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PLANCHE IV

Les caractères de cette Colombe, ainsi que l’a fort bien fait re-

marquer notre Ami M. Florent-Prévôt, sont en général ceux communs aux Ptilonopes.

Descripton. — Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire celle dont cet infatigable observateur a accompagné la Figure qu'en a donnée Mr: Knipp, dans son Grand Ouvrage sur les Pigeons.

Iconographie Ornithologique. — Are Liv.

COLOMBE RIVOLI

« Un beau vert émeraude à la fois intense et brillant la revêt presque tout entière et couvre les parties antérieures et supérieures du corps, le dessus des ailes et celui de la queue; la tête est ornée d'une sorte de calotte d’un violet pourpré très-vif: comme chez la Colombe hyogastre et la Colombe naine, une tache ovalaire du même violet occupe le milieu de l'abdomen, immédiatement au-dessous de la bande blanche dont nous avons parlé; la partie inférieure du ventre, ainsi que les couvertures inférieures de la queue, sont d’un jaune Jonquille de l'éclat le plus vif.

» Les ailes, de moyenne grandeur, ont leurs rémiges d’un vert bleuatre et sont finement bordees d'un léger fudet blanc ; leurs pennes cubitales sont finement lisérées de jaune à leur côté externe; les plus longues des plumes qui composent les scapulaires ont toutes, vers leur milieu, une tache de forme arrondie, d’un bleu très-foncé (qu'il nous a été impossible de rendre sensible à l'œil dans notre figure, la pose adoptée pour l'Oiseau s'y opposant). »

Le méme bleu se retrouve à la queue, sur le milieu de chacune des

rectrices, disposé longitudinalement et s'élargissant vers la pointe. « La

queue, assez courte du reste, et composée de plumes égales, se termine par une bande d'un vert plus pale; elle est en dessous d’un gris roussätre, également un peu plus pâle à son extrémité. »

Le bec et les pieds paraissent, sur le mort, avoir été plutôt rosés que

bruns.

Taille, 200 millimètres.

Patrie inconnue.

Notre Figure est faite d’après un individu de la Collection du

Museum de Paris.

COLOMBE RIVOLI

Nous avons souligné les petites différences que nous a présentées l'Oiseau qui a servi à notre Description, et que ne présentait sans doute pas celui qui a passé sous les yeux de M. Florent-Prévôt et

qui appartient à M. le Duc de Rivoli.

» Le

GENRE MERGANETTE. #

GENUS MERGANETT A (Gourv. Procedings, Z. S.18M). RAPHIPTERUS (Gas. Histor. fs. y polit. del Chile. 1844).

GENER. CHAR. Æostrum. — Haud minüs longum quèam caput, rectum; ferè cylindraceum, ungue apicali distincto, incurvato, at minus abruptè quàm in genere MWMerqus dicto; mandibula superior lamelloso dentata, vel tornio crasso corneo, intus profundé serrato, instructa; naribus linearibus feré centralibus.

Alæ. — Mediocres, primaris secundâ et tertià longissimis, humeris calcare valido et acuto armatis.

Cauda. — Ut in Mergo rigida.

Tarsi. — Aliquanto elongati, squamis hexagonis ad latera

obtecti, et antices scutellis. Digiti palmati, medio quàm tarsus paululum longiore; polluce libero, alte posito, et paulu-

lum lobato. (Gourp, Procedings. Z. 9. 1841.) È %

Ce Genre à été établi sur une Espèce, que nous figurons dans cette premiére Livraison, qui avait été découverte dès 1832, par le savant et modeste M. Gay, l’un des Voyageurs les plus distingués du Museum de Paris, qu'il en enrichit à son dernier retour du Chili. en 1542. Nul doute que si ses occupations le lui eussent permis, et si une certaine dose d’ambition étrangère à son caractère l'y eut

Iconographie Ornithologique. — 4% Liv. 8

RE

GENRE MERGANETTE.

stimulé , il n’eût eu l'avantage d’attacher son nom à la création de ce Genre tout nouveau, qui compte déjà une Espèce de plus, celle que nous publions également aujourd'hui, et qui ne doit probablement pas se borner là. Cette Espèce type, qu'il'avait tuée dans les Cordilières du Chili, fut même dès cette époque déposée par lui au Musée de San-Yago, sous le nom qu'il lui imposa de Raplhuipterus Chilensis.

Nous ajouterons de plus que, dans l'envoi qui suivit de près cette découverte, et qu'il fit au Museum de Paris en 1533, figurait un jeune age de cette espèce qui atura l'attention des Professeurs de cette Administration, et dont M. de Blainville dit un mot dans un Rapport fait à cette époque à l'Académie des Sciences de Paris, et qui est malheureusement demeuré à l’état de manuscrit.

Toutefois, ce fait historique, une fois constaté dans l'intérêt. de lun de nos Voyageurs les plus studieux, et aussi dans l'intérêt de notre amour-propre national, nous nous empressons de le reconnaître, cet honneur appartient, par l'antériorité de la Publication, pour la fondation du Genre, à M. Gould, qui, le premier, l'a établi et fait connaitre en 1541, dans les Procedinoes Z. 5., et à qui nous avonsemprunté textuellement la Caractéristique Latine qui précède. Cetie Description fut faite sur un individu rapporté du Chili par un Voyageur Anglais, M. Brydges, qui devrait cependant avoir eu plus d'une occasion de rencontrer notre Compatriote dans ses excursions, et de voir au Musée de San-Yago l’individu que ce dernier y avait déposé et nommé dès 1832. Depuis, la figure en a été représentée trés-exactement, par M. G. R. Gay, dans la cinquième Livraison de son Genera of Birds, publiée en 1844. Dès la même année, M. Gay, tout entier à ses travaux, dans l'ignorance de cette

double Publication, l’a également fait figurer dans l'Atlas de son

GENRE MERGANETTE.

immense Ouvrage sur le Chili, qu'il fait imprimer en Espagnol, et lui a donné le nom de Raplhipterus.

Une seconde Espèce de ce Genre, tout aussi rare et inédite, que nous allons décrire tout à l'heure, est venue démontrer de nouveau la difficulté qui se rencontre et tout le soin qu'il faut mettre pour composer heureusement et avec fruit pour la Science les Noms Génériques et Spécifiques; non que nous trouvions mauvais le nom de Merganetta, auquel cependant nous préférerions de beaucoup le nom Raphipterus, de M. Gay; car il est bien évident que ce joli petit Genre, s'il tient du Genre Mergus, tient aussi du Genre Æ/nas ; mais nous pensons qu'isolé et comme nom de Genre, ce mot ne dit pas assez par rapport au caractère si remarquable de l’éperon des ailes, dont la valeur surpasse celle de tous les autres, et que, rapproché pour l'Espèce type de l'adjectif spécifique #7mata, qui rend plus manifeste encore son influence, il devient une sorte de non-sens. Le caractère dont nous venons de parler étant en effet le seul vraiment générique, il nous semble évident que c'est dans la dénomination du Genre que l'expression ou la Calèur s'en doit retrouver, et non dans la dénomination de l'Espèce.

Ce raisonnement, qui n'eùl peut-être pas été déplacé, même en présence de l'Espèce typique, alors qu’elle était la seule, sera regardé, nous le pensons, comme suffisamment justifié par la découverte de la seconde Espèce (que nous représentons PI. 6), qui est armée de son caractère principal dont il serait vraiment difficile de rendre l’idée si l’on maintenait à l'Espèce type, la supplétive spécifique Ærmata, qui leur est désormais commune. Ce serait laisser croire que notre Espèce et celles qui pourront encore s y adjoindre manqueraient de leur éperon alaire : ce qui n’est pas, ce qui ne peut pas être.

GENRE MERGANETTE.

Pour éviter l'inconvénient que nous signalons, et quoiqu'il nous en coûte de paraitre vouloir innover sur les respectables brisées et aux dépens de nos Maitres et de nos Savants Collègues en Ornithologie, nous avons pensé pouvoir nous permettre, tout en conservant le nom générique de Merganetta, de changer le nom spécifique de l'Espèce type Ærmata (Gould) par celui de Chilensis (Gay).

Ce petit Genre se composerait ainsi, quant à présent, de deux espèces.

1° Mersanetta (Gould) Chulensis (Gay );

2 M — , Colomliana (O. Des Murs).

Ces Oiseaux sont très-solitaires et habitent les plus hauts sommets des Cordilières. Ainsi, M. Gay en a trouvé jusqu’à une élévation de 1500 à 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce n'est que lorsque le froid devient trop intense qu'ils redescendent de ces hauteurs, et encore ne dépassent-ils pas alors au-dessous de 6oo mètres.

Ils fréquentent exclusivement les torrents, qu'ils parcourent avec une aisance et une agilité surprenantes : au moindre signe de

danger, ils plongent immédiatement pour ne plus reparaitre.

MERGANETTE DU CHILL.

MERGANETTA ARMATA (Gou». Proœd., 2: S. 18M).

RAPHYPTERUS CHILENSIS (Gax. Histo. fs. y polit. del Chile. 1844).

MERGANETT A4 CHILENSIS (0. »es Murs).

SPEC. CHAR. — Mas. Vertice nigrescenti-fusco, strigà angustà albâ cincto; hac, linea faciali ejusdem coloris, conjunctä; infrà hanc mr. strigà nigra angusta, ab occipite super oculum ductä vittam facialem efficiente, deindè per mediam gulam excurrente, et super pectus totum diffusä ; capitis lateribus, sic et collo albis, hoc apud nucham strigis nigris longitudinalibus tripliciter ornato, quarum centrali lata, reliquis angustis.

Fem. — Vertice et dorso saturatè cærulescenti-cinereis, sic et colli lateribus, his albescente minutè fasciatis; genis infrà oculos, gulâ, gutture et corpore subtüs rufo castaneis.

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