PLANCHE II
Nous avons dit, dans la Caractéristique générique qui précède, que la différence de conformation du bec chez les deux sexes avait fait faire de chacun d’eux une espèce distincte par le créateur du Genre, M. Gould, et que c’est à M. G. R. Gray que l’on doit leur réunion en une seule espèce, réunion adoptée par son Savant Compatriote et Collègue sur des renseignements qui paraissent assez précis.
Iconographie Ornithologique. — 47° Lrv. 5
CÉR in 18
NÉOMORPHÉ DE GOULD.
Voici en effet ce que, depuis la publication de List of the Genera
of Birds, a écrit, de Port-Jackson, le Docteur Dieffenbach. d’après
ce que nous apprend M. Gould, que nous citons :
« Ce Docteur confirme l'opinion de M. Gray, que mes N. acutirostris et crasstrostris sont la même espèce, et ajoute en outre que ces Oiseaux, que les Naturels appellent Ella, sont confinés aux montagnes du voisinage du port Nicholson, d’où les plumes de la queue, qui sont très-recherchées parmi les Naturels, sont envoyées comme présent dans toutes les parties de l'ile.
» Les Naturels, dit le Docteur, regardent l’Oiseau qui a le bec droit et fort comme le male, et l’autre comme la femelle. Dans trois individus que j'ai tués, c'était le cas, et les deux Oiseaux sont toujours ensemble. On ne les peut obtenir qu'avec l’aide d'un Naturel qui les appelle avec un eri aigu et prolongé, ressemblant assez au nom indigène de l'espèce. Après un long voyage à leur recherche dans des forêts montueuses, Jai eu à la fin le plaisir d'en voir quatre descendre sur les branches basses des arbres près desquels se tenait le Naturel qui m'accompagnait. [ls vinrent, rapides comme l'éclair, descendant de branche en branche, étendant leur queue et relevant leurs ailes. Dans mon désir de les voir, je fis feu; mais ils viennent généralement si près, que les Naturels les tuent avec des bâtons.
» Leur nourriture consiste en graines et insectes : les Naturels nont pu me donner aucune information sur leur manière de nicher. L'espèce parait devenir rare et sera probablement bientot
exterminée. »
DIMENSIONS
Mâle. Femelle.
Longueur totale, 415 vilim 49% uillin.
NÉOMORPHÉ DE GOULD.
Méle. Femelle.
Longueur du bec en ligne droite, D OÙ — — en ligne courbe, 09 03 — de l’aile, 190 »
— du tarse, 7 »
— du pouce jusqu’à la naissance de l’ongle, 20 » — de l’ongle du pouce en ligne droite, 23 »
—— — en suivant la courbure, 30 »
— de la queue, 170 »
Descripuon.— Plumage entièrement noir foncé, uniforme, lustré de bleu verdätre, à l'exception de l'extrémité des pennes de la queue, présentant une large bande d’un blanc pur; bec et ongles de couleur de corne à leur base et blanchatres dans le reste ; tarses et doigts d’un noir luisant, caroncules d’une riche couleur orange.
Les individus qui ont servi à notre Figure et à notre Description ont été rapportés en 1843 de la Nouvelle-Zélande, par M. le Capitaine Lavaud, Commandant de l'Allier. Ils font partie du Muséum de Paris.
Nous avons fait figurer isolément et de grandeur naturelle le bec
du mâle et celui de la femelle; fig. 1 et 2.
GENRE POEPHILE.
GENUS POËÉPHILA (Gouzp. Procedings. Zool. Soc. 1842, p. 18).
GEN. CHAR. Rostrum. — Sd basim tumidum, et igitur ferè tàm latum et pro- | fundum quam longum.
Alæ. — Mediccres, remige prima parvula, 2, 3°, 4 et 5° inter se ferèé æqualibus; digitis gracihibus, medio externis longiore, illis inter se æqualibus ; digito postico medio valde breviore.
Cauda. — Cuneiformis, rectricibus duabus intermedüs productis.
(Gourp.)
Ce Genre, un de ceux si nombreux établis par les Ornithologistes Anglais dans la famille des Fringilles, a été créé par M. Gould, en 1842, pour de jolies petites espèces de Gros-becs de l'Australie, à bec un peu renflé vers sa base, et à queue en général cunéiforme. Il a pris pour type l'espèce nommée par lui, en 1839, 4madina acuhicauda, dont il a fait alors la première Espèce du Genre, sous le nom de P. acuticauda.
Ce Genre a les plus grands rapports avec les Genres Estrelda,
Iconographie Ornithologique. ns AT EVE, 5 bis
GENRE POEPHILE.
Amadina et Erythura (Swainson), dont il englobe forcément plusieurs espèces.
Nous avouons que nous concevons peu la nécessité de ces subdivisions multipliées, fondées uniquement sur une légère différence de longueur du bec ou de la queue, plus spécifique bien souvent que générique, chez les Fringilles surtout. L'avenir dira jusqu’à quel point la multiplication de ces Genres aura été utile à la Science ; car il suffit d’en rapprocher les caractères les uns des autres pour se convaincre de leurs rapports communs, ainsi que de la difficulté qu'ont éprouvée leurs Auteurs à en différencier les termes à l’aide de quelques nuances plus ou moins heureuses de
langage.
POËEPHILE ADMIRABLE.
POËPHILA MIRABILIS
(Homsron et JacquinoT, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie, PL. , FIG. .)
SPEC. GEN. — Genis et fronte purpureis, gulà nigrâ, vittà pallidè cæruleä circumdatis; dorso et alis lætè viridibus; pectore pallidè violaceo ; abdomine flavo; uropygio cauda rectricibus sub-cæruleis.