‹ Iconographie ornithologiqueChapitre 54 sur 101 · PLANCHE XL · texte numérisé non relu

PLANCHE XL

« Gette jolie Espèce, voisine du Tanagra Zena (Gmel.) ou T. mullhicolor (Vieill. Gal. des Ois.) et du T°. Pretrei (Lesson, cent. Zool., PI. 45), a la tête et le cou entier d’un noir profond divisé par cinq bandes blanches longitudinales dont deux sourcillières descendant jusqu’à la nuque, deux en forme de moustaches se prolongeant latéralement, mais se perdant dans le noir du cou, et la cinquième occupant le milieu de la gorge et le devant du cou; il y a en outre une petite tache blanche médiane à l’ origine des plumes du front; la queue est noire, la dernière rectrice latérale seulement est terminée par une tache oblongue blanche sur son côté interne; les ailes sont également noires, mais les grandes couvertures et les rémiges ont une bordure blanche tout le long de leur bord externe, qui tranche merveilleusement et produit un charmant

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TANGARA ZÉNOIDE.

effet. Tout le dessus de l’Oiseau, depuis la nuque jusqu'aux rectrices, est d’un ohvs jaunâtre légèrement orangé sur le cou et sur le croupion; le dessous, depuis le bas du cou, est d’un orangé très-vif sur la poitrine et le milieu du ventre, s’affaiblissant et passant au jaune sur les flancs et les côtes de l'abdomen dont le milieu seulement, les jambes et les sous-caudales sont blancs. Le bec, qui est d’un noir plombé, assez éleve à sa base, est visiblement arqué dans sa longueur, élargi à sa naissance, comprimé vers la pointe, dont l’échancrure est prononcée : les pieds sont noirs.

DIMENSIONS

« Longueur totale, 18 cent.

» [l vient de la Jamaïque. Sur cinq Individus venant tous du même Envoi, nous n’avons pu remarquer aucune différence de coloration, si ce n’est qu’un d’eux, que nous soupconnons être une femelle, avait la tête et le cou grisâtres.

» Observations. — Nous avons donné à cet Oiseau le nom de Zenoïdes, à cause de ses grands rapports de coloration avec le Fringilla (Tanagra) Zena de Gmelin , Fringulla Bahamensis (Brisson), que Vieillot décrivit et figura dans sa Galerie sous le nom de Tunagra mulicolor ; il en a beaucoup aussi avec le Tangara de prêtre (Lesson), mais difière évidemment de tous deux, et forme avec eux un petit groupe particulier aux Antilles, à Cuba, aux îles de Bahama, de la Jamaïque et de Saint-Domingue, groupe que l’on peut désigner comme groupe de coloration. M. Lesson indique son T. de prêtre comme du Brésil, mais nous l’avons vu en certain nombre dans une Collection de Cuba, et jamais dans une Collection venant du Brésil.

» Notre Zenoïdes diffère du Zena et du T. de prêtre : 1° par le noir de son cou, qui descend beaucoup plus bas que chez eux ; 2° parce qu’au lieu d’avoir, comme eux, le menton grisâtre et la gorge ainsi que le devant du cou jaunes, ces mêmes parties sont chez lui d’un blanc de neige encadré de noir latéralement et inférieurement ; 3° parce qu’au lieu d’avoir, comme eux, en dessus, un demi-collier et le croupion d’un brun orangé, 1] a ces parties d’un jaune olive; 4° qu’au lieu d’avoir, comme eux, les petites couvertures de l’aile d’un brun-cannelle, il les a d’un noir profond. Il diffère en outre du T°. Pretrei, par une taille beaucoup plus forte ; un bec plus haut, plus large et plus arqué; par la couleur des flancs et du ventre, qui sont blancs chez ce dernier, et par la longueur respective des pennes de l’aile, tout à fait différente chez les deux Espèces. Chez le Zenoide, la dernière rectrice latérale seulement a une tache blanche terminale interne; chez les deux autres, le blanc règne en grande partie sur plusieurs d’elles de chaque côté.

» D'après les descriptions du Zena , par Brisson, Gmelin, Vieillot, cet Oiseau devrait avoir à peu près la taille du nôtre; mais tous le décrivent avec les caractères de coloration Que nous avons indiqués ci-dessus, et qui diffèrent évidemment de celle du nôtre. Îl est très-probable que notre Espèce est particulière à la Jamaïque, d’où elle à

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TANGARA ZÉNOIDE.

été rapportée en assez grand nombre; que le Tangara de prêtre l’est à Cuba, d’où il est venu dans les collections de M. de la Sagra, et que le T. Zéna l’est peut-être aux îles de Bahama, d’où vient son nom de Bahamensis. (Brisson.) »

Nota. C'est à l'obligeance de notre docte Collègue, M. le Baron de Lafresnaye, que nous devons la diagnose et toute la description qui précèdent. Nous les avons extraites textuellement d’une Lettre qu'il nous a adressée de Falaise, à la date du 20 décembre 1846. Nous avons même été assez heureux pour obtenir de lui, dans l’intérêt de l'exactitude de notre Dessin, la communication de l’Individu qui a servi de type à son travail, et qui figure ajourd'hui dans les Galeries du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. auquel il en

a gracieusement fait don.

GENRE LEPTOSCÈLE.

: GENUS LEÉPTOSCE LIS. O. »es Murs.

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GEN. CHAR. Rostrum. — Longum, tenue, rectum.

INares. — Basales.

Alæ. — Mediocres; primariæ tres ferè æquales, secunda longissima. Cauda. — Subrotundata. |

Tarsi. — Mediocres; digiti longi et tenues; nullus digitus posterior;

Ptülosis junioris seniori dissimilis (Fraser, Proced. Z.S., octob. 1844, p. 157).

Telle est la Diagnose donnée par M. Fraser, de ce Genre établi par lui sur un petit Échassier du Chili, dont nous allons retracer les caractères.

Le Bec de cet Oiseau reproduit exactement celui des Chevaliers, et notamment, comme l'indique M. Fraser, celui du Totanus chloropygius (Vieillot). Comme chez celui-ci, il est allongé, assez mince et droit; les Narines sont situées à la base du Bec; les Ailes médiocres : les trois premières Rémiges sont presque d’égale longueur; cependant la seconde dépasse les deux autres; la Queue est arrondie, avec l'extrémité des Rectrices légèrement acuminée; les Tarses médiocres; les Doigts allongés et gréles, et absence complète de Pouce. Sous ce rapport, ses pieds ressemblent assez à ceux des Pluviers, et plus particulièrement, suivant la remarque de M. Fraser, à ceux du Hiaticula tricollarts.

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GENRE LEPTOSCÈLE.

C’est, en effet, on le voit, un Oiseau de transition entre ces deux Genres. |

Aussi est-il à regretter que dans le Nom choisi par le Créateur de ce Genre, rien n'indique ni cette transition, ni son caractére le plus remarquable de l'absence de Pouce.

C'est sagement, sans aucun doute, que M. Fraser a songé à remplacer le nom de ZLeptopus, sous lequel il la d’abord fait connaitre lors de la présentation du Type à la Société Zoologique de Londres, puisque cette dénomination est une de celles qui ont été le plus souvent employées et appliquées à des Classes les plus étrangères les unes aux autres, telles qu’à celles des Reptiles, des Poissons, des Crustacés et des Insectes. Mais il aurait pu être mieux inspiré dans le choix du second Nom de Leptodactylus. qu'il a substitué au premier; car ce nom a été également usité par plusieurs Naturalistes, entre autres, par Illiger, qui l’a appliqué à un Ordre de Mammifères.

Ce n'est qu'avec regret, en présence de ces doubles emplois, que nous nous sommes vu forcé de refaire de nouveau le nom de ce Genre, pour nous conformer aux principes unanimement admis en cetie matière, et pratiqués avec une sévérité inexorable par des Naturalistes étrangers. Seulement, contrairement à nos habitudes, qui nous portaient à adopter un nom plus indicatif des caractères de transition que comporte cet Oiseau, nous avons fait tout notre possible pour conserver à notre dénomination la trace de son origine, et, par conséquent, pour y rattacher le souvenir de l’'Honorable Fondateur du Genre, en lui appliquant celle de Leptoscelis, xerri graculis, et ous crus, femur, si peu satisfai-

sante qu'elle nous paraisse.

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LEPTOSCÈLE DE MITTCHELL.

ILEPTOSCELIS MITCHELLIT. (Fraser) O. Des Murs. LEPTOPUS ET LEPTODACTYLUS MITCHELLIT (Fraser).

SPEC. CHAR. — Zeptopus. Capite fuscescente lineä albä circa verticem; collo ferrugineo; corpore supernè cinereo-fusco purpureis metallicis coloribus ornato ; fasciä albâ apud pectus ; subtüs fasciis parvis albis et nigris alternis ; rostro saturatè viridi; tarsis flavis (Fraser, Proced. S. Z., 1844, p. 157).

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