Portrait de Molière, au pastel, par Vivien ou Nanteuil
Ce beau portrait, de grandeur naturelle, se trouvait, sans désignation, à la vente de San Donato (prince Demidoff). Il a été signalé par M. Mahérault, au moment de la mise aux enchères. Acheté 500 fr., par un notaire de Paris, dit-on.
H rCONOGRAPHIE
On ■ m reparaître ce portrait, appartenant I If. Sirràu Du Boys, danfl l;i t* Exposition d'ouvrages de peinture pour les Alsaciens et Lorrains demeurés Français, qui s'est ouverte le 22 juin 1874. Il figure, avec le nom de Nanteuil, an Catalogue supplémentaire, sous le n° 945.
« Vivien est né i d L657, nous écrivail Bf. Maherault à propos de l'article qne nous avions consacré à ce portrait dans la première édition de l'Iconographie moliéresque; il n'avait donc que 16 ans à la mort de Molière, et. si le portrait a ete l'ait d'après nature, c'est à tort <jue je l'ai attribué à Vivien, dont il rappelle la manière plutôt que celle de Nanteuil ; mais, s'il en est autrement, si c'est une copie il'' quelque peinture originale, ma désignation peut subsister. »
l!». Portrait de Molière, peint par Sébastien Bourdon.
Molière, coiffé d'une perruque longue, vêtu d'une robe de chambre brun-rouge, rabat de dentelle, avec un nœud noir en forme de cravate, la main droite posée sur la gauche, . tourne à
gauche, sur un fauteuil rouge à crépines d'or, devant une table couverte d'un drap rouge, où se trouve un encrier de plomb dans lequel plantée droit une plume à longues barbes.
Ce portrait passe pour être l'original de la célèbre gravure de Beauvarlel d'après Sébastien Bourdon, faite, en 1773, pour le premier centenaire de la mort de Molière.
Le type du portrait de Sebastien Bourdon diffère notablement du type généralement accepte, tel que l'ont popularisé Aiidran, Coypel et Houdon. Cependant Soleirol Le regardait comme authentique, et la gravure de Beauvarlel ayant été dédiée aux premiers gentilshommes de La chambre du roi, qui avaient la haute direction de La Comédie-Française, on peu! Bupposer que le choix de l'original avait été t lit par eux-mêmes.
Ce tableau a été acheté, en 1863, à L'hôtel des Ventes, par M. Au;.". Vint. Il arrivait de Bruxelles, ou il avait été retrouvé en /. mauvais état par un brocanteur. 11 avait antérieurement appartenu au roi Charles X, qui en avait t'ait présent à une personne attachée a la Comédie-Française, Laquelle personne émigra, après la Révolution de 1830, et alla mourir a Bruxelles, oh son mobilier fut mis a L'encan et dispersé. C'ssl M. Aug. Vitu qui m communiqué ces renseignements.
■ exposé, en 1878, an Musée-Molière. Nos. n° Il du Catalogue. Il est absolument différant de celui qui t'ait partie du Musée de Montauban et que nous citons, sous Le numéro suivant, 'ai regrettanl de ne pouvoir Le décrire.
Peinture à l'huile, sur toile. 11. |*10 I
-20. Portrait de Molière, tableau peint par Sébastien Bourdon, appartenant au Musée de Montauban.
Ce tableau, qui fait partie de la collection Ingres, léguée au Musée de Montauban, a été longtemps conservé dans l'atelier du donateur. Il était exposé au Musée-Molière, lors du Jubilé de 1873. Yoy. le n° 10 du Catal. Ce précieux tableau est tellement encrassé et enfumé, qu'on a peine à en distinguer les beautés. Ingres me disait, en parlant de cette belle peinture : « Je n'ai pas eu le courage de faire nettoyer mon tableau, dans la crainte de le livrer à un barbare ; mais je le vois tel qu'il est, parce que je le comprends. C'est bien là Molière. »
C'est, en effet, d'après ce portrait, mais en l'animant de sa propre inspiration, qu'Ingres a composé la figure de Molière, qui se trouve placé, au premier plan, à droite, dans Y Apothéose d'Homère, ce chef-d'œuvre du maître, peint pour servir de plafond à une des salles de l'ancien Hotel-de-Yille de Paris et qu'on en avait retiré, par bonheur, pour le remplacer par une copie, quelques années avant l'incendie de mai 1871.
Depuis, dans la dernière année de sa vie, Ingres avait fait une grande aquarelle de son Apothéose d'Homère, pour compléter et corriger la composition primitive de ce tableau ; dans cette aquarelle, il a donné plus d'importance encore à la figure de Molière, en l'idéalisant encore davantage et en la mettant encore plus en évidence; il voulait, disait-il, que Molière s'élevât au-dessus de la foule des génies modernes. Cette belle aquarelle n'a pas été gravée, mais il en existe une admirable photographie, au tiers de grandeur de l'original, exécutée en 1863 par M. Ch. Manille, photographe du Musée du Louvre. Ingres avait l'intention de faire graver son aquarelle, qu'il a intitulée : Homère déifié.
21. Portrait de Molière, peint pour sa famille (par Mignard ou Sébastien Bourdon?).
Ce portrait appartenait à la fille unique de Molière, qui épousa en 1705 le sieur de Montalant; il n'est pas indiqué spécialement dans l'inventaire de ses meubles, où l'on mentionne en bloc les portraits de famille. Le sieur de Montalant, qui survécut à sa femme et mourut en 1738, dans sa maison d'Argenteuil, avait donné et légué, par son premier testament (voy. les Recherches -sur Molière et sur sa famille, publ. par M. Eud. Soulié, pag. 342), « le portrait de feu M. Molière » à son ami, Du Bois de Saint-Gelais, connaisseur distingué en matière d'art, et secrétaire de l'Académie royale de peinture et de sculpture. Ou ignore la destinée de ce portrait, qui était déjà délivré au légataire, lors de la rédaction du premier testament de Claude Rachel, sieur Montalant, en date du 11 janvier 1734.
(GRAPHIE
-'-'. l..\ Comédie de Molière, tableau peint vers 1667 et attribué a, Pierre Lebrun.
Molière, étendu sur un lit de repos à draperies pendantes, s'appuie sur les volumes de ses œuvres ; il est représenté jeune, sans perruque, petites moustaches, la tête presque de face; il est vêtu à l'antique avec une chlamyde bleue. Au pied du lit, à droite, le Génie de la Comédie, sous les traits d'un Amour, arme d'un arc, repo deux figures allégoriques, le Vice et VHypocrisie. Dans le fond, motif d'architecture, colonnade avec un rideau vert; au-delà, un jardin dans le style de Lenotre.
Ce précieux tableau, qui n'a pas été gravé, faisait partie de la collection municipale de la ville de Paris. Il fut acquis de M. Maurice du Seigneur, architecte, à la demande de MM. Ingres et Baltard, qui le regardaient comme une œuvre excellente. Il a été brûlé dans les incendies du mois de mai 1871. On en a conservé une bonne photographie, demi-grandeur de l'original.
Peinture à l'huile, sur toile.
23. Portrait de Molière, par J.-B. Santerre, élève de Boulogne aîné.
Ce tableau, appartenant à M. Opigez, a été exposé, en 1873, au Musée-Molière. Yoy. n° 15 du Catalogue.