‹ Iconographie et description de chenilles et lépidopteres inéditsChapitre 27 sur 45 · SEPTIÈME LIVRAISON · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LIVRAISON

(Présentées à la Société Linnéenne de Lyon, le 44 août 1862. )

Kyïina Sem'brannmena.

Haw. (*) 30. — Step. II, p.170, pl. 21, f. 5. — Gn. VI, p- 121. — Sigr. Cat. p. 51. — Oculata, Germ. Faun. ins. IX, pl. 18. — Tr. Sup. 112. — Gn. Ess, p. 504, Ind. 246. — Bdv. 1206. — Dup. Sup. II, p. 375, pl. 34, f. 4. — Herr.-Sch.-Sch. 140. = Petrificata, Dup. IV, p. 215, pl. 115 et Sup. IT, p. 570, pl. 54. = Za Tachée, Engr. 371 a-b.

(PI. 33. Fig. À à3.)

Cylindrique, sans éminences, d’un vert clair mat, avec les lignes vasculaire et sous-dorsale fines, continues, faiblement ondulées, plus claires que le fond.

(*) Plus généralement connue sous le nom de Oculata.

row 1x. Annales de la Socilté Linnéenne, 4

La stigmatale, large, droite, continue, est d’un jaune blanchatre. Les siigmates, très-ellipsoides, blancs, sont cerclés de noir. Le ventre, sans lignes, d’un vert bleuatre, est finement aspergé d'atomes d’un blanc mat, ainsi que les pattes veatrales. Celles-ci ont la couronne carnée. Les taches pilifires sont d'un vert blanchâtre. La tête, assez forte, verte, est maculée de blanc. La mächoire et les palpes sont également blanchâtres.

Douze ou quinze jours avant sa transformation , l’insecte passe au vineux obscur, et les lignes ordinaires au carné vif.

Cette chenille éclot en même temps que paraissent les feuilles du Frène commun (Fraxinus excelsior , L.) sur lequel elle semblerait vivre exclusivement. Elle grossit d’abord assez lentement, mais après la seconde mue, sa croissance est rapide. : ge

L’insecte vit à découvert depuis le moment de sa naissance jusqu'à l’époque de sa transformation. Lorsqu'il est jeune, il s'applique pendant le jour sur le revers d'une feuille, le long de la côte; plus tard il se retire sous plusieurs feuilles réunies.

Vers la fin du mois de mai, la chenille descend de l'arbre qui la nourrie, s'enfonce en terre, forme une coque solide, composée de grains de terre et de soie brune. La métamorphose a lieu peu de jours après.

La chrysalide, d’un rougeñtre brun antérieurement, avec la poitrine lavée de verdätre, est allongée, bosselée en avant. La place des ailes, celle des yeux et celle de la trompe sont sien marquées. La pointe abdominale est courte, faiblement relevée ei terminée par Geux très-pelits crochets divergents.

L’éclosion du Lépidoptère arrive à la fin de septembre ou au commencement d'octobre.

Xylina Semibrunnea. 27

ENSECTE PARFAIT.

Envergure : 0,040 à 0,042 m.

Aiîles supérieures, étroites, allongées, brunes, couleur de bois mort, tachées au bord interne par une teinte plus sombre que le fond,

Il règne au dessus de l'angle interne un trait noir coupé en deux endroits par une éclaircie étroite. Les franges sont de la couleur du fond. Les inférieures, grises, sont teintées de brun dans la seconde moitié de leur étendue. Les nervures ainsi que le point discoïdal sont bruns.

Les quatre ailes sont en dessous d'un gris jaunâtre avec le point discoïdal très-bien écrit.

Les antennes, assez courtes, sont pubescentes et brunes. Le thorax, qui est de la couleur des ailes supérieures, est carré , convexe et velu. L’abdomen, déprimé, fortement crèté, de forme rectangulaire, rappelle [a couleur générale de l’insecte.

Cette espèce, longtemps confondue avec Petrificata, a des mœurs et une époque d'éclosion bien différentes de sa congénère.

Cette Xylina éclot toujours très-tardivement : en septembre, octobre et même en novembre, tandis que Petrificala parait certaines années dès le commencement du mois de juillet.

Semibrunnea appartient non-seulement à la France boréale, mais elle parait commune aux environs d'Hyères et dans une bonne partie de la Provence. Eile n’est pas rare dans le Lyonnais et dans les montagnes du Bugey où croissent les

Frênes. ,

CirrϾdia (:) Kerampelina.

Hb. 421, 858. — Tr. IT, p. 554 et Sup. p. 106. — Dup. IV, p- 249, pl. 116. — Frey. Il, pl. 140. — Gn. Ind. 242 et Species, V, p. 402. — Bdv. 1178. — Centrago, Haw- 219. — Curtis. 84. — Step. IT, p. 65. — Gn. V, p. 402° : — Steg. Catal. p. 50.

(PL 33. Fig. 4 à 7.)

Assez courte, presque cylindrique, faiblement atténuée aux extrémités; d'un brun rougeñtre en dessus et sur les flancs; d'un jaunatre obscur en dessous. La vasculaire , assez large, continue, blanchâtre, s’élargit sur les deux derniers anneaux ct descend jusqu'à la sous-dorsale. Celle-ci est fine, blanchätre, interrompue. La stigmatale, étroite, sinuée, continue, brune, est bordée en dessus d’un filet noir très-fin. Les siigmates, ovoïdes, jaunâires, sont cerclés de noir.

La tête, globuleuse, noire. Le premier segment corné est marqué de traits blanchatres correspondant aux lignes vasculaire et sous-dorsale. Les seize pattes, concolores.

L'espèce, qui est rare dans notre département , paraît être assez fréquente aux environs d'Autun; c'est de cette ville qu'elle me fut envoyée par notre collègue, M. A. Constant. Elle vit sur le Frêne commun (Fraxinus excelsior). Dans l'âge adulte, vers la fin d'avril , elle se cache au pied du tronc.

Au commencement de mai, mes chenilles sont descen-

(1) Genre créé par M. Guenée. — Xanthia Tr. Bdv.— Athetmia Hb.

Cirrædia Xerampelina. 29

dues en terre assez profondément : chacune d'elles a formé une coque solide composée de soie et de grains de terre, où elles sont restées jusqu'au moment de la chrysalidation, qui n’a lieu que pendant le courant de juillet. La nymphe, d’un rouge brun-foncé, luisante, est conico-cylindrique, avec la gaine des antennes un peu saillante. Une seule pointe trèscourte la termine. La Noctuelle éclot dans le courant d’août,.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,029 à 0,030 m.

Les ailes supérieures, dentées, coudées vers leur milieu, à lignes tranchées et à couleurs chaudes, sont d’un jaune vif, avec l’espace médian et le bord terminal d’un rougeitre clair. La tache réniforme est rougeatre. Les lignes extrabasilaire et coudée, en trapèze rétréci inférieurement, sont, la première presque droite, la seconde arrondie à la hauteur du coude. Les ailes inférieures sont carnées sur le bord.

En dessous les quatre ailes, sans dessins, blanchâtres, sont teintées de ferrugineux foncé au bord terminal.

Les antennes, ciliées. Les palpes, courts, sont légèrement ascendants. Le thorax, convexe, caréné au milieu, participe de la couleur des ailes supérieures.

L’abdomen , blanchâtre, grêle, dépassant les inférieures, est caréné chez les mâles.

La femelle est à peu de chose près semblable au mâle ; elle a seulement les antennes filiformes et l'abdomen court, renflé et obtus.

Var. À.

Cette aberration a les ailes supérieures envahies par la teinte rougeâtre : l’espace médian est alors plus foncé que

chez le type et absorbe la réniforme qu'on ne voit plus. Les lignes médianes seules sont distinctes,

La Xerampelina semble appartenir au centre, à l’est et au sud dela France.

Elle fait encore partie de Ja Faune anglaise et de la Faune suisse.

Plusieurs provinces allemandes la possèdent aussi.

Psyche Gondebanuntella: Mic.

( Species nova. ) (PL. 34. Fig. A à 8.) CHENILLE.

Vermiforme, renflée au milieu , atténuée aux deux extrémités, rougeûtre en dessus et sur les flancs, livide en dessous.

La tête, petite, globuleuse, est d'un noir de jais. Les trois premiers anneaux sont recouverts d'une plaque écailleuse, noire, luisante, et séparés supérieurement par untrait transversal d'un blanc vif. Le dernier segment, étroit, est également recouvert d’une écaille noire : celle-ci est très-petite. Le corps, assez plissé, n’a pas de lignes en dessus ni en dessous. Les pattes antérieures sont noires; les ventrales, très-petites, à peine distinctes, sont concolores ; les anales, brunes. Je n'ai pu distinguer les stigmates. Les trapézoïdaux sont bruns. La villosité, fine, noire, n'est perceptible qu'à la loupe.

La chenille de la femelle, qui ressemble à celle du mâle, est plus grosse du double.

La chrysalide est carénée jusqu'aux anneaux : elle est d'un jaune rougeâtre assez vif. La place des yeux, assez saillante, est indiquée en brun. EU

Psyche Gondcbautella. Gé |

La nymphe de la femelle, conique. rougeatre, tire sur le brun vers les derniers segments.

L'éclosion de l'insecte parfait a lieu à la fin de mars ou pendant les premiers jours d'avril. Si le printemps est précoce, le Lépidoptère paraît douze ou quinze jours plus tôt.

Le fourreau du male est de moitié plus petit que celui de la femelle. Il est construit de nombreux brins de mousse ( Liskea sericea) appliqués les uns au-dessus des autres.

La chenille de Gondebautella a les mœurs de celle du Constancella, c’est-à-dire qu'elle éclot dès la fin d'avril ou au commencement de mai, grossit lentement , et atteint toute sa taille en automne. Elle ne se fixe pas alors définitivement pour opérer sa métamorphose : elle passe l'hiver attachée à une plante, et, aussitôt qu'arrivent les premières chaleurs du printemps, on la voit manger encore, puis choisir un lieu favorable où elle attache son fourreau, soit à une tige d’herbe ou à une petite pierre (ce dernier cas est rare), soit à la terre. Elle est alors littéralement perdue au milieu des mousses courtes et serrées dans les lieux incultes où elle vit habituellement. Ces lieux sont toujours des coteaux exposés à l’est ou au sud-est,

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,016 à 0,017 m.

Il tient pour la taille de Wassilialella Brd. et de Tabanella Bdv. ( Trichocerella, Ramb.). Cependant le corps et labdomen de Gondebautella sont relativement plus exigus que ceux des espèces voisines auxquelles je la compare.

Cette Psyche pourrait encore être comparée à Plumiferella, Brd. (Plumifera, Och.) si elle n’était plus grande que cette dernière et si surtout ses ailes n'étaient plus allongées. Les

fourreaux de ces deux espèces ne se ressemblent pas d'ailleurs.

Les ailes supérieures sont allongées, arrondies à l’extrémité, à demi-diaphanes, d’un noir fuligineux mat, sans aucun dessin, avec la nervure costale noire et un peu déprimée au tiers de sa longueur.

Les inférieures sont de la même couleur que les supérieures.

Les franges, assez longues, sont plus enfumées que le fond.

Les antennes, garnies de longues et très-fines barbules, sont d'un noir de suie. Les palpes, représentés par deux faisceaux de poils abondants très-fins, sont d’un noir profond. Le thorax et l'abdomen, assez grèles, ainsi que je l'ai dit, sont velus, mais pas tellement qu'on ne puisse distinguer le fond , qui est d'un noir luisant.

La femelle , assez courte, molle, vermiforme, légèrement aplatie sur les côtés, conique, coupée carrément à l’extrémité, n’a que d’imperceptibles rugosités à la place des pattes membraneuses de la chenille. Elle est, à partir du cinquième segment, recouverte d’une matière tomenteuse et blanchätre. Le corps est jaunâtre, avec les premiers anneaux tirant sur le brun. La tête, petite, lenticulaire, est noire. Les yeux sont gros et noirs. Le thorax, écailleux el noir.

Fécondée , la femelle ne tarde pas à déposer ses œufs ; ceux-ci n’éclosent guère que quinze ou vingt jours après leur ponte. Il ne reste alors plus du corps de la mère que la tête et une petile peau ridée.

Gondebautella est trèes-ardent ; j'en ai été un jour témoin. Un mâle venait d'éclore, il était à peine développé, qu’attiré par l'odeur d’une femelle non encore éclose, il tenta, vainement bien entendu , d'effectuer l'acte copulatif. Ses efforts

Psyche Gondebautella. 33

impuissants pour arriver à son but durèrent près de deux heures.

Un petit Ichneumon attaque cette nouvelle Psychide, mais en de très-faibles proportions. Cet Hyménoptère qui paraît huit ou dix jours avant l'éclosion du Lépidoptère na semblé appartenir au genre Eurytoma de Illiger.

Les Eurytomes, tous de petite taille, considérés jusqu’à ce jour comme parasites de larves de petits Hyménoptères, peuvent très-bien l'être de certaines chenilles de Microlépidoptères.

Gondebautella (*) vole en abondance dans certaines localités plus ou moins élevées du Bugey. Je ne l’ai jamais rencontrée aux environs de Lyon, que pourtant j'explore depuis bien des années.

Les premières Gondebautella que j'ai obtenues furent prises au vol. À cette époque je fus très-désireux de connaître le fourreau. Je le cherchai avec une grande persistance.

Je suivis de l’œil un mâle qui, avant de se poser , voltigea longtemps , puis s’abatlit sur le gazon et disparut sous la mousse basse. C’est alors que je pus le saisir au moment de Pacte de la copulation. De ce moment il m'a été possible de savoir que le fourreau était fixé à la terre , enfoncé sous les mousses,

Ogs. — Des faits semblables à celui que je vais citer sont sans doute connus de bon nombre de mes lecteurs ; mais ils sont ignorés, je le crois, de plusieurs entomologistes; je n’hésiterai donc pas à dire ce que j'ai vu à l'égard de cette Psyche nouvelle.

(1) En souvenir du roi bourguignon Gondebaut dont l'antique forteresse

ruinée domine le pays, et au pied de laquelle j'ai trouvé cette espèce pour la première fois.

TouE 1x. — 4nnales de la Sociète Linncenne.

Ca

Gondebautella femelle, autant que les autres Psyche que j'ai pu observer dans leurs mœurs, possède à un haut degré la facuité d'attirer le male. Placée sur le lieu de sa naissance, si l'heure est propice et l’état du ciel convenable, sa présence fait arriver les mâles qui volent en quanüté autour de la boîte ouverte qui la contient.

J'ai mis plusieurs fois en usage cet excellent moyen d’obtenir un nombre assez considérable de Psyche mâles.

Pour réussir il faut que le soleil soit chaud et brillant.

Cette curieuse chasse qui ne peut s'effectuer qu'à poste fixe, ne dure guère qu'une heure ct demie ou deux heures au plus : de huit à neuf heures et demie ou dix heures. Passé ce temps on ne voit plus voler une seule Psyche, resterait-on jusqu'à la fin du jour. Cependant si la matinée n’a pas été belle, et si, au contraire, le soleil se montre dans l'après-midi, les Psyche volent alors, mais en petit nombre.

Paedisca Lavaioraun, Miz..

( Species nova. )

(PL. 34. Fig. 9 4 13.)

Assez courte, un peu convexe, atténuée aux deux extrémités, d’un blanc jaunâtre, certaines fois teinté de rougeatre en dessus. La tête, lenticulaire, est d’un testacé jaunâtre. Les yeux, 2ros, saillants, bruns. Les mächoires, fortes et rougeatres, Le premier anneau, corné jusqu'aux trois quarts de sa longueur, est finement échancré au milieu du dos. Cette

échancrure est d’un blanc vif. Le tube intestinal est indiqué

Paedisca Lavaterana. à 35

en brun sur toute la région dorsale. La ligne stigmatale est représentée par une carène concolore très-peu saillanie. Le ventre , blanchâtre, n’a pas de lignes. Les paites écailleuses sont brunes ; les autres, blanchâtres. Les points piliferes , relativement gros, sont bruns : ils se détachent sur le fond clair. Une villosité courte et blanche surmonte chacun de ces points tuberculeux.

La chenille de Zavaterana (*) vit abondamment sur Ia Lavatera arborea L., au cœur même de la plante, jusqu'à l'époque de sa chrysalidation. Cette plante ne croît qu’en un seul lieu des environs de Marseille, à l'ile du chateau d'If, située à environ quatre kilomètres de la terre ferme. Cette île, qui n’est qu'un rocher aride, possède au nord de la forteresse des pentes recouvertes d’un peu de terre végétale où croissent quelques rares pieds de Zavatera arborea : ils sont, je perse, la seule végétation de l'ile (?).

La petite chenille descend à terre pour opérer sa métamorphose, ou bien se place dans le pli d’une large feuille dont elle fixe les bords avec des fil$de soie.

La nymphe est allongée, d'un jaune rougeûtre. La place des yeux est fortement indiquée en brun.

Lavaterana éclot dès le milieu de février ; on peut croire qu’elle a plus de deux générations par an, car, vivant sur une plante toujours verte, la première génération subit toutes ses métamorphoses en hiver, en un temps relativement tres-court.

(*) Du nom de la plante qui la nourrit.

(2) J'ai trouvé dans les fossés du château plusieurs pieds de cette Zavaera, et ayec eux des larves de Lavaterana.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,015 à 0,016 m.

Les ailes supérieures, assez allongées, rectangulaires, avec la côte faiblement arquée, sont terminées carrément. Sur un fond jaune plus ou moins obscur on distingue trois taches principales très-brunes ainsi disposées : la première , de forme rectangulaire , placée au tiers de l'aile, appuyée au bord interne , s'élève à la moitié environ de son milieu : la seconde tache, aux trois quarts de l’aile sur le bord'inférieur, projette sa pointe dans la direction de la troisième tache : celle-ci, située à l'apex, petite relativement aux deux précédentes, est complètement circulaire. L’écusson, assez grand, blanchâtre, placé au bord subterminal, est finement cerclé de brun : il est maculé de trois ou quatre taches noires de formes diverses. f

Les ailes inférieures, d'un Ha fuligineux , sont concolores.

Les supérieures, en dessus, sont d’un brun noirâtre, avec les franges et la tête jaunâtres. On distingue souvent vers le milieu de l'aile une éclaircie oblongue et blanchatre. La tache orbiculaire de l’apex est ici très-visible. Les inférieures, en dessous, sont semblables au dessus.

Les antennes, simples, sont courtes ; les yeux, gros. Les palpes , assez longs, blanchätres , sont recouverts de nombreuses écailles. La tête et le thorax sont bruns. La poitrine et les pattes, blanchâtres.

La femelle, d’une teinte généralement plus claire que le mâle , est d’un tiers plus grande que lui. Cependant les taches caractéristiques ont la même disposition que chez ce dernier. \

Selidosema Perspersaria. 37

Lavaterana doit vivre dans toutes les parties de l'Europe où croissent spontanément les Lavatera. Cette nouvelle Pædisca devra, dans les Platyomides de Duponchel, trouver place entre la Scutulana, W. et la Similana, W.

Selidosema rerspersaria.

Dup. IV, p. 458, pl. 169, fig. 1-2 et aber. Winiosaria, IV, p- 568, pl. 160, fig. 4. = Treits. Sup. X, p. 192. — Bdv. 1469. — Herr.-Sch. p. 67, fig. 51-56. — Enconista Perspersaria, Led. — Sigr. Cat. p. 75. — Scodiana Perspersaria, Gn. X, p. 145 et Selidosema Miniosaria X, p. 149.

(Planche 35. Fig. 1 à 4.)

Je viens de découvrir la chenille de Perspersaria : par suite de sa connaissance, je crois nécessaire d'enlever cette espèce des Scodiana, parmi lesquelles tous les auteurs français l'ont placée jusqu’à ce jour, et de la faire entrer dans le genre Selidosema. Cette chenille a, en effet, tous les caractères de celles des Selidosema connues et n’a, au contraire, aucun de ceux des larves des Scodiana proprement dites, qui se disiinguent parle douzième anneau profondément bifide et par e onzième surmonté d'une éminence spiniforme. Ce qui a causé l'erreur des naturalistes qui depuis quelques années ont fait de Perspersaria une Scodiana, c’est, je le crois du moins, la primitive confusion à l'égard d’une chenille, autre que celle de Perspersaria, figurée sous le nom de cette dernière Phalénite. :

Dans la collection iconographique des chenilles d'Europe par MM. Boisduval, Rambur et Guaslin, je vois, à l’article des Géomètres (PI. 2, fig. 4 et 2) deux dessins de chenilles

nommées Perspersaria, qui évidemment ne représentent pas cette espèce. ;

J'ai élevé plusieurs centaines de Perspersaria sans mélange d'aucune autre espèce : pas une n'avait le douzième anneau spiniforme, ni le onzième surmonté de la caroncule bifide, caractères importants si bien reproduits dans les deux figures citées. Ge qui vient encore confirmer mon opinion, c'est que la chenille publiée dans l'Icographie de MM. Boisduval, Rambur et Guaslin, est figurée sur une branche de Dorycnium, plante sur laquelle vit en Provence la chenille de la $. Emucidaria, tandis qu'on ne rencontre jamais celle de Perspersaria ailleurs que sur les Genista et les Ulex.

CuENILLE.

Sans aucune éminence, complètement cylindrique, nullement atténuée, ni carénée ; à tête assez forte, globuleuse, presque aussi haute que le premier anneau; à lignes ordinaires, nettes, larges, continues. Le corps, la tête et les pattes sont maculés de nomlxeux points foncés.

Le type est bleuâtre, violacé sur le dos et les flancs. Le ventre, d’un carné plus vif.

La ligne vasculaire, brune, continue du premier au onzième segment, est finement liserée de jannâtre. La sousdorsale est claire et continue. La stigmatale, large, blanche, est maculée sur chaque segment de deux taches jaune de chrôme, placées à droite et à gauche de chaque stigmate. Les organes de la respiration, assez gros, sont noirs et accompagnés des deux côtés d’un point brun. |

La région ventrale est marquée de trois lignes noirâtres finement liscrées de blanc. Les dix pattes sont concolores.

| Selidosema Perspersaria. 39

Cette chenille varie en vert. En outre du type, J'ai figuré celte variété (PI. 35, n° 2. ).

J'ai trouvé la chenille de Perspersaria en grande abondance dans l'Ardèche sur le Genista scorpius L. (*) au milieu d'abondantes touffes de Dorycnium.

L’insecte sort de l'œuf au commencement de mars, alors que les fleurs du Genista scorpius bourgeonnent à peine. Il ronge uniquement la fleur, grossit rapidement, demeure constamment à découvert et se cramponne avec une grande ténacité aux branches.

Devenu adulte vers le milieu d'avril, il se métamorphose alors. Son état de nymphe dure au moins cinq mois. L'insecte parfait éclot en septembre,

La nymphe, de forme ordinaire, est conico-cylindrique, assez allongée, d'un brun rougeûtre, et finissant par une pointe unique.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,038 à 0,040 m.

Les ailes sont épaisses, entières ; les supérieures, grandes, sont chez le type d'un gris ochreux plus ou moins vif et striées de brun. Les lignes transversales ordinaires sont ou mal indiquées ou nulles.

Les inférieures, plus piles que les supérieures, bleuâtres à la naissance, sont également striées de brun. Les taches cellulaires, visibles aux quatre ailes. Des points nervuraux

() Je sais qu'aux environs de Marseille et de Montpellier elle vit sur les Ulez.

noirs précèdent les franges. Celles-ci sont longues, bien fournies, concolores.

Le dessous des ailes diffère peu du dessus : il est seulement un peu plus clair, mais tout autant strié de brun. Les antennes, concolores, sont pectinées jusqu’au sommet. La femelle, un peu plus grande, est généralement d’une teinte plus grise, moins chaude que le mâle.

Var. Min£osaria.

Boarmia Miniosaria, Dup. IV, p. 568, pl. 160, fig. 1. — Bdv.1505.=— Scodiana Miniosaria, Gn. ( Errata 1156 bis). — Enconista Var: Miniosaria, Stgr. Cat. pag. 75.

L'individu obtenu ex larva et figuré (PI. 35, no 5) n’est qu'une aberration de Perspersaria, bien que très-différent de celle-ci par la coloration.

J'ai toute raison de penser que cette variété est la Boarmia Miniosaria de Duponchel , et que la Scodiana Miniosaria de M. Guenée est cette même variété. La description que ce dernier auteur donne de cette prétendue espèce (Errata 1156 bis) se rapporte de tous points à l'anomalie que j'ai obtenue de chenille.

Elle est de la taille des grands exemplaïres de Perspersaria, d'un gris foncé ou cendré, selon les sujets, et maculée de stries brunes toujours bien écrites. La tache cellulaire, aux quatre ailes, est constamment visible en dessus eten dessous. Les nervures et le bord antérieur sont téintés de fauve.

Le dessous est d’un gris blanchâtre luisant et strié de

brun.

Polia Argillaceago. Hi

Je crois donc indispensable de supprimer les noms de Boarmia Miniosaria Dup. et Scodiana Miniosaria Gn.

L'auteur du Species soupconnait d'ailleurs que cette prétendue espèce n'était qu’une aberration de la Géomètre à la: quelle je la rapporte, puisqu'en parlant de Hiniosaria, il nous dit (X, p. 543) : « elle se place tout à côté de Pers- « persaria, si même elle constitue bien une espèce distincte « de cette dernière. »

Sel. Perspersaria n'a qu'une génération; elle ne vole jamais pendant le jour, à moins qu'elle ne suit dérangée. La nuit on l'approche sans peine avec la lanterne. Par un temps favorable on la voit en quantité accrochée aux branches des Genista.

Ce Lépidoptère est paresseux, vole lourdement et se laisse prendre sans peine avec la pince.

Perspersaria, commune dans l'Ardèche, l'Hérault, le Var et les Bouches-du-Rhône , a été trouvée dans les P yrénées- Orientales. Elle doit appartenir à Fltalie, à l'Espagne, à la Sicile où abondent les divers Genista et Ulex qui, dans le Languedoc, m'ont fourni sa chenille en si grand nombre,

ù Polia Argillaceago.

Hb. (1) 682. — Gn. 1027 et Species X, p. 57. — Sigr. Cat. 312. — V’enusta Bdv. Ind. meth. addend. p. 4, et Gen. 1027. — Dup. Sup. IT, p. 284, pl. 26, fig. 3. — Herr.-Sch. 58-59. — Sigr. Cat. p. 42. :

(PI, 35. Fig. (à9.)

C'est vers la mi-octobre, quinze ou vingt jours après que l'œuf a été pondu, qu'éclot la chenille. A cette époque elle est

(4) Plus connue en France sous le.nom de Fenusta. Tom, 1x, — Annales de la Société Linnéenne, 6

d'un vert clair, couleur qu'elle conservera jusqu'après sa troisième mue. Adulte, elle est presque cylindrique, faiblement atténuée aux extrémités, rase, lisse, allongée, grosse, pleine, d’un vert roussâtre tirant sur le terreux, et finement ponctuée de vert foncé sur lout le corps. Les lignes ordinaires sont assez peu tranchées. On ne voit pas la ligne vascuiaire : elle semble remplacée par un gros point oblong, vert foncé, placé sur chaque intersection. La sous-dorsale, fine, continue, verte, est éclairée de jaunâtre en dessus. La stigmalale, assez large, continue, tremblée, blanchatre. Le ventre, dépourvu de lignes, ainsi que le plus grand nombre des Noctuelles, est d’un vert blanchatre.

Les stigmates, ovoïdes, blancs, sont finement cerclés de noir. La tête, globuleuse , assez petite, d’un testacé rougeàtre : couleur qui se prononce sur la partie frontale. Les pattes antérieures sont jaunâtres ; les ventrales et anales, concolores.

Les trapézoïdaux , peu saillants, sont indiqués en vert foncé et surmontés d'un poil fin , court et blanchâtre.

C’est vers la fin de mars que cette chenille est arrivée à sa taille. Elle n’est pas très-rare dans le midi de la France. Elle vit sur diverses espèces d'arbrisseaux. Je l'ai trouvée aux environs de Marseille sur lUlex parviflorus Pourr., Île Calycotome spinosa Link., le Spartium junceum L., les Cistus albidus et salviæfolius. Dans la campagne de Celles-les-Bains (Ardèche) sur le Genista scorpius DC. , le Cistus laurifolius L., le Doryénium suffruticosum Vill. et le Thymus vulgaris L. C’est surtout le Genista scorpius qui me l'a fournie en certaine quantité.

Une chenille qui vit sur des genres de plantes aussi éloignés l’un de l'autre que les Cistus, les Ulex et les Thymus,

peut être regardée avec raison comme polyphage, car 1l est

Polia Argillaceago. 35

supposable qu'elle habite encore une grande quantité de plantes intermédiaires ou voisines.

Pour obtenir ahondamment cette chenille, il faut la chercher la nuit avec la lanterne. Elle vit à découvert jusqu'après sa deuxième mue, puis elle se tient pendant le jour soigneusement cachée au pied de arbuste. En cela eile se comport autrement que Îa plupart de ses congénères qui, presque ioules, vivent constamment fixées aux feuilles et aux tiges des plantes.

Pour se métamorphoser la chenille s'enfonce en terre à quelques centimètres et se chrysalide au bout de peu de jours.

La nymphe, conico-cylindriqne, d'un brun rougeûtre, n'a absolument rien de remarquable dans sa forme.

L'état de nymphe duré près de six mois : le Lépidoptère éclot à la fin de septembre,

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,058 à 0,040 miil.

Les ailes supérieures sont d'un jaune plus ou moins argileux, avec l'espace subterminal lavé de rougeatre. Les lignes médianes foncées laissent voir les taches ordinaires, ochreuses, se détachant sur le fond blanc.

Les ailes inférieures sont d’un bianc pur. La tête et lé thorax participent de la couleur des premières ailes.

La femelle , un peu plus sombre que le mâle, à les ailes inférieures entièrement grises, sauf la frange qui est blanchatre.

Cette espèce varie beaucoup. En outre des variétés A et B

de M. Guenée ( VE, p. 38), je signale une troisième aberra-

tion.

Var. C. |

Celle-ci, assez fréquente dans l'Ardèche, a les ailes supérieures et le thorax d’un rouge argileux très-chaud, avec l’espace médian presque noir.

Argillaceago appartient à la France méridionale, au département de l'Ardèche, et sans doute à d’autres parties de la France. Elle a été capturée une fois aux environs d’Autun par M. Consiant.

Cette jolie Polia appartient aussi à la Russie méridionale d'où nous [a recevons de temps en temps. Le type y est semblable au nôtre.

Oss. — Le 20 septembre 1861, par un temps chaud et pluvieux , j'ai capturé à Celles-les-Bains , la nuit, au milieu d'un vaste champ couvert de Genista, scorpius un grand nombre de 4rgillaceago qui volaient étourdiment autour de ma lanterne ; ou bien je les saisissais accrochées aux branches des Genista sur lesquelles sans doute les femelles venaient dépôser leurs œufs,

Ellopia Fusciarix.

Eiiopila Fasciaria.

Lin. S. N. 216. — Clerck pl. 5, fig. 5. — Wien.-Verz. A. 2. — Brahm. 121. — Fab. 190. — Bork. 4. — Schr. 1606. — Sepp. IV, pl. 50. — Panz. 21, — Hb. 5. — Haw., p. 301. — Treits. T, p. 97, If, p. 297 et Sup., p. 175. — Dup. IV, p. 133, pl, 141, fig. 5. — Steph. ILE, p. 177. — Wood 493. — Bdv. 1451. — Iierr.-Sch. p. 59. — Led. — Be la H. 64. — Gn. IX, p. 130, ct aber. Prasinaria , p. 151. — Stgr. Cat., p. 68. — Prosapiaria, Linn. 222. — Clerck. pl. 5, fig. £. — non Fab.) = Neustriaria, Hufn.

(PI 36. Fig. 1à6.)

Je crois avoir enfin éclairci uue question entomologi que demeurée obscure jusqu'à ce jour. Les anciens auteurs regardaient généralement Fasciaria et Prasinaria comme deux espèces distinctes ; les modernes, pour la plupart, les ont réunies et n'ont plus considéré l’une que comme variété de l'autre.

Si M. Guenée eùt pu observer la chenille de cette Ellopia et celle de sa variété Prasinaria , bien certainement il n’eût pas, dans son Species général des Lépidoptères, séparé celleci de Fasciaria. L'une et l'autre ne sont à mes yeux qu'une seule et même espèce. Fasciaria, qui est le type, vit dans nos environs sur le Pinus sylvestris (*), tandis que sa variété Prasinaria ne se rencontre que sur les Abies de nos mon-

(1) Elle vit en eutre sur d'autres Conifères { Dup. VII, p.133).

tagnes voisines. Les Sapins du Lyonnais, du Bugey et du Forez, que j'ai explorés maintes fois, me l'ont fournie à toutes les hauteurs.

Poursuivant chaque année mes observations sur la chenille de cette Arpenteuse, je viens d'obtenir un dernier résultat qui m'a paru concluant. Une chenille, parvenue à sa taille, trouvée en mai de celte année sur un l’inaster de la moniagne d’Yzeron (Rhône) s'est transformée immédiatement. À quelques jours de 1à je vis éclore une variété à fond vert lavé de rougeûtre (PI. 36, fig. 6). Elle fait, à ne pas s’y tromper, passage à la Prasinaria. Celte aberration participe en cflet de l’une par la teinte verte, et de l’autre, par le carné rougealre répandu sur la côte, les nervures et les franges.

Celle du Pin qui produit Fasciaria et la chenille du Sapin qui donne Prasinaria, en tout semblables entre elles, sont presque cylindriques, légèrement aplaties en dessous, faiblement atténuées antéricurement et généralement d'un gris brun violacé en dessus. La vasculaire, fine, interrompue, brune, n’est pas toujours bien visible. Les sous-dorsale et stigmatale, très-vagues, ne sauraient être bien définies. Les stigmates, ovoïdes, carminés, sont cerclés de noir.

La tête, assez forte, carrée, brune, est maculée de points noirs de forme irrégulière. Les pattes écailleuses sont d’un carné livide; les autres, au nombre de six, sont concolores. La première paire de pattes ventrales, bien que plus courte que les deux suivantes, n’est pas impropre à la marche et fait mieux que servir de point d'appui à linsecte. Les trapézoïdaux, tuberculeux, éclairés de blanchâtre au sommet, sont surmontés d'un poil raide. Le pénultième segment présente

Ellopia Lasciariu. 47 la seconde paire de trapézoïdaux sensiblement plus élevée que les autres. Le ventre, sans lignes , est d’un gris bleuätre plus ou moins obscur. Cette espèce qui ne paraît qu'une fois par an passe l'hiver. En effet, dans les mois d'octobre et de novembre, je l'ai souvent rencontrée sur nos Conifères parvenue à moitié de sa taille. L'état de nymphe ne dure pas plus de vingt à vingt-cinq jours. La chrysalide est le plus souvent retenue entre les feuilles de l'arbre qui à nourri la chenille. D'autres fois, mais ce cas est rare , l'insecte se métamorphose à la surface de la terre ou au milieu des mousses ou des feuilles sèches.

Cette nymphe, conico-cylindrique, d'un rouge d'acajou, luisante, est passablement allongée. L'abdomen , terminé par une pointe noire assez aiguë, laisse voir, à la loupe , un double petit crochet.

La chenille du Sapin présente une variété curieuse. La ligne stigmatale, large, ondulée, nette, d'un vert plus ou moins clair (PI. 56, fig. 2), tranche sur le fond brun.

Les individus qui forment cette aberration donnent des insectes parfaits en Lout semblables au type.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,035 à 0,056 m.

Les quatre ailes sont en dessus d'un carné rougeatre mat, variant certaines fois cn rouge brun plus ou moins foncé. Les supérieures sont traversées par une double ligne d'un blanc grisâtre, largement ombréc intérieurement de rouge brun. Les inférieures ne sont traversées que par une seulo ligne. Le dessous des ailes, d'un gris roussâtre, très-pâle, laisse à peine entrevoir les lignes transversales du dessus. Le sommet de la tite, la base des antennes et le dessous de

hi 8 CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS.

l'abdomen sont blancs. Le reste du corps participe de la couleur des ailes. Les antennes, pectinées jusqu'au sommet, sont garnies de lames minces et longues.

La femelle, un peu plus grande que le male, a les antennes

filiformes.

Var. À. Prasinaria. W.-V. — Bork. 3. —Hb. 4. — Treits. [, p- 95 et If, p. 297. — Eversm. p. 569. — G. IX, p. 131.

Peu d'instants après l'éclosion de l'insecte parfait, les quaire ailes sont toujours d'un vert tres-franc, mais cette belle couleur tend à s'affaiblir, et la Phalénite, bien que préparée sur le vif, n'est plus après la dessiccation ce qu'elle était au moment de son éclosion.

Ainsi que chez le type, les ailes supérieures sont traversées par des lignes ayant la même disposition que chez ce- Jui-là ; seulement ces lignes sont d'un blanc plus vif. La frange et la côte rappellent, bien que faiblement, la teinte carnée de Fasciaria.

Le dessous, d’un vert pâle, laisse également soupconner les lignes transverses si bien écrites en dessus.

Le vert de Prasinaria, après la mort de l'insecte, passe quelquefois au bleuâtre, d’autres fois au gris.

Var. B.

Parmi les individus de l'asciaria et de Prasinaria, obtenus ex larva, il en est où les lignes transverses des quatre ailes disparaissent presque entièrement.

Ellopia Tasciaria. 49 Var: G.

(PL. 36, fig. 6.)

Je désigne par la lettre C l’intéressante aberration que je viens d'obtenir, faisant passage du type à la Variété A ( Prasinaria ).

L'espèce (type ct variété), commune dans la France centrale, dans nos départements du nord , en Suisse, en Allemagne, n'exisie pas en Provence. Elle n'y à toutefois pas encore été signalée à ma connaissance. Si la Variété Prasinaria est étrangère à l’Angieterre, où cependant le type est commun, cela ne tiendraitil pas à ce que les 4bies ne s’y trouvent pas ou y sont rares ?

Os. — Suivant M. le docteur de la Harpe, Faune Suisse ( Lépidoptères), page 42, « Prasinaria est commune « dans les bois de sapin du Jorat, dès le milieu de juin au «milieu de juillet: Fasciaria est beaucoup plus rare. » lus bas : « Pourquoi ne pas adopter Prasinaria pour désigner «l'espèce, puisque Fasciaria n'est qu'une variété accidencc telle ? »

Cela étant, cet auteur aurait eu raison d'ajouter pl

À ce propos Je répéterai que je n’ai jamais trouvé Prasinaria dans nos Sapins où cependant abonde Fasciaria.

Je ne saurais admettre l'opinion de M. de la Harpe à l’égard d’un fait accidentel qu'on remarque souvent chez cetlc Phalénide. « L'exposition, dit:l, de Prasinaria à It moindre « vapeur acide la transforme en Fasciaria ES

{*}) Si parfois la décoloration de F'asciaria est due à une vapeur acide, le plus ordinairement cela n'est que le résultat de sa vétusté.

Tv x. Annales de la Sociélé Linnéenne, 7

Gnophos Duimoeiaia:

Tr. (aberr. Daubearia , Bdv.) — Dup. Sup. IV, p. 258, pl. 71, fig. 1. — Soc. ent. 1849 Bull. p. 78. — Herr.-Sch. p. 73 fig. 260. — Gn. p. 296. — Stgr. p. 72, b.

(PL. 36. Fig. 7 à 9.)

Je termine la septième livraison de mon Iconographie par l'histoire de la chenille de la Varicté de Dumetata Tr. : la Daubeata Bdv. Cette dernière, de même que la Temperata, Ev., ne sont bien , l'une et l’autre, que des aberrations de la première de ces Gnophos.

La connaissance de la chenille dela Dumetata de Treitschke viendra probablement confirmer l'avis des entomologisles qui, avant moi, avaient reconnu que T'emperata et Daubeata n'étaient que des variétés de la Dumetata.

Par l'éducation récente de la chenille de Daubeata, j'ai pu reconnaître que celle-ci n’est point, quant à la forme, une Enophos proprement dite. On le sait, les chenilles connues de ce genre nombreux sont courtes, rugueuses, et ont le onzième anneau conique : caractères qui n'existent pas chez

l'insecte que je vais décrire.

CHEnILLE.

Assez allongée, sans éminences, nullement carénée sur les flancs. Généralement d'un carné plus foncé sur la région dorsale que sur les autres parties du corps. La vasculaire,

Gnoplos Dumelata. ; 51

fine, noire, n’est continue que sur les trois premiers et les trois derniers segments. Les quatrième, cinquième, sixième et septième anneaux sont marqués au centre d’un trait noir, suivi d’une tache rectangulaire transversale, d'un jaune vif. La sligmatale n’est bien écrite que sur les sept premiers anneaux. Cette ligne est, sur chacun d'eux, tachée de blanc postérieurement. Les stigmates, blancs, sont cerclés de noir. Le ventre, concolore , présente sur Les anneaux du milieu une tache carrée et noiratre. Les trapézoidaux, noirs, sont très-apparents.

La tête, carrée, forte, aussi haute que le premier segment, est concolore. Les dix pattes sont carnées.

Cette chenille vit aux environs de Montpellier sur le Phillyrea latifolia Lam, où elle ne parait pas très-rare. Jusqu'à ce jour elle n'a pas encore été trouvée aux environs de Marseille où cependant abonde le P. latifolia.

L’insecte, fort délicat, s'élève difficilement ; cependant les individus qui doivent réussir grossissent assez rapidement ct, vers le commencement de juin, descendent parmi les détritus de végétaux et s’y chrysalident sans former de coque bien caraclérisée.

La chrysalide est assez renflée, d’un brun rouge, avec Ia gaine des antennes faiblement prononcée, et la pointe abdomiuale unique et assez forte.

INSECTE PARFAIT

Envergure : 0,040 à 0,042 m.

Les ailes sont larges, soyeuses, profondément dentées, surtout les inférieures. Les supérieures sont d'un gris-cendré pile, lavé de violâtre , finement aspergées de rares atomes

noirs jusqu'à la ligne coudée. Celle-ci, qui est seule visible ,

est indiquée par de gros points placés sur les nervures. Le dessous est d'un gris strié de brun, et la tache cellulaire est bien écrite. Les antennes sont fines et soyeuses chez les deux sexes.

La femelle est plus grande que le mâle d’un cinquième environ.

L’insecte n’a qu'une seule génération et éclot en automne. Les entomologistes du Midi le prennent la nuit à la lanterne, alors qu'il vient butiner sur les Bruyères fleuries.

Daubeata, encore rare dans les collections, varie pour la taille et l'intensité des couleurs,

EXPLICATION DES PLANCHES, J9

EXPLICATION DES PLANCHES

nd

De la 7° Livraison (1862).

EXPLICATION BES FIGURES

Fig. 1. Chenille de Xyhna Semibrunnea Haw.

2, Chrysatide.

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