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PLANCHE XX VIII

La réintégration dans la Famille des Oiseaux d’une Espèce qui en a été proscrite, depuis près de quarante ans, comme de pure fabrique, est une trop bonne fortune en Zoologie pour que nous ne nous empressions pas de publier de nouveau, avec la Figure de cette Espèce, les excellentes Observations que notre obligeant Collègue M. le Docteur Pucheran, Auteur de cette remarquable restitution, a insérées sur ce sujet dans la Revue Zoologique, 8% année, octobre 1545; car les unes nous semblent inséparables de l’autre.

Quant à celle-ci, il nous suffit que, quoique déjà publiée par Buffon, l'existence de l’Original en ait été révoquée en doute, pour excuser un double emploi qui n’en est réellement plus un.

Voici, au surplus, dans tout son contenu, cette Notice, à laquelle nous ne saurions rien ajouter :

Iconographie Ornithologique, — 5% Lrv. 4

ROLLIER D ANGOLE.

L’Espèce à laquelle nous consacrons cet Article, dit le Docteur Pucheran, est une de celles que les hommes les plus compétents en Ornithologie pensent devoir être

‘rayées du Catalogue des êtres créés. Décrite pour la première fois par Brisson, en

1760 (Orn. vol. 2, pag 72, n° 3, pl. 7, fig. 1 ), d’après un Individu Qui avait été envoyé de la côte d’Angole à Réaumur, elle fut, en 1766, introduite par Linnée dans le Genre Coracias, sous le nom de Coracias caudata, lorsque ce Savant célèbre publia lui-même la 12° Edition du Systema Naturæ. Mais comme si elle était destinée à n’être que difficilement bien comprise et bien isolée de ses congénères, Linnée lui rapporta la pl. 327 du troisième volume des Glanures d'Edwards, que Gmelin et ses Successeurs ont si Justement regardée comme représentant le Coracias Senegalensis.

Gmelin et Latham ne méritent aucune critique relativement à l'Histoire qu'ils ont donnée de notre Espèce, quoiqu’ils eussent devant les yeux l’exemple de Buffon, qui, dans le troisième volume de la partie de son Histoire Naturelle consacrée aux Oiseaux, a considéré le Rollier cuit comme étant la même Espèce que le Rollier d'Angole. C'était évidemment trop exagérer l'importance de lanalogie qu’ont ces deux types entre eux, sous le point de vue de la coloration de quelques-unes de leurs parties.

Est venue ensuite l'opinion de Levaillant, qui, dans son travail si remarquable sur les Rolliers (1805), annonce (page 105) que, après avoir examiné le Rollier d’Angole qui a servi de type à Buffon, « il s’est convaincu que ce n’est point autre chose » qu’un Rollier d’Abyssinie sur lequel ont été entés une tête et un cou de Rollier de » Mindanao. » Le jugement de Levaillant a entraîné à ce sujet toutes les convictions de Cuvier, qui, dans les deux Editions du Règne Animal, a hautement avancé que le Coracias caudata reposait sur un individu du Cor. 4 byssinica, défiguré par l’addition de la tête du Cor. Bengalensis (Règne Animal, vol. 1, 1* éd., page 401; 2° éd., page 425).

Les assertions de ces deux grands Maîtres ne pouvaient manquer d’avoir une grande influence sur les déterminations de leurs Successeurs. C’est aussi ce qui à eu lieu. Il est bien vrai que Daudin, dans son Traité d’Ornithologie ( Tome 2, page 260), Shaw (Gen. zool. 7, page 394), et Latham, ont pensé autrement que leurs Contemporains; mais à l’époque où Daudin a écrit, Levaillant n’avait point encore formulé contre Buffon le jugement ci-dessus énoncé, jugement que Shaw ne connaissait probablement pas non plus en 1809. Quant à Latham, son opinion se trouve moditiée par celles des deux Savants Français : loin de considérer le Rollier d’Angole comme une

Espèce bien tranchée, ainsi qu’il avait fait dans la première Edition du General

Synopsis of Birds, il le regarde dans la deuxième comme pouvant n'être qu’une Variété du Cor. Bengalensis. ce

Quant à Vieïillot, à Wagler et à MM, Temminck et G. R. Gray, leur opinion est on ne peut plus explicite. Dans le 29e vol. du Dict. d'Hist, Nat., art. Roller), Vieillot

se rattache (pag. 430) à l’opinion de Levaillant, et plus bas (page 433) il décrit sous

le nom de Galqulus caudatus le Coracias À byssimca de Gmelin. Dans l Encyclopédie (page 869), la Synonymie qu’il donne est tout aussi significative, et sa Description La-

ROLLIER D ANGOLE.

tine reproduit l’ensemble des deux caractéristiques empruntées aux deux Espèces. Wagler (Systema Avium), le rangeant au n° 10 de ses Espèces douteuses, reproduit aussi textuellement l’opinion de Levaillant. M. Temminck (Tabl. méth. pl. color.) émet le même jugement. M.G. R. Gray enfin, dans le 14° Fascicule (juin 1845) du beau travail qu'il publie en ce moment (Genera of Birds), à réuni Coracias Senegalensis et Cor. Abyssinica à Coracias caudata, indiquant ce dernier comme devant être préféré, attendu qu'il est le plus ancien. | Malgré la grande importance que nous attachons aux jugements portés par les Savants Célèbres dont nous venons de rappeler les Noms, nous pensons que le Rollier d'Angole ( Coracias caudala, L.) doit reprendre sa place en Ornithologie dans le Catalogue des Espèces. Que Buffon ait été trompé, cela se peut, et personne plus que nous n’ajoute foi et confiance aux assertions de Levaillant. Mais comme nous possédons dans le Musée de Paris un Individu reproduisant d’une manière complète les traits de

la Figure 88 de Buffon; comme cet Individu est dans un parfait état de conservation;

comme, loin d’être venu par la voie du commerce, il a été envoyé de l’Afrique Australe à notre Collection Nationale par la Société des Missions Protestantes, que personne, nous l’espérons du moins, ne soupçonnera d’une supercherie; on ne s’étonnera pas que nous osions émettre une opinion différente de celles de tant de Zoologistes Eminents. |

Pour mettre, au reste, les Ornithologistes en mesure de se prononcer, nous nous bornerons à copier la Description si parfaite donnée par Brisson (Ornith. vol. 2, page 72). Sauf une petite rectification que nous nous somme permis de faire, nous pensons qu'il est très-diflicile de décrire aussi bien, et impossible de décrire mieux. D’ailleurs, nous ne devons pas oublier que le travail de Brisson a servi à Linnée pour établir Espèce en faveur de laquelle nous demandons le droit de Cité. Voici en quels termes s’exprime Brisson : | |

« l'est à peu près de la grosseur d’un Geai.. Les parties supérieures de la tête et » du cou sont vertes. La partie supérieure du dos et les plumes scapulaires sont » d’un fauve mêlé de vert ou plutôt d’un fauve changeant en vert d’olive, selon les » différents aspects sous lesquels elles se présentent. La partie inférieure du dos, lecrou- » pion et les petites couvertures du dessus des ailes sont d’un beau bleu. Les couvertures » en-dessus de la queue sont variées de bleu et d’aigue-marine. La gorge, la partie in-

» férieure du cou et la poitrine sont violettes, et chaque plume de la gorge et de la partie

» inférieure du cou a dans son milieu une ligne blanche qui s'étend selon la longueur » de sa tige. Le ventre, les côtés, les jambes, les couvertures du dessous de la queue » et celles du dessous de l’aile sont d’un bleu d’aigue-marine. Les grandes couvertures » du dessus de l'aile sont variées de bleu d’aigue-marine et de vert. Les plumes de laile

, se » sont d’un bleu d’aigue-marine, depuis leur origine Jusque vers la moitié de leur lon-

» gueur : le reste est en dessus d’un bleu très-foncé du côté extérieur et noir du côté » Intérieur , et au contraire, en dessous, il est noir du côté extérieur et d’un bleu très-

ROLLIER D ANGOLE.

» foncé du côté intérieur (1); de plus, la üge de chaque plume est noire dans toute sa lon- » gueur. La queue est composée de douze plumes : les deux du milieu sont d’un vert » sombre; les latérales sont d’un bleu d’aigue-marine et terminées de bleu foncé, ex- » cepté la plus extérieure de chaque côté, dont la partie qui excède la longueur des » autres est noire. La tige de chaque plume est de cette dernière couleur dans toute sa » longueur, etc... » |

Les dimensions de l’Individu sur lequel nous avons constaté l’exisience des carac-

ières indiqués ci-dessus sont les suivantes :

1° Du bout du bec à l’extrémité des pennes médianes de la queue

(en ligne droite). 0-26

2° Longueur des pennes médianes de la queue (mesurées en dessus). 0,11 + — de la partie excédante des pennes caudales externes. 0, 095

4° — dela partie nue du tarse jusqu'aux doigts. 0, 02

5° — du doigt médius (l’ongle y compris). 0, 03 6° — du doigt externe id. 0, 025 ni — du doigt interne id. | 0,018 8° — du pouce id. 0,014 9° — du bec (depuis la commissure jusqu’à la pointe). 0, 032

10° — de Paile. sOYIr

Présentement si nous comparons cette Espèce avec le Rollier d’Abyssinie, indépendamment de celles qui sont fournies par la coloration différente de la gorge de la partie inférieure du cou et du thorax, nous trouvons les différences suivantes.

1° La teinte du dessus de la tête et de la région dorsale est plus olivâtre, plus nuancée de vert-pré dans le Coracias caudata. Les couvertures supérieures de la queue, au lieu d’être bleues, sont variées de bleu et d’aigue-marine, mais cette dernière teinte est prédominante.

2° Dans le Coracias caudata, en-dessus, les pennes de l’aile dans la dernière moitié de leur longueur sont d’un bleu très-foncé en dehors, et noires en dedans. Dans le Cor. Abyssinica , le côté interne de la penne présente du bleu foncé tout le long de la üge. Dans le Cor. Abyssinica, les pennes médianes de la queue sont plus foncées, plus brunes que dans le Cor. caudata, et les pennes latérales ne sont pas, comme dans cette dernière Espèce (sauf la tache bleue de l’extrémité), de couleur uniformément aiguemarine.

Îl est impossible, enfin , de confondre le Rollier d’Angole avec le Cor. Bengalensts ;

Car , indépendamment du mode de coloration différente présenté par les ailes et la

queue, le bec de l’Espèce Indienne est plus fort et plus développé que celui de l’Espèce Africaine.

(1) Notre Individu présente du noir le long de la tige sur cette moitié interne de la penne.

ROLLIER D ANGOLE.

Il nous semble dés lors utile et nécessaire de réintégrer dans le Système Ornithologique l’Espèce méconnue par Levaillant, Cuvier, Vieillot, Wagler et par MM. Temminck et G. R. Gray, et d'établir comme il suit la Synonymie.

1° Rollier d’Angole.

Coracias caudata, L. (12° éd. vol. 1, p. 160, n° 6).

Coracias caudata, Gm. (1, p. 380, n° 6).

Coracias caudata, Lath. (Index, p. 69, n°3).

Galgqulus Angolensis, Briss. (Ornith. 2, p. 72, n° 3, pl. 7, fig. 1).

Le Rollier d’Angole, Buff. (3, p. 144, Enl. 88). | Long tailed Roller, Lath. (1"° éd. 1, p. 409, et 2° éd. 3, p. 74). Rollier d’Angole, Daud. (Ornih. vol. 2, p. 260 ).

Coracias Angolensis, Shaw. (Gm. Zool. 7, p. 394, pl. 51).

Coracias Natalensis, Licht. Verzeich. Sudafric Thiere, p. 16 (1842).

2 Rollier d’Abyssinie.

Coracias Æbyssinica (Gm. 1, p. 379, n°7).

Coracias ÆAbyssinica, Lath. ({ndex, p. 169, n° 5).

Rollier d’Abyssinie, Buff. (3, p. 143, Enl. 626). | Æbyssinian Roller, Lath. (1"° éd. 1, p. 408, et 2° éd. 3, p. 76). Follier à longs brins d'Afrique, Vaill. ({ Roll. pl. 25).

Coracias Abyssinica, Daud. (Ornith. 2, p. 260, 5).

Galqulus caudatus, Vieill. (Dict.t. 29, p. 433).

Coracias caudata, W ag]. (Syst. Av. 1827),

Maintenant, le Coracias Senegalensis de Gmelin, reposant sur l'individu de la Planche enluminée de Buffon qui porte le n° 326, doit-il être considéré comme une Espèce distincte, ou simplement comme une Variété du Corac. A byssinica, comme le prétendent les Auteurs etentre autres Shaw, qui les décrit l’un et l’autre sous le nom de Coracas alhifrons ? Là-dessus, notre opinion est bien loin d’être arrêtée : les individus du Sénégal que nous avons vus jusqu'ici ne présentant point le caractère différentiel signalé par Buffon et ceux qui ont partagé son opinion , et ressemblant par cela même à l’Espèce du Nord-Est de l'Afrique, on nous pardonnera, nous l’espérons du moins, la réserve que nous nous permettons de garder à ce sujet.

Nous souhaitons vivement que ce curieux exemple d’une restitution Scientifique aussi tardive produise ses fruits à l'avenir, en modérant la précipitation avec laquelle on se laisse entrainer à

éliminer certains Types Spécifiques anciens, devenus difficiles à retrouver ou à se procurer.

Iconographie Ornithologique. jme Liv.

ROLLIER D ANGOLE.

Nous ajouterons que deux beaux Individus du Coracias caudata se voyaient dans la Riche Collection dont M. le Prince d'Essling

vient de priver la Science en Europe et surtout en France.

PERDRIX DE BONHAN.

PERDIX BONHAMI. Frassr, ne S. 1843, p. 70.

CACCABIS BONHAMI. G.R. Gray.

SPEC. CHAR. — Arenaceo-flava, plumis nigro adspersis præsertim apud latera, | collum et pectus, hoc not circulari ornato; strigis superciliaribus subocularibus, et frontalibus nigris; plunus auricularibus albis,

laterum plumis nigro-marginatis; rectricibus caudæ quatuor ex- |

ternis crissoque rufis; rostro corneo.

Fœmina. Disuünctius adspersa, quamvis notis nigris auribusque albis, maris signis caret. (Fraser, loc. cit.)

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