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QUATRIÈME FAMILLE

LES BOIDIENS.

Ce groupe qui comprend les espèces les plus volumineuses et, pour ainsi dire, les géants de l’ordre des Serpents, devait naturellement attirer en tout temps l'attention des observateurs. En effet on.trouve dans les ouvrages, même très anciens, des descriptions et des récits rélatifs à de grands Ophidiens appartenant, à n’en pas douter, à cette famille. Aucun écrivain, cependant, n’avait pas bien saisi les affinités qui existent entre les espèces de ce groupe, avant Schneider qui, dans son Mistoria amphibiorum réunit sous le nom générique de Boa la plupart de celles connues de son temps. Après cet erpétologiste, les limites de cette famille n’ont varié que très peu et la seule différence importante que nous offrent à cet égard les systèmes erpétologiques des auteurs plus récents consiste dans l’admission ou non dans ce groupe, des genres que nous avons réuni dans la famille

des Tortriciens.

Telle que nous l’admettons, la famille des Boïdiens (1) s'adapte parfaitement à celle des Pythoniens que MM. Duméril et Bibron ont traitée dans le VI vol. de leur Ærpétologie générale. Plus tard ces illustres erpétologistes ont apporté à leur système des modifications profondes et la famille dont nous nous occupons a dû nécessairement se ressentir d’une classification par trop artificielle.

C’est par la physionomie, plutôt que par des caractères exclusifs, que les Boïdiens. peuvent être -reconnus et rapprochés l’un de l’autre. Nous essaïerons cependant de résumer ici les données principales qui se rapportent à cette famille, une des plus naturelles et des plus reconnaissables.

La tête est plus large et plus haute en arrière qu'en avant ; le museau est obtus, les lèvres epaisses, la supérieure +. qui est comme tronquée obliquement. Les yeux petits chez les Eryx et les espèces voisines, terricoles, sont plus grands chez toutes les autres qui vivent sur les arbres et parmi les broussailles; en tout cas la pupille est verticale et ils différent à cet égard des Tortriciens qui l’ont ronde. La partie supérieure de la tête n’est pas toujours revêtue de plaques symétriques; très souvent ce sont des écailles petites et fort nombreuses qui la couvrent, comme cela s’observe chez les Boas, les Eryx, etc. ; d’autres fois c'est le museau seulement qui porte des plaques, moins fréquemment on en voit à la région pariétale; ce dernier cas est offert par les Plastoseryx, T'ropidophis, Chilabothrus, Nardoa, etc. Les nasales sont presque toujours divisées et les narines sont latérales, sauf, peut-être, chez une seule espèce à habitudes aquatiques, l'Eunectes snurinus. Il est rare que la région frénale soit occupée par une seule plaque ou par les préfrontales elles-mêmes; d'ordinaire deux on plusieurs plaques on bien des écailles nombreuses

(1) Le nom de Bo étant plus ancien dans la science que celui de Python, nous avons, à l'exemple de M. J. E. Gray, préféré son emploi dans la formation du nom de famille.

couvrent l’espace compris entre la nasale et le cercle orbital. Le nombre des labiales supérieures dépasse très souvent 9 et quelquefois arrive a 20-25. Celui des labiales inférieures dépasse toujours celui des supérieures. Quelques unes de ces plaques ont, chez plusieurs genres, des impressions ou fossettes dont on ignore la signification physiologique, mais qui sont des bons caractères pour reconnaître les genres et les espèces; chez la plupart des Pythonides la rostrale est de même pourvue de fossettes.

Le tronc est beaucoup plus gros au milieu qu'aux extrémités et très souvent, chez les espèces arboricoles, il est comprimé latéralement. Il est revêtu de plusieurs rangées d’écailles lisses ou carénées ; le plus petit nombre de ces rangées est offert par les Tropidophis qui en ont 27-29 ; le plus grand par les Boa chez lesquels on en compte quelquefois plus de 90. Les abdominales sont peu larges et les sous-caudales, simples chez quelques genres, forment chez les autres deux rangées longitudinales.

. Toutes les espèces portent à chaque côté de la plaque anale des crochets on ergots rétractiles qui, cachés sous la peau pendant le jeune âge, sont bien visibles au dehors chez les adultes; on croit assez généralement que ce soient les rudiments des membres postérieurs, mais on ne-peut pas comprendre comment ils peuvent aider à la locomotion. Russel, Oppel, Cuvier et autres z00logistes les avaient déjà observés, mais c’est à M. Mayer (1) qu'ont doit une connaissance plus complète de leur conformation et de leurs rapports anatomiques. Des traces de pattes postérieures existent aussi chez les Tortriciens, mais elles ne sont pas si apparentes au dehors, comme dans la famille qui nous occupe.

La queue est en général courte, mais de forme très variable selon les habitudes particulières de chaque espèce. Ainsi, par exemple, les Érycides, qui vivent toujours à terre ou enfoncés

(1) Ueber die hintere Extremität der Ophidier. (Nov. Act, Acad. C. L. C. Nat. Cur. Vol. XII p. 2).

dans le sable, ont une queue fort courte, conique, quelquefois presque tronquée, non enroulable. Les Boaeïdes et les Pythonides, au contraire, s’en servent habilement comme d’un membre pour se suspendre aux branches des arbres ou se cramponner solidement aux objets voisins; à cette effet leur queue est très musculeuse, préhensile et comprimée latéralement.

Pour ce qui concerne le système dentaire, les figures de têtes osseuses que nous avons données pour la plupart des genres, nous dispensent d’entrer dans trop de détails ; il suffira donc de rappeler ici que toutes les espèces n’ont que des dents solides, coniques, un peu courbés en dedans, plus longues et plus fortes en avant, plus petites en arrière. Ce caractère, quoique commun à toute la famille, est moins marqué chez les Érycides et n’atteint sa plus haute expression que chez les Boaeïdes et les Pythonides, lesquels ont aussi des os maxillaires plus développés et mus par des muscles beaucoup plus puissants. Ces derniers ont en même temps des os mastoïdiens et carrés longs et très robustes; ce qui explique l'extension qu’ils peuvent donner à la bouche pour donner passage à des proies très volumineuses par rapport à leur taille, et la force qu’ils déploient pour engloutir des animaux qu'on a de la peine à croire qu'ils puissent traverser l’œsophage.

Par l’inspection du tableau suivant qui donne la répartition des espèces dans les différentes parties du monde on voit que

l'Amérique en posséde à elle seule plus que la moitié.

Boaeides Erycides

Pythonid.

Espèces dans chaque partie du monde,

Distribution géographique des Boïdiens.

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