L\ DIVERSITÉ EXTRÊME DE DIMENSION QUE PRÉSENTE LE SQUELETTE
HUMAIN COMPARÉ d'un SUJET A UN AUTRE, à tel poiut qu^il Serait fort difficile, sinon impossible, de rencontrer deux individus pourvus d'une ossature, je ne dirai pas rigoureusement identique, mais seulement assez voisine pour pouvoir être confondue.
3" LA FACILITÉ ET LA PRÉCISION RELATIVE AVEC LESQUELLES CER- TAINES DIMENSIONS DU SQUELETTE SONT SUSCEPTIBLES d'ÊTRE MESURÉES
sur le vivant au moyen de compas d'une construction très simple.
SIGNALEMENT AT^TIIROPOMÉTRIQUE xvn
Voici parmi les innombrables mesures qu'il est possible de relever sur le corps humain celles qu'après une minutieuse critique nous avons définitivement admises à figurer sur le formulaire du signalement anthropométrique.
*. I , 1» r Taille (hauteur de rhommo debout).
Mesures relevées sur 1 en- \ ,-, , •
,1 , < tiuvercure des bras .
semble du corps ) -n . ,t . i i*i • \
^ r ouste (hauteur de 1 homme assis).
Longueur de la tète.
,, , , 1 « ^ Larfireur de la tête .
Mesures reh'voes sur la lôte < » • i, •« j •»
Longueur de 1 oreille droite.
Largeur de l'oreille droite.
( Longueur du pied gauche.
Mesures relevées sur les J Longueur du doigt médius gauche.
membres ) Longueur de rauriculaire gauche.
( Longueur de la coudée gauche.
Ces constatations n'ont de valeur qu'à la condition sine quâ non qu'elles soient relevées d'une façon rigoureusement uniforme et précise. La valeur signalétique d'une longueur osseuse est en effet, toutes choses égales d'ailleurs, directement proportionnelle à la précision de sa mensuration. C'est là un point capital sur lequel il nous faut particulièrement insister.
Supposons, par exemple, qu'au moyen d'un artifice quelconque, nous puissions arriver partout et toujours à mesurer la hauteur de la taille en commettant une erreur moitié moindre que celle dont cette indication est susceptible d'ordinaire ; il est évident que le chiffre ainsi recueilli permettra de distinguer deux fois fins d'individus, autrement dit, aura une valeur signalétique double.
Mais, quel résultat final n'obtiendrait-on pas, si l'on supposait le même perfectionnement de mensuration appliqué, après la taille, successivement aux dix autres observations du signalement anthropométrique ! L'envergure relevée avec une précision double différencierait de même deux fois plus de monde, ce qui, en tenant compte du résultat déjà obtenu par la taille, quadruplerait le nombre de sujets reconnaissables à l'ensemble de ces deux caractères (2 X 2 = 4). La hauteur du buste, en profitant du même perfectionnement, doublerait aussi pour sa part le nombre précédent qui deviendrait ainsi huit fois plus fort. La transformation des huit autres mesures, en apportant chacune avec elle un doublement successif, porterait progressivement ce coefficient au chiffre de 4.096 (8X^X2X2X2
iVtli INTRODUOtlON
Ainsi, le litnple fait d'être à même da relever les otuie mesiirei du signalement anthropométrique, chacune avec une précision double, rendrait ce document plus de quatre mille foie meilleur; autrement dit, si le premier signalement, tel que nous Tavons supposé, permettait de distinguer un millier de personnes les unes des autres (nous citons ce chiffre au hasard), le nouveau, aprè's ce perfectionnement idéal, en distinguerait quatfc? millions (i .000 X 4.000= /|. 000. 000.)
Inversement, la moindre négligence, ou seulement la moindre différence dans la façon d'opérer qui diminuerait Içi précision de l'observation pourrait, en se répercutant sur la succession de nos mesures, arriver à réduire presque h néant la valeur signalétique d'une description anthropométrique.
Ces considérations démontrent jusqu'à l'évidence l'obligation inéluctable de relever les mesures avec toute la rigueur possible, au moyen d'instruments spéciaux et en se conformant exactement atix prescriptions minutieuses qui font l'objet de la partie technique de ce volume.
Le court résumé que nous allons en donner ici, tout en élant manifestement insuffisant pour guider une mise en pratique, servira à tout le moins à fixer les idées du lecteur sur la signification de chacune de ces constatations (voir la gravure du frontispice).
La hauteur de la taille est projetée au moyen d'une équerre en bois de forme spéciale sur un mètre gradué fixé verticalement au mur. Le sujet, pieds nus, est adossé au mur, la colonne vertébrale à environ i5 centimètres à gauche de la graduation. L'opération est d'autant plus juste qu'elle est exécutée plus rapidement.
V envergure ou longueur des bras étendus en croix est prise immédiatement après, sans presque avoir à déranger le sujet, au moyen d'une graduation murale dont les verticales centimétriques peuvent s'adapter à toutes les tailles.
La mensuration de la hauteur du buste ( hauteur do l'homme assis) est effectuée ensuite & l'aide d'instruments analogues à ceux employés pour la taille.
Les deux diamètres céphaliques (longueur et largeur du crâne) sont l'un et l'aulre des dimensions maximums. Ils doivent être relevés au moyen d'un compas spécial, muni d'un arc de cercle gradué, du type appelé communément compas d'épaisseur*
La longueur de la léte est mesurée de la concavité de la racine du
SIGNALEMEXT ANTHHOrOMÉTRIQUE Xlt
nc3S prise comme point fixo h la portie la plus saillante du derrière de la tête.
La mensuration de la largeur ( diamètre transverse maximum) est une opération un peu plus délicate. Elle diffère notamment de la précédente en ce qu'il n*y a plus do point fixe et que les extrémités des deux branches de l'instrument doivent être déplacées ici & la fois horizontalement et symétriquement de chaque côté de la tête.
Remarque très importante : Ces deux observations doivent toujours être l'objet d'une vérification dite de contrôle qui consiste à fixer les branches du compas au moyen do la vis d'arrêt à l'écartement trouvé par une première investigation et à les essayer ainsi à nouveau sur la tête du sujet en modifiant la pointure, jusqu'à ce que le double contact désirable soit atteint (t).
Les deuœ diambtreë de t oreille droite sont mesurés sur leur axe maximum, au moyen d'un petit compas à coulisse spécial, en ayant soin de ne pas déprimer en quoi que ce soit les parties molles*
Ces deux dernières opérations sont les seules qui s'elTectuent sur le côté droit de l'individu, toutes les observations unilatéralei qui vont suivre devant porter exclusivement sur le côté gauche. Cette exception tient à ce qu'il a semblé préférable de faire porter la mensuration et la description sur Toreille qu'il est d'usage, pour des raisons multiples et techniques, de reproduire en photographié judiciaire.
Le pied gauche nu doit être mesuré en ayant soin de faire reposer tout le poids du corps sur ce pied étendu à plat sur le sol ( de préférence sur un tabouret), le pied droit étant soulevé et porté en ar>rière. C'est le long du pied, du côté du gros orteil, que l'on dispose la tige du grand compas à coulisse employé pour cette mensuration. La branche fixée étant placée contre le talon du sujet, la branche mobile doit toucher, sans déprimer, l'extrémité du gros orteil.
Inutile de dire que la longueur antliropométrique du pied difTëro de la mesure relevée par le cordonnier et qu'un soulier dont on aurait pris la mesure d'une façon aussi juste, ne pourrait être chaussé.
Le but poursuivi ici n'est pas de faire une paire de souliers, mais de chercher h obtenir une longueur constante que Ton ne puisse
(1) La tnetlsurâtlon des dotit diamètros, qu'il s'agisse du tempa ttlnvêsUgaihn oU de cdiui de eohtl*ôh^ doit être ëilVctuéo eti tnaiiltetiatit las tifaMchës du eôttipas (it^Uë AoKxonMment et tloti YeMicaiettlcut comme il dst Tait soUtetlt pAt sUittf d'Uttë itlltftptéiaiion YÎcieuso des dessins do rédition précédente.