‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 64 sur 139 · TYRAN DANS LA MOESIE · texte numérisé non relu

TYRAN DANS LA MOESIE

«Telle fut la destinée de Rome, dit Trebelliiis ', que, sous le règne de Gallien, le diadème fut placé sur la tête de quiconque put y atteindre. y> On n'est plus étonné, après cela , de lire dans le même historien qu'un simple jeu de mot suffit pour faire déclarer Auguste Régalien. Des militaires remarquèrent dans un banquet que le nom de leur général appartenoit à la famille des mots dont celui de roi [rex, régis) étoit la tige. D'après cette observation grammaticale, les restes des habitants de la Mœsie, que les vengeances cruelles exercées par Gallien à cause des secours qu'ils avoient donnés au tyran Ingenuus avoient réduits au désespoir, déclarèrent Régalien empereur. Eckhel' place cette élection dans l'an 263 (1016 de Rome), parceque Trebellius parle du règne de Régalien à l'époque oii Gallien célébra la décennale de son règne, dont ce savant a déterminé la date.

Ce nouvel Auguste , appelé Regillianus par Trebellius et par le jeune Victor, Regaliamis par Victor l'ancien, ainsi que sur les médailles authentiques, étoit Dace d'origine, et, disoit-on, descendant du roi des Daces, Décébale, qui smoix. été vaincu par Trajan. Je pense que cette descendance pourroit avoir clé le véritable mol if des Mœsiens quand ils élurent empereur Régalien, et que le jeu de mot auquel son nom avoit fourni matière ( si le fait étoit constant) n'en avoit été que le prétexte. Au reste

(i) TrebcU., in RerjUliana. (2) In GalUcno, IX.

Les so

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Chai XIII. il avoît cicquîs dans la milice une grande réputation , telle même .s trente tyrans qu'giig cxcIta la ialousic dc Gallien. Aussi Claude ^qui fut de-

us Valérien et 1 "^ '

Gallien. Duis empcrcur ) , le félicitant à l'occasion d'une victoire qu'il

avoit remportée , l'exhortoit à ne pas chercher des succès aussi hrillauts, de crainte de se faire un ennemi redoutahle. Les avis de Claude étoient fondés; car, malgré la digue impénétrable que Pvégalien opposoit aux Sarmates, Gallien fit marcher une armée contre lui. Alors les Illyriens et les Mœsiens , redoutant de nouvelles vengeances de la part de l'empereur, ôterentla vie à Régalien, qui n'avoit régné que pendant quelques mois. N" io. Le n° lo de la planche LVIII présente une médaille très pré-

cieuse du cabinet de Vienne. Elle est d'argent. On lit autour d'une tête radiée la légende ÏMFerator Cœsar Vuhlius Caius (ou tel autre prénom commençant par cette lettre) REGALIANVS. Revers, une femme tenant une bourse et une haste; légende, LIBERALITAS AVGGG , Augustorum trium. Quels sont ces trois personnages Augustes? Seroieut-ce Régalien, son épouse, et un fils c]u'il auroit créé César ? C'est ici la première fois qu'on lit sur les médailles l'abréviation AVGGG, si commune sur celles des règnes suivants. On l'avoit déjà vue sur une inscription gravée en l'honneur de Sévère, de Caracalla, et de Géta, trouvée à Lyon en 1780 '.

SULPICIA DRYANTILLA, ÉPOUSE DE RÉGALIEN.

N II. Il y a dans chaque science des faits qui ont trompé de bons

esprits. La célébrité de ces noms semble donner à leurs erreurs

1"!) Inscription que j'ai fait connoître , I\fémoires de l'Institut, t. I.

LES TRENTE TYRANS. i5

même une sanction imposante: c'est pourquoi j'ai cru devoir cuip. xui. publier au n" 1 1 de la planche LVIII le portrait et la médaille ^ITJ.^r; d'argent de Dryantilla , que l'on conserve dans le cabinet de caiiien. Vienne. On voit d'un côté une tête de femme posée sur un croissant, avec la légende SYLVicia DRTANTILLA AVG... Au revers, une déesse debout, tenant unepatere et une haste; légende, IVNONI REDINE, pour REGINAE. Eckhel avoit vu de semblables médailles de Dryantilla , mais il n'en connoissoit pas avec des Ivpes différents. Il dit expressément' : « De même que nous avons vu une médaille de Régalien faite avec une médaille de Caracalla , de même aussi voyons-nous la même fraude dans celles de Dryantilla. En effet je n'ai trouvé aucune médaille de cette impératrice sur laquelle on n'aperçût facilement des traces d'un autre coin plus ancien. » Quoique je n'aie eu sous les yeux que l'empreinte en plâtre de la médaille de Vienne, j'y ai vu des traces du burin qui l'a retouchée: traces qui paroissent mieux sur l'empreinte, où elles forment saillie, que sur la médaille, où elles forment des sillons. Les médailles de Scantilla, épouse de Didier Julien, ont pu servir à cette fraude, en fournissant au faussaire une partie de la légende ...ANTILLA AVG.

Au reste l'histoire est muette sur Dryantilla ; et ce n'est que sur des conjectures qu'Eckhel la reconnoît pour l'épouse de Régalien. D'abord on n'a trouvé jusqu'à présent ses médailles qu'en Hongrie et dans les provinces voisines; ce qui nous apprend qu'elle a été l'épouse d'un des tyrans qui ont usurpé l'empire dans ces contrées, tel que Régalien. Ensuite la fabrique et Li forme des lettres sont les mêmes dans les médailles de ce tyran, et dans celles de Dryantilla (ce qui a empêché Eckhel de

(i) Doctr.Nwn., t. VII, p. 464.

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cuAP xiii s'arnêter à la conjecture qui la lui faisoit regarder comme l'é- Les trente tyrans pQ^gg (jg Pacaticii , autrc Ivran des mêmes contrées, mais dont

sous Valerien et i ' ^

Gaiiicn. ]gg médailles présentent une moins mauvaise fabrique et des

caractères mieux tracés). D'ailleurs les médailles de Tun et de l'autre ont le même volume, presque le même poids, et le même titre d'argent; titre qui est meilleur que celui des médailles de Gallien et des autres tyrans de la même époque. Enfin on ne peut douter que Régalien n'ait eu une épouse, ajoute Eckhel, si l'on examine sa médaille, sur laquelle on lit LllŒRALlTAS kN QfÇfÇtuslorum , «largesse des Augustes; » d'où l'on conclura que l'impératrice son épouse étoit comprise dans celte légende.

§. lo. NIGRINIEN,

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