I. — Rapidité clans renonciation
2. — Elle s*acquiert facilement si l'on a soin, dès les premiers exercices, de ne jamais sVcarter de Tordre prescrit pour la description et la localisation.
3. — Les phrases, toiijours coulées dans le même moule, prennent un certain rythme qui ne tarde pas, en s'imposant à l'apprenti anthropomëtre, à le préserver de toute omission.
4. — Prenons comme exemple de démonstration la marque n^ 3 (PI. 64, Flg. 1) qui est ainsi libellée :
CîetÊtriee reeiUiifHe «le 6 oblique interne à 9 deem%$s peignet gmuehe peHérieur*
5. — Remarquons d'abord, au point de vue du rythme de la phrase, l'opposition de son qui s'observe généralement entre l'obliquité d'une cicatrice située sur un membre et la désignation de sa face d'emplacement: il est facile de constater que, quand Tobliquitc est interne ou externe^ la marque ne peut être située que sur les fRcei^ antérieure on postériew'e^ et inversement que, lorsque l'obliquité est antérieure ou postérieure^ l'emplacement de la marque est par cela même sur l'une des faces externe ou interne.
L'opposition de son qui résulte de cette espèce de balancement de mot est exprimée par la formule mnémonique suivante, qui n'est pas sans rendre quelques services au début d'un apprentissage: quand f obliquité est en eur (c'est-à-dire quand le qualificatif qui l'indique se termine en eur), la face est en ne ; et invomemeiU quand Vobliquité est tfnne, la face est en eur.
6. — Il n'y a d'exception à cette règle que pour les marques situées sur les bords mitoyens entre deux faces; on peut imaginer un signe oblique antérieur qui serait situé sur une face qualifiée d'externeantérieur.
7. — Remarquons enfin que notre expression, h 9 deantM poignet gun^ke^ n'indique que par voie de déduction que la particularité signalée est située sur l'avant-bras. De môme, en parlant d'un nœvus, lorsque nous disons qu'il est à 3 dessus t(He du soutvil gauche, nous
i22 Z" PARTIE — MARQUES PARTICL'UÈRES
localisons implicitement ce signe sur le front. Mentionner l'endroit en propres termes allongerait inutilement la phrase d'un mot.
8. — Conclusion: Éviter d'énoncer le nom môme de la partie du corps qui est le siège de la particularité, toutes les fols que son emplacement précis pourra être déduit facilement des indications fournies par les repères.
II. — Rapidité dans Vacle d'écnre le relevé des }?iarques paplioulières ,
9 . — Elle est obtenue par l'emploi d'abréviations à tel point réduites, que quelques-unes d'entre elles rappellent parleurs formes les signes usités en sténographie.
10. — La l'« édition des Inslmclions signaîétiques en avait déjà donné une liste, très limitée comme nombre et comme hardiesse d'abréviation, mais en en laissant l'usage facultatif.
11. — Les besoins de la pratique en ont depuis largement étendu l'application, en même temps qu'ils leur imposaient une forme de plus en plus courte, de plus en plus conventionnelle.
12. — Cette écriture cursive atteint aujourd'hui, dans les services centraux de Paris, de Lyon et de Marseille, un degré de perfection qui ne saurait être dépassé et qui en marque l'état définitif. Grâce à elle, un secrétaire, après cinq ou six jours de pratique, parvient facilement à inscrire le relevé cicatriciel aussi vite que la parole arrive à l'énoncer. ËnÛn la lisibilité des phrases ainsi reproduites est telle, que leur interprétation est manifestement plus aisée et plus rapide que si elles étaient écrites en toutes lettres.
13. — La preuve en est que les employés du service central do Paris chargés des recherches dans les répertoires anthropométriques, préfèrent recopier avec abréviations les quelques signalements de récidivistes sous faux noms, qu'on leur envoie chaque jour de province, aux fins spéciales d'identification, plutôt que de s'en servir tels quels.
14. — Aussi ne saurions-nous trop recommander aux agents anthropomètres de se familiariser avec ces signes ; l'économie de temps qui en résultera pour leurs travaux d'écriture, les compensera largement, dès la première semaine, de l'apprentissage très court qu'ils réclament.
15. — Néanmoins, les copies de signalements destinées aux auto* rites judiciaires ou administratives devront toujours être transcrites en caractères ordinaires, du moment qu'il y aura lieu de supposer que les personnes qui auront à s'en servir, pourraient ne pas être famiilarisées avec la pratique de procédés aussi spéciaux.
KN<)Ni:iATI()\ ET INSCRIPTION' 123
16. — Nous donnons plus loin quatre listes de nos abréviations : l'une ci-après, dans les Instructions, avec un commentaire explicatif pour renseignement ; l'autre groupée en tableau^ en suivant Tordre .des chapitres, pour les premières tentatives d'un secrétaire ; une troisième par ordre alphabétique de termes; et une quatrième, par ordre alpJinbétique d^ abréviations ; c^tte dernière s'adresse spécialement au lecteur non initié, à un défenseur, par exemple, qui aurait à déchiffrer un relevé abrégé de cicatrices, ou à en contrôler la translation.
17. — L'extension des abréviations à d'autres termes que ceux de ces listes, prêterait inévitablement à des confusions et doit être absolument prohibée. Le profit particulier qu'on en tirerait serait d'ailleurs insignifiant, la liste des abréviations recommandées comprenant l'ensemble des termes les plus usités.
18. — Les signes et particulièrement ceux qui sont réduits à de simples initiales ou à des lignes conventionnelles, doivent être dessinés trcs correcteniPnt, si Ton veut éviter de les voir dégénérer rapidement en un griffonnage illisible.
1^8 quelques cas que nous signalerons exceptés, il faut notamment se garder de réunir par des déliés supplémentaires les mots qui doivent être séparés, ou inversement d'omettre les déliés entre les différentes lettres d'une mémo abréviation.
19. — Exemple : iîe/î7, moyen, //mwc?,sont inscrits ici, comme pour les caractères descriptifs, au moyen de leurs initiales p. fn. g, tandis que le repère 7îO^///^e/ est représenté par le groupe des consonnes P0. La main et l'œil s'habituent très rapidement à fixer et à lire sous cette forme Je mot poignet. Mais qu'un secrétaire négligent ou peu habitué vienne à séparer le p du .7, et le lecteur non prévenu sera tenté de lire au premier abord petit yrand, jusqu'à ce que la contradiction des termes ainsi juxtaposés lui fasse deviner son erreur, ou plutôt celle de son correspondant.
20. — Les signes et lettres employés sont choisis de façon à former un graphique d'autant plus court que le terme à représenter est d*un usage plus fréquent.
21 . — On s'est efforcé à ne conserver que la lettre initiale des principaux termes, ou, en cas de double emploi, la première consonne, ou le groupe des consonnes do la première syllabe. Les consonnes, en effet, qui sont les squelettes des mots, caractérisent ces derniers infiniment mieux que les voyelles.
22. — Plusieurs des termes les plus fréquents commençant par la même lettre initiale, ont été distingués au moyen de l'adoption, exclusive pour chacun d'eux, d'une forme spéciale de lettre (majuscule, minuscule, caractères latins ou grecs, etc.). Deux signes, empruntés à la sténographie, ne se rattachent en rien à l'alphabet et sont absolument conventionnels. C'est par la description de ces formes en
124 3" PARTIE — MARQrES PARTICL-IJÈRES
quelque sorte surabrégées, qui (nous devons le reconnaître) donnent à l'ensemble de récriture un aspect quelque peu bizarre, que nous allons commencer la revue du vocabulaire cicatriciel.
23. — i^ Abréviations à fonne slènographique et surabrègèe. Voir, sur le grand tableau synoptique des termes signaléliquesy à la colonne extrême de droite, la liste spéciale des signes à forme conventionnelle. — Les mots dessus et sous, qui reviennent si souvent dans nos formules de cicatrices, sont représentés, le premier par un trait horizontal de 3 millimètres environ, tracé de gauche à droite en suivant la ligne pointillée imprimée sur la Ûche, surmonté d'un demi-cercle à grand diamètre vertical et à concavité tournée vers la droite. Le demi-cercle doit être ajouté à la ligne horizontale en revenant un peu en arrière et au-dessus, c'est-à-dire sans perdre le contact avec le papier, sans lever la plume.
24. — Le mot sous y dont le sens est le contraire du précédent, se représente par un petit trait horizontal de même genre que le précédent, mais terminé par un cerceau descendant en dessous de la ligne. Ainsi le graphique des mots dessus et sous ne se distingue que par la place du crochet, lequel est situé en haut pour représenter le premier terme et en bas pour représenter le second.
25. — Par analogie, les adjectifs sujiérieur et inférieur sont figurés par les mêmes signes que les prépositions dessus et sous, le sens et l'emplacement de ces dessins dans la phrase suffisant pour indiquer à laquelle des deux parties du discours, préposition ou adjectif, on a affaire.
20. — Les quatre faces, antérieto-c, postérieure, interne et externe sont représentées, chacune, par leur lettre initiale tracée en caractères imitant certaines lettres grecques : antérieur par un alpha a ; postée Wewrpar une lettre rappelant le rho p; interne ^diV un iota i ; e,cle}^e par epsilon s.
27. — La boucle du symbole d'ayitérieur est tournée, soit dit en passant^ dans le sens opposé à celle &e postérieur. En ce qui concerne le graphique de ce dernier terme, il importe d'en attaquer le dessin en traçant à la plume un petit tiret horizontal, de 1 ou 2 millimètres, suivant bien exactement la ligne pointillée avant de remonter au-dessus pour décrire la boucle ; enfin, point tout aussi important, il faut veiller à ce que le jambage final descende verticalement par rapport à la ligne ; l'inclinaison inverse , c'est-à-dire oblique de haut en bas et de gauche à droite, est même préférable, en ce qui concerne ce jambage, à l'inclinaison de droite à gauche de l'écriture ordinaire.
28. — Rien à dire sur l'abréviation ^'interne, le signe employé ayant la mr'»me forme flans l'écriture grecque, dans la française et
29. — Quant au graphique d'externe, remarquons qu'il ne s'agit pas là d'un E msyuscule, comme on pourrait le croire à première vue,
ÉNONCIATIOX ET INSCRIPTION 125
mais d*un dessin de forme analogue à un 3 retourné, de même hauteur que le corps de récriture courante.
30. — Par exception à la prescription générale (§ 18) qui interdit en écriture abrégée la réunion des signes, on admet pour plus de rapidité la ftision des six graphiques précédents avec la lettre c, abréviation du mot courbe qui leur est continuellement juxtaposé.
31. — Nous avons vu, en effet, que la forme de cicatrice qualifiée do courbe doit toujours être suivie de l'indication de la face {supérieure, inférieure j antérieure, postérieure, interne ou externe), regardée par la concavité de la courbe. D'un autre côté, il est de rè^^le d'omettre dans la phrase écrite les mots à cavité, tout en continuant à les énoncer dans la phrase parlée. Ainsi les phrases dictées: cicatrice courbe à cavité supérieure, ou cicatrice courbe à cavité interne^ deviennent une fois transcrites: cic. e.swp. — cie.e.int.
32. — La réunion de la lettre c avec les six signes ci-dessus arrive à constituer de véritables monogrammes qui permettent de représenter tout un membre de phrase d'un seul jet déplume. (Voir au bas de la dernière colonne de droite du grand tableau synoptique, la liste
des SIGNES CONVENTIONNELS COMPOSÉS.)
33. — Les deux signes surabrégés qui s'écartent tant soit peu des formes de l'écriture ordinaire et dont il nous reste encore à parler, se rapportent aux mots gauche et droit. Le premier est représenté par sa consonne initiale g, que Ton distingue de l'abréviation similaire du mot grand en traçant la boucle supérieure à droite du grand jambage, et non pas à gauche, comme pour le g minuscule français ordinaire. Cette forme de g n'est pas absolument exceptionnelle; elle se rencontre dans certaines écritui'es commerciales, notamment d'origine anglaise. Elle se distinguo du graphique de postérieur par sa boucle inférieure et par son inclinaison générale oblique de droite à gauche, parallèle à la direction ordinaire de l'écriture, et non plus verticale. On peut encore dire de ce signe qu'il ne diffère de Vh minuscule de l'écriture allemande, ou de 1'* long de l'ancienne écriture française, que par une diminution en hauteur de la boucle supérieure.
34. — Le mot droit est figuré au moyen d'un signe analogue au d^/ea^ier des correcteurs de typograpiiie, c'est-à-dire d'une lettre initiale a que l'on munit, en haut et à gauche de la barre, d'une boucle descendante terminée elle-même par un délié final qui repasse à droite (également usité dans les écritures manuscrites allemandes et grecques).
35. — 2^ Abréviations réduites à la lettre initiale du inot à représenter. Les cinq doigts do la main sont représentés par Vinitiale du nom de chacun d'eux, écrite en lettre majuscule manuscrite, à
126 3« P.VRTIE — MARQUES PARTICULIÈRES
rexcaption de Tauriculaire qui, pour se distinguer de Tabréviation d*anQuIaire, est ûguré par un o.
36. — Lcî^ trois sortes d'inclinaison, horiioMale* verticale et oblique, sont inscrites respectivement au moyen des consonnes ht vr et 6; cette dernière en place de la voyelle initiale 0, déjà employée pour l'auriculaire. Oblique interne sera donc écrit ft i, oblique externe h e, oHique antérieur h a, etc. 11 est passé en pratique que le graphique de vertical, vr, peut, en écriture courante, revêtir la forme d'un f<?.
*XJ. -^ Les graphiques J?-i, i-M, M- A, A-o, se liront respectivement : entre pouce et index ; entre index et médius ; entre médius et annulaire ; entre annulaire et auriculaire.
38. — Les mots relatifs aux formes des cicatrices linéaires: recti-^ ligne, courbe (déjà mentionné) ^ sinueux et ô>'/«é,sont représentés au moyen des lettres correspondantes: r, c,« et br.
39. — J est Tabréviation de Jointure et /celle adoptée pour phalange. On doit réunir par un délié et tracer sans lever la plume les lettres j ou /"et le numéro de jointure (ou de phalange) qui doit toujours et nécessairement les précéder. Exemple: i"*» phalange et 2"" jointure s'écrit i/et «j; 5» jointure et 5® phalange: 8J et»/. —
40. — Rappelons enfin pour mémoire les lettres p. m. g. abréviations déjà mentionnées des mots petit, moyen et grand, et la lettre fc déjà employée dans la partie anthropométrique pour désigner Vankylose.
41. — 3° Abréviations composées de plusieurs consonnes juxtapo^ sèes sans voyelles intennédiaires. Il suffira de les énumérer sans commentaire, les motifs qui ont déterminé la conservation de certaines lettres pouvant être facilement déduits des considérations et des exemples précédents.
42. — Les adjectifs numéraux: quelques zm qqi plusieurs z=z pim% nombreux = nh.
43. — Les qualificatifs de forme: brisé =6r (déjà mentionné) ; dévié = av; équerre = qr; en crochet = crch ; cavité = cv; léger = ig; parallèle z=: pri; proémi7ieJit z=:prm; traversé -^trv,
44. — Les qualificatifs d'emplacement: distancé =.Ast; situé = st.
45. — Les substantifs métriques centimètre et millunètre^ lorsqu'ils ne sauraient être indiqués par déduction, conformément aux prescriptions du paragraphe 18 (page 112), seront figurés respectivement par les lettres etn et fntn.
46. -- Les particularités: fossettes = f$t; naevus :::; nv ^variole = vri; point :=: pt,
47. — Les abréviations de cette catégorie qu'il nous reste à énu-
ÉXONCUATIOX ET INSCRIPTIOX 127
mérer sont toutes relatives aux parties du corps. En voici la liste ordonnée conformément aux prescriptions du paragraphe Q de la page 114.
lelll. Membre supérieur (droit et gauche).
biceps bep.
cubital (articulation huméro-cubitale) eh,
poignet (déjà mentionné) pg.
doigt dgt.
paume ptti,
base du pouce 6« i».
///. Visage et devant du cou,
visage vsg»
cheveux chvx.
front fr,
bosse ftvntale 6«. /r.
sourcils src*
paupière pp.
angle (de Vœil), elc gi.
narine nr.
pommette pmt.
Iragus trg.
bouche 6c.
maxillaire nix.
larynx irx,
IV, Poitrine,
fouiHihette /rc.
clavicule eiv.
teton tt.
sternum atr.
ombilic inW.
7?iédiane md.