DUMAS
sain retardait toujours l’action des substances hémo-
lysantes. Pohl avaitavancé que le phosphate acide s de soude protégeait les globules rouges contre l’ac-
tion de la solanine. Mais Hédon fait remarquer que ni les acides ni les alcalis, nile phosphate de soude ne
retardent l’action de la saponine ou de la digitaline
contre lesquelles le sérum agit beaucoup plus que.
contre la solanine. Les agents protecteurs paraissent
\ | être certaines albumines du sang qui, résistant à une.
T° de 60 ou 65° ont surtout une action physique: Besredka a cherché à immuniser des lapins contre le trisulfure d’arsenic. Les résultats 6bténus ne sauraient entrainer une conviction absolue. |
Par contre, on peut immuniser les animaux contre
les sérums hémolvtiques. Camus et Gley, Kossel
ont prouvé que le sang de lapins traité par le sérum
d’anguille jouissait de propriétés antihémolytiques.
Cantacuzène a étudié «les variations quantitativeset
qualitatives des globules rouges provoquées chez le lapin par les injections de sérum hémolytique. » Il a constaté que le sérum hémolytique, préparé suivant la méthode de Bordet, constitue un stimulant spécifique de la fonction hématopoiétique lorsqu'il est employé à dés doses suffisamment faibles. Que Pon fasse des injections semblables chez un animal inmunisé, on aura des résultats analogues.
En est-il de même pour le taurocholate de soude?
Nicolle à pu immuniser complètement des animaux
contre le cholate de soude; le taurocholate de soude,
produit organique, n’estcomparable ni aux glycosides
Fi au trisulfure darsenic. Mais si nous avons pu
obtenir des modifications réelles du sang de nos
lapins, nous n'avons pu immuniser des souris préa-
lablement injectées de sérum protecteur contre les
sels bihiaires. |
Toutelois, in vitro, les propriétés antilytiques du
Sérum des lapins traités disparaît par le chauffage
à 45° comme Vaquez l'avait déjà montré pour le sérum des ictériques. De plus, il y a de grandes analogies entre Les réactions hématopoiétiques des animaux soumis aux injections de sels biliaires et celles des lapins auxquels on a injecté des sérums hémolytiques.
Les qualités globulaires changent en même temps qu'apparaissent l'augmentation de la résistance globulaire et les propriétés protectrices du sérum visà-vis du TC:
En effet, à ee moment, on voit que bien des glo-
bules rouges sont polychromatophiles et que beau-
coup d’entre eux sont pourvus de noyaux.
Camus et Gley, dans leurs très belles expériences
sur le sérum d’anguille, ont prouvé que les globules
des animaux qui possèdent normalement des hématies nueléées et ceux des lapins nouveau-nés qui ont récemment perdu leur noyau sont très résistants à l’action dissolvante de l’ichtyotoxine (1). La
constitution du globule modifierait done les condi-
- (4) Le fait n'est pas exact dans le cas de l'hémolyse par l'eau distillée. Les globules rouges de la an sont plus résistants que les glo-
bules humains, mais ceux du pigeon le sont beaucoup moins.
LE 1 NC
tions de l’hémolyse. Chez lelapin, par le sérum d’an guille, Lœper et Clerc ont provoqué une poussée d'hématies nucléées. D'autre part, on sait que Dominici qui asignalé au cours des injections expérimentales chezlelapin une «réaction normo-blastique » constante, fait jouer aux globules rouges à noyaux un rôle important dans l’acquisition de l’immunité.
De plus, comme dans le cas des sérums hémoly-
tiques de T C, nous voyons un lapin, ayant reçu deux fois la dose mortelle, offrir, après une dernière injection, une hyperglobulie très appréciable et non pas une diminution des globules rouges.
L’hyperleucocytose est constante. Il y a stimula- - tion de l’hématopoièse. Dans la rate, on trouve, à côté de nombreux macrophages, des myélocytes, des mégacayocytes et des hématies nucléées. La moelle osseuse prolifère. Cette néoformation globulaire aboutit probablement à la production d'éléments nouveaux plus résistants que les globules rouges anciens, tandis que les produits de sécrétion des leucocytes impressionnés agissent sur la composition des humeurs.
Tous ces faits semblent doncindiquer que nous avons très certainement déterminé dans le sang de nos animaux lapparition d’antihémol;sines. Il reste à savoir quelle est la part des organes hématopoiétiques dans Papparition de ce phénomène (1).
(1} Des expériences nouvelles, entreprises avec M. Rist, nous permettent d'espérer une immunisation complète, des animaux vis-à-vis de la
bile, avec production d'un sérum préventif contre l'action-hémolytique de ce liquide. ;
tx CHAPITRE I.
LEURS NA DATA. en & “
(NE Etéde des réactions du sang et des organes hématopoiétiques dans . l'ictère chez l’homme, Résistance globulaire au taurocholate de soude, DAMES Ur La rate biliaire.
En résumé, nous avons pu amener chez ann
FA une augmentation du volume de la rate soiten sUp-
primant les fonctions hépatiques, soit en provoquant PART ee
chez luiune intoxication biliaire. Dans ce dernier cas,
À le. rôle hémolytique de la rate est exalté; corrélative-
ment aux phénomènes de destruction globulaire, il
se produit une augmentation de résistance des glo- APE
bules rouges aux sels biliaires et une stimulation de
| Phématopoièse quiassurent à l’animal une sorte d’im- munisation contre les poisons globulicides.
Peut-on rapprocher ces faits des réactions héma-
topoiétiques que provoquent, chez l’homme, les hépa- e tites et plus spécialement les cirrhoses biliaires. PA LA “ l"Dans-ce cas particulier, la part qui revient aux fac- SI : teurs morbides multiples au milieu desquels naissent ee etévoluent les hépatites est d'appréciation très délicate. Car, chez l’homme, il estbon de faire remarquer, | È se ! avecM.le professeur Hayem: « qu’il est impossible de ñ k dire quelles sont lesaltérations quidépendentdirecte-
k Re tie
' x : à SY £ x ment de ladultération du sang par le passage dans
ce liquide des pigments d'origine hépatique. La pré- :
sence de la bile en nature dans le sang, c'est-à-dire à la fois des matières colorantes et des sels biliaires est certainementplusnocive. Cet état tend à détruire les globules rouges où à les rendre tout au moins plus vulnérables. » Mais il nous a semblé queles faits
anatomo-cliniques prenaient beaucoup plus de clarté :
lorsqu'ils étaient analysés à la lumière des rensei-
gnements fournis par l’expérimentation.