Le même
— Jodelet. Ancienne gravure. (H. 293mm. L. 217mm.) On lit au bas de l'estampe :
On peut dire de Jodelet Qu'il sçait jouer son personnage Aussi bien qu'homme de son âge ; Faisant le maistre ou le valet Sa harangue est toujours polie, Et sans avo rien d'ailette, Par sa grande naïfveté, Il guérit la mélancolie.
387. Charles du Fresne, comédien, chef de la Troupe de province dans laquelle Molière s'était engagé avec les Béjart, mort vers 1680.
— Du Fresne. Comédie françoise. 1615-1 659. Fred. Hillemacher se., 1864 ; d'après une ancienne aquarelle qui le représente en Bacchus. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
Du Fresne, fils d'un peintre du roi, était chef d'une Troupe de province, avant que la Troupe des Béjart et de Molière vînt s'associer avec la sienne. 11 jouait certainement les rôles de rois dans la tragédie, mais son principal emploi était sans doute celui de régisseur, de peintre-décorateur, de metteur en scène, de costumier et d'administrateur. C'est sous ce titre qu'il se présenta à la municipalité de Nantes en 1648, pour obtenir la permission de faire la comédie dans la ville. Il ne figura qu'un moment à l'Hôtel du Petit- Bourbon et prit sa retraite pour aller vivre en Normandie, son pays natal.
BibHogr. motiér., nos 1102 et 1104.
388. Charles Varlet, sieur de la Grange, orateur de la Troupe de Molière, et un des meilleurs acteurs de cette Troupe, mort en 1692.
— Delà Grange. Comédie françoise. 1659-1673. Fred. Ilillemacher se. aq. forti, 1867; d'après l'estampe de Jean
Sauvé, sur le dessin de P. Brissart. Gravé à l'eau-
forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
! Qrange avait parcouru la province pendant pluaienra années, nvniit d'être en âgé dans la Troupe de Molière en 1658. C'était un excellent comédien el de pins un parfait honnête homme. Molière devint Bon ami, el ce fut à lui que revint de droit l'honneur de publier la première édition des Œuvres complètes de son illustre j maître, en 1US2. Dès son entrée dans la Troupe du Petit-Bourbon, il avait commencé à recueillir, pour son propre usage, en forme de mementoj on journal du théâtre auquel il appartenait, et il conduisit ce journal jusqu'au lPr septembre 1685. C'est le fameux 1: gistre, intitulé : Extrait des reeeptes et affaires tic la Corn depuis Vasques de Vannée 1659, appartenant au sieur La Grange, run des Comédiens du Roi/, Registre que la Comédie-Française a fait imprimer et qui va bientôt paraître avec une notice par M. Edouard Thierry. » Ceci, dit l'auteur de cette excellente notice, i est le Livre d'or de la Comédie-Française, tenu par son véritable greffier d'honneur, par on «les ancêtres delà Compagnie qui ont le plus fait pour la gloire de son nom et pour sa considération, cette belle moitié de sa gloire, — par l'acteur accompli qui B créé la tradition toujours vivante d'Horace et de Clitandre. — personnellement digne d'une telle estime, que, dans le grand débat
du wii" et du \%iir' siècle pour et contre les Spectacles, les défenseurs du Théâtre répondaient à ses plus austères censeurs: « Si vous condamnez la Comédie, condamnerez-vous un homme comme M. de La Grange? »
Bibliorjv. moliér.y nos 1111 et 1665.