‹ Idées italiennes sur quelques tableaux célèbres, par A. ConstantinChapitre 8 sur 89 · LA VIERGE DE FOLIGNO · texte numérisé non relu

LA VIERGE DE FOLIGNO

la draperie grise du S.‘ François, il se réchauffe en approchant des chairs de l’Ange, et devient presque rouge à côté de la draperie rouge du Donataire.

Voyez comme les tètes qui se détachent sur le ciel , sont entourées d’une teinte chaude, afin qu’elles ne s’enlèvent pas durement, sur un ciel bleu.

Beaucoup d’artistes pensent que le bleu a été enlevé dans certaines parties de ce tableau , et fout, dans leurs copies, le ciel du même bleu partout ; c’est alors que la dureté des tons apparait aux yeux sensibles, et l’on comprend que c’est avec intention que ces teintes chaudes ont été placées par Raphaël.

Je le sens, mes observations perdront les trois quarts de leur petit mérite, à n’ètre pas lues devant les tableaux.

La Vierge a la Chaise.

On dit que Raphaël a pris cette composition à Fra Bartolommeo délia Porta, ce qui n’aurait rien d’étonnant. Raphaël comme Molière a pris partout où il a trouvé du rirai ; il parait qu’au 16 ."” siècle, l’opinion ne voyait rien d’extraordinaire dans ce procédé. Fallait-il s’écarter de la nature, et inventer un nouveau geste faux ou moins vrai, parceque déjà un autre tableau s’était emparé du véritable, et l’avait donné au public? Les statues des Grecs ne sont elles pas toujours dans la même position ? Vénus cherche à cacher ses appas etc. etc.

Raphaël a voulu faire une Vierge avec une physionomie de simple mortelle, et pr là bien différente de la plupart de celles qu’il a créés.

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