‹ Idées italiennes sur quelques tableaux célèbres, par A. ConstantinChapitre 66 sur 89 · ÉCOLE DE BOLOGNE. 2T · texte numérisé non relu

ÉCOLE DE BOLOGNE. 2T

Jupiter, et la Licorne blanche du Donoiniquin. Il y a un Dieu des mers dans le grand tableau au dessus de la porte qui me semble digne du r.orrège.

On ne peut se lasser d’admirer la grande pratique que les peintres de Bologne avaient acquise dans la peinture à fresque de nous si peu connue. Demandez à voir dans un cabinet, Persée coupant la tête de Méduse, avec une certaine épée ad hoc.

L’Ecole des Carraches, a secoué le joug des plats imitateurs de Raphaël ; mais cette révolte hardie parait avoir épuisé la force d’àme de Louis Carrache, et de ses deux cousins Annibal et Augustin. Le précepte de Louis Carrache était de choisir ce qu’il y avait de mieux dans les écoles de Rome, de Venise, de Florence, et dans celles que Léonard de Vinci et le Corrège avaient créées en Lombardie. L’Ecole des Carraches a donc étudié avec une patience infinie le dessein, le clair-obscur, la couleur, et la composition ; mais -elle est rarement arrivée à ce mérite sublime qui jete les spectateurs dans

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le ravissement. A l’exception du Dominiquin, personne dans cette école ne fut possédé de cette folie tendre et sublime, qui flt le génie de J. J. Rousseau et du Tasse. On dirait que les trois Garraches surtout ont été absorbés par le matériel de la peinture. Ils vécurent pauvres et peu estimés par le gros du monde. Les peintres maniérés dont ils se moquaient avaient de belles manières et plus de crédit qu’eux auprès des Princes. Les pauvres Garraches absorbés par des études sévères, et flls d’un tailleur, n’avaient pas le ton du monde. Ils placèrent leur idéal dans l’ampleur excessive des draperies.

Une extrême curiosité peut demander à voir de grandes fresques du Vasari représentant Gharles V, François I, Luther, etc. Il y a quelques restes d’antiquités, un Galigula à cheval, etc., les jambes de l’Hercule Farnèse.

Tout près, au Palais Spada, voir un Pompée colossal, on ne manque pas de dire que c’est précisément la statue aux pieds de laquelle Gésar tomba percé de coups. Voir une Didon

PALAIS TORLOMA.

sur le bûcher du Guerchin : Ham- (UTipite animani etc. Superbe manteau de brocard de Didon plus soigné que la tête ; la répétition de l’Hélène enlevée du Guide, six grands bas-reliefs antiques, etc.

. Voir l’une après l’autre, les cours du Palais Farnèse, du Palais de la Chancellerie, du Palais Borghèse et du Palais de Monte-Cavallo, on se formera ainsi quelque idée de l’architecture moderne.

1/ intérieur de la plupart des Palais romains s'est arrêté au luxe du 17." siècle ; ce qui choque les voyageurs arrivant de Paris. Le Palais Torlonia place de Venise , fait une brillante exception; chercher à voir aux lumières. Hercule lançant Lycas à la mer, colosse de Canova.

Les Noces de Psyché

Esquisses de Jules Romain au Palais Albani des Quatre Fontaines.

Il faut chercher dans ce Palais ce que Rome possède de plus élevé peut-être, en fait de style. Ce sont les cartons des fresques de Jules Romain au Palais du T. à Mantoue.

Après la mort de Raphaël et le sac de Rome en 1527, qui dispersa tous les artistes, Jules Romain plongé dans le désespoir alla chercher de quoi vivre dans une petite ville fangeuse, bien loin de cette Rome qu’il avait tant aimée et où tous les jours l’on découvrait quelque nouveau chef-d’œuvre de la sculpture antique. On pourrait croire que l’absence redoubla son amour pour ces formes si belles.

Dans ces esquisses sublimes du Palais Albani, l’on ne trouve point ce pastiche de l’anti-

ESQUISSES DE JULES ROMAIN. i81 que qui de nos jours nous a fait voir dans les tableaux , des statues colorées ; de sorte qu’on aurait pû désigner à quelle statue tel torse, ou telle tête avaient été prises. C’est l’imitation de la nature vue par un œil accoutumé à sentir le sublime des formes présentées par les statues antiques.

De nos jours, l’on a copié servilement les anciens sans concevoir la philosophie qui les a dirigés dans leurs ouvrages.

Un homme qui n’est pas loué dans les livres, et que par conséquent peu de voyageurs admirent, est peut-être de tous les artistes venus depuis la renaissance, celui qui a le mieux compris les anciens. Cet inconnu s’appelle Luca délia Robbia, on peut admirer ses ba.s-reliefs dans toute la Toscane, mais il faut chercher plus particulièrement les marbres représentant des chantres au lutrin, maintenant relégués dans un petit cabinet de la Galerie de Florence , à cêté d(\s tableaux vénitiens.

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