PHOTOGRAPHIE JUDICIAIRE
soîres appropriés k sa condition sociale et choisis en vue de donner par comparaison une idée de sa taille, comme par exemple un bureau, une table de café, une chaise, etc.
26. — La rcdiK'tiuu à observer sora de 1/21 pour le format 0/13 ou de 1/14 pour lo?f cas très rare^ où Tuu mirait recours nu format album.
â7. — Quelles que soient la pose et la réduction employée*)) une rubrique spéciale doit toujours en rappeler le ohiffie, 3oit à côti', soit au verso de r«jpreuve.
Chaise de pose spéciale (1) assurant mécvxiquement l'uniformité
de la réduction entre les photographies de face et celles de profil
Considérations théoriques .
Les dimensions du sièf^e (lai^ur 25 centimètres, profondeur 25 centimètreS| pins 2 centimètres de concavité do dossier) sont intentionnellement très exiguës do fttçon à laisser an sujet le moins de latitude possible dans la façon de s'asseoir, et de le forcer à se placer de lui-même ri|j:oureu8ement la colonne vertébrale appuyée au milieu du dossier. Dans le même but, nne bordure en saillie, légèrement tranchante, entoure les côtés du siège et l'amène instinctivement à rectifier son assiette, si un premier mouvement Ta fait asseoir quelque peu de travers. Enfin, dernière précantioui une flèche métallique incrustée sur le milieu du bord supérieur dû dossier, permet à rop<irateur photographe, en même temps qu'il ajuste Tappui-tète, de vérifier d\m coup d'œil si le milieu du .dos de son sujet, Indiqué par la couture dorsale du vêtement, coïncide avec le plan médian de la chaise. Dans la négative, plutôt qne d'essayer une rectification de i)osition par un déplacement latéral plus ou moins forc<' du corps, il invite son sujet à se lever et puis immédiatement après à se rasseoir 1)ion carrément.
11 est de toute évidence que dans ces conditions, nne fois l'axe optique de l'appareil braqué i>eriiendiculairement sur le milieu de la chaise, tout sujet qui vient 8*y asseoir peut être immédiatement phutograpbié do face sans avoir à faire v de mise en plaque » latéralement. La seule adaptation individuelle qui reste à effectuer est de r^ler la hauteur do l'objectif proportionnellement à celle du buste du sujet.
Le chiffre de la réduction pour un m*'nie objectif dépendant uniquement de Ut distance qui sépare l'appareil de Tobjet à reproduire, l'immobilité du siège a comme conséquence d'assurer en même temps l'uniformité do Téchelle.
Cette dernière est établiç et réglée une fois pour toutes d'après les considérations anthropométriques que nous allons exposer.
Bappelon^ d'abord que réchelle de réduction doit - être calculée sur le plan parallèle à la glace sensible qui passerait à travers l'objet choisi pour régler la mise au point de Pimagc, et que l'emplacement prescrit pour cette opération, en ce qui regarde le portrait de face, est l'angle externe de l'œil gauche (§§ 4 et 5, page 130).
Or, des mensurations préciser répétées sur une trentaine de sujets de corpulence diverse nous ont permis de fixer k 19 centimètres la distance moyenne qui séparait Pangle de l'œil du dos de lu chaise.
La détermination de cette donnée anthropométrique nous met h même de régler la réduction d'une façon uniforme et en quehiue sorte impersonnelle. Il est évident qu'il sera beaucoup plus exact et plus simple de remplacer u la réglette de 28 centimètres tenue à la main par un sujet de bonne volonté et de cumplexiou
(1) GrAce à la simplification de manœuvre procur«*e par cette chaise, c'est le même agent qui chaque jour, dans l'espace de deux licures et sans aide d'aucune sorte, arrive & recueillir, dans les conditions les plus rigoureuses d'uniformité, cinquante à quatre-vingts clichés, chacun de deux poses juxtaposées.
134 AXNRXB
moyenne » ( § 6 ) par une tige plus grande, maintenue verticalement à 19 centimètres en avant du dossier. L^évaluation de la réduction échappera de cette façon aux causes d^erreur provenant dus différences do complexion individuelle qui autrement, suivant les sujets, faisaient plus ou moins avancer la réglette. Enfin elle sera d'autant plus exiicte qu'elle pourra pratiquement porter sur une tige plus longue.
Apr&s Tezamen des conditions qui règlent mécaniquement la mise en plaque et la réduction des portraits de face, passons à Tétude des portraits de profil.
Les instructions prescrivent de mettre ces derniers au pjint sur l'angle externe de l'œil droit. Or nous pouvons supposer, par raison de symétrie, que le ])ortrait de face a été lui-même mis au point de ce côté. Si les instructions ont désigné pour cette pose Toeil gauche, la cause on est à la direction prescrite pour l'ëciairage qui doit laisser l'œil droit dans l'ombre. Mais il est évident que toute image de pleine face mise au point Hur l'œil gaurhe le sera en mt^me temps sur l'œil droit, et que ce dernier emplacement pourrait être regardé comme étant l'axe unique de mise au point des deux {loses.
La conclusion du cette ^ pétition do principe 03t qu'il suffirait en théorie, pour passer rapldemant de la pose da face à celle de profil, c6té droit, sans avoir à déranger ni objectif, ni mise au point, ni par suite réduction, de faire pivotar la chaise et le sojefe do 90° eu prenint comnu axe de rotation la verticale passant par l'angle externe de l'œil droit»
Rien de plus facile à déterminer que l'emplacement de la projection de ce point sur le siège. D'abord, il va de soi que, par définition, il doit ^tre conteuu dans le plan de misa an point qui passe par les deux yeux et qui est distant, avons-^ nous dit, de 19 centimètres du dossier do la chaise. D'autre part, chacun peut constater que l'intervalle qui sépare l'angle externe de l'œil de la ligne midlane ( ou plus précisément de la racine du nez) est égal à environ 5 centimètres ot que cotte dimension varie fort pou d'un individu à un autre.
Eu conséquence, la position de la projection verticale de l'angle externe de l'œil sur la surface hori/iOutale du siège sera déterminée géométriquement ))ar l'ioterseotion de la parallèle menée à 1!) centimètres du fond du doisierde la chaise avec celle menée k 5 centimètres à droite de sa ligue médiane.
Néanmoins si, pissant de la thiorie k la pratique, nous cherchions à exécuter un portrait de profil consécutivement à une pose de face, on faisant tourner notre chaise rigoureusement sur cet axe, nou4 constaterions ce fait, facilement explicable d'ailleurs, que la nouvelle image obtenue, tout en continuant à être au point, cesserait d'î^tro « en plaque », et que le dos et une partie du derrière de la tète du profil sortirait du cadre du verre dépoli. D'où la nécessité, si l'on veut arriver à conserver à l'objectif l'immobilité indispensable, après avoir tourné la chaise de 90*, de la pouitôr en avants d'une quantité que Pexpirienoe montre être de 16 centimètres (1).
Ce double mouvement, rotation de d(y* et avancement de IC centimètres, peut être combiné et exécuté simultanément en pla^'ant l'axe de rotation exrentriquement.
Une construction géométrique très simple donno la solution de ce problème élémentaire de mécanique.
Une autre conséquence de l'immobilité de l'appareil optique combinée avec la fixité assurée géométriquement de l'axe de rotation de la chaise, est que cette dernière vient à chaque pose se profiler aux mûmes places sur le verre dépoli et sur la glace sensible.
Cette particularité a été mise à profit, comme on a vu paragraphe 22, pour fixer sar le haut du dossier la pochette métallique destinée k contenir le numéro d'ordre de
(1) L'avancement de 16 rentimëlrcs permet d'opérer avec n'importe quelle chambre et châssis. — L'appareil spécial complet, tel qu'il est livré par notre couatructeur, arrive à une mise en plaque et priiicipalcment à un point de vue plus juste en réduisant Pavancement à 5 centimètres et en plaçant en conséquence le cran d'arrôt du châssis.
PHOTOGRAPHIE JCDIGIAIRE 135
chaque cliohë, qui no trouve ainsi poinçonnô rdgiilièrement et mëcanlquement au bas et k droite dcl 'image de profil. On arriverait faoileniont, en allongeant quelque peu rëtiquette en hauteur, à lui faire (Mnitenir, en outre, le nom du sujet et la date de confection do la photographie . Mais cette disposition qni ëviterait l'inscription eu «critnn^ renverj*:'e, dûparerait (quelque pou Timage de i>rofil.
Knfin le profil du dossier, dont la hauteur a et/; fixée à 95 centimètres, porto une graduation eentimétriquo décroissante de haut eu bas qui a été ménagée de telle sorte qu^elle ]>crmet de reconstituer sur Téprenve photographique la hauteur de buste du sujet photographié.
Ce renseignement est indiqué par le trait noir tracé photographiquement sur la gélatine en travers riniage de la graduation du dossier, au moyen d'une aiguille axée sur le châssis négatif à 74 millimètres au-dessus du bord inférieur du cliché.
Cette mensuration mécanique du bu.ste doit coïncider h. 1 centimètre en plus ou en moins avec celle résultant de l'ohservAtion anthropométrique directe. — Une divergence njtablement plus grande vient-elle à so produire, on devra en conclure soit à une erreur de la part des agents anthroiH)mètres soit l>eaueoup plus vraisemblablement à une permutation dans le numéro mobile du dossier, ou dans les nom i et inscriptions gravée» ultérieurement sur la gélatine. Il y a donc W un précieux moyen de vérifier Tcuictitude de l'adaptatitm du nom, du signalement et de la photographie à l'individu qui en a fait réellement l'objet.
A la chaise de ))ose est adjointe une glace sur laquelle le sujet doit fixer les yeux pendant la pose de prolil. Pour faciliter son installation rapide en tout endroit elle est portée sur une tige de 1 m. 50.
Mais le but principal de cet accessoire, a])pclé abréviativement fioHe-mire^ est de faciliter à rojiérateur photographe la pose rigoureusement de profil de son sujet. Il lui suffit pour ce f:iiri> de se placer derrière se dernier, et, en même temps qu'il ajuste son appui-tête, de lui disposer la figure de fa(;on que l'image réfléchie par la glace, lui apparaisse complètement et régulièrement de face. Il sera alors assuré, sans autre vérification, (|u*elle apparaîtra par cela même tout aussi rigoureusement de pnifil par rapport à Taxe optique de l'objectif.
Cette tige sert en outre de support (sur la ligne verticale passant par le milieu de êon verêo ) à un étalon de 49 centimètres de haut, délimité par deux filets horizontaux et deux lignes médianes, se coupant à angle droit, qui i>ermettent de régler la mise en plaque et la réduction sans avoir besoin d*un aide pour maintenir la réglette-étalon.
Les prescriptions suivantes résument le maniement de l'appareil opti(iue, de la chaise de poHO et de ses divers accessoires. Elles doivent 6tre reproduites en double exemplaire collé iHù-hêcht au verso des porte-mire livrés par le fabricant conformément à nos modèles.
Elles sont combinées de façon à régler tous les dispositifs préliminaires d'une photographie hors de la vue du détenu et avant son introduction dans la salle de pose, avantage qui n'est pas à dédaigner pour le succès final de Topératiou.
Instructions pratiques xtour V installation et le manieynent
de la chaise de pose.
Parallèlement à la cloison vitrée qui éclaire Tatelier, tracer à la craie, sur le soi, une ligne droite d'environ 4 mètres.
a) Placer la chaise de pose, en vue de la photographie de face, de façon que la lumière Téclaire du côté gauche, la projection de la ligne médiane sur la planchette échancrée qui lui sert de socle, étant elle-même exactement • superposée à la ligne droite de 4 mètres prescrite ci-de4sus.
b) Disposer le porte-mire verticalement sur cette chaise, la glace tournée du cdtë du dossier et l'iiitervallc-étalon de 49 centimètres regardant Tolûectif, en s'arrangeaat de façon à ce que les deux clous qui traversent le pied du porte-mire, entrent dans les trous correspondants du siège.
136 AXXEXE
c) Tracer au craron sur un verre dépoli, placé momentanément dans un châssis ne- {çatif, deux axes médians, l 'un horizontal, Tantre vertical ; mesurer bien exactement sur ce dernier une longueur de 35 millimètres au-dessus du centre du verre, et une autre de même dimension au-dessous, et délimiter l'intcrvAlic vertical du 7 centimètres ainsi obtenu au moyen de deux traits horizontaux de 1 à *2 centimètres do Ion;;.
d) Disposer horizontalement Taxe optitiuc de lappareil (que Ton aura eu si>in préalablement du dcceutrer de 18 millimètres vers le bas). Tamcner à la hauteur du milieu de la moitié suiHÎrieure de l'intervalle-i'talon, c*cst-à-dire k environ 1 m. 21) audessus du sol et le i>lacer perpendiculairement à cette surface de telle sorte que rimage du point central, déterminé ])ar la rencontre dos deux lignes médianes tracées sur Vintervalle-élalon j coïncide avec le c«».ntre du verre dépoli.
e) Se placer derrière le verre dépoli, et éloigner ou rapprocher l'appareil (et, si nécessaire, la chaise ), en suivant le trait tracé sur le sol, c'est-à-dire en maintenaut la perpendicularité de l'axe optique au porte-mire, jusc^u'à ce que les 49 centimètres de rétalon donnent sur le verre dé]»oli de la chambre noire une image se Bupeq)osant ^j*arf^/iiC7i/ à rintervalle vertical de 7 centimètres délimité paragraphe c.
f) liégler conjointement la mise au point de cette image ici mêmef an milieu de l'ercmplaire de la présente notice collée intentionnellrment ti l'enverB êur la moitié supérieure de l'étalon de 49 centimètres.
g) Immobiliser la planchette éehancrée dt*. la chaise au moyen de quatre cIoua entrant k frottement dur dans le plancher, et faire de même pour les pieds do l'appareil optique au moyen des écrous spéciaux dont il est pourvu.
h) Ketirer le i)orte-mîre de dessus la chaise et le placer du côté de Tan-ivée de la lumière, la glace exactement vis-à-vis le milieu de la chaise tournée dans la |k>sition qu'elle devra occuper durant la pose de profil.
i) Faire asseoir son sujet sur la chaise de pose et procéder à la prise du portrait de face conformément aux prescriptions générales : l'axe de l'appareil optique conservant son horizontalité (1) sera, suivant la hauteur de buste du sujet, haussé ou abaissé jusqu'à ce que le sonmiet de l'image de la tête affleure le trait horizontal de 2 centimètres de long, tracé sur le verre dépoli, conformément au paragraphe e, à 35 millimètres en-dessous du centre de la plaque.
j) Faire lever le sujet, tourner la chaise de 00<> dans le sens de droite à gauche, en la soulevant légèrement et tout en veillant à ce que la tige verticale ne sorte pas de son cône ; faire asseoir son sujet, dans le nouveau sens de la chaise, en Tinvitant à se regarder dans la glace du porte-mire et procéder à la prise du portrait de profil, sans déplacer en quoi que ce soit Tappareil optique latéralement y mais en le haussant ou en l'abaissant (quelque i>eu, si néci^ssaire, do façon que l'image de profil vienne se projeter rigoureusement sur le verre dépoli an même niveau que ci-lte de face.
Je) Remarque. — Il peut arriver, chez des sujets très voûtés ou très obèses, que le portrait de profil ainsi recueilli soit trop porté eu avant et sorte de la plaque. Kn pareil cas, faire relever la tête du sujet jusqu'à ce «lue cette dernière réapparaisse dans le cadre, dut-il en résulter une position un ]ieu forcée qui r.e saurait altérer d'ailleurs ni le modelé de l'oreille, ni la ligne de la silhouette.
(l) Les appareils spécialement construits i)our ]iliotographic judiciaire sont décentrés de la quantitt^ prcs( rite cl (iisposj^s île fa(.*on à être toujours horixontaux. Enfm ils sont munis supérieurenieni d'une espèce de grand viseur, à forme extérieure de télescope, qui permet de réj-Mer directement la 'mise en plaque en hauteur sans avoir recours au chassiif-dr/ioU oTÙinaïrc.
Nous appelons portrait j^tirlé la description minutieuse d'un individu faite spécialement en vue de sa recherche et do son identiflcation sur la voie publique.
Ce signalement particulier doit pouvoir être récité «au pied levé» et sans hésitation parTagent; do là son appellation de portrait parlé. Et x>ourtant celle de portrait écrit lui conviendrait tout aussi bien, puisque, avant que d'être appris par cœur, il doit être rédigé à tête reposée et couché par écrit.
Il ne s'agit pas ici de ces indications plus ou moins vagues recueillies auprès de témoins non compétents et que Ton est forcé d'enregistrer telles quelles, faute de pouvoir les contrôler, mais d'une description précise établie en termes appropriés d'après des pièces d'une authenticité indiscutable, comme une photographie du type judiciaire (profil et face) ou, à tout le moins, une fiche signalétique.
L'analyse physionomique devra toujours être complétée, du moment que l'on en aura les éléments, par l'interprétation (au point de vue descriptif) de la partie anthropométrique du signalement pénitentiaire, c'est-à-dire de la partie qui est d'habitude la plus exacte, la moins sujette à controverses.
Les observations seront recueillies sur dos firhps spéciales, où toute la moitié supérieure est réservée à l'image photographique, qui se trouve ainsi recouverte et protégée contre les causes de détérioration par la moitié intérieure qui se replie dessus. Il en résulte que la fiche une fois fermée est d'un format moitié moindre et peut être aisément portée dans la poche de la redingote.
La couverture, autrement dit la moitié inférieure de la fiche, porte sur le recto les rubriques constitutives du portrait parlé pour les deux premières parties du signalement (anthropométrie et description), de façon que le lecteur soit à même de comparer facilement chaque terme de la description avec la partie correspondante du portrait photographique, quand il en dispose, tandis que le verso reste consacré au relevé des marques particulières et aux renseignements sociologiques.
Si l'image photographique est du type classique (profil et face), la rédaction en sera aisée. J.a tâche sera plus délicate si Ton ne possède qu'un portrait commercial, généralement de trois quarts, mais elle ne devra pas moins être poursuivie d'après le même plan.
Le grand tableau synoptique des renseignements descriptifs, intercalé à la fin de la deuxième partie des Instructions, a été composé
i38 ANNEXE
principalement en vue de servir de guide dans la rédaction de ces notes.
Le cadre de rubriques imprimé sur le modèle spécial de fiche pour portrait parlé (PI. 80 et 81), en offre un abrégé suffisant pour déterminer Tuniformité d'emplacement do toutes les observations et, au besoin, les rappeler à là mémoire sans qu'il soit nécessaire d'entrer à ce sujet dans beaucoup d'explications.
Les rubriques du profil: fi^nt^ nez, menton^ lèvres^ei^ei possible, oreille, devront être remplies et apprises par cœur intégralement, tandis que les rubriques consacrées à la vue de face ne seront Tobjet d'une réponse que lorsque le trait visé s'écartera nettement de la moyenne, ce qui revient à dire, qu'il ne sera répondu aux trois quarts des rubriques de la troisième travée horizontale que par des guillemets.
En résumé, l'établissement d'un portrait parlé équivaut à un choix plus étendu do traits caractéristiques, c'est-à-dire,comme nous Tavons expliqué plus haut, à une sélection méthodique des caractères qui subsistent dans la mémoire. La rédaction d'un portrait parlé est assi* milable, dans le même ordre d'idées, à la création dans l'œil de l'agent d'une espèce do caricature de la personne à reconnaître. En effet qu'est-ce qu'une caricature sinon la sélection et l'exagération combinées des traits caractéristiques? Les résultats obtenus par ce procédé au point de vue de l'identification sont connus de tous. A qui n'est-il pas arrivé, par exemple, de reconnaître immédiatement un personnage en vue, rien qu'à l'aide d'une caricature, qui, en pareille circonstance, se montrait supérieure à la meilleuredes photographies? On pourrait donc donner comme règle que le portrait parlé doit mettre en avant les mêmes traits physionomiqucs que ceux qui seraient soulignés par le caricaturiste.
S'il existe un signalement anthropométrique antérieur, les particularités devront en être recopiées, de façon qu'en cas d'arrestation et de dénégation d'identité de la part de l'intéressé, le coUationnement puisse en être fait immédiatement, sur le sujet présent. Mais on aura soin d'apostiller d'un petit trait sinueux tracé verticalement dans la marge (voir PI. 81) les marques qu'on aurait lieu de supposer assez apparentes pour être facilement constatées avant l'arrestation, à l'insu de l'individu. Telles sont les marques du visage notées au n« lll et quelquefois celles des mains (voir la note de la page Lxvi de V Introduction), Ne devront être apprises par cœur que les marques apostillées.
La traduction des observations anthropométriques en termes descriptifs nécessite des explications plus détaillées.
LUndication précise de la taille et du buste en centimètres y figurera toujours et ces chiffres devront être appris par cœur. La seule précaution à prendre sera de forcer d'une unité le chifl^c des centimètres quand les millimètres atteindront ou dépasseront le cinquième.
Les autres observations anthropométriques seront transcrites intégralement à toutes fins utiles, mais les valeurs extrêmes ou eœcentfHqucs^ soit par défaut, soit par excès, devront seules alors attirer l'attention de Fa^nt.
I/excentricité d'une longueur par rapport à la moyenne^ qui est donnée sur le tableau ci-joint page 141 (l), se mesure au moyen de la valeur spéciale appelée écaN de la moitié des cas (ou abréviativement écart simple) (2). Cette valeur capitale est indiquée pour chaque mesure du tableau en haut de la colonne y relative.
Si une excentricité d'un simple ccavt suffît pour augmenter très notablement la valeur récognitive d'un signalement, au point de vue anthropométrique et de Tidentification de cabinet, elle n'exerce qu'une influence bien minime au point de vue du signalement descriptif et de ride.ntiflcation sur la place publique.
Aussi bien l'écart de la moitié des cas n'eat-il mentionné sur le' tableau de la page 141 qu'à cause du rôle qu'il peut être appelé à jouer en cas de contestation d'identité devant l'autorité judiciaire (voir /n- *rodttcao7i,page xxxui).
La taille, la hauteur du buste et la longueur de l'oreille exceptées, une longueur anthropométrique n'intervient utilement dans le signalement descriptif qu'à environ deux écarts et demi en deçà ou au delà de la moyenne. Les valeurs de cette sorte sont exceptionnelles au point de no se rencontrer que moins d'une fois sur dix cas, d'où leur désignation d'écart des 9/10 des cas. On en trouvera le chiffre tout calculé sur le tableau, en dessous do l'écart de la moitié des cas.
On indique sur la fiche du portrait parlé que Texcontricité anthropométrique atteint l'écart des 9 10 des cas, en soulignant la valeur iiotahlement trop f/rnndc, tandis que la valeur notablement trop petite sera entourée de parenthèses». Le signe, soulignement ou parenthèses, ^ersL double si l'écart en plus ou en moins s'élevait à plus do trois fois et demi l'écart de la moitié des cas, c'est-à-dire, s'il dépassait la somme des deux écarts précédents (celui do la moitié, plus celui des 9/iO des cas). Une excentricité de cette importance ne s'observe plus qu'une fois sur cinquante cas.
Enfin toute valeur qui dépasserait cinq fois Técart de la moitié des
Cl) Disons en passant «t pour ])n''voiiii' toute fausse interprétation future, que ce tableau qui donne les dimensions moyennes ou probables correspondant à une taille déterminée, ne waurait être employé pour le problème réciproque, qui consisterait à remonter d'une dimension déterminée à la taille probalue correspondante.
(2) Cette appellation, t^cart de la moitié des cas, lui vient de ce que cette valeur, ajoutée ou retranchée au chilTre d'imc dimension moyenne, détermine les limites du grenue central qui réunit la moitié des cas observés.
Na pas confondre les valeurs de ce p^nre a\cc les clnlTres du tableau de la page XXVI de Vlntroductiou. — (?es derniers visent l'erreur de mensuration, c'est-ù-dire la quantité dont peut varier unti longueur osseuse observée ù ditl'ércntes époques chez le même individu, tandis que le tableau; ci-contre s'occupe des écart» ae longueur' qu'une certaine mesure peut ]irésenter parmi un groupe de 1.000 su-
i'ets de même taille. (Voir également sur ce ])oint la note de la page xxxi de *Intro(tuet(on.)
cas devrait être regardée, jusqu'à preuve du contraire, comme entachée d'erreur. On trouvera ces dernières valeurs mentionnées sur le tableau sous la rubrique: écart dn la lolaJilêdes cas. Ce degré d'excentricité qui so rencontre moins d'une fois sur 1.000 cas, serait à l'occasion souligné trois Tois.
Prenons comme exemple pratique le signalement anthropométrique ci-joint qui est celui d'un assassin arrêté dernièrement à Paris :
o ( long. 18.6 Pied 27.9
Taille 1^^66.8 2 ? ,,,,. ==
H ^ larg. 15.7 Médius 12.2
Enverg. 1^78 ^ i long. 0.2 Anrîc. 9.7
Buste 57. 7 ^ ( larg. (3.2) Coudée 46.G
Rien à dire de la taille i m, 60, qui n'est supérieure à la taille moyenne que de la quantité insignifiante de 1 centimètre,
L'envergure moyenne correspondante à cette taille est de i m. 69; celle de notre sujet de i m, 78 ^ soit de 9 centimètres en excès. Or l'écart des 9/10 est pour cette mesure de 7 centimètres; l'envergure signalée est donc très grande^ sans être extraordinair^ment grande et nous la soulignons une fois.
Le buste est de 88^ soit à peu près le buste ordinaire pour cette taille.
Rien à dire également des diamètres de la tête et de la longueur de l'oreille, qui s'écartent peu de la moyenne. Mais il n'en est plus de même en ce qui regarde la largeur de l'oreille qui est de 5 millimètres inférieure à la moyenne ; c'est là une excentricité par défaut, qui atteint l'écart des 9/10, aussi entourons-nous de parenthèses le chiffre de la largeur de l'oreille.
Passons à l'examen des chiffres de la .3® colonne : le pied de notre sujet, qui est do 27.9, dépasse le pied ordinaire des gens de sa taille de 21 millimètres, c'est-à-dire d'une quantité supérieure à l'écart des 49/50, qui est de 20 millimètres. Ce pied est donc d'une dimension extraordinairement grande, telle qu'on n'en rencontre que 2 spécipiens sur 100. Conformément à la règle précédemment donnée, nous Vapostillons d'un double trait tracé en dessous du chiffre.
Le doigt médius de notre signalement est de i2.2, supérieur de 8 millimètres au médius du tableau, c'est-à-dire d'une quantité supérieure à l'écart des 0/10, mais inférieure à celui des 49/50. 11 en est de même pour l'auriculaire. Les doigts de la main sont donc remarquablement grands, sans être presque monstrueux comme le pied. Ils ne doivent être soulignés que d'un trait.
Quant à la coudée, 46.6^ elle n'est supérieure à la moyenne que de 14 millimètres, c'est-à-dire d'une quantité supérieure à l'écart simple, mais inférieure à l'écart des 9/10. Cette indication n'atteint donc pas ici une excentricité suffisante pour intervenir utilement dans le signalement descriptif.
En résumé, notre sujet se distingue d'une façon tout à fait exceptionnelle, au point de vue anthropométrique, par la longueur de ses pieds, et corrélativement, à un moindre degré, par la longueur de ses
Ul
La TAILLE étant déterminée centim(*'trc piir ceutiinôtre, dimemions moyennes corres' pondantes des diSf autres iiuf<iirc'8 du fignakmint, avec ii:d!culkii des digrcs d'excentricité (ou écarts) dunt cliacunc d'elles est susceptible d*an sujet k un autre.
doigts, et c'est probablement à cette dernière particularité, combinée avec une carrure relativement grande, qu'il faut faire remonter Texcentricité par excès de son envergure.
Les longueurs osseuses sont susceptibles, en ce qui regarde le signalement descriptif , d'un autre genre dMuterprétation qui, en certaines circonstances, peut de* venir très utile ; nous voulons parler do la reconstitution, au moyen d*un signalement antliropomëtrique, des uumëroH de pointure et des dimensions approximatives des pièces correspondantes de rhabillemont.
Nous avons indiqué en note de la page XX de V Introduction l'origine de ces cal> culs et la règle à suivre pour transformer une longueur anthropométrique de pied en pointure de cordonnier et vice-veraa. Pour le premier cas, le seul dont nous ayons à nous occuper ici, on ajoute 12 à 20 millimètres suivant réiégance présumée de la chaussure (1), et Ton multiplie la somme par 3/2. Le résultat divisé par 10 donne le numéro de la pointure à une unité près.
La hauteur de Tentrejambe d'un pantalon s'obtiendra de la façon la plus simple en retranchant la hauteur du buste du chiffre de la taille totale. Cette différence donnera exactement la longueur de routrcjambc d'un pantalon ajusté porté avec bretelles, c'est-à-dire une longueur maximum qui, on pratique, pourra dêpaiBtr de 2 à 4 centimètres, et même plus, celle qu'on sera exposé à rencontrer sur des sujets mal habillés (2).
La pointure d'un chapeau dur se calcule séparément pour les deux diamètres en retranchant pour chacun d'eux 145 du chiffre correspondant donné par le signalement anthropométrique, et en divisant la différence par 6,25, valeur millimétrique de l'intervalle de pointure en chapellerie. La pointure des chapeaux mous et casquettes s'obtient en divisant par 2 la somme des doux pointures précédentes (longueur e( largeur pour chapeau dur). Ne pas négliger de mentionner les demi-pointures. Les pointures de tour de t^te pour chapeau mou s'échelonnent en effet par demipointure deO à 8 1/2. Chaque augmentation d'une demi-pointure équivaut exactement à une augmentation de 1 centimètre dans la circonférence. La pointure numéro corrrespond k 47 centimètres de tour do tète, la pointure 1/2 à 48, la pointure 1 à 49, la pointure 1 1/2 à 50 centimètres, etc.
L'indication de la pointure de chapellerie (en distinguant le chapeau dur et le chapeau mou) complétera utilement un signalement descriptif pour portrait parlé, sans qu'on ait à attacher trop d'importance à ce ren:$eignement que les fantaisies personnelles, la mode, etc., i>euvent modifier & plaisir.
Identification photographique.
L'observation scrupuleuse des règles de la photographie judiciaire exposées ci-dessus assure aux différents portraits photographiques d'un môme individu des points de comparaison si nombreux et si précis que, quelle que soit la déchéance physique intervenue entre les poses successives, l'identité peut en être établie immédiatement et sans hésitation. — Voir planches 59 « et '' les fac-similés de portraits profil et face, appareillés l'un au-dessus de l'autre, par couple relatif au même sujet.
(l) 12 millimètres pour les souliers à bout rond ou carré et 18 à 20 millimètres pour ceux à bouts dits pointu*.
.^(2) Pour remonter Ue la haujU-'j^T Jg i enlrejnnibe J'»;:} pantalon bien ajualé à la tamtTîfU es'':* ^" n^\*-\7S:fera la longueur de l'entrejambe dj' pantalon par 2 et on ajoutera au produit 8 à 10 ccniimèires pour les entrejambes èupéneiirc* à 0",S0; 10 fi 12 centimètres pour celles (de dimension moyenne) comprises entre 0^,75 et 0", 80, et 12 à 15 centimètres et même plus pour celles inférieures & 0",75. Le résultat sera toujours très approximatif et notablement trop faible pour les pantalons non ajustés, c ett*à-dire trop courts.
Quoique notre choix ait porté sur les dissemblances les plus frappantes qu'il nous ait été possible do rencontrer, la comparaison des lignes fronto-nasales et des détails morphologiques de Toreille, d'après les images de profil, no permet pas de concevoir le moindre doute sur l'identité de personne ; tandis que la ressemblance des portraits de face est en grande partie détruite ici par un changement intercurrent dans le système pileux et dans Tétat graisseux du sujet (PI. 50 '*. Fi^^ 1 et 2), on par un rapprochement nerveux des sourcils (Ib., Fig. 3 et 4), ou une déviation latérale du regard (PI. 59 ^^ Fig. 3 et 4).
Le problème inverse, qui consiste à afûrmer la non-identHd individuelle entre deux photographies offrant une certaine ressemblance physionomique générale, se résout avec le même degré d'aisance et de certitude par la comparaison des lignes iï*onto-nasales et des détails morphologiques de Toreille.
Les analogies de cette sorte peuvent se rattacher aux quatre causes principales suivantes :
professionnelle
.,.,,.. ) pathologique Analogies d origine { ^^j,^^.^^°
familiale
De la similitude i)>*o/ej«/o>i 72 £*//& dont nous avons déjà eu Toccasion de parler à propos de V impression f/énérale (page iOG), nous ne dirons que quelques mots. Elle est tout en apparence, dans le costume, le port de la barbe et des cheveux, les façons, etc. Aussi ne résiste-t-olle pas un instant à Texamen anatomique.
Chaque maladie a son aspect, son faciès^ disent les médecins, et les ressemblances générales qui en résultent sont d'autant plus grandes que l'organisme est plus profondément atteint. C'est ainsi que tous les si^ets qui respirent mal, asthmatiques, emph} sémateux, poitrinaires, etc., ont des yeux plus ou moins proéminents et une expression générale d'angoisse qui les rapproche les uns des autres.
Mais nulle part la similitude ijathohiyique n'est plus frappante que quand elle résulte d'une malformation osseuse. Tous les bossus, par exemple, se ressemblent ; à l'expression de gùne respiratoire vient le Joindre une similitude obligée dans le port de la tête et des épanles, etc.
Ce sont encore les malformations crâniennes, cela va de soi, qui occasionnent les ressemblances physionomiques lus plus parfaites. Tous les individus affectés de UHe en forme de Ootutcf hpoih (PL 60", Fig. 1 et 2), ou de vicnlon proéïninenl^ vulgo menton de (jalorhe (Ib., Fig. 3 et 4), ont un air de famille. L'oreille (à défaut de la ligne fronto-nasale que la déformation peut uniformiser en rallectant) suffira toiOours pour les individualiser. Ainsi le lobe de la figure i(Pl. 00 «) est intermédiaire quant au contour et à Tadhérence, tandis que celui de la figure correspondante, n^ 2, est d'équerre et fondu. Mêmes re-
marques en ce qui regarde les lobes des profils 3 et 4 de la môme planche.
Les ressemblances ethniques, c'est-à-dire entre étrangers de même race et surtout de race exotique, sont auijsi décevantes. Cest ainsi qu'aux yeux d'un Européen arrivant en Chine, tous les Chinois se ressemblent; les dissemblances physionomiques ne lui deviennent perceptibles qu'après bien des mois d'accoutumance. Sans aller aussi loin en similitude, il est do fait que les Gltanos ou Bohémiens de nos pays présentent souvent entre eux une grande analogie morphologique (PI. 60 *, Fig. 1 et 2). C'est qu'à une communauté ethnique se joint alors généralement une parenté plus ou moins proche, connue ou ignorée dos intéressés.
Les villages, en France, ne sont pas rares, où les habitants, tous parents et se ressemblant dans une certaine limite, portent le m^me nom patronymique et ne se distinguent entre eux que par leur surnom. Et pourtant nous n'avons pas jusqu'aujourd'hui observé un seul exemple, même entre frères, où cette ressemblance morphologique s'étendait jusqu'à l'oreille (sans parler des écarts encore plus probants du signalement anthropométrique).
Exception, en ce qui regarde l'oreille, doit être faite pour les frères jumeaux (PI. 00 *, Fig. \\ et 4). Malgré l'analogie de cet organe, la non-identité de ces deux sujets est nettement démontrée par une différence de millimètres entre leur largeur de tète. S'il ne nous a pas encore été donné de rencontrer deux jumeaux qui, en outre de cette identité d'oreille, présentaient un signalement anthropométrique concordant, les différences métriques ont été souvent assez minimes, pour que nous devions admettre cette coïncidence comme possible. En pareil cas, l'identification devra donc reposer principalement sur le relevé des marques particulières.
Est-il besoin de faire remarquer que cette exception (que nous ne pouvions pas ne pas signaler; ne diminue pour ainsi dire pas, en pratique, la valeur récognitive de la photographie et du signalement anthropométrique. La possibilité de confondre un frère jumeau avec l'autre ne doit être prise on considération (à défaut de marques particulières les individualisant), que si les registres d'état civil relatent réellement la double naissance aux nom et date indiqués. Ce n'est pas là un moyen de défense banal, à la portée de tout le monde.
Fin.
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