V. STENOSTOMA WaGr
Dum. Bibr. Erp. gén. VI p. 322.
Rena Baird Gir. Cat. of N. Am. Rept. I pag. 142.
Caractères. Rostrale toujours très developpée et montant à la partie supérieur du museau. Nasale verticale, touchant au bord de la bouche, divisée ou non par le sillon de la narine. Il n’y a pas de préoculaires. Oculaire grande, à contact du bord de la bouche (excepté chez le St. bilineatum). Labiales supérieures 2, 3, rarement 4, toujours éloignées de la rostrale.
A. A deux labiales séparées par l’oculaire.
a. Rostrale non prolongée, ayant la forme d’une languette.
1. S. albifrons Wagl. Spix Serp. brasil. p. 59 pl. 25 f. 5. Dum. Bibr. Erp. gén. VI p. 327. T'yphlops undecimstriatus Schleg. Abbild. Amph. p. 36. (Icon. livr. 2 pl. V, VI £ 1). Rostrale plus large à la hauteur des narines, rétrécie en haut. Nasale divisée par le sillon de la narine. Première labiale élevée jusqu’au niveau de l'œil, qui est placé dans l’angle formé par la première labiale et la première écaille surcéphalique latérale. Écailles surcéphaliques de la rangée moyenne peu différentes de celles du corps, excepté la première qui est allongée et plus grande que les suivantes. Écailles surcéphaliques latérales au nombre de trois dont la première est la plus petite, la deuxième la plus grande. Corps grêle, cylindrique. Queue presque droite, longue trois ou quatre fois sa largeur près de l’anus.
Quoique le nom de cette espèce rappelle la tache blanche que la plupart des individus ont sur la rostrale, cette marque distin-
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ctive, de même que celle d'avoir le bout de la queue blanc, est bien loin d’être constant. En effet l'individu recueilli par Tschudi au Perou et décrit dans la Fauna Peruviana, Rept. p. 46. sous le nom de T'yphlops tessellatus manque de la tache du front (pl. V. f. 1**). Cet individu se trouve maintenant dans la collection du Musée de Neuchâtel.
M. A. Raimondi, professeur à Lima, à qui le Musée de Milan est redevable d’une collection très riche de serpents, recueillis par lui pendant les voyages qu’il ne cesse de faire dans les diverses provinces du Pérou dans le but de ramasser les matériaux d’un grand ouvrage sur ce pays, m'écrit avoir souvent rencontré cette espèce sur les toits des maisons de Lima.
Parmi les serpents recueillis par M. Burmeister pendant son voyage dans les états de la Confédération Argentine et déposés maintenant au Musée de Halle, il y a deux Stenostomes que ce savant naturaliste proposait d'appeler Stenostomu albipunctum. S'ils ne représentent pas une nouvelle espèce, on doit au moins les envisager come une variété bien distincte de l’albifrons. La tache blanche de la tête est reduite à un point et celle de la queue n’occupe que l’écaille terminale. La distribution des couleurs est aussi différente (conférez: livr. 2 pl. V. 1* n, et pl. VI, 1 n). Ces exemplaires ont été pris à Tucuman; celui figuré sur la pl. V, (livr. 2) est long 16", la queue 1! 5".
2. S. Goudoti Dum. Bibr. Erp. gén. VI p. 330. (Icon. livr. 2, pl. Vet VIF. 2) Ne diffère du S. albifrons que par le sillon nasal qui s'arrête à la narine, la première labiale un peu plus basse que l'œil, et la queue dont la longueur ne surpasse que bien peu le double de son diamètre. La rostrale est un peu plus allongée que chez l'espèce précédente et marque un passage entre celle-ci etles S. signatum et nigricans. C’est à tort que dans l’Erpétologie générale on a indiqué 15 rangées longitudinales d’écailles; ce Stenostomu, ainsi que tous ceux connus jusqu’à présent en possèdent toujours 14.
Cette espèce est très voisine du S. albifrons auquel il ressemble par la coleration. L’individu type que l’on conserve dans le Musée de Paris, provenant de la Nouvelle-Grenade, n’a pas de taches blanches au front et à la queue. — Longueur totale 14°, 5”,
mvrr
queue 7 3. S. signatum Jan. Arch. per la Zool. vol. 1 p. 188 (Icon.
livr. 2, pl. V, VI f. 3). Rostrale en languette fort allongée. Nasale non séparée en deux plaques par le sillon de la narine. Première labiale plus basse que l'œil. Écailles surcéphaliques latérales au nombre de deux seulement de chaque côté. Queue cylindrique, longue presque trois fois son diamètre, terminée par une forte épine dirigée en bas.
On remarque une tache blanche au sommet de la restrale, une autre sur la plaque anale et une troisième plus grande au dessous de la queue. La teinte générale est noirâtre interrompue par les trois rangées dorsales dont chaque écaïlle est bordée de blanc. L'individu figuré m'a été communiqué par le Musée de Paris sans indication de patrie. — Longueur totale 13”. Queue 1".
4. S. dimidiatum Jan. Arch. per ia Zool. vol. I, p. 188. (con. livr. 2, pl. V, VI, f. 4). Rostrale arrondie au sommet. Nasale divisée par le sillon qui, après la narine, se dirige obliquément à la rostrale. Première labiale plus basse que l’œil. Oculaire très haute. Première écaille surcéphalique latérale petite par rapport à la deuxième et à la troisième; la première de la rangée moyenne plus longue que les suivantes. Corps cylindrique un peu renflé à la partie moyenne. Queue plus grêle à l'extrémité, courbée en bas.
Le dessus est brun rougeâtre clair, avec les écailles bordées de blanc. Le dessous quelquefois orné de la même teinte quoique plus pâle, mais souvent tout-a-fait blanc ou jaunâtre. L’individu figuré, originaire du Brésil, appartient au Musée de Milan, Sa longueur est 25°, la queue 2" 1”.
5. S. dulce (Rena dulcis) Baird Gir. Cat. of N. Amer. Rept. I
p. 142 (Icon. livr. 2 pl. V, VI f. 5). Rostrale presque aussi large en bas qu’au milieu, seulement un peu rétrécie au sommet. Nasale divisée par le sillon des narines qui rencontre obliquément la rostrale. Première labiale plus basse que l’œil. Première écaille surcéphalique latérale fort petite, les deux suivantes très grandes et égales entre elles. Queue cylindrique, longue trois fois sa largeur, terminée par une épine dirigée en bas.
La couleur de l’animal est un brun cendré en dessus et un blanc sale en dessous; sur les flancs les deux teintes se confondent l’une l’autre. J'ai fait figurer sur la planche citée un individu déterminé par les auteurs mêmes du Catalogue des serpents nord-américains , envoyé par le Musée de la Smithsonian Tnstitution à celui de Milan, avec les types de la plupart des nouvelles espèces décrites par MM. Baird et Girard. Il a été recueilli à Matamora. — Longueur totale 19", queue 1’.
6. S.Cairi Dum. Bibr. Erp. gén. VI p. 323. (Icon. livr.2 pl. V, VI fr. 6). Rostrale très large au milieu, rétrécie aux deux extremités. Sillon nasal ne surpassant pas la narine. Première labiale extrémement petite. Oculaire haute avec l’œil placé à sa partie supérieure. Écailles surcéphaliques toutes de même forme et presque de même grandeur que celles du corps. Corps grêle, cylindrique longue trois fois et demie sa largeur, terminée par une petite épine dirigée en bas.
La couleur de cette espèce est un brun roussâtre très clair, surtout en dessous. L’individu figuré, provenant du Caire, se trouve dans Îla collection erpétologique du Musée de Paris. — Longueur totale 23" 5", queue 1° 6”.
1. S. Fitzingeri Jan, Arch. per la Zool. vol, I p. 189. (Icon. ivr. 2 pl. V, VIF. 7). Rostrale large en bas, arrondie au sommet. Sillon nasal s’arrêtant à la narine. Première labiale plus basse que l'œil. Oculaire haute, étroite en bas. Première écaille surcéphalique latérale petite et de même grandeur que celles de la rangée moyenne. Les deux suivantes très grandes. Corps extrèmement
grêle et effilé, cylindrique. Queue longue qnatre fois son diamètre, courbée et conique au bout.
Cette espèce, d'une teinte cendrée, plus claire en dessous, à été trouvée dans l’île de Rhodes et fait partie de la collection du Musée de Milan. — Longueur totale 16”, queue 1” 2”.
8. S. nigricans Schleg. Abbild. Ampb. p. 38. Dum. Bibr. Erp. gén. VI p. 326. (1con. livr. 2 pl. V, VI. 8). Rostrale arrondie au sommet, rétrécie en bas. Nasale avec le sillon qui s'arrête à la narine. Première labiale très petite. Première écaille surcéphalique petite, de même grandeur que celles de la rangée moyenne et peu différente de celles du corps. Les deux suivantes de grandeur double. Corps cylindrique. Queue longue quatre fois son diamètre, droite, conique au bout.
Comme cela est indiqué par le nom spécifique, la couleur est partout un noirâtre foncé à l'exception du bord des écailles qui a une teinte blanche grisâtre. L’individu figuré, originaire du Cap, appartient au Musée de Paris — Longueur totale 12”, 5”, queue 6".
Sur les planches V et VI f. 9 (livr. 2) est figuré un autre Stenostome communiqué par le Musée de Stuttgart et provenant du Cap; il est tout-à-fait semblable au nigricans soit pour l’ecaillure, soit vour les teintes et les proportions du corps. Ils’en distingue seulement à cause de la rostrale qui monte un peu plus sur la tête et touche pas seulement aux nasales et à la première écaille surcéphalique de la région moyenne, mais encore à la première écaille des deux rangées latérales. Cette différence m'avait persuadé a proposer la dénomination nouvelle (S. conjunctum) gravée au pied de la planche. J'ai pensé depuis, que ce pourrait bien être une simple anomalie, c'est a dire, une soudure de la rostrale avec la première écaille surcéphalique moyenne. Du moins A. Smith qui, dans son bel ouvrage Illustrations of the Zoology of South Africa pl. 54f. 21 25, a figuré les deux formes, n’a pas jugé à propos
de les donner comme deux espèces distinctes.
b. Rostrule non prolongée, large et tronquée à l'extrémité supérieure.
(Catodon)
9. S. septemstriatum (Catodon) Dum. Bibr. Erp. gén. VI p. 318. (Icon. livr. 1pl. V, VIf. 13) Museau arrondi. Rostrale très large et tronquée au sommet, un peu rétrécie au bord de la bouche. Sillon nasal horizontal s’arrêtant à la narine. Première labiale petite, beaucoup plus basse que l’œil. Écailles surcéphaliques de la rangée moyenne plus large que celles du corps. Les écailles des rangées latérales au nombre de deux de chaque côté, plus grandes que les autres. Corps cylindrique, un peu plus gros en arrière. Queue cylindrique, obtuse, droite, longue une fois et demie son diamètre.
Le fond de la coloration est un jaune sale, plus clair en dessous. Sept rangées d’écailles dorsales sont parcourues par des raies longitudinales d’un brun foncé formées de petits traits successifs. Le seul individu que je connaisse est celui que l’on conserve au Muséz de Paris, dont la provenance est inconnue. — Longueur totale 28", queue 1”.
c. Rostrale prolongée en bec saillant.
10. S. macrorhynchum Jan. Arch. per la Zool. vol. I, p. 190. (Icon. liv. 1 pl. V et VI, f. 12). Rostrale en bec saillant. Nasale divisée par le sillon de la narine. Première labiale fort petite et basse. Oculaire grande avec l'œil placé au sommet. Écailles surcéphaliques de la rangée moyenne peu différentes de celles du corps. La première des rangées latérales égale en grandeur la première de la rangée moyenne. Les deux suivantes très grandes. Corps cylindrique extrèmement grêle. Queue cylindrique, courbée au bout, longue à peu près six fois son diamètre.
La coloration de cette espèce paraît être un brun cendré pâle, un peu plus clair en dessous. C’est ce qu'on observe chez le seul
individu que j'ai pu examiner , originaire du Sennaar , qui fait : partie de la collection erpétologique du Musée de Milan. Sa longucur totale est 23", queue 2”.
B. À trois labiales supérieures, deux en avant et une après l’oculaire.
11. S. macrolepis Peters, Monatsber. der Berl. Akad. 1857 p. 402 (Icon. livr. 2 pl. V et VI, f. 10) Cette espèce a la plus grande affinité avec le S. dimidiatum, dont il a le port et la coloration. On la distinguera cependant toujours aux deux labiales qui précèdent l'œil, dont la première est toujours plus petite que l'autre, et à la rostrale plus étroite au sommet.
L'individu figuré, communiqué par le Musée de Hambourg, provient de Puerto Cabello et a 28" 5" de longueur totale dont 2” occupés par la queue.
12. S. bicolor Schleg. ined. Jan. Arch. per la Zool. vol. I, p. 191. (Icon. livr. 1, pl. V, f. 10). Rostrale linguiforme. Nasale divisée par le sillon de la narine. Première et seconde labiale, de grandeur peu différente, beaucoup plus basses que l'œil. Oculaire haute, avec l’œil placé au sommet. Corps grêle, cylindrique. Queue droite, cylindrique, longue deux fois seulement son diamètre.
Le corps est brun foncé en dessus, jaunâtre pâle en dessous. L'individu figuré appartient au Musée de Leyde, que l’a reçu de Boutry, Côte d'or. Longueur totale 10", celle de la queue 5”.
La fig. 14 (Icon. livr. 1, pl. V, VI) représente un Typhlopien que j'avais nommé Stenostoma gracile, croyant avoir affaire à une espèce distincte. À present je pense que les $. bicolor et gracile pourraient bien appartenir à la même espèce, dont le gracile serait un individu plus adulte. La longueur totale de ce dernier, que j'ai recu en communication &a Musée de Leyde sans indication de patrie est de 16", celle de la queue 6".
15. S. Sundewalli Jan. Arch. per la Zool. I, p. 191. (Econ. livr. 2, pl V, VI, € 11). Rostrale de même largeur en bas et
près le sommet, plus étroite au milieu. Sillon nasal s’arrêtant 4 la uarine. Première labiale petite, rectangulaire ; la deuxième haute, élevée au niveau de l’œil qui est à moitié couvert par le bord de la première écaille surcéphaïique latérale. Oculaire peu differente de la deuxième labiale. Écailles surcéphaliques de chaque rangée latérale, au nombre de trois, presque égales entre elles , deux fois plus grandes que celles de la rangée moyenne , dont les trois premières se distinguent seules de celles du corps. Corps cylindrique. Queue droite, obtuse, longue deux fois seulement son diamètre.
Le couleur du dos est un brun roussâtre foncé; celle des flancs et du dessous brun est un grisâtre clair avec les écailles bordées de blanchôtre. L'individu figuré que l’on conserve dans le Musée de Milan, provient de l'Afrique occidentale. Longueur totale 10 queue 66