‹ Idees italiennes sur quelques tableaux celebresChapitre 47 sur 100 · GALERIE DU CAPITULE · texte numérisé non relu

GALERIE DU CAPITULE

Je conseillerais aux voyageurs qui vont voir les Galeries, de ne pas user leur yeux et leur attention sur les ouvrages de second ordre.

Au Capitole il faut regarder avant tout :

Ariane et Bacchus dans l'île de Naxos, tableau du Guide arrangé comme un bas relief, et où brille l'élégante froideur qui le caractérise.

S. 1 Sébastien du Dominiquin. Ce petit tableau fait plaisir aux yeux; toutefois, contre l'ordinaire du peintre Bolonais , la tête manque de profondeur et de résignation. Le Sueur eut sans doute mieux fait ; mais ni le Sueur ni aucun peintre français, n'eut pû faire ces yeux.

Rémus et Romulus avec la louve de Rubens. La fourrure de la louve est admirable ;

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en revanche les enfans n'ont point l'air de héros futurs. N'est ce pas bien là le caractère de l'Ecole Flamande, perfection dans ce qui ne tient pas à l'âme?

Michel-Ange vêtu de damas noir, portrait ressemblant, et de plus, dit-on, fait par lui même ; il est permis de douter de cette dernière rirconstance.

L'enlèvement d'Europe de Paul Véronèse, scène amusante et bien peinte ; Europe est représentée en trois situations différentes ; on trouve ici toute la finesse de ton de ce grand maître, et la charmante physionomie vénitienne, sans rancune et sans tristesse. C'est absolument le contraire des têtes du Pénigin, et des premiers maîtres de Florence.

Le triomphe de Flore du Poussin, figure gracieuse de la Nymphe qui cœuille une fleur. Sibylle Persique du Guerchin, admirable, cependant les yeux sont rouges et les mains semblent appartenir à un crocheteur, l'expression de la tête et la couleur font oublier tous ces défauts. Sibylle du Dominiquin; remarquez les yeux.

GALERIE DU CAPITOLE. t97

La S. te Pétronille, tableau capital du Guerchin ; proportions colossales, sujet admirable, et bien autrement touchant que la Transfiguration ou la Communion de S/ Jérôme.

Un jeune homme habillé comme on l'était au 16."" siècle, revient de voyage pour épouser Pétronille qui l'aimait ; il arrive au moment où l'on enterre sa maîtresse. La tête de la jeune fille parait encore hors de la fosse. Brisé par la douleur le jeune homme, à droite du spectateur demande des détails à deux personnages, dont l'un porte un turban. Le premier plan est occupé par la belle tête de Pétronille : deux hommes descendent le corps au tombeau.

A gauche du spectateur, douleur des femmes qui ont accompagné l'enterrement. Le sujet serait trop affreux, si dans le ciel l'on ne voyait l'âme de la Sainte reçue par Jésus Christ. Admirable physionomie du Sauveur, que je préfère aux Sauveurs de Raphaël.

La force des clairs et des ombres, a produit un défaut : à distance cet immense tableau parait semé de taches blanches.

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S. 1 Pierre en possède une copie en mosaïque ; c'est le chef-d'œuvre de la mosaïque.

Bon portrait de Savonarole regardant le bûcher ; autre bon portrait de ce grand homme au Collège Romain. Son mot au Médicis régnant.

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