V. — Recherche de la nouveauté dans l'expression
VI. — Le roman; sa définition, ses éléments, ses règles, (p. 52.)
TEXTES CITES
Martin de Pinchesne : Préface aux « OEuvres de Voiture »,
L'Abbé de Pure : La Précieuse, ou le Mystère des ruelles,
ScLDÉRY : Préface d' « Ibrahim », 1641. SoMAizE : Grand Dictionnaire des précieuses, 1661. BoiLEAu : Les Héros de roman, 1664.
46 IDKES ET DOCTRINES LITTIR AIRES
Lechev. de Mkrk : Les Coiwpi snfions du chow de Méié et
du ma'échal de Cléramhau, J669.
Damix Huet : Origine des romans, 1670, eu lèle du rom;in
de Zayde de ^ïadarae de Lafayette,
I. — L'œuvre littéraire ne doit pas être à ia portée du vulg:aire.
Elles ^ sont encore fortement persuadées qu'une pensée ne vaut rien lors qu'elle est entendue de lout le monde, et c'est une de leurs maximes de dire qu'il faut nécessairement qu'une pretiense parle autrement que le peuple, afin que ses pensées ne soient entendues que de ceux qui ont des claitez au-dessus du vulgaire; et c'est à ce dessein qu'elles font tous leurs efforts pour détruire le vieux langage, et qu'elles en ont fait un, non seulement qui est nouveau, mais encore qui leur est particulier.
SoMAiZE, Grand Dict., t. II, au mot iliora/e, Maxime VIII.
II. — Le mérite de l'œuvre littéraire consiste à embellir la réalité, soit en Tépurant, soit en la relevant par léléj^-ance et Ting-éniosité de l'expression.
Dans le Roman les beautez d'une belle vie y sont déduites et rapportées avec tout le soin d'un autheur ; les défauts ordinaires sont reparez, les bassesses des désirs Sont relevées, les impuretez en sont bannies, et tout ce que la belle âme peut désirer ou penser de beau, devient l'objet de celuy qui escrit et de cehiy qui le lit. Comme l'esprit n'est point borné ny captif que sous les loix du probable et de Capparant^ il s'estend et peut se dilater par toutes les régions du mérite, et ne laisser rien de grand et de beau à désirer àla curiosité de son lecteur... Mais quand j'entends parler du Roman, j'entens de ces