ECZÉMA INFANTILE
Observation. — W. K., âgé de 7 mois. Clinique des maladies de la peau du Women’s Medical College. Lorsque je vis le malade pour la première fois, l’éruption, qui était un exemple typique d’eczéma humide avec croûtes et que l’on rencontre si souvent dansl’enfance, durait depuis six semaines environ. Elle avait débuté sur le cuir chevelu et de là s’était étendue rapidement sur la face. Elle était accompagnée de vives démangeaisons et d'engorgement des glandes cervicales. La mère était d’une faible santé. Elle avait contracté la syphilis huit ans auparavant, et peu de temps après avait eu deux fausses-couches. L’enfant n’avait été élevé que partiellement au sein ; il faisait ses 3° et 4e dents (incisives supérieures) ; on conseilla à la mère de couper le lait de l’enfant avec de l’eau de chaux, de cesser de lui laver la figure et d’appliquer sur la peau une pommade à l’oxyde de zinc étendue sur des linges fins, maintenus en place à l’aide d’un masque. L’éruption s’améliora rapidement, mais elle revint bientôt par suite de cessation dans le traitement. On prescrivit alors des frictions avec une émulsion d’huile de lin (au tiers) et une demi-cuillerée à café de cette huile, trois fois par jour, à l’intérieur. Au bout d’une semaine la figure était moins enflammée, moins rouge et plus lisse. L’enfant prit l'huile de lin aussi facilement que l'huile de foie de morue. Il guérit rapidement.
La planche Vil montre l’état très enflammé de la peau, parsemée de croûtes jaunes-verdàlres et çà et là une croûte noirâtre où la peau avait été déchirée par les ongles.
Suivant l’exemple de Willan, l’illustre père de la dermatologie anglaise, quelques auteurs ont divisé l’eczéma en eczéma léger [E. simplex ), inflammatoire (E . ntl) ram) et purulent (E. impetiejinoides). Cette division est un peu large et indéfinie, et comme beaucoup de cas ne rentrent pas naturellement dans l’une de ces trois classes, elle est peu pratique. Pour guider le praticien dans l’étude de cette maladie, pour faciliter la description et le traitement, il vaut mieux diviser l’eczéma en phases ou périodes par lesquelles l’éruption passe en marchant vers la guérison et de prendre comme base de classification certaines formes cliniques bien caractérisées auxquelles une nomenclature spéciale est applicable.
On reconnaît trois périodes à l’eczéma. La période initiale est caractérisée principalement par de l’hypérénue avec une légère exsudation interstitielle et souvent par une éruption de papules, de vésicules et de pustules. Cette période ne dure que quelques jours ou quelques semaines au maximum et fait place à la seconde qui est caractérisée par de l'exsudation et des croûtes. Cette exsudation peut être séreuse ou séro-purulente, et les symptômes inflammatoires sont ordinairement bien marqués. L’exsudation superficielle détruit l’épiderme : et lorsque l’exsudât n'est pas mélangé de sang, qui se répand souvent au niveau des excoriations, il se dessèche et forme des croûtes d une teinte pale. Cette deuxième période de l’eczéma dure indéfiniment. Mais tôt ou tard l’exsudation cesse, les croûtes tombent en laissant à leur place un épiderme mince de nouvelle formation et alors survient la troisième période, caractérisée par de la desquamation et une certaine induration des parties malades. Quelquefois la deuxième période fait défaut, l’éruption passant directement de la première a la troisième. Souvent aussi cette dernière se transforme en la seconde, les parties squameuses deviennent alors de nouveau humides. Très souvent on rencontre les trois périodes sur différentes parties île la peau en même temps. Une plaque humide (2m0 période) en voie de s’étendre est entourée d une auréole hypérémique et de vésicules (lrc période), tandis qu’une plaque voisine csl devenue sèche et squameuse (3'"e période). Les termes aigu et chronique , appliqués à l’eczéma, sont utiles pour la des- Fox. — 13 - 7