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PLANCHE VIT

Le Nom que nous avons eru devoir donner à cet Oiseau indique, sinon les doutes que l’on pourrait concevoir sur sa distinction spécifique , au moins les rapports intimes qui l'unissent au l’ocifer de Levaillant, dont nous représentons un mâle adulte dans notre Planche vrir, pour terme de comparaison.

Ainsi, l’un des deux individus que nous avons eus sous les veux a à peu près la même taille, quoique un peu plus grand que celuici; les caractères en sont les mêmes. Mais, à part le système de coloration qui n'est pas non plus identique, ce qui les différencie ,

c'est la queue plus longue chez notre Oiseau que chez le Vocifer;

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PYGARGUE VOCIFÉEROIDE.

ce sont les ailes, qui, tout en étant organisées exactement de même, ne viennent tout au plus qu'à la moitié de la longueur de la queue. tandis que, chez ce dernier, elles atteignent la longueur des rectrices; ce sont aussi les grandes couvertures qui dans notre Oiseau viennent presque au niveau des plus longues rémiges, tandis que chez le Vocifer celles-ci dépassent les premières de 6 centimètres.

En mettant de côté ces différences, on pourrait sans doute à la rigueur hésiter à regarder la Pygargue de notre Planche comme une Espèce distincte; mais au moins faudrait-il voir dans son plumage quelques-uns de ces caractères constants qui décèlent un jeune chez les Oiseaux de proie, en indiquant leur transition d’un âge à l’autre : au lieu que rien de pareil ne s’y rencontre, tant les masses de coloration sont homogènes et présentent un caractère de fixité des mieux accusés. Trois parties seules ont ici quelques rapports assez intimes avec la livrée du Vocifer : ce sont les joues et la queue complétement blanches; encore celle-ci se distingue-t-elle par le noir des baguettes et ses deux rectrices médianes : caractère que Levaillant a bien soin de relater dans sa description du Vocifer, et qu'il ne signale particulièrement que pour les plumes de la téte, du cou et des scapulaires; et enfin le dessous des ailes couleur oris ardoise.

Quoi qu'il en soit, ces points de contact que nous signalons ne sauraient faire considérer notre Oiseau comme une différence d'age ou de sexe du Vocifer, d’après ce que l’on sait de ces livrées chez celui-ci, et d’après ce que nous en apprend Levaillant luimême dans les termes suivants :

« La femelle, dit:il, a beaucoup moins de noir dans son plumage : » son blanc est moins pur, et son roux moins foncé.

» Dans son jeune age le Vocifer, au lieu de blanc, porte du gris

» cendré, et sa queue est alors entièrement de cette dernière cou-

PYGARGUE VOCIFÉROIDE.

» leur; mais avec l'age elle devient blanche. À la seconde mue, il » a déjà autant de blanc que de gris, et la queue est de même com- » posée de quelques plumes absolument blanches, d’autres d'un » gris blanc, et quelques-unesenfin mêlées de ces deux couleurs.

» Ce nest donc qu'à la troisième année que ces Oiseaux pren- » nenl leur élégante livrée, telle qu'on la voit dans la Planche en- » luminée qui représente la femelle. »

Or, ce nest point la femelle du Vocifer que peut représenter notre Oiseau, car il suffit pour cela de comparer notre Figure avec celle que Levaillant a donnée de la femelle de cet Oiseau dans sa Planche 4; ce n’est point le jeune âge du Vocifer, car il ne porte pas trace de gris cendré; ce n’est pas non plus le second à age, puisqu'il n'a de blanc, à part la queue, que les joues. ’

Ce ne peut donc être qu'un individu du troisième age, c'est-àdire un adulte, et dès lors une espèce différente. |

Du rapprochement que nous venons d’en faire avec le Haletus F'ocifer, on voit facilement que notre grand Rapace ne peut être rangé qu'avec ce que l'on a l'habitude d’appeler Aigles pêcheurs, autrement dits Pygargues, dont les Auteurs ont fait le Genre //a- Lætus, auquel nous le rapportons. |

Comme chez les vrais Pygargues en effet, les tarses ne sont emplumés qu'un peu au-dessous de leur articulation avec le tibia ; épais et vigoureusement constitués, les pieds sont armés d'ongles. crochus et redoutables, et recouverts en-dessus de squamelles ayant la dureté de la corne, et formant véritablement ce que font les” tassettes dans les cuirasses. L'espace compris entre la base du tarse et la première articulation des doigts, de même que les côtés et le derrière du tarse, sont simplement écussonnés, et le dessous des

pieds ainsi que le talon recouverts, comme dans le F. Haliætus ,

PYGARGUE VOCIFÉROIDE.

d'un üssu de pointes ou durillons cornés et rugueux, ce qui est presque toujours l'indice d'un Rapace pêcheur.

Mais, au contraire des vrais Pygargues, ses ailes robustes n'atteignent à peine que la moitié de la queue, tandis que leurs grandes couvertures s étendent, ainsi que cela se remarque chez les Vautours, presque au niveau des plus longues rémiges : de celles-ci la première est la plus courte et la quatrième la plus longue; enfin le tibia est démesurément long relativement à ce qu'ilse voit dans les espèces congénères; il est le double du développement du tarse, ce qui ne laisse pas que de donner à cet Oiseau une physionomie de pose toute particulière et par conséquent moins lourde que celle

ordinaire des Pygargues.

Longueur totale, | pd pod + du bec en ligne courbe, » 6:

—. hauteur du bec, ) 25 — du bec, depuis la cire jusqu’à la pointe, en ligne

droite, ) 45 — de la tête, depuis le bec jusqu’à la nuque, #1 » — du pli de Paile à son extrémité, 53 »

— de la queue, 28 »

— du tibia, 15 ) — du tarse, 7 »

— du doigt médian jusqu’à l’ongle, 7 »

— de l’ongle dudit doigt, en courbure, » 50 — — en ligne droite, p 35 — du pouce jusqu’à l’ongle, » - 48 — de l’ongle dudit, en courbure, » 50 = — en ligne droite, » 40

Diamètre de cet ongle à sa base, » 10

PYGARGUE VOCIFÉROIDE.

Description. — Les joues et la queue d’un beau blanc; les baouettes des deux rectrices médianes noires; le corps entièrement brun noiratre, à l'exception de la poitrine, qui est lancéolée de flammes d’un roux fauve; les rémiges noires; tout le dessous des ailes d'un beau gris ardoise uni ; bec couleur de corne; lorums parsemés de poils; cire et pieds jaunatres. | =.

Ce beau Pygaroue vient de Madagascar, d'où il a été rapporté en 1841 au Muséum de Paris par M. Louis Rousseau, Aide Naturaliste attaché à cet Établissement. |

Un autre sndividu de la même Espèce, et exactement semblable en tout point de coloration, de caractères, mais plus petit dans chacune de ses proportions d’un huitième ou de 10 centimètres, a été rapporté de la même localité et donné au Muséum en 1844 par M. Jager Schmidt, Enseigne de vaisseau. Quelques plumes rousses clairsemées à l'abdomen et aux flancs de cet individu, nous font supposer que c'est un Jeune male achevant de pee la livrée et les dimensions de l'adulte.

Nous croyons que c'est à un très-jeune âge de notre Espece que doit être rapporté un individu faisant partie de la riche collection de M. le Duc de Rivoli, auquel il a été remis par notre ami Ed. Verreaux, qui l'avait recu de Madagascar, et non pas, ainsi que le porte son étiquette, au jeune âge du Z’ocfer. Nous ne fondons notre opinion que sur l'absence complète chez cet individu des caractéres de coloration indiqués par Levaillant, et surtout de gris , et sur la localité, d’où nous ne sachions pas que l'on ait encore recu de véritable Vocifer, quoique le fait soit dans les choses possibles,

puisqu'il est assez commun sur la Côte Orientale d'Afrique.

Iconographie Orrithologique. — 9me Jr.

ko

PYGARGUE VOCIFER.

(LEvaiLLaNT, Ois. d'Afrique, tom. 1, p. 4.) FALCO V'OCIFER (Daunin, Traité d'Ornithologie, tom. 2, p. 65). |

HALLÆTUS VOCIFER (vs).

SPEC. CHAR. — Ferrugineo-fuscus; capite, collo pectore, caudâque albis (Larx. Ind. ornith. 1809); remigum primarüs, secundariis, tectricibus majoribus, scapularibusque et uropygio nigris; cerâ et pedibus flavis ; rostro et unguibus corneis.

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