La Tartufe. Lagnet ex. (H. Il cent. L
('.■il.- estampe Be trouve dans un recueil factice d'estampes comi-
. uses, gravées ou publiées par Lagniet, que possède
l,i Bibliothèque de l'Arsenal, et <n<i s'ouvre par la Vie d'Wlispiegle,
datée de 1663, Bile occupe la moitié du feuillet in-4, sur lequel est
une autre gravure tirée en même temps pI qui représente la Moresse.
La Tartufe est une commère à tête plate, vétuc d'une es] long sarrau simple, retenu aux lianes par une ceinture qui n i < • î 1 1 *^ presque bous l( • bras; sa coiffure est un bandeau de toile retombant 'I" chaque côté; elle tient '1" lamaiu gauche un livre, où elle lit. les yeux presque fermés, en portant la main droite à sa joue, 'extasier.
Au-dessous Boni gravés ces sis vers, dont nous reproduisons l'orthographe :
Cette vieilli I
■ mur m mauoai», qu'il w tort de *a l Qu'une halaine /tuante <•< de» crarhm
du personnag ■ qui parait être une nouvelle incarnation il te de
i .,■ Tartuffe de Molière ayant paru pour la première
sous ce titre, dans les Fêtes de Versailles en 1064, ou peut croire que le nom de Tartuffe, emprunté aux deux mots allemands der teufel (le Diable) était déjà populaire à Paris.
Bllliogr. moliér., n° 1 G 1 0 .
i-24. La Grande Destruction de Lustucru par les femmes fortes et vertueuses. Gravure à l'eau-forte, par Sébastien Le Clerc. 1663. In-fol. en travers.
Cette estampe et d'autres qui furent publiées sur Lustucru ou Lusse-tu-cru, de 16G0 à 1663, nous semblent avoir été inspirées par les premières pièces de Molière, le Cocu imaginaire, YEcole des maris, YEcole des femmes, etc. Toujours est-il que Baudeau de Somaise, en faisant paraître sa comédie des Véritables précieuses (Paris, Jean Ribou, 1660, in-12 de 6 ff. prélim. et 72 pp.), y avait ajouté un extrait d'une tragédie burlesque, intitulée : la Mort de Lusse-tu-cru. La première édition des Véritables précieuses s'épuisa en quinze jours, et l'auteur, sachant que Molière devait faire saisir l'ouvrage, supprima dans sa seconde édition tout ce qui concernait Lustucru et Lanterlu. « En faut-il conclure, avons-nous dit dans la réimpression de cette pièce, que cette légende burlesque de Lussetu-cru, lapidé par les femmes, légende qui eut cours vers cette époque et qui donna lieu à différentes gravures populaires comme à différentes facéties en prose et en vers, avait trait à la vie de Molière ? » Quoi qu'il en soit, Baudeau de Somaise disait dans la préface de sa seconde édition : « Je crois estre obligé de vous dire que j'ay retranché dans cette édition ce qu'il y avoit de Lussetu-cru dans la première, non pas que je l'estimasse mauvais, quoyque tout à fait populaire (puisque j'aurois mal fait de mettre quelque chose de meilleur dans la bouche de ceux qui en parloient), niais parce que ce qui est bon dans un temps feroit une mauvaise plaisanterie dans un autre, et que Lanterlu qui a autrefois dyverty les personnes les plus spirituelles ne seroit pas maintenant reconnu des plus stupides, à moins que l'on ne fist son histoire. » Nous ne savons rien de cette histoire, qui pourrait bien être quelque épisode de la vie de Molière en province : « La tradition de Pézénas, dit Taschereau dans VHist. de la vie de Molière (5° édit. in-8, p. 19), le fait le héros d'une aventure amoureuse dans laquelle il imposa à an mari Le rôle auquel plus tard il devait être condamné à son tour. Il fut même, dit-on, surpris en tendre conversation et obligé, pour échapper à de mauvais traitements, de sauter par une fenêtre. » Brossett ■. dans ses notes sur les Œuvres de Boileau, nous apprend que Chapelle, L'ami de Boileau et de Molière, avait conservé un vieil almanach, à la tin duquel il y avait une pièce de vers burlesques qui finissait ainsi :
pauvre I.ustucru Trouve enfin sa Lustucrue.
BibKogr. moliér., n° 11 il.
iJ.'). Apothéose de Scarron. Il est assis sur son fauteuil et vu de dos. On lit derrière ce fauteuil Le chiffre de son âge : jEhitis sux 31°. Dans un paysage montagneux, Pégase s'incline devant l'illustre cul-de-jatte, et des femmes du peuple dansent autour de lui, aux sons des pipeaux rustique-. Au bas de l'estampe : les Œuvres de Scarron. Le nom de l'artiste est à droite dans le cadre : Stef. délia Bella. Eau-forte. In-1.
belle eau-forte sert de frontispice à l'ouvrage de Scarron : lu Relation véritable de tout ce <pti t'est posai en Poutre Mmulr ou combat des Parques et des Poètes sur la mort de Voiture (Paris, Touseainct Quinet, KiiK. in-4).
re avait été Bans doute en bonnes relations avec Scarron, à l'époque de la création de l'Illustre Théâtre, mais "ii peut affirmer qu'il s'était mis en rapport d'intérêt avec lui, lorsqu'il tit entrer • s les pièces du célèbre poëte comique et burlesque dans le rtoire de l'Hôtel de Bourbon, par suite de l'engagement de Jodelet qu'il enlevait a L'Hôtel de Bo Mais Scarron mourut
en 1660. sans avoir pu achever quelques nouvelles comédies qu'il préparait pour la '1- Molière. La tnorl S a servit de
thème ou de prétexte à un auteur anonyme, pour publier une satire en prose contre la plupart des écrivains contemporains, sous ce titre : la Pompe funèbre de monsieur Scaron m Ribou
1660, pet. in-12). On y disait seulement de Molière, q entait
l'ninme successeur de Scarron : n Molière fut ensuite mis sur le tapis, parce que les libraires avoient gagné B a P ■ -, mais
Monsieur Scaron le refusa tout net, disant que e'estoit un bouffon trop sérieux. » Plus loin : <> L'autheur du Cocu imaginaire et celui des Ramoneurs et du Festin de pierre (Villiers . tous deui comédiei at battus, ai on ne les en eut enpesches. ■ Cette -
mit le trouble el la zizanie dans le petit mond auteurs; ou chercha tant qui l'avait faite, qu'on finit par le découvrir, i Bandeau de Somaise, qui venait de mettre au théâtre
Véritables , . pour se taire une part dans le
r i ridicules. Alors, un autre poète, qui ae B'est pas aommé,
compot i une i de Baudeau d
Me Coloni re-
pon duR Paria, l luill. de Luyne, 1669,
iu ! . liait les | |
en cause par l'auteur de la Pompe funèbre de Scarron avait faites ou étaient censés avoir faites contre le malin auteur qui ne craignait pas de s'en prendre à toute la gent littéraire. Voici Y Epigramme de M. Molière, dont le mesrnc Autheur a dit : C'eut un Bouffon trop sérieux :
Ce digne Autheur n'estoit pas yvre, Quaud il dit de moy dans son livre :
C'est un Bouffon trop sérieux.
Certe, il a raison de le dire, Car s'il se présente à mes yeux, Je l'empescheray bien de rire.
Le reste du Songe du Resveur est consacré à une apologie de Molière, devant lequel Apollon fait comparaître Baudeau de Somaise, qui s'en tire tant bien que mal par une amende honorable :
Je tiens ce pauvre misérable, Reprit Molière d'un ton doux, Fort indigne de mon couroux.
Bibliogr. moliér., n° 1193 et 1194.
42G. Le Seigneur chirurgien. Dans une chambre tendue de tapisseries et ornée de tableaux, une dame assise présente son bras à un chirurgien qui se prépare à lui faire une saignée ; à droite, un aide tient un bassin. A. Bosse in. je. A Paris, chez Le Blond, auec Privilège du Boy. (H. 258mm. L. 334.)
Au bas de l'estampe sont gravés ces vers, dont nous changeons un peu l'orthographe pour les rendre intelligibles :
Là, courage ! Monsieur, vous l'avez entrepris. Je tiendray bon, frottez, serrez la ligature, Picquez asseurement, faites bonne ouverture. Ah ! ce bouillon de sang vous a comme surpris ? Que la plébotomie espure les esprits Et descharge le sang de grande pourriture : Le souvenir m'en faict revenir le soubzris. Qu'un peu de sang tiré me rend fort allégée ! Sur tous médicamens j'estime la saignée. Je me sens retourner en nouvelle vigueur. .Si vous recongnoissiez qu'il me fût nécessaire, Recommencez le coup ; j'ay bien assez de cœur, J'endurerois autant que vous en voudriez faire.
Nous avons cru reconnaître, dans cette estampe, l'aventure ga lante du cbirurgien Cressé, parent de Molière, du côté de sa mère, Marie Cressé ; aventure qui fit grand bruit à Paris en 1GG9 et que
182 rCONOGRAPUIE
"' roulai mettre en comédie. Voici ce que Guy Patin raconte,
dans un«'> lettre <lu 21 novembre 1669 : • Il y u ici un procès devant M. le lieutenant-criminel pour un fie leurs, nommé Creesé, file d'un chirurgien fameux. U a, dans son voisinage, vers la rue de la . un barbier barbant,
nommé Qriselle, qui avoit une femme fort jolie, a ce qu'on • 1 i f . Le a s été ;i|>: barbier pour y voir quelqu'un malade;
dès qu'il fut entré dans la chambre, où il faisoit sombre, quatre ut sur lui et lui mirent une corde à l'entour <lu cou, lui voulurent 1ht les mains et les pieds. Il se mit en d et se remua si bien contre ces quatre hommes, qu'ils n'en pouvoieat venir à bout. Le bruit et sa résistance \ Brent que les voi-
sins vinrent au Becours et frappèrent à la porte. Cela obligea ces quatre homi Icher et de s'enfuir. Le médecin alla aussi-
bez le commissaire ; après quoi le barbier a été mis en prison. » Dans d'autres lettres, Guy Patin parle encore de cette affaire, « qui fait bien parler du monde qui veut que ce médecin ait été fouetté ». Il ajoute : « On dit que Molière en vent faire une comédie. Le 25 décembre, il écrit : 1
eat sur le Bureau, mais je n'entends point dire qu'il avance. On m'a dit que M. de Molière prêt* ad en faire une comédie ridicule, sous le titre du Médecin fouetté et du Barbier Enfin, le 0 mars 1670, il annonce que cette affaire est tomb. l'eau: a J'ai aujourd'hui parle à notre méd : il m'a dit
qu'il étoit satisfait entièrement de son barbier Qriselle; qu'il lui avoit pardonné et qu'il avoit quitté toutes les procédures. Oh! le bon chrétien! » Nous avons trouvé, dans les poésies inédites du temps, un grand nombre d'épigrammes qui nous donnent la clef de l'aventure du docteur Cressé. Ecoutons d'abord le récit du barbier Qriselle :
Je vois, à travers la serrure.
Quelqu'un dans cet appartement...
On rit, on se plaint, on murmure..
roit-ce point un amant ?
Voyons un peu ce que cela veut dire ! Ma femme avec Tyrcis.'... Je suis perdu!... Btle bruit recommenoel... On s'embrasse, on soupire...
Ah ! c'en est fait, j.' mi
. maintenant la morale de l'histoire :
Apprenea Le malheur du méde ;
Un Barbier, qui n'en t'ait que rire,
M.i .lit que dani la ville on lui vei Que
. le demie!- éditeur des Lettres de Guj Patin 3 vol. in 8 . s'était laissé dire que la comédie venait d'éti mieux, il faut nous con-
tenter mme contre les médecins :
MOI.IEKKSQUE. I
Rien ne nous fait mieux voir le monde renversé, Que l'aventure de Cressé :
Elle est unique en sou espèce.
Ailleurs, c'est le Bourreau qui I Icy, c'est le Bourreau ;
•427. Le Carnaval, mascarade. Danses des masques sur une place publique. Gravure à Feau-forte, sans nom d'artiste, attribuée à J.-Y. Avele. Pet. in- 12.
Cette jolie gravure est en tète de la pièce : le Carnaval, mascarade représentée par l'Académie royale de musique (Au Qmerendo. Amsterdam, chez les héritiers d'Antoine Schelte, 1699, pet. in-12 de 22 pp.'. La mascarade n'a que quatre entrées : lrt\ Barbacola, maître d'école ; 2e, les Italiens ; 3e, les Egyptiens ; 4e, Pourceaugnac. Elle en avait neuf à la représentation, qui eut lieu, après la mort de Molière, le 17 octobre lUTo. sur le théâtre du Palais-Royal, occupé alors par l'Académie royale de musique. Ces neuf entrées comprenaient celle des Espagnols, la Cérémonie turque et la Sérénade pour de nouveaux maries. Trallage, dans ses notes manuscrites, dit en parlant de cet opéra-ballet : « Les vers francois sont
de ; les vers espagnols sont de Molière: les vers italiens sont
de Molière et de Lully. » On y avait ajouté, à la première représentation, deux entrées d'un ballet de Benserade, dansé par le roi en 1668. On doit donc supposer que Lully aurait arrangé lui-même, avec le consentement de la veuve de Molière, cette mosaïque composée de fragments des intermèdes de différentes pièces du théâtre de son mari.
428. Les Festes de l'Amour et de Bacchus. Tircis est aux pieds de la bergère. Un satyre verse à boire à un autre berger. F. Ert. inv. In-12.
Cette estampe se trouve dans le premier volume du Recueil gêné' rai îles Opéras représentés par l'Académie royale de musique (Paris, Christophe Ballard, 1703).
La pastorale des Fêtes de V Amour et de Bacchus a été imprimée dans Les Œuvres de Quinault, auquel on L'a toujours attribuée, sans remarquer seulement que Molière est l'auteur reconnu de la plupart des scènes qui composent cette pièce formée de morceaux empruntes à Bea ouvrages.
Il est possible que Quinault ait composé le Prologue : peut-être a-t-il eu L'idée de La réunion dea Bcènea appartenant au Divertissement de Chambord, c'est-à-dire auz intermèdes de Monsieur de Pourceaugnac lu>'t , au Divertissement de Versailles, c'est-à-dire aux intermèdes de George Dandin (1668), et au Divertissement de
at-Qermain, c'est-à-dire aux intermi Amants magni/t-
- sont de Molièi ucun
changement ni addition, on penl parier à coup sur que c'est Molière lui-même qui les aura liées ensemble, en y ajoutant i>l u ->!• nouvelle.-;, a la prière de son ami J.-B. Lully.
Au reste, Nicolas 'le Trallage dit expressément, dans ses notes manuscrites, que Molière et Quinaull sont les auteurs d( FAmour et de Bacchus, qui furent représentées avec succès par l'Académie royale de musique, nu jeu de paume de Belair, du Luxembourg, en 1672. La pastorale, qui parut imprimée chez François Muguet, in-4, avec ligure, au moment de la représentation,
,'ii Be vendait à la porte du théâtre, vis-à-vis Belair, ne porte aucun nom d'auteur.
Bibliogr. mofiér., n° 206.
19,9. L'Ombre de Molière. Molière en grand habit de cour, le chapeau sous le bras, la perruque tombant au milieu du tins, ,.- [ debout, de trois quarts, à droite, devant le tribunal de Pluton. Gravure de Sauvé, d'après P. lïrissart. In- 12.
gravure, qui précède la comédie de Brécourt, FOmbre </r
Mntlrrr, dans la première édition des Œuvres complètes de Molière (1682), a été reproduite et gravée avec [dus ou moins de soin dans les éditions suivante,, laites, en France ou en Hollande, sur le modèle de
l'édition deVinot et delà Grange. L'estampe est fort bien exécutée, dans l'édition de Paris, 1710; elle est tout a fait mauvaise, dans l'édition de 1718, où Molière, pose à gauche, est habillé et coiffé à la mode de la Régence.
Bibliogr. moliér., n° 1163.