‹ Idée et réalitéChapitre 45 sur 195 · PR RE EE CPE EN PE · texte numérisé non relu

PR RE EE CPE EN PE

AE à | ÿ , LT :

=, ÿ FA

l’idée de l'actrice quadragénaire, amie de l'empereur. Auprès d'elle faisait le beau et l'empresse le financier russo-tudesque, personnage curieux. Vêlu, sans recherche, d'un complet clair, de figure molle fade et insignifante, il portait les tes eris, sur le front, collés en bandeaux dvi sés par une raie médiane, el ses longs favoris de grisaille époussetaientson cilet,

Sa voix douce et cha dou nante trainait le français avec une pointe d’accent allemand. Le jeune homme maiore et triste, au teint otivâtre, paraissait étranger à l'ambiance, figé dans une redingote noire trop courte, coiffé du «tuyau de poêle » insolite sur ces bords.

Quelqu'un parla jeu et aussitôt la convers ation devint générale. La favorite impériale conta qu'elle avait touché, la veille, un numéro plein à la roulette, le 33, chiffre de son âge.

« Moi je joue toujours le carré du 11, fit le chan-

teur illustre, mais tout de même il n'existe pas de

sensation plus délicieuse que gagner un numéro plein. »

Lors la cocotte viennoise parla de sa défaite de la veille, la perte de vingt-cinq louis, sur un mode qui

nous provoquait au remboursement.

«Donc, je ne gagne jamais, dit le sous-grand-duc ;

cest une A on contre moi! Du reste on ne

peut jamais gagner. — Je vous assure qu'il est possible de gagner, repartit le vieil Anglais jovial, qui ôta de ses dents une coùrte pipe brune; il est possible de gagner, seulement il faut « de la poitrine ». De l'estomac, rectifia l'actrice.

— Oui, de l'estomac! La plupart des gens se plai-

D n'en \4

Le

héhns 5

PR Me

nn...

Pa st

« AL "He

AS Por HR

ER T AU," bo bent NE md. et" pense n ie D gi . - 2 L br red » Age

de | Là TV ère ES

k ET PR a

v "1 -— CE r + œ— - = + RS Ris nee el mt ee GET - " < 4 SR te CR ADS LA RE RTE TT TESTER Are ARS DS QD + 3 Dr ssnnlie ponbtne-put nant : a F re ETS See n 1 L c nt EN re =. . > — E : Re cs x 275 ÿ. NE Es 7 L L ? e » ñ $ .

gnent de perdre, envient les gains de leur voisin et s’en étonnent parce qu’ils sont eux-mêmes incapables de profiter de leur chance et de courir les risques. À chaque coup gagnant, ils retirent leur mise. L'argent ne s’accumule que si on ne le laisse sur le tapis. Les seuls qui gagnent sont les ‘hardis et les courageux, Vous vous rappelez ma séance d'il v a trois ans, Monseigneur ? »

L'Altesse kalmouke acquiesça d'un signe de. tête.

« — Il y a trois ans, avec deux louis, j'ai gagné cent cinquante mille francs au trente-et-quarante en moins d’une demi-heure. »

Nous devinmes tous attentifs, regardant curieusement le vieil Anglais dont les joues rubicondes rougeovaient à ce souvenir.

Il continua : « D’ordinaire, je jouais peu, soit par raison, soit que je n’eusse pas occasion de céder à l'entrainement. Un dimanche de mars, à sépt heures du soir, j'attendais un ami qui devait diner avec moi. Il s’attarde une vingtaine de minutes et j entre le chercher dans les salles de jeu où il n’y avait que peu de monde à cause de l’heure. Je m arrête auprès d'une table de trente et-quarante, celle du fond à droite, et au bout d’un moment je me décide à risquer dix louis que j'avais en poche.J’en mets deux à noire: rouge gagne et je perds de même quatre coups de suite. Il ne me reste plus que deux louis : je les place sur noir et en même temps un sentiment intime, une volonté extraordinaire m'ordonnent de considérer ces deux louis comme perdus, de les laisser partir à l'infini. Je devine, je sens qu'une série va se produire, peut-être me suis-je imaginé, après COUP,

SET : é - RARES STE (be RS 0 1 IE PI AR CRT D ES ja PT CH Der : z 2 o

ete Catese gg nt eme Een med hmemgm mnt. PRES EEE

$ " a up + 0 ee 3 de tan mé L «

2 Mi 3

Le LA CA . 4 sn Fr € > — ÿ ,' $ » LS os : PT CRT « \ 1 À À® c Ye A ea AT C4 : ft epeié 2e. Per étqmdr mme iominss Eh #0 Dresde been mots mater ts dr age eg mme or den ac ce de eur cut NTM EE” pi dei are lente à , bio LE ” G ? OE 5 ne nn | nt s 1 : Va ENT er °£ a - = ni } AU CL Ë 6 :

Te OA vint Miele 22 j

s 8 riposte fre L co tr prie etre Le Lolo hé

… = s P CSCRRE > vi ALT FER : j wie rite pp ps 2h SC E np pr PR he ere ne D eg 8e td meer dan De ee die free ee Nr CAS RAR L Lier a, ; G g ; F ‘ d £ . } L F

upon Eee nÿ nes lement genre deal

us 2e 6 de ttns gp ee tr ré «

avoir eu cette divination. Que vous dirai-je ? la noire passe neuf fois et mes deux louis s'élèvent à dix mille deux cent quarante francs. Je laisse tout à la masse, non sans angoisse, car, ce dixième coup gagné, jatteins le maximum de douze mille francs et suis assuré d'un bénéfice de huit mille. Je gagne; je retire quatre cent vingt-quatre louis et laisse au tapis un maximum : douze mille francs. La noire continue douze fois encore, soit une série de vingt-deux coups et un bénéfice pour moi de plus de cent cinquante mille francs.

« Cependant les joueurs des auires tables sont accourus autour de celle-ci; ils suivent ma chance avec passion, avec admiration ; ils accueillent chaque coup, chaque gain avec des cris de joie sur un leitmotiv bourdonnant : « Oh! avec deux louis!» À Ja fin ils m’applaudissent, ils m’acclament, ils m'escortent triomphalement jusqu’à la porte. Dans une indicible surexcitation nerveuse, j'oubliais amis, diner et avais hâte d'être seul dans ma chambre. Là, je tombai accablé sur un fauteuil et m'endormis lourdement. Je me réveillais une heure et demie plus tard, la tête troublée, croyant avoir rêve la partie extraordinaire dont j'étais le héros. Mais je tâtai ma poche bourrée, j'en tirai les liasses, je recomptai les billets et les étalai sur mon lit. Je possède une fortune indépendante ; ce n’est donc pas la somme du gain, c'est la chance qui me grisa et me fit danser, sauter de joie comme un fou.

» Cette nuit-là et les suivantes, je dormis peu. Le jour, je vivais dans une sorte d'hallucination ; je cherchais toute occasion de dépense : je donnais à une

LAN LOT de vs tte DE

…f A rm l ngn R'EN SE Le Ni RARES TL PNR VERS

ue es Fi

Fe

Fe M ae rt M AS NT N RRRT ef. hé! YBIES A M be ere HN TU + |

CPL SE 0

ne br: re MS ASÉran TE Ven s.

LONFEE

2 UNE Pr oe D

ee A L

D LL pri ER en 4 LS

ne

À PRET ee

. : ” à Pr Le 7 Lisognet Fig D mare ane hot Rts pee FE sr , 2 SE En AA Sr rene étreee es) à 5 RS EL LR GENE À 2 a RU TES RNA CARS ETES AR LEE ere ee res TE ee “ : eye e x Pense SAS ie NET SZ e e Ce, Le LE: à. + : LE È FAR Fa : “ "à : ” + Tv, :

fille un collier de perles et une grosse somme, j'achetais deux grands danois mouchetés, gros comme des veaux, quatre mauvais tableaux, mille cigares, deux fusils, cinq cents bouteilles de champagne et un faux stradivarius. Dans la ferme résolution de ne pas rendre au jeu ce qu'il m'avait accordé, je restai huit jours sans risquer un louis, contemplant le commun des joueurs avec un sentiment sincère de supériorité. Le dimanche suivant, comme j'achevais de m’habiller pour le diner, je fus pris d'une irrésistible envie d’essayer encore ma chance. J'avais gaspiillé quarante mille francs ; eh bien! je me contenterais d'un gain de cinquante louis, très facile à réaliser. Une voix criait en moi: « Tu vas tout reperdre; abstiens-

SIRET TEE PES ER SRE DPI

po St” De EE eme à =: La He es

ARR Re

toi! »

« Un besoin plus fort que le raisonnement me porta à rapidement à la salle de jeu, les cent mille francs | 1 dans la poche. À la même table, en une heure, les cent mille francs furent ratissés sans que j'eusse gagné un coup. Îl m'est resté, avec du bon champagne et d'excellents cigares, les deux danois, bêtes

féroces de la plus délicate santé, qui ont étranglé les

LT ne at ae de 0 ne ge — ere A MT ne due eh mn le rhin cr oadoitin le 4 ts ht he Q SOS lue ur Ÿ

chiens du voisinage et recu les soins de tous les vété-

re D

ge

; rinaires de la contrée.

— » Etdepuis, vous n'avez pas couru après pareille

- À N dde Ze & Fi me LÀ di + I TS qe A St Sim A | 4

veine ? interrogea la cocotte viennoise.

— » Point du tout! Je suis assez raisonnable pour

Page 1