fréquente depuis quelques années qu’elle ne l'était autrefois.

Voici, à propos des mœurs de cette Noctuelle, ce que me mandait, au printemps dernier, notre collègue, M. Constant, d'Autun.

« Elle est fort souvent ichneumonée ; les éclosions sont en « nombre très-réduit relativement au nombre des chrysa- « lides : car le parasite qui lhabite ne l'empêche pas de se « mélamorphoser. Elle reste longtemps dans la terre à l'état « de chenille avant de se chrysalider : un mois au moins. « Elle n’a pas de coque ; elle pratique seulement une cavité « arrondie, où il n'entre pas le moindre fil de soie. Je n'ai

cc Jamais vu un insecle aussi régulier pour l'époque de son

« éclosion; il y a bien des années que je le remarque, car je « l'élève tous les ans. Les premiers papillons paraissent tou- « Jours au 15 septembre : cette époque n'oscille jamais « de plus de deux jours, soit en decà, soit au delà : et en « très-peu de temps toutes sont écloses. Je ne dis cela, bien « entendu , que pour les chenilles élevées en captivité. « M. Guenée prétend qu'elle vit sur les Rumex :je l'y ai « cherchée bien des fois depuis que j'ai lu ce renseignement, « mais jamais Je n’en ai trouvé une seule sur cette plante, ni « sur d’autres que le Genêt à balais. Je ne dis pas qu'on ne « puisse l’élever avec d’autres plantes, mais c’est le Genèt « qui lui convient le mieux. »

Envergure : 0,037 à 0,058 mill.

Les ailes supérieures, entières, luisantes, à franges concolores, d'un gris bleuâtre, sont faiblement teintées de grisbrun à l'extrémité. Elles sont traversées par trois lignes fines. blanchâtres : les deux médianes sont arquées dans le même sens. Ces ailes sont, en outre, maculées de trois taches noires appuyées à la côte, dont la seconde et la troisième représentent un Î grossièrement tracé. La réniforme ne se distingue du fond que par un liseré blanchätre, très-fin, qui l'enveloppe.

Des points nervuraux noirs, très-pelits, précèdent la frange.

Les ailes inférieures seraient entièrement blanches, si l’extrémité n'était faiblement lavée de roussâtre.

La tête et le thorax sont du même gris que les ailes.

L'abdomen, également gris, est lavé de roux.

On rencontre cette espèce dans certains lieux élevés du Lyonnais. Je l'ai prise moi-même à Saint-Germain, la

Zygaena Genevensis. 237

nuit, en septembre, sur les fleurs de l'Epilobe à feuilles de romarin.

La variété figurée par M. Herrich-Schæffer sous le n° 111, ne paraît pas très-rare en France.

Nota. La Glareosa de Frayer, Tab. 185, dont la chenille est si différente de celle que je publie aujourd'hui, et qui vit de plantes basses, n’est point la Glareosa des auteurs francais. La chenille de l'Iconographe allemand ne serait-elle pas plutôt la Margaritacea de Borkhausen ?

Fygaena Genevensis, Mi. (Species nova.) { Planche 3, fig. 4 et 2

Envergure : 0,020 à 0,022 mill.

Cette Zygène, la plus petite du genre, bien que très-voisine de Fausta et de Hilaris, a un facies particulier qui la fait reconnaître de suite pour une espèce distincte. Chez les vingtcinq ou trente sujets que je suis à même de comparer, et qui, tous, ont été pris cette année, on remarque des caractères constants qui empêcheront toujours de confondre cette Zygæna nouvelle avec les espèces congénères ses voisines.

Voici du reste la description de ma Genevensis. Je signalerai ensuite les différences spécifiques qui la distinguent de Fausta et de Hilaris.

Les ailes supérieures sont relativement allongées, passablement aiguës à l’apex, d’un noir profond, avec cinq taches rouge-vermillon, disposées à peu près de la même manière que chez Fausta. Ces taches, bien que rapprochées de la côte, ne s’y appuient pas; elles sont toutes bordées de jaune pale. Les franges sont d’un blanc jaunatre.

Les ailes inférieures, d’un rouge assez vif, sont Donlecs de noir. La frange, courte, est brune. Les supérieures sont,

en dessous, de la même couleur qu'en dessus , mais plus pales : on y voit les mêmes taches, mais moins bien arrétées. Les inférieures sont d’un rouge moins prononcé qu’en dessus.

Les pattes, grises, sont légèrement pubescentes.

Les palpes, cylindrico-coniques, assez courts, sont noirs. Les antennes, en massue, sont également noires, ainsi que le thorax qui est relativement robuste. Le collier est rouge. L’abdomen, cylindrique, très-noir, sans anneau rouge, est faiblement teinté de fauve à l'extrémité.

En outre de sa petite taille, Genevensis se distingue toujours de Fausta : 1° par l'absence de l'anneau rouge vers l’extrémilé de l'abdomen, en dessus ; 2° par la coupe des ailes : les supérieures sont plus lancéolées, moins arrondies à l'apex, et les inférieures plus triangulaires, avec les angles plus aigus, et surtout le sinus du bord extérieur plus profond que dans la Fausta.

Elle se distingue de Xilaris non seulement par la coupe générale qui n’est pas la même, mais encore : 10 par la disposition différente des taches rouges des ailes supérieures; 2° par la couleur du collier qui, chez Hilaris, est toujours plus ou moins grisätre, tandis que chez Genevensis, il est invariablement rouge.

Cette charmante Zygénide a pour patrie les environs de Genève ("). Elle a été capturée abondamment en Juillet dernier, au pied du Mont-Salève, par M. Gevril, jeune entomo-

logisté plein de zèle.

L'habitat de cette Zygénide est, m'’a-t-on dit, des plus cir-

LA r ® PAU. s conserits : 1l n’a pour toule végétation, en éle, qu un gazon très-fin et excessivement court.

nn ro

(1) C'est en souvenir de cette ville que j'ai désigné ma nouvelle Zygæna

du nom de Genevensis.

Rhoptria Asperari«. 239

HRhoptria Asperaria.

Hb. 484. — Led. p. 99. — Collata, Treits. tom. VIT, Supp. p:. 210. — Dup. V, p. 585, pl. 196, fig. 6. — Bdv. 1650. — Herr.-Sch. p. 176, fig. 258. — Gn, 1107.

(Planche 35, fig. 3 à 8.)

Voici encore une espèce sur le classement définitif de faquelle les auteurs ont été assez peu d'accord. Les uns en ont fait une Larentia, d’autres une Gnophos ; Treitschke l’a placée parmi les 4spilates. Enfin , M. Guenée à créé pour elle le genre hoptria, dans lequel il a fait entrer une seconde Phalénite originaire de la Syrie (la Paggearia Les.) qui, pour la coupe d'ailes, néanmoins, diffère assez notablement de l’Asperaria. Je viens de découvrir la chenille de cette dernière et je reconnais que sa forme ne doit pas l'éloigner du genre Stenia voisin du genre Rhoptria. C’est pourquoi je serai, pour le classement de Gollata Tr., de lavis de

M. Guenée.

Assez courte, sans éminences, très-faiblement aplatie en dessous, avec les anneaux distincts et renflés en dessus.

L'insecte est d’une couleur peu décidée : quelquefois il est d’un rougeâtre obscur, d’autres fois d’un brun vineux; mais le plus souvent il est gris et plus ou moins lavé d’ochreux. Les lignes ordinaires sont assez peu visibles, et, sans la loupe, il serait difficile de les définir d’une manière exacte.

La vasculaire, bien que confuse, paraît brune, continue, finement liserée de blanchâtre à droite et à gauche. La sousdorsale, ou n’est pas visible, ou est, chez certains sujets, noi-

râtre et continue. La stigmatale est, le plus souvent, couleur de brique. |

Les stigmales, à peine perceptibles, sont blancs et cerclés de noir.

Les trapézoïdaux, accompagnés en arrière d’un petit point blanc, sont noirs, et, en outre, surmontés d’un poil brun, court et raide.

Sur le ventre, qui est d'un gris bleuâtre, règne, du quatrième au neuvième segment, une ligne large et continue.

La tête, petite, globuleuse, n’est nullement rentrée sous le premier anneau.

Les dix pattes sont concolores ; les écailleuses ont le dernier arücle noir.

J'ai trouvé celte chenille dans le Var, aux environs d'Hyères, du premier au quinze décembre, dans les lieux incultes, sur le Cistus monspeliensis L., des feuilles duquel l'insecte semble vivre exclusivement.

Il est bien étonnant que les Cistus albidus L. et salviæfolius Law., plus abondants aux environs d'Hyères que le monspeliensis et au milieu desquels croît ce dernier, ne nourrissent pas cette Rhoptria : du moins je ne l'y ai jamais rencontrée.

Cette espèce, qui est très-lente et dont l'attitude habituelle est d’avoir le corps ployé, vit toujours à découvert et mange aussi bien le jour que la nuit.

Dès la fin de décembre, mes chenilles se sont enterrées à une petite profondeur pour se métamorphoser. D’autres fois elles se sont contenté de lier ensemble des mousses et ont formé une coque légère.

La nymphe, conico-cylindrique, sans aspérités, d’un brun rougeâtre, est munie d’une pointe unique, forte et noire.

L’éclosion du Lépidoptère a eu lieu dans Le courant d'avril : quelques sujets n’ont paru qu’en mai.

Rhoptria Asperaria. 21 c INSECTE PARFAIT.

Envergure : 0,025 à 0,027 mill.

Le type a le fond des quatre ailes, en dessus, d’un grisbrun, avec un liseré terminal noir.

Les supérieures, aiguës à l’apex, légèrement arrondies chez la femelle, sont traversées obliquement par deux lignes principales, noires. La première de ces lignes, mieux écrite que la seconde, atteint rarement la côte. Les inférieures, à peine dentées, sont traversées par deux lignes noires qui correspondent à celles des supérieures.

Le dessous diffère peu du dessus, si ce n’est qu'un sablé noir recouvre la surface des inférieures et la côte des supérieures .

Cette Géomètre varie beaucoup. Je ne parlerai que de deux aberrations qui me sont écloses en même temps que l'espèce ordinaire, et qui ont déjà été observées. La première est la |

Var. À, Dup. Sup. IV, p. 390, pl. 81, fig. 7. — Herr.- Sch. fig. 254 (Iconog. pl. 3, fig. 7.)

Elle est d'un fuligineux obscur, sans dessins ni lignes.

Avant que j'eusse rapporté cette variété de la Provence, où elle ne paraît pas irès-rare, elle était considérée comme spéciale à Andalousie. ;

La seconde anomalie de Æsperaria que j'aiobtenue de chenille est la

Var. B. Led. (Iconog. pl. 5, fig. 8).

Celle-ci est d’un gris soyeux, très-pâle, avec les lignes ordinaires bien écrites en brun.

Asperaria n'a vraisemblablement qu’une seule génération par an.

L'insecte parfait se rapprocherait des Stenia par ses habi-

PA

tudes ; car, de même que la plupart des insectes composant ce genre, cette Rhoptria vole en plein jour dans les bois sees et rocailleux ; toutefois elle n’est pas aussi franchement diurne que la Stenia Clathraria. Asperaria s'envole seulement lorsqu'un léger bruit vient troubler son repos.

Je serais surpris que cette Phalénite qui, outre la France méridionale, a encore pour patrie la Sicile, l'Italie, l'Espagne et la Dalmatie, fit partie de la faune de l'Auvergne, ainsi que le pensent plusieurs naturalistes, car il est peu vraisemblable que le Cistus monspeliensis croisse en cette contrée.

Eubolia Malvaia.

Ramb., Soc. ent. de Fr. 1832, p. 43, pl. 2, fig. 7. — Dup. Sup. IV, p. 22, pl. 52, fig. 4. — Bdvy. 1769. — Herr.- Sch. p. 166, fig. 200-202. — Gn. X, 1701.

{ Planche 3, fig. 9 à 47) CHENILLE.

Jeune, cette larve est d’un vert blanchatre : elle est alors comme enfarinée, très-molle au toucher, d'un aspect maladif, néanmoins robuste et d’une éducation facile. Dès la troisième mue, elle devient jaunâtre foncé; ce n’est qu'après la quatrième que l’insecte passe au brun. A cette époque elle varie du brun clair au brun foncé.

Elle est cylindrique, nullement atténuée antérieurement. Les dixième et onzième anneaux sont surmontés d’une petite éminence bifide et blanchatre. Les points ordinaires donnent naissance à un poil assez long, gris, visible à l'œil nu. Les anneaux sont distincts; chacun d’eux, excepté les deux premiers et le dernier, présentent, vus de dos, une espèce de

Æubolia Malvata. 243

triangle plus ou moins foncé, et qui tranche toujours sur le fond de l'insecte.

La vasculaire est fine, brune, interrompue. On ne voit pas la sous-dorsale. La stigmatale, un peu plus claire que le fond, est à peine accusée.

Les stigmates sont jaunes et cerclés de noir.

Le ventre, d’un blanc sale, présente une ligne longitudinale grisâtre, mal écrite et se confondant quelquefois avec le fond,

La tête, globuleuse, grisatre, est maculée de points bruns. Les dix pattes sont concolores.

Depuis la fin de novembre jusqu'en février on rencontre très-fréquemment cette chenille dans les environs de Marseille, Toulon et Hyères, sur les ZLavatera olbia Lin., punctala ALz. et arborea Lanx. On la trouve aussi sur les diverses Malva répandues dans la campagne et sur les collines.

Elle éclot peu de jours après que les œufs ont été pondus; c’est-à-dire en octobre le plus ordinairement. L’insecte demeure soixanie à soixante-quinze Jours pour opérer toutes ses mues, se transforme en nymphe en janvier, ou pendant le courant de février au plus tard, et reste en chrysalide une bonne partie de l’année, c'est-à-dire de février à fin septembre. Cette espèce n’a, en conséquence, qu'une génération par an.

Je ferai observer que les plus fortes chaleurs, celles de 1859, par exemple, ne font jamais éclore avant leur temps un seul de ces insectes.

Depuis plusieurs années j'élève sans interruption la Halvata, au moyen d’accouplements successifs obtenus en captivité, sans que les conditions anormales dans lesquelles ces insectes sont tenus, leur fassent rien perdre en développement et en coloration.

J'avais déjà observé ce fait chez une espèce congénère de Malvata : la Cervinaria.

J'ai dit que la chenille de Malvata se transformait en hiver. Je ferai encore observer que, si elle doit demeurer en nymphe un grand espace de temps, elle ne semble pas avoir pour sa conservation la même prévoyance dont, en général, font preuve les chenilles qui sont appelées à passer un temps assez long en léthargie. Cette espèce, au lieu de s'enfoncer dans la terre, construit simplement dans les mousses, ou même à la surface du sol dénudé, une coque läche où elle se chrysalide au bout de huit à dix jours.

Quelquefois la transformation à lieu dans les feuilles sèches réunies, sans que l'insecte ait formé de-coque.

La nymphe est conico-cylindrique, assez courte, renflée, rougeatre, terminée à l'extrémité anale par deux crochets noirs, divergents, recourbés à la pointe, invisibles à l'œil nu. L'anneau qui précède cette double pointe est recouvert de tubercules noirs, agglomérés, visibles seulement à la loupe.

INSEGTE PARFAIT.

Envergure : 0,028 à 0,050 muill.

Cette Géomètre qui, pour la coupe d'ailes, tient de la Bipunctaria et de la Cervinaria, doit avoir, selon moi, pour type les individus d’un brun-rougeätre, beaucoup plus nombreux que ceux dont le fond est jaunâtre ou blanchâtre. Du reste, Malvata varie infiniment, depuis les sujets à fond blanc avec la médiane noire, brune ou fauve, jusqu’à ceux qui ont le fond brun-noir, uniforme, et chez lesquels l’espace médian de même que les lignes ordinaires sont à peine perceptibles.

Une autre aberration (PL. 5, fig. 14) rappelant le type pour la couleur du fond, a l'espace médian plus ou moins brun, avec une ligne de points blancs, irréguliers de forme et de grosseur, qui la parcourt de la nervure costale au bord

le] interne,

Lycaena Boetica. 245

On remarque, et cela se comprend, une foule d’aberrations passant d'une manière insensible de la première A (fig. 14 ), à la dernière E (fig. 17 ).

J'ai figuré les plus intéressantes de ces variétés (PL. 5, fig. 14, 15, 16 et 17).

Lycæna Boetica.

Lin. —Fab. — Ochs. —Bdv.70. — Hub. 573 à 375. — God. pl. 9, fig. 4, et pl. 10, fig. 2. — Ze Porte-queue bleu strié, Geoff. — De Villiers et Guenée p. 57, no 65.

(PL. 4, fig. À à 6.) CHENILLE.

En forme d’ovale allongé, convexe en dessus, plate en des-. sous, d'un vert olivâtre avec les taches lozangées du dos lavées de rougeitre.

La ligne vasculaire est large et continue. Pas de sousdorsale. La stigmatale , d’un vert clair, droite, est continue. Les stigmates sont jaunâtres. On voit une ligne blanche sur toute la longueur du ventre qui est d’un vert clair.

La tête, petite, noire, très-rétractile, est presque entièrement cachée sous le premier anneau.

Les pattes antérieures sont brunes ; les autres sont concolores.

Cette chenille, bien qu'ayant été souvent observée, n’a jamais été figurée. Elle varie certaines fois en vert clair, mais plus rarement en brun. Elle vit en août et septembre dans la silique du Baguenaudier ( Colutea arborescens L.) dont elle ronge les graines encore vertes. Avant d'atteindre toute sa taille elle passe plusieurs fois d’une silique à une autre.

Jeune, elle est presque noire, et n’atlaque alors que les gousses vésiculeuses à peine formées.

Je ne crois pas, comme le disent plusieurs naturalistes qui ont parlé de la chenille de Boetica, qu'elle vive une première fois en juin. Ce fait doit être peu admissible, si on se souvient que le Baguenaudier ne donne des siliques qu’à partir de la fin de juillet (!); or, comme l’insecte ne. dévore que les graines, il ne doit pas vraisemblablement paraître avant leur développement. Selon moi, Boelica n'a qu'une époque, bien qu’elle ait plusieurs générations qui se succèdent sans interruption. On la voit voler abondamment dans nos environs , du milieu d'août jusqu’à la fin d'octobre, dans les lieux plantés de Baguenaudiers.

Les dernicres femelles de cette charmante Lycæna déposent leurs œufs sur les branches du Colutea arborescens. Ils ne devront éclore que l’année suivante , lors de l’arrivée des graines chargées de nourrir les jeunes chenilles de Boetica.

Cette larve ne se métamorphose pas dans la gousse dont lies semences l'ont nourrie. Arrivée à sa taille, ce qui pour le plus grand nombre a lieu en septembre, elle s'échappe de la silique qui la protégeait, descend parmi les feuilles sèches, ou se fixe, la tête en haut, à uné branche de Parbuste. Alors la transformation s'opère en moins de cinq ou six jours.

La chrysalide, assez allongée, passablement renflée, sans éminences, est d’un jaune testacé, ou d'un rougeûtre obscur. Elle est maculée de nombreux atomes bruns, vers le sommet de la tête principalement. Une raie centrale , foncée, con-

{') Les premières gousses du Baguenaudier, malgré mes constantes recherches, ne m'ont jamais fourni de chenilles, et ne m'ont jamais fait supposer qu'un insecte s’y fût introduit,

Lycaena Boetica. 247 ünue, partant de la poitrine, arrive jusqu'au dernier segment. On distingue à l'œil nu les stigmates marqués de noir.

Les chenilles de Zyc. Boetica sont rarement ichneumonées; j'ai pu cependant en observer deux qui avaient été attaquées par un parasite, Douze ou quinze jours après sa transformation qui eut lieu vers le milieu de septembre, ce parasite (PL. 4, fig. 5) sorti au nombre de quatorze où quinze individus du corps de chaque chenille, me donna son insecte parfait. Je le rapporte au Microgaster glomeratus H.

INSECTE PARFAIT

Les ailes supérieures sont d’un brun noir, avec le disque d’un bleu éclatant.

Les inférieures, ornées d’une queue longue, entièrement filiforme , possèdent, en outre, une série de trois points noirs.

Les franges sont blanchâtres.

Le dessous des quatre ailes, d'un cendré jaunâtre , présente plusieurs lignes blanches, transversales, coupées par les nervures. Les inférieures offrent à l'angle anal deux points noirs, ovales, accompagnés de fauve, et cerclés inférieurement de vert métallique très-éclatant.

La femelle, un peu plus grande que le mâle, a le disque d’un violet mat.

Phycis Etiella.

Treits., tom. XV, Ire part. , p. 201. Supp. X, p. 174. — Dup. X, p. 180, pl. 278, fig. 5. — non Herr.-Sch,

(PI. 4, fig. 7 à 9.)

Fusiforme, atténuée postérieurement, glabre, d'un brunrougeâtre en dessus, vert obscur sur les flancs et en dessous.

La vasculaire est large, continue, rougeatre. On ne distingue pas les lignes sous-dorsale et sligmatale.

Les stigmates, invisibles à œil nu, sont blancs et cerclés de noir.

Le ventre ne présente pas de lignes.

La tête, petite, rétractile, est jaunâtre. Les yeux, à peine visibles à la loupe, sont noirs, ainsi que les machoires.

Le premier anneau n’est pas corné comme chez le plus grand nombre des espèces congénères : il est seulement marqué au milieu de deux traits noirs longitudinaux.

Les pattes antérieures sont concolores, avec le dernier article noir.

Cette larve n'avait point encore été observée dans ses premiers états.

Comme la chenille de Lycœna Boetica, celle-là vit en août et septembre dans l'intérieur de la gousse vésiculeuse du Baguenaudier { Colutea arborescens L.) dont elle dévore les graines avant qu'elles soient parvenues à maturité.

Ayant atteint toute sa grosseur, la chenille de Ztiella s'é-

Phycis Etiella. 249 chappe de sa retraite par un trou qu’elle perce dans la paroi de la silique qu’elle habite, et descend dans les mousses où elle construit une coque solide dans laquelle la transformation a lieu.

La nymphe qui, dans sa forme, n’a rien de remarquable, est d’un brun-rougeatre.

L'insecte parfait n’éclot que dans le courant de juin de l’année suivante : 1l ne peut donc avoir qu'une seule géné-

ration.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,024 à 0,025 mill.

Les ailes inférieures , relativement étroites , sont teintées de vineux plus ou moins sombre. Elles sont marquées à la côte d’une large raie blanchätre qui, avant d'arriver à l’apex, se termine en pointe allongée.

On voit en outre, au tiers environ de la longueur de Paile, une tache d’un jaune obscur, en forme de croissant, bordée

de noir intérieurement.

Les inférieures, d'un gris vineux, luisantes, ont les ner-

vures bien marquées en brun. La frange, qui est blanchtre. est précédée d'une teinte brune qui se fond sur l'aile.

Le dessous des quatre ailes est entièrement d'un gris luisant, et sans lignes.

Les palpes, très-longs, sont, ainsi que la tête et le thorax, d’un brun vineux. L’abdomen est brun.

P. Etiella, encore rare dans les collections, est, certaines années, fort commune dans nos environs plantés de Baguenaudiers. On la rencontre même dans les jardins de lintérieur de la ville.

Chose remarquable, c'est que cette jolie Phycis que l'on cesse de voir pendant deux, quatre ct même six années ;

reparait abondamment après : c’est du moins l’observation que, plusieurs fois, j'ai faite à son égard.

Ce fut Dahl qui le premier a trouvé ÆZliella en Sicile ; depuis , M. le docteur Rambur l’a rapportée de Corse.

Phycis Etiella que, je ne sais pour quelle cause , M. Herrich-Schæffer a omise dans son ouvrage, doit désormais appartenir à notre faune française.

Duponchel nous a dit que le nom de Zinckenella avait primitivement été donné à cette Phycide par M. Treitschke, mais, celui-ci, ayant reconnu qu'il était imposé à une espèce du genre Chilo, l'a remplacé par celui de Etiella.

Naclia Punciaia.

Fab. — Och. — Bdv. — Dup. = Serva, Hub. — God. — La Ménagère, Eugram. = La Phalène à quadrilles,

Geoff.

À {Planche 4, fig. 40 et 11)

CnENILLE.

Cylindrique, d'un jaune teslacé, très-velue, couverte de nombreux points verruqueux relativement gros ; donnant chacun naissance à cinq ou six poils noirs assez longs.

Au milieu de cette abondante villosité, il ne m'a pas été possible de distinguer les lignes ordinaires et encore moins les stigmates.

Le dessous, d’un gris blanchätre, est sans lignes.

La tête et les pattes écailleuses sont d’un noir de jais. Les ventrales et anales sont concolores.

Naclia Punctala. 251

Celle espèce, ainsi que sa congénère Ancilla, vit exclusivement de Lichens. J'ai nourri la chenille de Punctata avec les ZLecanora et Parmelia qui croissent sur l'écorce du vieux bois.

Une femelle de N. Punctata, que j'ai capturée dans lArdèche, me pondit une quarantaine d'œufs vers la fin: de septembre 1860. Ces œufs, parfaitement sphériques et d'un aspect de métal poli, sont éclos huit jours après leur ponte. Je placai les jeunes chenilles sur la branche d’un vieil arbre chargé de cryptogames , où-elles passèrent la mauvaise saison.

Pendant l'hiver les chenilles de Punctata ne mangèrent pas, mais, à partir des premières chaleurs, leur croissance fut assez rapide.

Au moment de la chrysalidation, c’est-à-dire vers le milieu de mai, les quelques chenilles qui m'étaient restées s'échappèrent de la poche en gaze qui les contenait, de sorte que je ne pus connaitre leur nymphe.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,022 à 0, 024 mill.

Les ailes inférieures, oblongues , d'un brun-tanné, sont marquées de cinq points blancs presque diaphanes, placés transversalement. Les deux premiers sont au milieu de l'aile, les trois autres précèdent la frange.

Les inférieures sont d’un fauve très-vif avec une très-large bordure terminale brune qui vient aboutir à l'angle anal.

Le dessous des quatre ailes ressemble au dessus : cependant les teintes sont moins vives.

La tête et Le thorax sont bruns ; le collier est fauve.

LA

L’abdomen, d'un beau jaune de chrôme, est rayé transversalement de lignes noires.

La femelle, semblable au male, a le corps relativement gros et terminé en pointe.

Cette espèce, commune aux environs de Lyon et dans tout le midi de la France, vole autour des buissons aux premiers et aux derniers rayons du soleil.

N. Punctata a deux générations par an.

EXPLICATION DES PLANCHES, 253

EXPLICATION DES PLANCHES

De la 5" Livraison (1861).

2 4 pe —

EXPLICATION DES FIGURES

Fio, 1. Chenille de Butabs Dorycniella (Mic. ) . Tête et premiers anneaux grossis.

. Chrysalide.

. Insecle parfait.

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