‹ Idée et réalitéChapitre 195 sur 195 · Ë [ "YA · texte numérisé non relu

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avait peintes pour nous.

colique et tendre de la Flora

(juelles maîtresses

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IDÉFE ET RÉALITÉ

{a chair généreuse, d Madeleine, ayant posé la joue sur ta poitrine offerte et fait couler dans mes mains le flot d'or de tes cheveux.

Les yeux tout remplis de vous, mes Dei enivré de vos couleurs, de votre chair caressante, j allais, | le soir, au bout de la ] place déserte et m asseyais sur un banc de pierre adossé à une loge grandiose, poste de: condottieri, où des statues magnifiques continuent la sarde, Les rayons de la lune éclairaient à peine la masse haute et sombre de pierres angulaires, façade du vieux palais où la campanule dardait au ciel sa flèche orgueilleuse. Dans | obscurité, dans une quasisolitude à peine troublée de de rares passants, la traæédie de ces noires ailles. s'ouvrait devant moi,

ja place se hérissait d’un peuple tumultueux et jaloux,

le bûcher s'y dressait pour le supplice de novateurs et de révoltés : enfin, aux vierges, aux prêtres, aux guerriers, aux amants, aux amoureuses de la journée, se nn les apparitions nocturnes de la plus dramatique histoire qui fut.

La nature, les bois, les montagnes, les torrents, limmensité des mers sont les musées infinis de qui sait regarder et voir. Ne mêmes peintres incomparables sujets de notre émotion; les paysages ne ils pas de nos disp oi ons physiques et l’œil, de l'état d'esprit, de la température . meur ? Fra n’est-ce pas nous qui créons naturel ? La plus magnifique toile engendreimpression égale à la vision éperdument change des flots soulevés de l'Océan, à la contempl store la gamme des couleurs d’un coucher de soleil jus

qu au moment où la tapisserie de l’ombre retombe sur les choses ?

D l'art nous s livre le secret de la vie g'éné-

s antérieures ; l’art con-

Juvre cs un il l'âme humaine d’au-

Je siècles. Il suffit d'un

bleau pour conserver une tradition, avec les traits

pour synthétiser une civilisation. Autour

visages Ph ommes et de femmes, le corps, le maintien, la démarche, offrent à nos yeux l'empreinte des caractères connus, des faiblesses et des tares indélébiles. Mais un portrait où le génie de l'arüste éleva le modèle au-dessus des contingences devient la rer à ntation à la virtualité spécifique d'un age, la [orme x matérielle et morale, la figure des pensées, des espoirs, des douleurs, des regrets d'une

canal, entre deux rangées de palais,

le cours du passé, vous pénétrerez

‘trement des

le la ville unique, sortie des

charmeresse ; vous trouverez

les innombrables palais con-

le Comme Îles maisons de Pom-

r Hnceul dé cend a mais vous comprendrez .

Venise devant la fresque de Tiepolo au palais ducal:

La majestueuse et puissante composition, l'harmonie

magnitique inclinant le dieu marin devant la superbe

souveraine à qui il offre les présents de la mer, c'est

plus qu'une allégorie, c'est quatre siècles de gloire

condensés en deux ligures dans une admirable réalisation d’art.

AS BALLET, PARIS L CNCHeV(

Ici et là, causes pareilles produisent mêmes effets :° das aspects selon le ciel et le climat. Les comparaisons charment ceux qui ont eu le bonheur de voyager et en ont retenu quelque chose. Les palais légendaires de Florence, clos dans leur haute enceinte de Dierres abruptes, font songer aux massives maisons mA\urembers, fortifiées, armées les unes contre les utres. Chez les artisans bavarois, peut-être un peu es rivalités familiales, de l'humeur belliqueuse iccoutumée aux bourgeois florentins, mais de ceux- 1 la sève de la race monta en floraison d'art, en Honstructions grandioses, en édifices énormes, en | efs-d’œuvre polymorphes. | Par les lagunes fameuses où les navigateurs vénins rapportaient les trésors de l’Orient et la rançon S mers, j évoquais les corsaires malouins ramenant port de Saint-Malo, à travers les cent écueils de la e, les prises sur l'Anglais et sur l'Espagnol. Mais int-Malo ne profita pas de ses aubaines et, enserré tre les parois de pierre de ses murs, ne construisit was de palais. Les matelots bretons ne devinrent pas beisgneurs de Bretagne : ils restèrent de pauvres gens, Sans calcul ni négoce, qui dépensaient en une se- "“nalire ie gain d'une expédition et le prix d'uné victoire, qui ne subissaient pas l'influence de contrées lointaines, vite disparues de leur mémoire. Ni les villes, ni les mœurs étrangères n’avaient d'empire sur eux. En tous lieux du monde, ils ne cessaient de resretter, ils aimaient uniquement la terre dure de l'Armorique, la côte déchirée par le choc des flots, les rochers déchiquetés en monstrueuses grimaces d'hommes et d'animaux. Au retour de l’action, pen-

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