COLIN A BARBE BLANCHE
tête, peu disposées à former une huppe, et dans tous les cas cet ornement étant à peine sensible au moins sur l’Individu qui a servi à notre description); le bas de la nuque, le derrière du cou et tout le dessous du COrps, à partir du plastron blanc de la gorge, d’un brun-roux régulièrement ocellé de blanc fauve, chaque miroir blanc cerclé de noir, bec noir, pattes cendrées.
Notre Figure est faite d’après un Individu envoyé par l'honorable M. Lesson, au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, dans les Galeries duquel il figure aujourd’hui.
Cette belle espèce parait habiter l'Amérique centrale : c'est de San-Carlos que l’a recue M. Lesson , qui, le premier, l’a fait con-
naitre, et dont nous avons reproduit la Caractéristique Latine.
GENRE ATELORNIS.
GENUS ATELORNIS. PucHeran, Rev. Zool., juin, 1846, p. 193 et suivantes.
GEN. CHAR. Rostrum. — Robustum, compressum, convexum, apice procurvum, nec aduncum uncinatumwve.
IVares. — Lineares, in membranâ apertæ, plumis frontalibus ac vibrissis semi-opertæ.
Alæ. — Breves, obtusæ; quarta remigum longior; quinta ferè coæqualis.
Tarsi. — Longissimi, pollex contra maximè brevis.
Cauda. — Elongata, rotunda, ac ferè graduata.
Notre honorable Collègue, M. le baron de la Fresnavye. publia en 1034 ( Wag. de Zool., cl. 11, pl. 31 et 32) son Sous-Genre Brachyptérolle, Brachypteracias, fondé sur deux Oiseaux de Madagascar, appartenant à la Famille des Rolliers, qu’il nomma Brachyptérolle Courol, Br. leptosomus, et Brachyptérolle Brève, Br. pittoides, auxquels, sous le nom de Pr. squammisera, il adjoienit une troisième Espèce qu'il décrivit en 1838 ( Rev. Zool., D. 224 ).
Ce Genre remarquable, établi sur trois Espèces également rares, également de Madagascar, cessait depuis ce temps d'occuper l’at-
tention des Zoologistes, lorsque notre studieux Ami, M. le Docteur
Iconographie Ornithologique. — 70e Lrv. 1
GENRE ATÉLORNIS.
Pucheran, livré tout entier à l'étude des Types Ornithologiques Madécasses, crut apercevoir entre la première et les deux dernières de ces trois Espèces, des différences ayant la valeur de caractères assez prononcés pour créer au profit de celles-ci un Genre ou Sous- Genre nouveau, appelé par lui Ætelorns, Oiseau-Ætele, c'est-à-dire imparfait, incomplet.
Ce nom exprime en effet l’un des principaux caractères de ce Genre, qui est, non point de manquer absolument de pouce, mais de l'avoir imparfait et en quelque sorte à l'état rudimentaire, ce qui établit à ce point de vue des rapports presque identiques d'oreanisation entre ce groupe d’Oiseaux et le groupe de Singes dont l'illustre Et. Geoffroy Saint-Hilaire a, en 1606, constitué un Genre sous ce même nom significatif de Ætèles (4xe%), par la raison que leurs mains antérieures sont dépourvues de pouce ou ne l'ont que rudimentaire.
Voici, au surplus, la partie du Mémoire de M. Pucheran, consacré presque en entier à la description de l'Espèce Type et à sa comparaison avec les deux autres espèces, relative à l’établissement de ce
nouveau Genre :
« Si nous comparons le Br. squammigera aux deux espèces antérieurement décrites
» (Br. leplosomus et Br. pittoides), nous trouvons les différences et les analogies sui- » vanies :
« 1° West intermédiaire par sa taille entre le Brachypteracius leptosomus et le Br. » pittoïdes ; mais il s’éloigne de la première de ces Espèces, pour se rapprocher de la » seconde, non-seulement, comme l’a dit encore M. de la Fresnaye, par son tarse plus » allongé, mais en outre par la brièveté du pouce.
» 2° La forme générale de son bec est celle du Br. leptosomus, mais il est moins fort, » plus comprimé. Sous ce dernier point de vue, il ressemble plus au Br. pittoides, et » semble le lien d’union de ces deux Espèces. La forme et la structure de ses narines » moins couvertes, plus ouvertes par cela même et plus ellipsoïdales, le rapproche en » second lieu du dernier de ces Types. Il s’en rapproche encore par le roux de l’es-
LA
GENRE ATEÉLORNIS.
pace dorsal interalaire, mais s’en éloigne par la coloration différente du dessus de
» Ja tête, de la queue, des parties inférieures, etc.
» 3° Par la coloration des taches des couvertures alaires, 1l ressemble, au contraire, au Br. leptosomus, mais s’en éloigne par les plumes à forme arrondie, des parties inférieures, coupées carrément dans le dernier. Le mode de coloration offre dans les deux, ilest vrai, beaucoup d’analogie; mais la zône blanche terminale de sa queue, si peu étendue chez le Br. leptosomus, est remplacée par du bleu occupant un plus large espace chez le Br. squammigera ; le dessus de la tête, en outre, offre des conditions de ptilose totalement différentes dans les deux Espèces que nous comparons.
» Les trois Espèces que nous venons de comparer se ressemblent donc beaucoup réciproquement, en même temps que des différences qu’on aurait tort de dédaigner tracent entre elles des lignes de démarcation bien tranchées. Ceci devient même évident par la comparaison des formes du bec; car nos Individus d’une même espèce, comparés entre eux, offrent des modifications différentielles qui, à nos yeux, n’ont qu'une valeur individuelle. Un fait de même nature nous est offert par le Genre Mésite, Mesites (Is. Geoffroy St.-H. ). L’Espèce décrite tout récemment par M. des Murs, celle qui l’a été plus anciennement par M. le Professeur Geoffroy Saint-Hilaire Hils, se ressemblent considérablement entre elles par la coloration, et cependant des formes rostrales différentes les séparent nettement. |
» Quant à ce qui concerne la place du Genre Brachyptérolle dans le système, nous pensons que ce Type générique est bien placé à côté des Rolliers. Nous trouvons beau: coup de ressemblance entre ces deux Genres par la structure des doigts. Quoique chez les Rolliers les doigts soient moins allongés, il y a chez eux moindre allongement du doigt mterne comparé à l’externe; sous ce point de vue, nos Brachyptérolles leur ressemblent. Le tarse, il est vrai, est moins allongé chez les Rolliers, mais dans les Genres voisins (Kitta, Myophonus, Calodera) cet allongement reparaït, quoique les deux doigts latéraux diffèrent moins en longueur. I y a là un lien de transition, par l’intermédiaire de l’organe locomoteur, entre deux Types d’ailleurs si séparés par la forme du bec.
» Pour ce qui est du pouce généralement petit chez les Rolliers, l’un de nos Brachyptérolles (c’est le Br. collaris ) le présente très-bien formé, presque aussi grand que chez le Kutta virescens ; chez le Br. pittoïdes et le Br. squammigera, il est, au contraire, très-rudimentaire, tandis que le tarse devient plus allongé; mais cet allongement du tarse est le seul point de ressemblance qu’ils nous semblent, pour le membre postérieur, offrir avec les Brèves. Ghez les Brèves, en effet, le pouce est très-bien formé, muni d’un ongle, le plus fort de tous ceux de la patte ; le médius est plus long que les deux doigts latéraux, et parmi ceux-ci, l’interne moins long que l’externe. Rien de semblable chez nos deux plus petites espèces de Brachyptérolle; les deux doigts latéraux sy trouvent plus longs par rapport au médius. De plus, chez les Brèves, le
GENRE ATELORNIS.
doigt externe est réuni au médius jusqu'à la première articulation, l’interne en grande
partie libre. Chez nos Brachyptérolles, je trouve le doigt interne, aussi bien que
l’externe, très-peu réuni au médius.
» Dans la structure de Paile, je trouve la quatrième penne la plus longue, la cinquième l’égalant presque, comme dans le genre Âtta : sous ce point de vue, par conséquent, notre Type madécasse s'éloigne des Genres Coracias et EURE pour se rapprocher des Brèves.
» Quoi qu’il en soit de ce mélange de caractères appartenaul à divers Genres, nous croyons devoir isoler du Genre Brachyptérolle le Brach. pittoides et le Brach. squammigera. L’allongement du tarse et la brièveté du pouce nous semblent légitimer cet isolement, et nous désignerons ce nouveau Type Générique sous le nom d”’4telornis. Les deux Espèces ci-dessus indiquées deviendront Æfel. pittoïdes et Atel. squammigerus. Peut-être même, lorsque nous connaîtrons un plus grand nombre d’Individus de ces deux Types, sera-t-il nécessaire, à cause des différences dans la forme du bec, de séparer de nouveau ces deux Espèces; mais momentanément nous croyons prudent de les isoler seulement du Brach. leptosomus. »