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PLANCHE XXXI

C'est à Azara que l’on doit la Découverte et la Description première de cette Espèce de Conurus. Voici ce quil en dit :

« L'Individu que je décris est le seul que Jaie vu; il avait été » pris sous le 24° degré de latitude.

» Formes. — Tête un peu aplatie en dessus, peau nue du tour » de l'OEil, ne communiquant pas avec la membrane du Bec; r2 » Pennes pointues, et également étagées à la Queue; l’extérieure

» de 33 lignes plus courte que les deux du milieu.

Iconographie Ornithologique. — 6" Liv.

PERROQUET À TÊTE BLEUE DU PARAGUAY

DIMENSIONS

Longueur totale, 12.1}, —— de la queue, | 4 — du bec, 12 lignes.

» Couleurs. — Tout le Plumage est d'un vert plus clair en dessous qu'en dessus, à l'exception du haut de la Tête, qui est d’un bleu faible, et des Pennes de la Queue, les deux intermédiaires exceptées, dont le côté intérieur et l'extrémité sont incarnats. Le Tarse est olivatre, le Bec pale avec sa pointe noirâtre, la Langue noire, l'iris rouge et le tour de l’'OEil presque blanc. »

Vieillot, qui a donné à ce Perroquet le nom de Psittacus acuti-

caudatus, n'a fait que reproduire textuellement la Description ci-dessus d’Azara, sans en avoir vu d’Individu en nature.

Spix, plus heureux, l’a retrouvé dans les environs de Bahia, croyant en faire la découverte, et l’a décrit dans le même état de Plumage indiqué par Azara, sans se douter que ce dernier en eût parlé, car il ne le cite pas, contre son ordinaire, dans sa Synonymie : comme Azara, il dit son front seulement bleu.

Ce qui nous fait publier après Spix la Figure de cette Espèce, c'est d'abord que la sienne est peu satisfaisante: c’est ensuite que nous avons de fortes raisons de penser que les Individus décrits par Azara et par lui ne sont que des Femelles, si on les compare à l'individu que nous représentons, et que nous allons décrire. Notre Planche aurait donc au moins le mérite de faire connaitre le Mäle.

Description. — Front, tout le dessus de la Téte, ses côtés, la face entiere, le Menton et la Gorge, bleu cendré; fausses Rénuges el extrémité intérieure des primaires, bleu terminé de noir, cette dernière couleur étant celle de la uge des Plumes, aux Ailes comme

aux Rectrices : corps en dessus vert-pré grivelé de nuances vert-de-

PERROQUET À TETE BLEUE DU PARAGUAY

gris; en dessous vert-jaunatre pruiné, à partir de la Gorge jusqu’au milieu de Abdomen d’un cendré-bleuatre, se reliant d’une manière insensible au bleu-cendré du Menton; Queue, en dessus, du même vert que le Dos; les deux Rectrices médianes sans autre mélange de couleur que le dessous, qui devient jaunâtre sale; chacune des autres Rectrices en dessus extérieurement vertes, intérieurement rouge-vineux vil, en dessous jaune sale dans la moitié correspondante au vert, et rouge-jaunâtre dans celle correspondante au rouge; Mandibule inférieure noire; supérieure, qui est crochue et

excessivement aigue, couleur de corne blanc rosé, terminée de noir.

DIMENSIONS

Longueur totale, 35 cent

— de la queue, 17

Cet Individu, que nous considérons, non comme une variété, mais comme le Mäle jusqu ici inconnu et non décrit de l’'Espèce, est au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, à l'Administration duquel il a été envoyé de Corrientes, en juillet 1829, par le savant Voya-

seur M. Alcide d'Orbignv.

GENRE PHILÉPITTE.

GENUS PHILEPITTA (Isip. GEorr. SainT-HILAIRE).

GEN. CHAR. Rostrum. — Longitudinis capitis, triangulare, latius quam altum, versus apicem depressiusculum, perconvexum, ferè absque denticulo.

ÎVares. — Laterales, a basi parüm distantes, lineares, tantulum obliquæ.

Tarsi. — Élongati, squammati; digiti quatuor, maximé pollex,

longi, fortes; ungues magni, compressi, acuti, InCurvatissimi ; externus cum intermedio longiori usque ad articulum primum connatus ; internus brevior basi separatus.

Ale. — Longiusculæ, sub-obtusæ vel obtusæ.

Cauda. — Breviuscula, rectricibus æqualibus 12.

Nous croyons ne pouvoir mieux faire, de même que pour le Genre Mesites, que reproduire ce que M. Isid. Geoffroy Saint- Hilaire a modestement appelé Nouce, c’est-à-dire l'Excellent Mémoire dans lequel ce Savant Acadéinicien a établi ce Genre intéressant, et qu'il a publié dans le Magasin de Zoologie, année 1839, Class. 2, PI. 3 :

« G. Philépitte — Philepitta.

» Ce nom indique un Oiseau participant à la fois des Caractères

» des Philédons et de ceux des Pitta ou Brêves. La Description

Iconographie Ornithologique. — 6% Liv. 2

GENRE PHILEPITTE.

suivante va montrer que ce Genre a en effet des rapports plus ou moins intimes avec les uns et les autres, et aussi, à d’autres égards, avec diverses Sections de Gobe-Mouches, sans toutefois qu'il soit possible de le confondre avec aucun autre Groupe.

» Le Bec, qui forme presque la moitié de la longueur totale de la Tête, est de forme triangulaire, un peu plus large que haut, à arête supérieure mousse, légèrement convexe sur toute sa longueur, mais plus sensiblement vers la pointe, qui, toutefois, ne forme pas crochet. La commissure des deux Mandibules est sensiblement courbe, aussi bien que l’arête supérieure. Il n'existe point de véritable échancrure mandibulaire; mais seulement, au lieu où la Mandibule supérieure est échancrée chez la plupart des Passereaux , une sinuosité à peine sensible. À la base du Bec on voit un petit nombre de soies très-fines et flexibles.

» Les Narines sont des fentes presque linéaires, dirigées d'avant en arrière et un peu de bas en haut; elles sont percées en bas et en avant d’un espace membraneux d'une étendue moyenne.

» Les Yeux, dans l'Individu qui sert de type à ma Description, sont environnés d’une nudité, et surmontés d’une caroncule membraneuse, qui sera décrite lorsque jindiquerai les Caractères spécifiques. |

» Les Tarses sont assez allongés et écussonnés; les écussons sont tellement grands, ou même de forme tellement allongée, qu'il n'en existe, en avant, que six pour toute la longueur du Tarse; en arriére il existe d’autres écussons plus petits.

» Les Doigts sont remarquables par leur longueur et par le développement des Ongles. Le Doigt médian, qui, en y comprenant son ongle, égale la longueur du Tarse, est réuni à sa

base sur une petite étendue avec le Doiet externe. L’interne, qui S

Le

LA

LA

GENRE PHILÉPITTE.

est libre, est un peu plus court que celui-ci. Le Pouce est très-long et très-fort ; la longueur de sa portion phalangienne est à peu près égale à celle de la portion phalangienne des Doigts latéraux, et son Ongle est beaucoup plus développé que les Ongles de ceux-ci, et égal à celui du Doigt médian. Quant à leur forme, tous les Ongles sont comprimés, aigus et trèsrecourbés : la courbe que représente chacun d'eux est à peu près le tiers de la circonférence du cercle.

» La Queue se compose de douze pennes égales, irrégulièrement arrondies à leur extrémité, et assez courtes.

» Les Ailes, assez longues, atteignent presque en arrière l’extrémité de la Queue. Les pennes vont en croissant de la première à la seconde, de celle-ci à la troisième et à la quatrième. Notre Individu ayant les pennes un peu usées, je n’ai pu constater exactement les rapports de longueur de ces deux dernières : il est toutefois certain que s’il existe entre elles une différence, elle est trés-peu marquée.

» Le Plumage est généralement composé de Plumes veloutées, et la taille est celle de la plupart des Gobe-Mouches et Traquets. » En comparant cette Description avec les caractères des Genres déjà connus, on reconnaitra que les Philépittes se rapprochent, sous divers rapports, des Brêves, des Philédons, des Martins, et enfin de plusieurs Oiseaux compris dans le vaste groupe des Gobe-Mouches.

» Ainsi, dès le premier aspect, les Philépittes rappellent les Brèves par leur port général, notamment par leurs jambes, assez hautes, la brièveté de leur Queue et la proportion de celle-ci et des Ailes; mais l'analyse démontre que la plupart de ces analogies

sont plutôt apparentes que réelles; ainsi les Doigts sont propor-

Lea De

Le

GENRE PHILÉPITTE.

tionnellement beaucoup plus développés que les Tarses chez les Philépittes, et c’est le contraire qui a lieu chez les Brêves. En outre, dans celle-ci, la seconde, la troisième et la quatrième penne sont égales, ce qui constitue une différence très-importante, et qui suffirait seule pour indiquer des mœurs très-diverses aussi. Quant au Bec et aux Ongles des Philépittes, ils différent considérablement de ceux des Brêves, et 1l en est de même des Caractères moins importants, mais encore très-dignes d'attention, qui se rapportent à la forme des narines et à la disposition des. téguments des Tarses (1). |

» Pour la comparaison des Philépittes et des Philédons, il est rés-regrettable de ne pouvoir faire entrer en ligne de compte la disposition de la Langue chez les premières. En attendant que cette lacune soit remplie par les observations ultérieures, la comparaison extérieure suffit toutefois pour montrer dans les Philépittes un Genre voisin des Philédons, mais suffisamment caractérisé par les modifications, plus haut décrites, de ses Pattes.

et par la composition notablement différente de sa Queue et de

» ses Ailes. Les Philépittes seraient exactement aux Philédons ce

que les Brêves et les Myothères sont aux Merles, sans la forme de leurs Ongles, qui indique des Oiseaux bien plutôt percheurs que marcheurs.

» C'est par les proportions et la disposition du Tarse et des Doigts que les Philépittes ressemblent aux Martins; mais, outre

plusieurs autres caractères, la forme et la situation des Narines

(1) « Ce que je dis ici des Brèves doit s'entendre des véritables Brêves, et non de quelques Espèces, au reste, plus différentes encore des Philépittes, qui leur ont été jointes à tort;

par exemple, de celles que M. Lesson à distinguées dans son Manuel d’ Ornithologie, sous le nom générique de Myiophaga. »

GENRE PHILÉPITTE.

des premiers , et la composition de leurs Ailes, les distinguent

très-nettement des Martins, et aussi bien des Espèces pourvues,

comme l’est la Philépitte, de caroncules cutanées, que des

Espèces ordinaires.

» Parmi les Gobe-Mouches, ou du moins parmi les Oiseaux qui ont été compris par les Auteurs sous ce nom mal défini, il est deux Espèces surtout qui peuvent être comparées aux Philépittes, le Muscicapa Telescophtalma de la Nouvelle-Guinée, et le Muscrcapa Longipes de la Nouvelle-Zélande. Ces deux Oiseaux remarquables, d’abord décrits sous ce nom par MM. Garnot et Lesson, ont depuis été placés par le dernier de ces Auteurs dans deux Sous-Genres proposés par lui sous les noms d’#rse et de Miro. Les rapports entre la Philépitte et le Muscicapa ou Arses Telescophtalma consistent surtout dans l'existence, chez l’une et l'autre, de caroncules membraneuses placées au-dessus de l'OEil, et d’ailleurs assez diversement disposées : or ces rapports sont bien plutôt de valeur spécifique que générique; d’autres Espèces de Philépittes, et les jeunes sujets, peut-être même les Femelles de l'Espèce dès à présent connue, peuvent très-bien ne présenter aucune trace de caroncule. Quant au Muscicapa où Miro Longipes, Espèce beaucoup plus voisine, selon moi, des Myothera que des véritables Muscicapa, ses Tarses, beaucoup plus élevés et non écussonnés, sans parler de quelques autres Caractères moins importants, ne sauraient permettre de la réunir génériquement aux Philépittes. | | » Beaucoup plus voisines, en somme, des Philédons que de tout autre groupe, les Philépittes doivent donc former un Genre distinct, que l’on peut ainsi caractériser :

» Bec. — Presque aussi long que le reste de la Tête. triangulaire, Iconographie Ornithologique. — 6%° Liv. 3

GENRE PHILÉPITTE.

» un peu plus large que haut, à arête supérieure mousse, lége- » rement convexe, sans véritable échancrure mandibulaire.

» Narines. — Latérales, peu distantes de la base, linéaires, un » peu obliques. |

» Tarses. — Assez longs, couverts de très-grands écussons, quatre » Doigts, et spécialement le Pouce, allongés, forts, et armés » de grands ongles comprimés, aigus, très-recourbés. Parmi les » trois Doigts antérieurs, le médian, qui est le plus long de tous. » réuni à sa base à l’externe; l’interne, le plus court de tous, » libre dès sa base. | » Queue. — Âssez courte, à douze pennes égales. » Ales. — Assez longues, subobtuses ou obtuses. » Ce Type est jusqu’à présent particulier à Madagascar, où il

parait rare.

PHILÉPITTE VELOUTÉE.

PHILEPITT A4 SEÉRICE À. Is. Grorrroy Sr-Hiramme, Mag. de Zool., 1839. Os, pi 9.

SPEC. CHAR. — Ph. in toto nigerrimä, maculà flavä super alulam exceptäà ; pülosi Astrapiæ ac Epimachorum ad instar sericeâ; loro nudo: supercilio membranis superpositis, ex auribus usque ad rostri basim, carunculato ; rostro pedibusque nigris. |

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