‹ Identification anthropométriqueChapitre 94 sur 126 · I. — Rapidité dans V énonciation · texte numérisé non relu

I. — Rapidité dans V énonciation

2. — Elle s'acquiert facilement si l'on a soin, dès les premiers exercices, de ne jamais s'écarter de l'ordre prescrit pour la description et la localisation.

3. — Les phrases, toujours coulées dans le même moule, prennent un certain rythme qui ne tarde pas, en s'imposant à l'apprenti anthropomètre, à le préserver de toute omission .

4. — Prenons comme exemple de démonstration la marque n" 3 (PI. 64, Fig. 1) qui est ainsi libellée :

Cicatrice rectiliync rfe 6 oblique interne à 9 tlessus poignet gauche jiostérieiir.

5. — Remarquons d'abord, au point de vue du rythme de la phrase, l'opposition de son qui s'observe généralement entre l'obliquité d'une cicatrice située sur un membre et la désignation de sa face d'emplacement: il est facile de constater que, quand l'obliquité est interne ou externe, la marque ne peut être située que sur les idice':^ antérieure ou postérieure, et inversement que, lorsque l'obliquité est antérieure ou postérieure, l'emplacement de la marque est par cela même sur l'une des faces externe ou interne.

L'opposition de son qui résulte de cette espèce de balancement de mot est exprimée par la formule mnémonique suivante, qui n'est pas sans rendre quelques services au début d'un apprentissage : quand Vobliquité est en eur (c'est-à-dire quand le qualificatif qui l'indique se termine en eur), la face est en ne ; et inversement quand Vobliquité est en ne , la face est en eur.

6. — Il n'y a d'exception à cette règle que pour les marques situées sur les bords mitoyens entre deux faces; on peut imaginer un signe oblique antérieur qui serait situé sur une face qualifiée d'externeantérieur.

7. — Remarquons enfin que notre expression, à 9 dessus poignet gauche, n'indique que par voie de déduction que la particularité signalée est située sur l'avant-bras. De même, en parlant d'un nœvus, lorsque nous disons qu'il est à 3 dessus télé du sourcil gauche, nous

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localisons implicitement ce signe sur le front. Mentionner l'endroit en propres termes allongerait inutilement la phrase d'un mot.

S. — Conclusion: Éviter d'énoncer le nom même de la partie du corps qui est le siège de la particularité, toutes les fois que son emplacement précis pourra être déduit facilement des indications fournies par les repères.

II. — Rapidité dans fade d'écrire le relevé des marques particulières .

9. — Elle est obtenue par l'emploi d'abréviations à tel point réduites, que quelques-unes d'entre elles rappellent par leurs formes les signes usités en sténographie.

10. — La fe édition des Instruclions signaUliques en avait déjà donné une liste, très limitée comme nombre et comme hardiesse d'abréviation, mais en en laissant l'usage facultatif.

11. — Les besoins de la pratique en ont depuis largement étendu l'application, en même temps qu'ils leur imposaient une forme de plus en plus courte, de plus en plus conventionnelle.

12. — Cette écriture cursive atteint aujourd'hui, dans les services centraux de Paris, de Lyon et de Marseille, un degré de perfection qui ne saurait être dépassé et qui en marque l'état définitif. Grâce à elle, un secrétaire, après cinq ou six jours de pratique, parvient facilement à inscrire le relevé cicatriciel aussi vite que la parole arrive à l'énoncer. Enfin la lisibilité des phrases ainsi reproduites est telle, que leur interprétation est manifestement plus aisée et plus rapide que si elles étaient écrites en toutes lettres.

13. — La preuve en est que les employés du service central de Paris chargés des recherches dans les répertoires anthropométriques, préfèrent recopier avec abréviations les quelques signalements de récidivistes sous faux noms, qu'on leur envoie chaque jour de province, aux fins spéciales d'identification, plutôt que de s'en servir tels quels.

14. — Aussi ne saurions-nous trop recommander aux agents anthropomètres de se familiariser avec ces signes ; l'économie de temps qui en résultera pour leurs travaux d'écriture, les compensera largement, dès la première semaine, de l'apprentissage très court qu'ils réclament.

15. — Néanmoins, les copies de signalements destinées aux autorités judiciaires ou administratives devront toujours être transcrites en caractères ordinaires, du moment qu'il y aura lieu de supposer que les personnes qui auront à s'en servir, pourraient ne pas être familiarisées avec la pratique de procédés aussi spéciaux.

ÉXON(J[AÏION ET INSCRIPTION 123

16. — Nous donnons plus loin quatre, listes de nos abréviations : l'une ci-après, dans les Instructions, avec un commentaire explicatif pour l'enseignement ; l'autre groupée en tableau, en suivant l'ordre des chapitres, pour les premières tentatives d'un secrétaire ; une troisième par ordre alphabélique de termes; et une quatrième, par ordre alphabétiqîie d'ab)'éviations ; cette dernière s'adresse spécialement au lecteur non initié, à un défenseur, par exemple, qui aurait à déchiffrer un relevé abrégé de cicatrices, ou à en contrôler la translation.

17. — L'extension des abréviations à d'autres termes que ceux de ces listes, prêterait inévitablement à des confusions et doit être absolument prohibée. Le profit particulier qu'on en tirerait serait d'ailleurs insignifiant, la liste des abréviations recommandées comprenant l'ensemble des termes les plus usités.

18. — Les signes et particulièrement ceux qui sont réduits à de simples initiales ou à des lignes conventionnelles, doivent être dessinés très correctement, si l'on veut éviter de les voir dégénérer rapidement en un griffonnage illisible.

Les quelques cas que nous signalerons exceptés, il faut notamment se garder de réunir par des déliés supplémentaires les mots qui doivent être séparés, ou inversement d'omettre les déliés entre les différentes lettres d'une môme abréviation.

19. — Exemple : j:)eit7, moyen, grand, sont inscrits ici, comme pour les caractères descriptifs, au moyen de leurs initiales p. m. g. tandis que le repère poit/we^ est représenté par le groupe des consonnes pg. La main et l'œil s'habituent très rapidement à fixer et à lire sous cette forme le mot poignet. Mais qu'un secrétaire négligent ou peu habitué vienne à séparer le p du g, et le lecteur non prévenu sera tenté de lire au premier ahovd petit grand, jusqu'à ce que la contradiction des termes ainsi juxtaposés lui fasse deviner son erreur, ou plutôt celle de son correspondant.

20. — Les signes et lettres employés sont choisis de façon à former un graphique d'autant plus court que le terme à représenter est d'un usage plus fréquent.

21 . — On s'est efforcé à ne conserver que la lettre initiale des principaux termes, ou, en cas de double emploi, la première consonne, ou le groupe des consonnes de la première syllabe. Les consonnes, en effet, qui sont les squelettes des mots, caractérisent ces derniers infiniment mieux que les voyelles.

22. — Plusieurs des termes les plus fréquents commençant par la même lettre initiale, ont été distingués au moyen de l'adoption, exclusive pour chacun d'eux, d'une forme spéciale de lettre (majuscule, minuscule, caractères latins ou grecs, etc.). Deux signes, empruntés à la sténographie, ne se rattachent en rien à l'alphabet et sont absolument conventionnels, G'est par la description de ces formes en

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quelque soi'te surabrégées, qui (nous devons le reconnaître) donnent à l'ensemble de l'écriture un aspect quelque peu bizarre, que nous allons commencer la revue du vocabulaire cicatriciel.

23. — i" Abréviations à forme sténograplùque et surabrégée . Voir, sur le grand tableau synoptique des tenues sifinalètlques, à la colonne extrême de droite, la liste spéciale des signes à forme conventionnelle. — Les mots desstis et 50i<s, qui reviennent si souvent dans nos formules de cicatrices, sont représentés, le premier par un trait horizontal de 3 millimètres environ, tracé de gauche à droite en suivant la ligne pointillée imprimée sur la fiche, surmonté d'un demi-cercle à grand diamètre ^vertical et à concavité tournée vers la droite. Le demi-cercle doit être ajouté à la ligne horizontale en revenant un peu en arrière et au-dessus, c'est-à-dire sans perdre le. contact avec le papier, sans lever la plume,

24. — Le mot sous, dont le sens est le contraire du précédent, se représente par un petit trait horizontal de même genre que le précédent, mais terminé par un cerceau descendant en dessous de la ligne. Ainsi le graphique des mots dessus et sous ne se distingue que par la place du crochet, lequel est situé en haut pour représenter le premier terme et en bas pour représenter le second.

25. — Par analogie, les ad,jectifs supérieur et inférieur sont figurés par les mêmes signes que les prépositions dessus et sous^ le sens et l'emplacement de ces dessins dans la phrase suflflsant pour indiquer à laquelle des deux parties du discours, préposition ou adjectif, on a affaire.

26. --Les quatre faces, antérieure, postérieure, interne et externe sont représentées, chacune, par leur lettre initiale tracée en caractères imitant certaines lettres grecques : antérieur par un alpha a ; postérieur'^2lv une lettre rappelant le rho p ; interne par un iota <. ; e.cterne par epsilon e.

27. — La boucle du symbole ^'antérieur est tournée, soit dit en passant, dans le sens opposé à celle dejjostérieur. En ce qui concerne le graphique de ce dernier terme, il importe d'en attaquer le dessin en traçant à la plume un petit tiret horizontal, de 1 ou 2 millimètres, suivant bien exactement lalignepointilléeavantde remonter au-dessus pour décrire la boucle ; enfin, point tout aussi important, il faut veiller à ce que le jambage final descende verticalement par rapport à la ligne ; l'inclinaison inverse , c'est-à-dire oblique de haut en bas et de gauche à droite, est même préférable, en ce qui concerne ce jambage, à l'inclinaison de droite à gauche de l'écriture ordinaire.

. 28. — Rien à dire sur l'abréviation <ï intente, le signe employé ayant la même forme dans l'écriture grecque, dans la française et

29. — Quant au grapliique cVexterne, remarquons qu'il ne s'agit pas là d'un E majuscule, comme on pourrait le croire à première vue,

ÉXOXGIATION ET INSCRIPTION 125

mais d'an dessin de forme analogue à un 3 retommé, de même hauteur que le corps de l'écriture courante.

30. — Par exception à la prescription générale (^§ 18) qui interdit en écriture abrégée la réunion des signes, on admet pour plus de rapidité la fusion des six grapliiques précédents avec la lettre c, abréviation du mot courbe qui leur est continuellement juxtaposé.

31. — Nous avons vu, en effet, que la forme de cicatrice qualifiée de courbe doit toujours être suivie de l'indication de la face {supérieure, inférieure, antérieiD'e, postérieure, interne ou externe), regardéepar la concavité de la courbe. D'un autre côté, il est de règle d'omettre dans la phrase écrite les mots à cavité, tout en continuant à les énoncer dans la phrase parlée. Ainsi les phrases dictées: cical)-ice courbe à cavité supérieure, ou cicatrice courbe à cavité interne, deviennent une fois transcrites: Cic. c.stvp. — Cicc.int.

32. — La réunion de la lettre c avec les six signes ci-dessus arrive à constituer de véritables monogrammes qui permettent de représenter tout un membre de phrase d'un seul jet déplume. (Voir au bas de la dernière colonne de droite du grand tableau synoptique, la liste

des SIGNES CONVENTIONNELS COMPOSÉS.)

33. — Les deux signes surabrégés qui s'écartent tant soit peu des formes de l'écriture ordinaire et dont il nous reste encore à parler, se rapportent aux mots gauche et droit. Le premier est représenté par sa consonne initiale g, que l'on distingue de l'abréviation similaire du mot grand en traçant la boucle supérieure à droite du grand jambage, et non pas à gauche, comme pour le g minuscule français ordinaire. Cette forme de g n'est pas absolument exceptionnelle; elle se rencontre dans certaines écritures commerciales, notamment d'origine anglaise. Elle se distingue du graphique de postérieur par sa boucle inférieure et par son inclinaison générale oblique de droite à gauche, parallèle à la direction ordinaire de l'écriture, et non plus verticale. On peut encore dire de ce signe qu'il ne diffère de Vh minuscule de l'écriture allemande, ou de Vs long de l'ancienne écriture française, que par une diminution en hauteur de la boucle supérieure.

3i. — Le mot droit est figuré au moyen d'un signe analogue au deleatur des correcteurs de typographie, c'est-à-dire d'une lettre initiale a que l'on munit, en haut et à gauche de la barre, d'une boucle descendante terminée elle-même par un délié final qui repasse à droite (également usité dans les écritures manuscrites allemandes et grecques).

35. — 2° Abréviations réduites a la lettre initiale du mot à représenter. Les cinq doigts de la main sont représentés par Vinitiale du nom de chacun d'eux, écrite en lettre majuscule manuscrite, à

l'exception de l'auriculaire qui, pour se distinguer de l'abréviation d'annulaire, est figuré par un o.

36. — Les trois sortes d'inclinaison, horizonlale, verticale et oblique, sont inscrites respectivement au moyen des consonnes /t, vr et h; cette dernière en place de la voyelle initiale 0, déjà employée pour l'auriculaire. Oblique interne sera donc écrit h t, oblique externe h t, oHique antérieur h a, etc. Il est passé en pratique que le graphique de vertical, vr, peut, en écriture courante, revêtir la forme d'un 10.

37. ~ Les graphiques JP-J, i-M, M- a, a-o, se liront respectivement: entre pouce et index ; entre index et médius ; entre ))iédius et annulaire; entre atinulaire et auriculaire.

38. — Les mots relatifs aux formes des cicatrices linéaires: rectiligne, courbe (déjà mentionné), smucMo; et &/-<sé,sont représentés au moyen des lettres correspondantes : r, c, s et hr.

39. — j est l'abréviation de jointure et /celle adoptée pour phalange. On doit réunir par un délié et tracer sans lever la plume les lettres j ou /"et le numéro de jointure (ou de phalange) qui doit toujours et nécessairement les précéder. Exemple: i''^ p)halange et 2" jointure s'écrit i/et 2J; 3^ jointure et 3'' phalange: 3J et 3/. —

40. — Rappelons enfin pour mémoire les lettres p. m. g. abréviations déjà mentionnées des mots petit, moyen et grand., et la lettre n déjà employée dans la partie anthropométrique pour désigner Vanhylose.

41. — 3" Abréviations composées de plusieurs consonnes juxtaposées sans voyelles intermédiaires. Il suffira de les énumérer sans commentaire, les motifs qui ont déterminé la conservation de certaines lettres pouvant être facilement déduits des considérations et des exemples précédents.

42. — Les adjectifs numéraux: quelques = qq: p)lusieurs = pis; nombreux = n&.

43. — Les qualificatifs de forme: brisé =hr (déjà mentionné); dévié = dv; écfuerre = qv^ en crochet = cvch ; cavité = cv; léger = ig; parallèle =z prl; proé)ni?ient =priH; traversé —trv.

44. — Les qualificatifs d'emplacement: distancé =ast; situé — st.

45. — Les substantifs métriques centimètre et. millunàtre, lorsqu'ils ne sauraient être indiqués par déduction, conformément aux prescriptions du paragraphe 18 (page 112), seront figurés respectivement par les lettres cm et mm.

46. — Les particularités: fossettes = fst> nœvus -.- nvjvariole = vrl; point =z j>t.

47. -r- Les abréviations de cette catégorie qu'il nous reste à onu-

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