Insecte parfait
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DE
INÉDITS
P. MILLIÈRE
HUVTIÈME LIVRAISON
(Présentée à la Société Linnéenne de Lyon, le 13 Juillet 1863).
Sparta Paradoxaria,
Stgr. Stett. e. 1862, pag. 269.
(PI. 37, fig. 41 à 3.)
Envergure : 0,025 à 0,026 m.
Cette curieuse Géomèêtre a motivé la création du genre nouveau Sparta. W était en effet nécessaire de l’isoler de toute autre Phalénite. C’est toutefois des Lobophora qu’elle se rapproche par plusieurs caractères importants.
Les ailes supérieures, triangulaires, larges, prolongées à l’apex, présentent une courbure sensible sur deux de leurs côtés. Le troisième, le bord abdominal est, au contraire, très-droit. Les antérieures, d’un vert tendre sur toute leur surface, sont traversées par la ligne médiane à peine marquée en vert un peu foncé. Le bord supérieur est largement carné. Les postérieures, relativement courtes
et étroites, sont d’un vert jaunâtre et presque blanchâtre à la base. Les franges sont concolores et assez longues.
Ce qui rapproche Paradoxaria des Lobaphora Sexalata, W.-V., et Hexapterata, K1., sont 1° l’extrème brièveté des palpes ; 2° la présence de deux paires d’éperons aux tibias postérieurs : 3° un appendice ou lobe placé à la naissance de l’aile inférieure à laquelle il adhère par la base. Ce lobe, visible à l'œil nu, est garni de franges.
Le dessous est semblable au dessus, mais il n°y a pas de ligne transversale.
Les antennes sont d'un vert jaunètre, effilées et garnies de lamelles jusqu’au sommet, Le thorax, robuste, arrondi, participe de la couleur des premières ailes. L’abdomen, d’un blanc jaunâtre, est muni d’une rare, mais assez longue villosité.
La femelle, de la taille du mâle, a les ailes coupées plus carrément que chez ce dernier. Les inférieures, tout aussi courtes, sont un peu plus larges que celles du mâle. Le vert des supérieures est plus pâle et tire un peu sur le jaunâtre. Les antennes sont simples et sans ciliation. L’abdomen, gros et conique, est dépourvu de la villosité qu'on remarque sur l’abdomen du mâle (4).
Malheureusement on ne sait rien des premiers états de cette étrange Phalénite découverte tout récemment.
C’est à M. Staudinger que je dois la connaissance de cette grande rareté.
La patrie de la Paradoæaria est le midi du Péloponèse : elle a été rapportée des montagnes de Taygète (Monte di Maïna).
Sa place doit être après le genre Lobophora des auteurs.
Obs. — La description de cette Géomètre était à peine terminée quand je reçus une lettre de M. Staudinger qui m'informait qu'après la publication de sa Paradoæaria, le mâle de cette espèce avait été publié par M. Lederier dans la « Berliner Entomolog. Zestung 1862,
(1) Cette absence de villosité sur l'ahdomen de la femelle qui m'a été soumise, pourrait bien n'être qu'aceidentelle.
CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES JINÉDITS. 189 p. 29, T. L fig. 1-4, sous le nom de Celonoplera Mirificaria. >» Mais, ajoute M. Staudinger, « cette publication ayant paru après la mienne, le nom de mon insecte doit être conservé. »
Heliothern Discoidaria.
Bdv. 1410. — Dup. Sup. IV, p. 40, pl. 54, fig. 4. — Herr.-Sch. pl. 37, fig. 226. — Gn. X, 4187. Stgr. Cat. 386.
La chenille de cette charmante Phalénite d'origine espagnole, ne présente absolument rien de remarquable. Ses mœurs la rapprochent aussi bien des Fidomia que de certaines Melanippe, des Chesias que de plusieurs Acidalia. La connaissance des premiers états de cette espèce ne l’empêchera pas toutefois de former un genre : assez de caractères la distinguent et obligent les classificateurs à l’isoler de toute autre Géomètre.
Les œufs éclosent en juin, dix ou douze jours après qu'ils ont été” pondus. Le jeune insecte grossit très-lentement, arrive à peine à la moitié de sa grosseur vers la fin de l'été, passe l’hiver, et n’acquiert toute sa taille qu’en mars ou avril de l’année suivante. Il est alors un peu fusiforme, renflé du cinquième au neuvième anneau, faiblement atténué aux extrémités, à peine caréné sur les flancs, sans aucune éminence, avec les segments très-distincts ; d'un vert grisàtre ou gris bleuâtre, rappelant assez la couleur des feuilles de la plante dont l'insecte se nourrit. La région dorsale, dansle voisinage des quatrième, cinquième, neuvième et dixième anneaux, est lavée d'orangé. Les lignes ordinaires sont mal indiquées. La vasculaire à peine écrite est néanmoins assez large : elle est continue du premier au dernier seg-
ment. Pas de sous-dorsale. La stigmatale, représentée par une faible éclaircie, se détache à peine du fonds; elle est ondulée, continue. Les stigmates, bruns, ne sont visibles qu’à la loupe. Le ventre est concolore et ne présente pas de lignes. La tête, relativement petite, globuleuse, cordiforme, d’un carné assez vif, dégagée du premier anneau, est aussi haute que lui. Les dix pattes sont concolores; les antérieures, lavées de carné vif à l’extrémité; les postérieures, teintées de la même nuance à leur base. Le clapet anal, bien formé, n’a rien de trop accusé. Les trapézoïdaux, mal indiqués, donnent naissance à des poils blancs imperceptibles à l'œil nu. Il existe en outre, de chaque côté, des anneaux intermédiaires, deux ou trois chevrons diagonaux, blanchâtres, plus ou moins visibles. Ces chevrons, en se réunissant sur le dos, forment des dessins imparfaitement losangés.
Cette chenille paraît vivre exciusivement sur la Santoline (Santolina chameæcyparissus, L.). Elle ne quitte jamais la plante pour se cacher pendant le jour. Légèérement arquée, elle conserve au repos une position très-rigide, et fixée par ies pattes postérieures à l’extrémité d’une branche, demeure immobile pendant la journée entière.
Le moment de la transformation venu, l’insecte descend de la plante, cherche un abri sous les mousses, y forme une coque légère dans laquelle il se chrysalide bientôt.
La nymphe, assez allongée, cylindro-conique, sans aspérités, d’un gris jaunâtre, est maculée de plusieurs rangs de points noirs qui, partant de la tête et passant sur la poitrine et les flancs, aboutissent à la pointe abdominale. Il existe en outre d’autres points noirs sur l'enveloppe des ailes. L’extrémité de l’abdomen est brun : vu à la loupe, il présente une pointe obtuse accompagnée de plusieurs petits crochets.
L'insecte parfait éclot vers la fin de mai ou pendant les premiers jours de juin.
Puisque la Discoidaria reste près de dix mois en chenille, on com-
prend qu’elle n’a qu'une génération.
INSECTE PARFAIT
Envergure : le (o*) 0,020 à 0,021 mill.
la (Q) 0,029 à 0,030 mill.
Les ailes supérieures, épaisses, arrondies, d’un jaune d’or éclatant, n'ayant pour tout dessin que la tache cellulaire arrondie, noire, et la côte également noire. Les inférieures ayant aussi la tache cellulaire, sont en outre finement sablées de nombreux atomes noirs qui les recouvrent sur les bords en presque totalité. La frange, aux quatre ailes, en dessus et en dessous, est d’un noir plombe.
Le dessous, d’un jaune moins vif que le dessus, reproduit la tache cellulaire, mais le sablé des inférieures a disparu.
Les antennes, très-pectinées, noires, sont aiguës à l'extrémité. La tête et le thorax sont noirs, avec les ptérygodes jaunes. L'abdomen est noir ; la partie inférieure légèrement jaunàtre.
La femelle, plus grande que le mâle de près d'un tiers, est d’un jaune plus vif et n’a pas d’atomes noirs. Les antennes sont fortement dentées.
Duponchel, qui n’a pas connu la femelle de Discoidaria, ne voyant pas de trompe au mâle et ne lui trouvant que des palpes très-courts, ne savait trop à quelle division il devait rapporter l'espèce. Cet auteur aurait volontiers incliné à en faire un Bombycite (4) plutôt qu'une Phanélite. C’est à l’imitation de M. Boisduval qu'il l'a laissée parmi les Géomètres.
La Santoline qui nourrit la chenille de Discoidaria est commune dans plusieurs localités bien exposées de la Provence ; je ne serais pas surpris que cette jolie Heliothea vécût dans cette partie de la France et vint bientôt enrichir notre faune lépidoptérique.
Discoidaria, décrite pour la première fois par M. Boisduval, d’après un individu dont la patrie n’était pas authentiquement connue,
(4) Sup. IV. pag. 54,
retrouvée en certaine quantité dans l’Andalousie par M. Rambur, vient d’être reprise par M. Staudinger, en Espagne. C'est de ce savant et infatigable naturaliste que j'ai reçu les chenilles qui m'ont servi à compléter l’histoire de cette Imtéressante espèce.
Psyche Dardoïinelia, Mir.
{Species nova.) (PI. 37, fig. 8 à 10.)
Bien qu'ayant certains rapports de forme avec plusieurs Typhoma, cette nouvelle espèce doit se raitacher certainement aux Psyche par l'exiguité du corps, le peu d'épaisseur des ailes, la brièveté des palpes, et encore par la nature, la composition et la forme du fourreau. Lorsque l’insecte me fut soumis à Lyon, M. Staudinger, pendant son trop court séjour auprès de moi en août 1862, le rapportait au genre Typhonia. Je fus d’abord de l’avis de cet habile observateur ; mais après avoir examiné attentivement cet insecte et l'avoir comparé avec soin à ses congénères, je ne tardai pas à reconnaître qu'il ne pouvait se classer que parmi les Psychides. Il est surtout remarquable par la présence de larges taches aux ailes supérieures : caractère qui le distingue de toutes les autres Psyche.
INSECTE PARFAIT
Dardoinella doit tout aussi bien se placer dans le voisinage de Perlucedella, Nitidella, Comitella et Crassiorella que près de Polytella et Pseudobombycella, car la coupe d'ailes, la couleur du fond et la forme générale de l’insecte le rapprochent assez de ces deux dernières; cependant le fourreau de cette nouvelle Psyche est bien loin d’avoir la consistance papyracée et la forme triangulaire des fourreaux de Polytella et Pseudobombycella.
Envergure : 0,018 mill.
CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS. 193 Les ailes sont arrondies, entières, assez étroites et b'en fourn'es d’écailles. Les sunérieures, d’un grischaud, lavées de carné à la côte, sont recouvertes de taches striées de brun et aspe gées d’atomes noirâtres. La plus large de ces taches que je rapporte à la méd'ane, occupe à peu près le milieu de l’aile; elle est accompagnée d'une large éclaircie intérieure de forme à peu près arrondie. La tache Cu bas de l'aile, qui représente la bas laire, est sensib'ement plus étroite que la précédente. Le sommet de l’aile offre une troisième tache arpuy£e à la c°te dans le sens de l’apex, formée par la réunion ce trois gros ponts bruns. La frange est étroite, fuligineuse et précédée d’un liseré corcolore relativement étroit. Les ailes infer:eures sont enfumées, faiblement éclairées à la base et sans aucun deaxsin. La frange est ascez large et concolore. En dessous, les supérieures sont iuisanter, gr.sitres, aspergées de nombreux atomes noirs, lavées de fauve et marquéss à la côte de trois taches noires qui s'y appuient. Les inféreures, sans dessins ni taches, sont un peu moins enfumées qu'en Ge:sus. Ees antennes, grises, pectinées, se terminent en poii.tes elles sont garn es de petites lamelles jusqu’au sommet. Les pal; es sont très courts; [a trompe, rudimentaire ; les yeux, relativement g'os, sont d’un gris noirâtre. La tête, le thorax qui est ascez robuste et les ptérygodes, sont d’un gris foncé. L'abcomen, Icng, concolore, cépasse les ailes inférieures. La poitrine et les pattes sont grises. Le ventre, concolore, eit lavé de fauve à l'extrémité.
La femelle, qui est probablement aptère, ne m'est pas connue.
Fourreau.
Ilest fusiforme, d’une longueur proportionnée à l’insecte, et recouvert de nombrevses petites feuilles sèc'es, fragments de petites écorces et autres débris de végétaux. L’enveloppe de l’insecte, fixée au fourreau et à moitié engainée dans l’ouverture, est d'une couleur d’ambre rappelant celle &e la plupart des nymphes de Psychides.
M. Dardoin, auquel j'ai dédié cette intéressante espèce, me
Annales de la Société Linnéenne. 13
mandait en me la communiquant, qu'ilen récoitait les fourreaux vers la fin de mai, contre les murs de sa campagne située aux environs de Marseille : « Le fourreau contenant la nymphe, » ajoutait-il, « placé < séparément sous une petite cloche er cristal, donne l’insecte parfait « du dix au quinze Juillet suivant. »
Metoyoenirs Agntia.
tgr. Stett. e. Z. 1861, p. 283. — Stgr. Cat. p. 59, n° 859.
(PI. 38, fig, 1 et 2.)
Envergure : 0,026 à 0,027 m.
Cette nouvelle Metoponia qui est de la taille de Vespertina Hb. (4), vient augmenter le genre composé seulement de deux espèces européennes : la Flavida W.-V., et la Vespertina Hb.
Les ailes supérieures, entières, médiocrement aiguës au sommet , droites à la côte, lisses, luisantes, d’un jaune paille clair, sont traversées obliquement par un large trait courbé en dehors d’un jaune rouille, partant de l’apex et arrivant vers le milieu du bord interne, mais n’atteignant pas ce bord. Le point cellulaire, brun, est coupé en deux par un petit trait rouille. La frange, brune, annelée de blanchâtre, est précédée d’une bande assez large, régulière, couleur de rouille. Les inférieures, arrondies, opaques, d’un gris noirâtre, ont la frange relativement étroite, brune, entrecoupée de blanchâtre. Le dessous des supérieures est brunâtre, luisant, bordé de jaune à la cîte et en deçà de la frange. Il y a, en outre, une tache de même couleur à lapex. Les inférieures sont en de:sous d’un jaune paille et traversées par une large bande médiane brune et une auire également brune précédant la frange. Les nervures sont
(1) Hb. Pyral. Vespertalis, 159,
CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS. 195 visiblement écrites en brun. Les antennes sont assez courtes, filiformes et jaunitres. Le front, ainsi que chez les espèces congénères, est proéminant. La tête, le thorax assez robuste et l'extrémité du corps qui se termine per un faisceau de poils, sont aussi couleur de rouille. L'abdomen de cet insecte qui me semble être une femelle, est assez fort et conique. Il est annelé de blanc.
La Metoponia Agatha, récemment décrite en Allemagne, n’a encore été figurée nulle part.
M. Staudinger qui a doté la science de ce charmant insecte, me l'a confié ainsi que plusieurs autres espèces précieuses pour les peindre.
Cette Metoponia, qui a sans doute deux générations, vole sur les pentes du Mont-Parnasse en Grèce, où il en a été pris plusieurs individus.
Elle devra, dans le Species de M. Guenée, porter le n° 972 bis.
Eubholia Peribolaria.
Hb. 471. — Dup. V, p. 169, pl. 189, fig. 3. — Treits. Sup. X, p. 216. — Bdv. 1610. — Herr.-Sch. p. 163, fig. 52. — Gn. X, 1708. — Stgr. Cat. 417.
Assez courte, carénée sur les flancs, atténuée antérieurement, trésplissée transversalement avec les anneaux distincts. D'un jaune terreux tirant parfois sur le verdâtre, et plus souvent lavée de carné à la hauteur de la stigmatale. La vasculaire, visible du quatrième au neuvième anneau est représentée sur chacun de ceux-ci par une tache rectangulaire, noire, suivie elle-même d’un gros point blanc de forme carrée, lequel repose sur l'incision. La sous-dorsale, étroite,
continte, brune, n'e t pas toujours bien écrite. La stigmatale, également étroite, ondée, continue, blanchâtre. Les stigmates, ellipsoïdes , m'ont paru compièétement noirs : les trapézoïdaux, relativement petits, sont cependant visibles à l'œil nu. Le ventre, sur un fond blanchâtre, faiblement carné, présente trois lignes grises, liserées ellesmêmes très-finement de blanchâtre. La tête, globuleuse, assez petite, cordiforme, et concolore ainsi que les dix pattes. |
On rencontre parfois des individus entièrement bruns, mais alors la tache blanche du dos paraît bien plus vivement écrite que chez le type.
Cette chenille peut bien avoir certains rapports de mœurs avec sa congénère Malvata (4); de mème que celie-ci, elle vit constamment à découvert.
Par leurs habitudes et leur genre de nourriture l’une et l’autre s'éloignent de la Cervinaria Roes., seule larve autrefois connue du genre Eubolia.
La chenille de Peribolaria vit sur divers Genista et Ulex de la France méridionale. Cependant le Genista scorpius, L., très-abondant à Celles-les-Bains, me la fournie en plus grande quantité que les Genista et Ulex Ces environs de Marseille (2).
Cette larve e:t des jlus rigides : au repos on la prendrait pour une petite branche de bois mort. Détachée de son point d'appui et placée sur une suface plane, elle roule ainsi que le ferait un corps cylindrique et inanimé, sans donner le plus léger signe de vie.
Sa croissance est fort lente : éclosant vers le milieu de novembre, ce n’est que vers la fin d'avril ou au commencement de mai qu'eile est parvenue à sa taille. On la voit alors descendre sous
(1) Iconogr. Liv. V, pag. 226,
(2) Depuis la rédaction de ce que je viens de dire sur cette larve, j'ai fait de l’'entomelogie en février dernier (1862) à Amélie-les-Bains (P yrénées-Orient.), où le Calycotome spinosa est fort abondant. Cet arbrisseau me donna bon nombre de chenilles de la Peribolaria mêlées à celles de la Scod, Perspersaria,
CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS. 197 les débris de végétaux et chercher à la surface du sol un lieu convenable où eile ne tardera pas à opérer sa transformation après avoir préalablement formé une coque légère.
La nympae ext conico-cylindrique, allongée, d’un brun rougeûtre, et lavée de verdätre sur Fenveloppe des ailes. La pointe ab£ominale , unique, as:ez elilée, ne présente pas de petits crochets, ainsi que cela existe chez d’autres chrysalides de Géomètres.
C'est à la fin d'aoït et dans Le courant de septembre qu’apparaît le Lépidoptère. L’écioson a toujours lieu le matin entre huit et neuf heures.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0,026 à 0,027 mill.
Ailes entières, larges, pulvérulentes. Sur les supérieures l’espace médian et le trait diagonal qui part de l’apex, sont vivement écrits en brun. Le type a l'extrabasilaire presque droite et largement ombrée de noirâtre ainsi que la coudée. Le point cellulaire, petit est toujours distinct, bien que reposant sur un fond presque noir. Les ailes inférieures sont grises et traversies par une ligne coudée très-confuse. Ici la tache cellulaire ne parait pas toujours : parois elle manque tout à fait.
La nuit, cette Phalénite posée sur un arbuste tient ses ailes relevées, ainsi qu’on le remarque chez les diurnes (4). Elle e:t aussi vive que sa chenille l'est peu : pendant le jour, le plus léger bruit la fait déloger de son lieu de repos, et la nuit, on a de la peine à la saisir en la chassant à la lanterne.
Peribolaria est commune aux environs de Marseille, Montpellier, Aix et autres localités de la Provence. En seotembre, je l'ai prise dans l'Ardèche, volant abondamment dans les garigues plantées d’Argeiras (Genita scorpius, Lin.)
(4) Ce fait n'a rien de nouveau, car plusieurs Géomètres sont dans le même cas.
OBs. M. Staudinger, à son passage à Lyon, m'a soumis, pour la peindre , une remarquable variété de Peribolaria (PI. 38, fig. 7) originaire d'Andalousie. Sur un fond blanc, cette aberration présente la médiane relativement étroite, presque aussi brune que chez le type. L’extrabasilaire est à peine écrite, mais le trait diagonal, dont la pointe est appuyée à l’apex, se détache visiblement en brun.
Gelechia Ulicineïlla.
Stgr. Stett. e. Z. 1859. — Cat. 1715.
(PL: 38, fig. 8 à 44.)
J'avais rencontré un grand nombre de chenilles de cette espèce aux environs de Marseille, au commencement de janvier de cette année , lorsque M. Staudinger, auquel j'ai soumis l’insecte parfait, reconnut une Tinéide découverte par lui en Espagne depuis peu, et à laquelle il avait imposé le nom de Ulicinella qui rappelle la plante dont se nourrit la petite larve.
Fusiforme, faiblement aplatie en dessous avec les anneaux distincts, d'un jaune vif sur tout le corps, couleur qui passe au rouge , plus ou moins prononcé quelques jours avant la chrysalidation. La tète, petite, lenticulaire, est d’un noir de jais. Le premier segment est recouvert d’une plaque écailleuse brune, échancrée en dessus par un sinus étroit. On ne distingue aucune ligne longitudinale. Les incisions des anneaux sont blanchâtres. Les pattes écailleuses, brunes : les autres, concolores. Les stigmates, relativement gros, sont indiqués en noir. Une bonne loupe permet de distinguer des points pilifères, concolores, surmontés de poils courts et blanchâtres.
L’insecte, qui éclot en décembre, ronge uniquement les fleurs de
CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS,. 199 l'Ulex parviflorus, POuRR., qui à cette époque commencent à paraitre, et parmi lesquelles il se cache pendant le jour. La petite chenille grossit assez vite : en effet, à la fin de janvier, ayant achevé sa croissance, elle descend au pied de l'Ulex, y forme au milieu des feuilles sèches une coque molie mais solide, et éclot dans le courant du mois d’août suivant.
La nymphe, cylindro-conique , allongée, rougeâtre, luisante, n’a de remarquable que la gaîne des antennes, proéminente et couchée sur la poitrine,
INSECTE PARFAIT
Enveroure : 0,012 à 0,013 mill.
Les ailes supérieures, en forme d’ellipse très-allongée, présentent à la côte une légère convexité: elle ont sur un fond gris, soyeux et luisant, une large tache d’un jaune rougeûtre, interrompue, mais qui se prolonge dans toute l'étendue de l’aile. Les franges sont longues et concolores. Les ailes inférieures sont étroites, cultriformes, d’un gris ardoisé, luisantes. Les franges, plus longues qu'aux supérieures, sont teintées de fauve.
En dessous, les quatre ailes sont d'un gris clair très-luisant et lavées de rougeñtre à la côte des supérieures. Les antennes, presque aussi longues que le corps. sont grises. Les palpes sont grèles, courts et écartés. La tête, petite et blanchâtre. Le thorax, concolore. L’abdomen, grèle, blanchâtre, luisant. Les pattes inférieures, assez longues, sont, ainsi que la poitrine, d'un blanc argenté.
Cette tinéide nouvelle, qui n’a qu’une génération, vole dans le voisinage des Ulex dela Provence, du Languedoc , de l'Espagne, situés dans les garigues chaudement exposées. Les Ulex placés au nord et à l’ouest des collines ne m'ont jamais fourni la chenille de lUlicinella.
Si j’assigne une place à cette petite espèce dans le Catalogue de Duponchel je la placerai parmi les OEcophora, près de la Schmidtella, TR.
Lycæna Helena.
Stgr. Stett. e. Z. 1862, p. 265.
(PI. 39, fig. 1 à 3.)
Cette nouvelle Lycæna est de la taille de Melanops, mais elle se rapproche plutôt de Sebrus pour la coupe des ailes et la teinte générale. Elle est, en dessus, d’un bleu violet avec le limbe entièrement brun et les franges étroites et blanchâtres. Le dessous est d'un gris cendré ; la base des aïies inférieures et légèrement saupoudrée de bleuûtre. Les supéreres ont près de l'extrémité une rangée de points noirs cerclés de blanc qui suit la courbure du bord de l’aile ; ces points sont à peu près disposés comme chez Sebrus. Ils sont au nombre de six : le premier, le troisième et le sixième très-petits. Le . point celula’re, noir, oblong, est également cercé de blanchâtre. Les inférieures marquées de neuf points à peu près semblables pour la taille, diposés en demi-cercle, enveloppent le point central qui est égilement obscur, noir et cerclé de blanc. Les ailes inférieures ont en outre à leur extrémité, une rangée de quatre taches d’un fauve orangé limitées en haut et en bas par un petit croissant noir. Les antennes sont noires et annelée: de blanc. Le thorax et le dessus de l’abdomen sont couverts de poils fins et blanchâtres.
La femelle est d’un brun noirâtre en dessus, très-légèrement tenté de b'euûtre à la base des alles. Le point cellulaire est à peine indiqué. Les premières ailes sont marques d'une très-petite tache fauve orangi à l’angle inférieur , et à celui des secondes ailes d'une rangée de trois grosses taches également d’un fauve orangé presque carrées. La frange est grise. Le dessous, d’un brun clair , finsment sablé de blerître à la base, diffè'e peu du de sous du mâle quant à la disposition des taches; cesendant les supérieures sont marquées de trois taches fauves à peine indiquées, réunies entre
CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS. | 201 la frange et la ligne de points noirs. Le thorax et l'abdomen sont de la couleur des ailes.
Cette charmante Lycène, découverte depuis très-peu de mois, a . pour patrie les montagnes de Taygète, situées au midi du Péloponèse. Elle fait partie du riche cabinet de M. Staudinger, de Dresde,
La Lycœna Helena, qui n’estcomprise dans aucun catalogue, devra, dans celui de M. Staudinger, trouver place après la Melanops et porter le n° 459 bis.
Feplhrina Peltaria.
Dup. Badv. Gen. 1602. — Herr.-Sch., p. 88, fig. 64, 6-5. — Gn. 1079. = Scutularia. Dup. V, p. 161 pl. 181. fig. 6. — Ster. 359. = Permuiata, Frey. I, pl. 210, fig. 5.
(PI. 39, fig. 4 et 5.) CHENILLE.
Cylindrique, assez courte, sans éminences, nullement carénée sur les flancs, à tête petite, globuleuse et maculée de nombreux points noirâtres. Elle est généralement grise et marquée longitudinalement de nombreu:es l'gnes obscures, La vasculaire, géminée, fine, brune, continue, est plus fortement indiquée sur chaque incision des anneaux du milieu. L'espace compris entre la stigmatale et la vasculaire est occipé par trois ou quatre lignes étroites qui se détachent à peine sur le fond gris. Ces lignes sont continues et parallèles. La stigmatale, large, droite, et blanchâtre. Les stigmates, petits, ellipsoides, rougeät'es, sont cerciés de noir. Le ventre laisse voir, sur un fond carné, quatre lignes blanca tres assez mal in liquées. Les dix pattes sont concolores. Les trapézoïdaux fort peu visibles, donnent naissance à des poils courts et blanchâtres.
Cette chenille, bien placée dans le genre Tephrina de M. Guenée,
vit aux environs de Marseille, Hyères, Montpellier, etc. Elle semble se nourrir uniquement des fleurs du Romarin officinal qui croît abondamment dans les garigues de la Provence. Elle vit à découvert sur arbuste, depuis l'instant de sa naissance jusqu’à celui de sa métamorphose, qui arrive vers la fin d'avril. L'insecte forme alors dans les mousses une coque molle qui sert d’enveloppe à la chrysalide. Celle-ci n’a rien de remarquable : elle est sans éminences d’un rouge brun, lisse et luisante.
Le Lépidoptèreéelot du 15 septembre au 45 ou 20 octobre, et toujours le matin entre sept et huit heures.
C'est une des Phalénites les plus vives que j'aie vues ; sa chenille au contraire est d’une lenteur extrême.
INSECTE PARFAIT
Cette Géomètre qui varie fort peu est un peu plus petite que la Rippertaria, sa voisine.
Les ailes sont entières, soyeuses, d’un gris blanchâtre, généralement saupoudrées de points noirs sur foute leur surface, Aux supérieures, l’espace médian, large, un peu plus ciair que le fond, présente, de chaque côté, une bande transversale jaune, ombrée de brun. Le point cellulaire, brun, s'appuie sur la coudée. Les secondes ailes n'ont pas de bandes transversales. Les franges sont longues et concolores. En dessus, l’espace médian est à peine indiqué.
On a vu que cette Tephrina, par ce que j'ai dit de la chenille, n’a qu'une génération. Elle n’est pas très-commune, mais on est à peu près certain de la rencontrer où croit spontanément le Romarin officinal, Elle se tient dans les lieux incultes exposés au grand soleil, cachée parmi les plantes basses, les arbrisseaux, et ne vole pendant le jour que lorsqu'elle est troublée dans son repos. La nuit, on la chasse à la lanterne, mais, en raison de son extrème vivacité, on la saisit difficilement.
Non-seulement la Peltaria habite les environs de Marseille et ceux
CRENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS. 203 de Montpellier, mais je l’ai rencontrée assez fréquemment soit dans les coilines qui avoisinent Hyères, soit sur les pentes chaudes de diverses parties de l’Ardèche.
Elle a encore été trouvée dans les Pyrénées Orientales ; c'est toutefois ce que j’ai supposé à la vue d’un envoi de Lépidoptères récoltés aux environs de Perpignan, contenant plusieurs exemplaires de la Teph. Peltaria.
C’est la troisième espèce du genre (4), qui sera connue sous ses premiers états. L’Artesiaria (2) ainsi que la Vincularia (3) semblent avoir des mœurs qui les rapprochent de la Peltaria.
Il est regrettable que nous ne connaissions complétement que ces trois espèces, car il serait intéressant de savoir si toutes les larves de Tephrina présentent d'aussi grands rapports entre elles, qu’en offrent les insectes parfaits. Ceux-ei ont, en effet, un grand air de famille, malgré de notables différences dans certains caractères organiques, surtout dans les antennes qui sont dentées chez quelques espèces, ciliées chez d’autres, et pectinées chez les deux sexes de la Vincularia.
Asanrda Holiermani.
Stgr. Stett. e. Z. 1861, p. 380. — Cat. 756.
(P1.:39, fig. 6.)
Un peu plus grande que ses congénères la Myrtilli et la Cordigera. Les ailes sont entières, épaisses, veloutées. Les supérieures, pulvérulentes, d’un gris noirâtre et saupoudrées d’atomes foncés, ont les lignes médianes écartées, très-noires, sinuées et dentées. La réniforme, un peu salie de noir dans le milieu, et l’orbiculaire se
(4) Ass>z nombreux, puisqu'il renferme vingt-trois espèces, dont sept exotiques. (2) Gn. X, p. 101.
(3) Mill. p. 149. Iconog.
détachent à peine en gris. La frange est concolore. Les ailes inférieures, d’un jaune clair, sont largement bordées de noir. Cette bordure va en diminuant à mesure qu'elle approche de l'angle anal. La tache cellulaire est visiblement écrite en noir. La frange est jaupâtre.
En dessous, les supérieures sont fuligineuses et présentent une légère éclaircie au centre. Les inférieures sont semblables au dessus, cependant les teintes sont moins vives. Antennes fusiformes. Tête petite et enfoncée dans le thorax ; celui-ci est globuleux, garni de poils hérissés, concolores. Abdomen brun; poitrine et pattes grises.
La femelle ne m'est pas inconnue.
Cette nouvelle Anarta a été dédiée à M. Boheman , savant suédois, directeur du musée entomologique de Stokholm.
La Bohemani à été rapportée des environs de Hammerfost (Cap- Nord), par M. Staudinger, au commencement de 1861.
Cetie Anarta placée à la suite de la Cordigera devra porter le n° 757 bis dans le Species général.
Ainsi que ces cong’nères européennes, au nombre de dix dans le Species Gueneée, et de douze dans le catalogue Staudinger, l'An. Boheman vole en plein jour et vient butiner sur les fleurs.
Les individus qui composent ce genre trs-homogène, resté presque tel que l’a créé Ochsenheimer, comprend des insectes de pelite taille, gracieux de forme et de parure, Presque tous sont originaires des hautes montagnes, ou habitent les régions polaires.
Aucune Anarta, jusqu'à ce jour, n’a été trouvée hors d'Europe, si ce n’est la Violacea de M. Herrich-Schaeffer, supposée de la Turquie d'Asie. Il est probable cependant que les hautes montagnes de l'Atlas en Afrique et surtout la chaine des Cordilières de l’Amérique méridionale, doivent en nourrir plusieurs espèces qui, dans un temps plus ou moins éloigné, viendront enrichir cette intéressante famille.
Oxyptilus (1) Laetus.
Zell. Is. 1847, L. E. VI. — Laetidactyla, Brd. Ann. Soc. ent. Fr. 4861, pag. 34. — Sigr. Cat. 2605.
(PI. 39, fig: ZA)
Cet insecte a de grands rapports avec le Laetus de M. Zeller. [I possède des caractères constants qui, à la rigueur, pourraient en faire une espèce distincte ; mais je l’avoue, ces caractères ne sont point assez importants pour créer une espèce nouvelle.
L'Oxy. Laetus n'était pas connu dans ses premiers états ; je remplis une lacune dans son histoire en racontant ce qui restait à en dire.
Fusiforme, faiblement convexe, très-atténue aux extrémités. D'un jaune de Naples clair, lavée de carné inférieurement et sur le dos. On ne distingue pas les lignes ordinaires, et la villosité abondante propre au plus grand nombre des chenilles de Ptérophorites, est ici rare et courte. Les anneaux sont bien distincts, et il règne un sillon assez profond sur la région dorsale. Le ventre est concolore et sans lignes. La tête, petite, globuleuse, testacée, est noirâtre sur les côtés. Les pattes sont concolores, sauf le dernier article des écailleuses qui est rougetre. Les trapézoïdaux, qu'on ne voit qu’à l’aide d’une trèsforte loupe, sont indiqués en rouxeàtre. Le premier segment est surmonté de deux traits noirs parallèles, accompagnés de chaque côté d’un gros point noir.
Cette chenille vit aux dépens des fleurs de l’Andryala sinuata, L.,
(1) Créé par M, Zeller (Pteropnorus, Geof. Lat, Dup.),
plante assez rare (ans n0$ environs, Ou plutôt cantonnée dans certaines iocalités chaudes ei pierreu:es.
L'insecte sort de l'œuf lorsque les fleurs de l’Andryale sont épanouies, c’est-à-dire en juiilet ; sa croissance est rapide. Bien que fort petite, cette chenille cause un grand dommage aux fleurs dont elle fait sa poutriture, car elle en lie ie sommet alors qu’elles ne sont point entièrement développées, ronge la base es étamines, les atrophie et en empêche le développement.
Vingt jours suffisent à l’insecte pour atteindre sa grosseur ; il se place alors au centre d’un groupe de fleurs pour opérer sa métamorphose.
La nymphe est bientôt formée; celle-ci, allongée, grèle, brune, non villeuse, passe au noir deux ou trois jours avant l'éclosion du petit Lépidoptère. La chrysalidation dure quinze jours au plus.
Envergure : 0,016 à 0,017 mill.
Les ailes supérieures, profondément échancrées, d’un brun clair, présentent deux taches blanchâtres, vagues, oblongues, placées sur la branche supérieure des ailes qui sont elles-mêmes largement teintées de brun foncé à la côte. Les inférieures ont les deux premiers rameaux bruns; le troisième également brun porte trois ou quatre écailles noires au bord inférieur de la côte. Tête et thorax roux ; abdomen brun avec deux traits jaune paille au sommet de chaque segment. Ces traits sont séparés par une tache cunéiforme noire. Les franges sont longues et concolores. Les pattes, blanches, sont maculées de brun aux articulations. Les tarses sont blancs.
Cette espèce est attaquée dans de grandes proportions par un para site de la nombreuse famille des Ichneumons. J'ai vu éclore plus de la inoitie de ces parasites à la place des insectes que j'attendais. Cet Hyménoptère a éié figuré (PI. 39, n° 9).
Oxyptilus Lœtus vient augmenter ja liste de notre faune lépidoptérique lyonnaise. J'ai recueilli la cheniile et l’insecte parfait de ce Microlépidoptère au pied de la montagne d’Yseron, dans la propriété même de notre collègue M. Maurice Ferrouillat.
Ce Ptérophore appartient encore aux environs de Perpignan (Pyrénées-Orientales), de Thiers (Puy-de-Dôme) et de la Voulte (Ardèche). Je l’ai pris moi-même dans chacune de ces localités.
Ogs. Le nom de Lœtus me semble mal appliqué à cet insecte, et peut induire en erreur. Si l’antériorité n'était respectée, ce nom pourrait être plus judicieusement remplacé par celui de Andryaladactilus où mieux Andryalae qui rappellerait la plante dont la chenille se nourrit.
Colas Heldreichi.
Stgr. Stett. e. Z. 1862, p. 257.
(PI. 40, fig. 1 à 4.)
Envergure, le o : 0,048 à 0,058 mill.
— la © : 0,055 à 0,057 mill.
Cette belle Colias, une des plus remarquables du groupe, vient augmenter le genre composé de dix-sept espèces dans le Catalogue Staudinger.
Un peu plus petite que la Colias Aurora, Esp., elle en diffère par des caractères essentiels et que je vais signaler.
La coupe des ailes supérieures est moins carrée, plus arrondie que chez sa congénère Aurora. Le dessus, d’un jaune fauve un peu obscur, à une teinte carminée chatoyante des plus riches, et que je comparerai à la couleur si éclatante du Polyom. gordius mâle. La bande noire qui borde les quatre ailes est de médiocre largeur. Le point cellulaire, assez gros, est d’un noir profond. Celui des inférieures est grand et d’un fauve orangé vif. [lexiste, en outre, à la base des secondes ailes, une bande immaculée, rectangulaire, qui occupe la première
moitié du bord supérieur et qui est d’un fauve clair. Les quatre ailes, dont les nervures son£ jaunes, sont en outre finement saupoudrées d’atomes noirâtres. Le descous est uniformément d'un jaune verdâtre. Les supérieures ont la tache cellulaire noire, finement papillée de blanc. On voit encore sur le bord extérieur de l'aile trois taches assez grosses et de forme indécice. Les deux taches blanches, dont l’une très-petite, placée au dessus de l’autre, sont cerclées de ferrugineux ; mais ces taches, au lieu d’être d'un blanc argenté, ainsi que cela existe ches les espèces congénères Aurora et Edusa, sont d’un blanc mat. Les antennes, la tête et le corps n'offrent rien que de commun au plus grand nombre des Colias.
La femelle a Les ailes supérieures coupées plus carrément que celles du mie; elles sont surtout plus anguleuses à l’apex. On ne voit point le reflet carminé et chatoyant qui orne l’autre sexe : en cela cette espèce se rapproche de l’Aurora femeile ; ce»endant les taches de ces deux Colias <ont loin de se resembler. Le fond est d’un fauve orangé vif, finement sab.é de noir à la base des supérieures, et sur la plus grande partie des inférieures. La bande jaune vif, qui divise la bordure noire des quatre ailes, présente des taches grandes, de forme irrégulière, grossièrement arrondies. La bordure des inférieures est quelque peu teintée de carmin. En dessous, ce qui frappe au premier abord, est la teinte gris verdâtre des inférieures. La tache discoïdale des ailes supérieures et des inférieures a la forme de celle du mâle. Il en est de même des antennes, du thorax et de l’abdomen.
Cette remarquable espèce, récemment découverte vient d’être décrite par M. Staudinger, qui l’a dédiée à M. de Heldre.ch attaché au muséum d'Athènes, Elle faisait partie du magnifique envoi de Lépidoptères nouveaux qui me furent confiés,
Heldreichi, originaire de la Valachie, vole en juin et juillet. Elle paraît être Jusqu'ici d’une extrême rareté. Maïs espérons que bientèt ce beau diurne sera répandu dans les collections, car l'étude des Lépidoptères compie en Grèce plusieurs naturalistes distingués,
Les dessins de l’Heldreichi ont été faits d’après deux exemplaires mâle, et femelle, d’une grande pureté et dans un état parfait de conservalion.
L'espèce qui n’a pu encore être comprise dans le Catalogue de M. Staudinger, devant trouver place après l’Awrora, portera le n° 63 bus.
Le genre remarquable des Colias, composé jusqu'à ce jour de dixhuit espèces européennes, en comprenant l’Heldreichi, présente des individus très-voisins l’un de l’autre, et difficiles à déterminer, ainsi qu'il arrive toujours chez les genres très-naturels.
A ces dix-huit espèces qui toutes sont loin d'être franchement européennes, il faut ajouter les exotiques au nombre de sept seulement, ce qui porte à vingt-cinq, on le voit, les Colias du globe; nombre relativement restreint, eu égard à l'immensité des provinces africaines, asiatiques et américaines, fort mal connues et très-peu explorées il est vrai.
Cependant il est peu supposable que les Colias soient un jour beaucoup plus nombreuses qu’elles le sont aujourd’hui, car leur vol diurne, leur taille et leur brillante parure ont dû, dans tous les pays du monde, attirer l’attention des naturalistes.
Polia Cœrulescens.
Bdv. Gen. 1021. — Gn. Ind. 244. — Dup. Sup. IV, p. 95, pl. 56. — Herr.-Sch. 38-39, 402. — Gn. VI, p. 40. — Stgr. Cat. 310.
(PI. 40, fig. 5 à 7.) CHENILLE.
Lisse, rase, allongée, sans éminence si ce n’est le pénultième seg-
Annales de la Société Linnéenne. 14
ment faiblement relevé. D’un vineux obscur aspergé d’atomes bruns en dessus et sur les flancs, avec le dessous d’un blane bleuâtre. La vasculaire, grise, n’est visible que sur les incisions. La sous-dorsale est assez large, interrompue, brune. La stigmatale, large, continue, faiblement ondulée et carnée, ne tranche pas d’une manière sensible. Les stigmates sont jaunâtres et finement cerelés de noir. Le ventre ne présente pas de lignes. La tête, moyenne, globuleuse, testacée, ceinte en haut de noirâtre, est éclairée au sommet par deux points blanchàtres correspondant aux sous-dorsales. Vu de dos, chaque anneau, sur lequel on distingue un losange imparfaitement écrit, laisse voir les trapézoïdaux précédés d’une éclaircie et suivis d’un gros point noiràtre. Les seize pattes sont concolores.
Cette chenille vit en décembre et en janvier, aux environs de Marseille, sur plusieurs Valérianées qui croissent en beaucoup de lieux incultes, principalement sur les Centranthus ruber, D. C. et Calcitrapa, Duf., fort répandus en Provence dans les terrains pierreux.
Elle ne vit à découvert que dans le jeune âge, et se cache bientôt au bas de la plante : les feuilles rongées décèlent facilement sa présence ; cependant il faut une certaine ténacité pour la découvrir enfouie sous les pierres pendant le jour.
Les Centranthus et Valeriana ne font pas la nourriture exclusive de la chenille de Cœrulescens : elle vit encore sur le Cistus albidus, L., l’Atriplex hamilus. L., le Buxus sempervirens, L., des branches desquels je l’ai fait tomber plusieurs fois. L’Hyosciamus niger (1) la nourrit également. Pour se métamorphoser, l'insecte descend en terre à la profondeur de cinq à six centimètres, et forme une coque assez solide, composée de soie et de grains de terre.
(1) Voici ce que m'écrivait dernièrement M. Staudinger :
« La chenille de la Polia Cœrulescens a été trouvée par moi, le 13 février « 1857, à toute sa grosseur, sur le Hyosciamus niger, dans les ruines de la cita- « delle d’Armeria, en Andalousie. Elle fit sa chrysalide huit jours après à Malaga, « et me donna le papillon au mois d'octobre suivant, »
CHENILLES ET LÉPIDOPTERES INÉDITS. 211 La nymphe est lisse, luisante, un peu obtuse, d’un brun roux, avec l'extrémité munie de deux pointes faibles, relevées. L’éclosion a lieu au commencement de septembre et continue jusqu’au milieu d’octobre.
INSECTE PARFAIT
Envergure : 0,035 à 0,037 mill.
Les ailes antérieures, entières, arrondies, festonnées, d’un blanc cendré, sont saupoudrées d'atomes brunâtres, surtout à la base. Les lignes ordinaires sont assez mal déterminées, et les taches orbiculaire et réniforme encore plus vagues. Une série de points terminaux, bruns, pas toujours bien visibles, précède la frange qui est assez longue et concolore.
Les ailes postérieures sont blanchâtres chez le mâle, et grises chez la femelle.
Le point cellulaire et la ligne médiane sont fort mal indiqués.
Les individus d’un ton jaunâtre, chez lesquels les lignes et les taches sont d’un gris noir avec les ailes inférieures brunâtres, devraient, ce me semble, constituer le type, car ils sont les plus nombreux.
Dans l'Ardèche, où cette Polia est fort abondante, les sujets blancs cendrés n'existent pas ou y sontrares, et, en Provence, on rencontre assez rarement ces derniers.
La P. Cœrulescens, qui n’a jamais été prise dans le Lyonnais, fait partie des faunes sicilienne et italienne : en France elle ne doit pas s’avancer plus haut que dans les départements de l'Ardèche et de la Drôme.
Ogs. L'espèce n'est pas très-rare aux environs d’Amélie-les- Bains (Pyr.-Orient,) ; c’est ce dont j'ai pu m'assurer cette année. Les Valérianées qui la nourrissent abondamment en Provence paraissent ne pas appartenir à la flore de ce pays ; c’est ce qui explique sans doute que la Cærulescens n’y est pas commune. J'ai trouvé la chenille sur plusieurs arbrisseaux tels que le Smilax atpera,
L.. l’Erica arborea, L., et le Rhus coriaria, L. Les sujets fournis par ces chenilles sont très-sombres, d’une teinte fuligineuse, méconnaissables au premier abord. Cette race est fort remarquable et pourrait bien constituer une espèce séparée.
EXPLICATION DES PLANCHES
EXPLICATION DES PLANCHES
De la 8e Livraison (1863).
TEE IS-
Fig. 1. Sparta Paradoxaria ©", STGR.
20 10; Id. ?:
d. 10. Id. vue en dessous.