‹ Identification anthropométriqueChapitre 57 sur 126 · V. — Remarques sur quelques cas exceptionnels · texte numérisé non relu

V. — Remarques sur quelques cas exceptionnels

53. — Nous avons vu que dans la très grande majorité des cas, à mesure qu'on progressait de gauche à droite dans la série, la quantité du pigment croissait avec l'intensité de sa teinte. C'est ainsi qu'en fait de pigment, il n'y a guère que le jaune et l'orangé qui soient fréquemment mis entre parenthèses.

54. — Bien plus, quand on rencontre un œil manifestement peu pigmenté et doté uniquement de quelques pointillés d'un orangé clair et vif (jaune-souci, par exemple ; voir l'œil F^ du tableau), il est de règle de le classer au jaune, c'est-à-dire de le ranger à la classe des yeux peu pigmentés, plutôt qu'à Vorangé. Inversement, les yeux pourvus d'un cercle jatine très abondant doivent être apostilles du chiffre 3 et être rangés dans la classe des orangés, quoique leur auréole puisse concurremment être qualifiée de jaune

COULEUR DE l'ŒIL ' 53

(voir G^ du tableau). Ce sont là des formules anormales auxquelles il ne faut recourir qu'exceptionnellement. De même, certains cercles roux foncé, irréguliers et incomplets, seront qualifiés et classés à l'orangé plutôt qu'au châtain (voir P et P du tableau).

55. — Autrement dit : la classification étant basée à la fois sur la qualité et la quantité du pigment, quand le second facteur ne suit pas le premier, l'œil rétrograde d'une classe.

Sans ces restrictions, on pourrait imaginer des yeux classés à Vorangè qui seraient en même temps limite-hrtpignienté ; et inversement on rencontrerait à la division des impigmentés des yeux limite-orangè. Ces enjambements par-dessus une classe troubleraient les règles de la classification et des vérifications dans le répertoire anthropométrique. L'orangé en si petite quantité est d'ailleurs toujours difficile à distinguer du jaune.

56. — Le châtain donne lieu à une observation du même genre. Par son ordre dans l'échelle, cette classe occupe le milieu entre l'œil bleu et l'œil marron, et ne réunit que des yeux d'une pigmentation incomplète. Il en résulte qu'il est quelquefois, théoriquement et pratiquement, préférable de classer au n° 6 {marron-verdâtre) les yeux presque entièrement châtain-foncé, où la matière colorante n'est pas groupée en cercle autour de la pupille, mais indistinctement et abondamment répandue sur tout l'iris. L'aspect général des yeux de cette classe est d'ailleurs infiniment plus rapproché de celui des yeux marron-verdâtre que de celui des yeux châtain (voir les n°^ M^ et N^ ).

57. — Quant aux yeux pigmentés de châtain pur, ils ne se rencontrent pour ainsi dire jamais sans mélange de verdâtre (voir l'œil K^ déjà mentionné, ainsi que L^ ).

58. — RÉPÉTONS d'ailleurs qu'en pareilles occurrences l'observateur EST PLUS que jamais INVITÉ A SE COUVRIR PAR L'iNDICATION DES LI- MITES POSSIBLES, qu'il EXPRIME AU MOYEN DE NUMÉRO DE CLASSE DOUBLE

OU TRIPLE. Il doit en outre, s'il croit indispensable de faire une infraction à la numération ordinaire du pigment, indiquer que c'est là de sa part un fait raisonné et ne résultant pas d'une erreur, en souhgnant le numéro de classe dont l'attribution est ainsi modifié. Bien plus, il fera sagement, aussi longtemps que sa compétence comme anthropomètre ne sera pas reconnue, d'en faire l'objet d'une remarque explicative à la rubrique des particularités ou des renseignements divers. C'est dire combien rarement il devra y recourir.

YI. — Particularités .

59. — Les particularités et anomalies présentées par l'iris doivent être inscrites en quatrième ligne, à la rubrique y relative, ou au n° III des marques particulières de la face.

60. — Le qualificatif truite, qui s'applique aux yeux bleus comme aux yeux marron, sert à désigner certaines taches rousses, appelées

encore taches de feu, qui rappellent les raouclietures de la truite. Ces taches ne modifient pas la classification d'un œil et n'interviennent dans sa dénomination que comme signe particulier. C'est ainsi que les yeux bleu-arcloisii truilé et bleu-azur truilè devront être classés dans la classe I (yeux impigmentés) si, en dehors de ces taches, l'iris ne contient pas de jaune (voii* l'exemple H^ peu démonstratif d'ailleurs, du tableau chromatique).

61. — Certains iris présentent, soit à droite, soit à gauche, des zones nettement découpées d'une coloration ditïérente, généralement plus foncée que le reste ; ce que l'on note au moyen de la formule seetettv elmtain iris gatiehe (OU droite (voir F'^ d^jà mentionné).

62. — On signalera aussi en quatrième ligne la présence fréquente chez les vieillards du cercle nacré, appelé aussi cercle sènile qui, en masquant partiellement la périphérie, rend l'observation de l'œil plus diflflcile, notamment en ce qui regarde la distinction des trois classes marron (voir l'œil W ).

63. — Enfin, nous avons vu que l'on devait mentionner également, en quatrième ligne, la présence de la s;one concentrique grisâtre quand elle était très prononcée (voir la note page 45 et l'iris A^ du tableau).

64. — Lorsque la nuance de l'œil gauche diffère notablement de celle du droit, on inscint la première dans la colonne spéciale et la seconde en renvoi. C'est l'anomalie appelée vulgairement yeux vairons (du latin varius, varié).

On agira de même en ce qui regarde les mentions telles que : légère on forte taie sur l'eeil ganche (OU ilroit}, etc.

65. — Pour les borgnes, distinguer entre l'expression : ne voit pas de l'œil tiroit (OU gauche} qui n'implique que la privation de la vue, et celle de: privé ou mieux amputé de l'œil droit (OU gauche'), qui est affirmative sur la vacuité de l'orbite.

66. — Pour les sujets amputés d'un œil, indiquer aux renseignenients divers s'ils sont pttrtettrs ti'un œil €ie verre.

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