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serve une constance stoïque, n’ont plus de pouvoir sur eux. Mais comme si le destin leur avait imposé: l'horreur d’une double agonie, pour faire sentir le prix du retour à la vie, la joie de l'heure libératrice, un second navire se trouve pour les recueillir et les sauver.
Dans tous les accidents de la vie maritime, en chaque naufrage, même bravoure des équipages, même dévouement des officiers. Si un sacrifice d'hommes est nécessaire pour tenter de sauver le navire et les passagers, sile capitaine demande des volontaires, tout l’équipage s'offre ardemment, tous les officiers sollicitent le risque de mort. Rappelezvous les récits des naufrages en ces dernières années : autant de pages héroïques à l'honneur des gens de mer et de leurs chefs. Et pourtant, je le répète, tous connaissent le danger, ils le redoutent, l’assument et le bravent : ils savent les risques, tâchent de les pré venir, mais, lorsque l'événement sinistre se produit, ils déploient un inaltérable courage, un admirable calme dans la résolution.
Les batailles sur ce champ mouvant contre les forces terribles de la nature sont plus grandioses et plus belles que les rencontres où préside le dieu des armées. Nulle considération d'état, de grade, nulle pensée de récompense n’anime les équipages el les officiers mariniers. Ils font leur devoir simplement, parce qu'ils furent élevés à l’école du dévouement, de. l'initiative et de la responsabilité personnelles, officiers et matelots, presque tous pêcheurs de la côte, habitués dès l'enfance à courir la mer sur de chétives barques, coquilles de noix à la discrétion d'une vague.