‹ Identification anthropométriqueChapitre 98 sur 126 · O.IO · texte numérisé non relu

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doigts, et c'est probablement à cette dernière particularité, combinée avec une carrure relativement grande, qu'il faut faire remonter l'excentricité par excès de son envergure.

Les longueurs osseuses sont susceptibles, en ce qui l'egarde le sigmilement descriptif, d'un auti'e genre d'interprétation qui, en certaines circonstances, peut devenir très utile ; nous voulons parler de la reconstitution, au moyen d'un signalement anthropométrique, des numéros de pointure et des dimensions approximatives des pièces correspondantes de l'habillemeut.

Nous avons indiqué eu note de la page xx de l'Introduction l'origine de ces calculs et la règle à suivre pour transformer une longueur anthropométrique de pied en pointure de cordonnier et vice-versa. Pour le premier cas, le seul dont nous ayons à nous occuper ici, on ajoute 12 à 20 millimètres suivant l'élégance présumée de la chaussure (1), et l'on multiplie la somme par 3/2. Le résultat divisé par 10 donne le numéro de la pointure à une unité près.

La liauteur de l'entrejambe d"un pantalon s'obtiendra de la façon la plus simple en retranchant la hauteur du buste du chiffre de la taille totale. Cette différence donnera exactement la longueur de l'entrejambe d'un pantalon ajusté porté avec bretelles, c'est-à-dire une longueur maximum qui, en pratique, pourra dépasser de 2 à 4 centimètres, et même plus, celle qu.'on sera exposé à rencontrer sur des sujets mal habillés (2).

La pointure d'un chapeau dur se calcule séparément pour les deux diamètres en retranchant pour chacun d'eux 145 du chiffre correspondant donné par le signalement anthropométrique, et en divisant la différence par 6,25, valeur millimétrique de l'intervalle de pointure en cliapellerie. La pointure des chapeaux mou? et casquettes s'obtient en divisant par 2 la somme des deux pointures précédentes (longueur el largeur pour chapeau dur). Ne pas négliger de mentionner les demi-pointures. Les pointures de tour de tète pour chapeau mou s'échelonnent en effet par demipointure de 0 à 8 1/2. Chaque augmentation d'une demi-pointure équivaut exactement à une augmentation de 1 centimètre dans la circonférence. La pointure numéro 0 corrrespond à 47 centimètres de tour de tête, la pointure 1/2 à 48, la pointure 1 à 49, la pointure 1 1/2 à 50 centimètres, etc.

L'indication de la pointure de chapellerie (en distinguant le chapeau dur et le chapeau mou) complétera utilement un signalement descriptif pour portrait parlé, sans qu'on ait à attacher trop d'importanca à ce renseignement que les fantaisies personnelles, la mode, etc., peuvent modifier <à plaisir.

Identification photographique.

L'observation scrupuleuse des règles de la photographie judiciaire exposées ci-dessus assure aux différents portraits photographiques d'un même individu des points de comparaison si nombreux et si précis que, quelle que soit la déchéance physique intervenue entre les poses successives, l'identité peut en être établie immédiatement et sans hésitation. — Voir planches 59 " et '' les fac-similés de portraits profil et face, appareillés l'un au-dessus de l'autre, par couple relatif au même sujet.

(1) 12 millimètres pour les souliers à bout rond ou carré et 18 à 20 millimètres pour ceux à bouts dits pointus.

(2) Pour remonter de la hauteur de l'entrejambe d'un pantalon bien ajusté à la taille du sujet, on multipliera la longueur de l'entrejambe du pantalon par 2 el on ajoutera a\i produit 8 a 10 ceniiméires pour lès entrejambes supérieures à 0"',80; 10 à l2 centimètres pour celles (de dimension moyenne) comprises entre 0"',7d et 0'", 80, et 12 à 15 centimètres et même plus pour celles intérieures à 0"',75. Le résultat sera toujours très approximatif et notablement trop faible pour lespantalons non ajustés, c'est-à-dire trop courts.

Quoique notre choix ait porté sur les disseiiiblances les plus frappantes qu'il nous ait été possible de rencontrer, la comparaison des lignes fronto-nasales et des détails morphologiques de l'oreille, d'après les images de profil, ne permet pas de concevoir le moindre doute sur l'identité de personne ; tandis que la ressemblance des portraits de face est en grande partie détruite ici par un changement intercurrent dans le système pileux et dans l'état graisseux du sujet (PI. 59 ", Fig. 1 et 2), ou par un rapprochement nerveux des sourcils (Ib., Fig. 3 et 4), ou une déviation latérale du regard (PL 59 », Fig. 3 et 4).

Le problème inverse, qui consiste à affirmer la non-identilê individuelle entre deux photographies offrant une certaine ressemblance physionomique générale, se résout avec le même degré d'aisance et de certitude par la comparaison des lignes fronto-nasales et des détails morphologiques de l'oreille.

Les analogies de cette sorte peuvent se rattacher aux quatre causes principales suivantes :

professionnelle

, , . 1, ■ • ] pathologique Analogies d origine < \, .

ethnique

familiale

De la similitude professionnelle dont nous avons déjà eu l'occasion de parler à propos de Vimpression générale (page 106), nous ne dirons que quelques mots. Elle est tout en apparence, dans le costume, le port de la barbe et des cheveux, les façons, etc. Aussi ne résiste-t-elle pas un instant à l'examen anatomique.

Chaque maladie a son aspect, son faciès, disent les médecins, et les ressemblances générales qui en résultent sont d'autant plus grandes que l'organisme est plus profondément atteint. C'est ainsi que tous les sujets qui respirent mal, asthmatiques, emphysémateux, poitrinaires, etc., ont des yeux plus ou moins proéminents et une expression générale d'angoisse qui les rapproche les uns des autres.

Mais nulle part la similitude paihologiqtie n'est plus frappante que quand elle résulte d'une malformation osseuse. Tous les bossus, par exemple, se ressemblent ; à l'expression de gêne respiratoire vient se joindre une similitude obligée dans le port de la tête et des épaules, etc.

Ce sont encore les malformations crâniennes, cela va de soi, qui occasionnent les ressemblances physionomiques les plus parfaites. Tous les individus affectés de tête en forme de bonnet àpjoils (PI. 60 ", Fig. 1 et 2), ou de menton proéminent, vulgo menton de galoche {Va., Fig. 3 et 4), ont un air de famille. L'oreille (à défaut de la ligne fronto-nasale que la déformation peut uniformiser en l'affectant) suffira toujours pour les individualiser. Ainsi le lobe de la figure 1(P1. 60 ") est intermédiaire quant au contour et à l'adhérence, tandis que celui de la figure correspondante, n" 2, est d'équerre et fondu. Mêmes re-

d44 PORTRAIT PARLÉ

marques en ce qui regarde les lobes des profils 3 et 4 de la même planche.

Les ressemblances ethniques^ c'est-à-dire entre étrangers de même race et surtout de race exotique, sont au^3si décevantes. C'est ainsi qu'aux yeux d'un Européen arrivant en Chine, tous les Chinois se ressemblent; les dissemblances physionomiques ne lui deviennent perceptibles qu'après bien des mois d'accoutumance. Sans aller aussi loin en similitude, il est de fait que les Gitanos ou Bohémiens de nos pays présentent souvent entre eux une grande analogie morphologique (PI. 60 *, Fig. 1 et 2). C'est qu'à une communauté ethnique se joint alors généralement une parenté plus ou moins proche, connue ou ignorée des intéressés.

Les villages, en France, ne sont pas rares, où les habitants, tous parents et se ressemblant dans une certaine limite, portent le même nom patronymique et ne se distinguent entre eux que par leur surnom. Et pourtant nous n'avons pas jusqu'aujourd'hui observé un seul exemple, même entre frères, où cette ressemblance morphologique s'étendait jusqu'à l'oreille (sans parler des écarts encore plus probants du signalement anthropométrique).

Exception, en ce qui regarde l'oreille, doit être faite pour les frères jumeaux (PI. 60 *, Fig. 3 et 4). Malgré l'analogie de cet organe, la non-identité de ces deux sujets est nettement démontrée par une différence de 6 millimètres entre leur largeur de tête. S'il ne nous a pas encore été donné de rencontrer deux jumeaux qui, en outre de cette identité d'oreille, présentaient un signalement anthropométrique concordant, les différences métriques ont été souvent assez minimes, pour que nous devions admettre cette coïncidence comme possible. En pareil cas, l'identification devra donc reposer principalement sur le relevé des marques particulières.

Est-il besoin de faire remarquer que cette exception (que nous ne pouvions pas ne pas signaler) ne diminue pour ainsi dire pas, en pratique, la valeur récognitive de la photographie et du signalement anthropométrique. La possibilité de confondre un frère jumeau avec l'autre ne doit être prise en considération (à défaut de marques particulières les individualisant), que si les registres d'état civil relatent réellement la double naissance aux nom et date indiqués. Ce n'est pas là un moyen de défense banal, à la portée de tout le monde.

Fin.

Pages.

AVERTISSEMENT de la nouvelle édition.

INTRODUCTIOî^

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