‹ Identification anthropométrique; instructions signalétiquesChapitre 21 sur 143 · NOMBRE · texte numérisé non relu

NOMBRE

DBf CAS

i.ooo

On reconnaît qu'une sériation de ce genre est arrivée h un nombre suffisant de subdivisions lorsque la confusion entre deux qualificatifs consécutifs dans la série peut se produire facilement et sans inconvénients. On est assuré, au contraire, que les cas intermédiaires n'ont pas été trop multipliés, autrement dit, qu'il n'y en a que le nombre nécessaire, en constatant qu'il ne serait guère possible de chevaucher au-dessus d'une catégorie et de confondre entre elles deux subdivisions séparées par un ou plusieurs intermédiaires.

En eiïet, plus les termes de la gradation seront nombreux, plus la description sera précise. Mais cet accroissement cesserait d'être utile pour devenir encombrant si Ton arrivait à différencier par des mots ce qu'il serait impossible de distinguer en pratique.

Le reproche que nous faisions à la répartition descriptive tripartite de faire perdre au mot moyen toute espèce de valeur signalétique se trouve ainsi écarté. Ce qui est moyen proprement dit, pourra être qualifié soit de petit limite moyen, soit de grand limite moyen, mais les quatre autres catégories se trouveront toujours éliminées.

Que l'on se rappelle ce que nous avons dit précédemment sur

31 L IXTRODUGTIOX

l'approximation anthropométrique, et il apparaîtra immédiatement qu'un pareil résultat n'est théoriquement atteint, que lorsque l'échelon le plus étroit de la gradation ( qui est nécessairement celui du milieu ) est approximativement égal au degré maximum de divergence admissible en description. C'est là la condition nécessaire et suffisante pour assurer à un vocabulaire descriptif le maximum de précision avec le minimum de termes.

Pourtant on verra dans la suite que la gradation descriptive à sept échelons ne peut guère être dépassée en pratique. Nous allons indiquer le procédé auquel nous avons eu recours pour en représenter abréviativement la progression : il consiste à remplacer le mot limite par une parenthèse entourant les qualificatifs petit ou grand et à souligner ces mêmes termes pour exprimer le mot très, Repré sentée de cette façon, la gradation prend cette forme ;

petit — petit — (petit) — moyen — (grand) — grand — grand

La parenthèse a comme effet de rapprocher* de la moyenne le terme entouré et le soulignement celui de Ten éloigner. Ce dernier équivaut à Tadverbe très, et la parenthèse à celui de légèremeikt : légèrement petit ( n** 3), légèrement grand { n° 5). Ici, comme pour l'exemple de la taille, il ne faut interpréter les mots petit, moyen, grand que comme des jalons destinés à être remplacés ultérieurement par une sériation de termes appropriés plus spécialement & l'observation que l'on a en vue, tels seraient : clair, moyen, foncé ; — relevé, horizontal, abaissé, etc. Ainsi cette dernière sériation répartie en sept rubriques deviendrait :

relevé — relevé — (relevé) — horizontal — (abaissé) — abaissé — abaissé

Le chapitre suivant va nous permettre de passer en revue l'ensemble de ce vocabulaire.

Voici, à titre d'exemple, la répartition de 1.006 sujets en sept catégories représentées : i°sur la courbe binomiale de la taille (Fig. 4); et 2** au moyen d'une suite de rectangles de même base, mais de hauteur proportionnelle au nombre de cas réunis par chacun (Fig. 5).

La comparaison de ces deux figures montre clairement comment il est possible d arriver à égaliser quelque peu la répartition des cas au moyen d'un écartement progressif des limites de chaque catégorie. Seuls les extrêmes (c^est-à-dire les termes soulignés) restent à gauche et à droite ^vec un nombre insignifiant de cas.

SIOXALEMEXT DESCRIPTIF

TaiHc^tptUe Tai/Ie ptMe TvIkttbU TidkmmpaitTdlBefmét TaïUe êrtndt TajJle très OMjiJe

' . prtfftmaa dite hotte àcyam hmU «bjrme frtfrtmttt édb •*

Fig. 4* — CouBDB DtxouiALE DB LA TAiLf B BUF laqucllo on a séporé par des verticales

remplacement des sept catégories de taille.

la

7*52 ; 2-55 i 1*70 ! 7-75 : 7" 55 1 OP

Fig. 5. — DiAGBAMME DB LA TAILLE indiquant par la hauteur proportionnelle des colonnes

le nombre des sujets ressortissant à chacune des sept catégories de taille indiquées sur la courbe binomiale (Fig. 4).

Des rubriques du signalement descriptif.

La première difficulté à vaincre quand on cherche à établir le vocabulaire descriptif d'un organe, comme l'œil, le nez, etc., c'est de démêler, au milieu de la multitude des caractères, ceux qui va-

XLil INTRODUCTION

rient le plus. Ce premier choix fait, il reste à établir comment ils varient.

Du moment qu'il y a variation d'un sujet à un autre, on peut être assuré, avons-nous dit, que la répartition des cas individuels obéira à la courbe binomiale. Mais ce n*est souvent qu'après une analyse délicate qu'on arrive à découvrir le point de vue spécial d'où il convient d'examiner un caractère, pour en mettre la sériation nettement en relief. Le problème ne devra être considéré comme résolu que lorsque la progression des rubriques, essayée sur quelques centaines de sujets, se sera révélée au dépouillement statistique comme réellement affectée d'une fréquence symétriquement décroissante de la partie médiane aux deux extrémités.

Un autre obstacle contre lequel on a à lutter, vient de la présence dans la langue courante d'expressions très figuratives, mais englobant divers attributs, et qu'il est, par conséquent^ impossible de faire entrer telles quelles dans une sériation. Souvent deux termes descriptifs que l'on applique couramment au môme organe et dans lesquels, à cause même de l'exagération caractéristique qu'ils expriment, l'on serait tenté, au premier abord, de voir les deux extrêmes d'une série, visent en réalité des caractères entièrement différents.

Ainsi, par exemple, on parle couramment du teint coloré de l'ivrogne et du teint basané du mulâtre, et il serait pourtant impossible de découvrir une série naturelle d'intermédiaires conduisant de l'un à l'autre. C'est que le teint est le résultat de la combinaison de deux éléments qui varient indépendamment : la coloration sanguine et la coloration pigmentaire. Le premier terme ne vise que la quantité plus ou moins grande de sang que la transparence de la peau laisse percevoir et le deuxième les variations de la matière jaunâtre qui colore plus ou moins abondamment la peau de tous les humains, même de ceux de race blanche. L'ivrogne a souvent la coloration sanguine poussée au maximum ; le mulâtre présente l'exagération de la coloration pigmentaire. Il n'y a aucune corrélation à établir entre ces deux caractères, qui sont chacun l'extrême d'une série spéciale nécessitant une rubrique particulière.

En général, pour apercevoir la série des intermédiaires constituant un groupe binomial et conduisant d'un extrême à l'autre, il faut pousser l'analyse et la décomposition des caractères jusqu'à ce qu'il soit possible de répondre à chaque rubrique par Tun des qualificatifs petit ou grand ou par une sériation de termes analogues.

SIGNALEMENT DESCRIPTIF XUU

Mais, dira-t-on, cette décomposition analytique poussée à l'extrême va allonger la description et la rendre inapplicable par excès de complication ! En réalité c'est plutôt le phénomène inverse qui se produira. N'oublions pas qu'il s'agit ici de répondre à àQ% formulaires imprimés. Or, l'observateur aura encore plus vite fait de satisfaire à deux ou trois questions ne demandant que des réponses simples, prévues et ordonnées, que de chercher en sa tête le mot propre à les concilier toutes à la fois, à supposer qu'il existe.

Nous allons indiquer rapidement la façon dont le problème a été successivement envisagé et résolu pour chaque partie du signalement descriptif, en nous attachant autant que possible à la question de méthode et en renvoyant le lecteur, qui désirerait faire une connaissance plus pratique du sujet, au texte des Instructions proprement dites. La lecture de ces aperçus généraux et abstraits aura à tout le moins l'avantage de familiariser son esprit avec les termes de noire vocabulaire.

Les qualificatifs prescrits pour noter la nuance de la barbe et des ' cheveux ne diffèrent pas de ceux employés d'ordinaire par le public ; blond, châtain, noir, en forment la gamme tripartite portée à sept échelons par l'addition aux deux premiers de l'un des mots clair, moyen ou foncé. Les cheveux roux-acajou, blond-roux et châtainroux doivent être considérés comme formant une série séparée parallèle à la première et conduisant par transitions insensibles du roux le plus vif au châtain-roux foncé.

Le teint ou coloration de la peau du visage sera analysé, avonsnous dit précédemment, sous le rapport de l'intensité: i"^ de la pigmentation jaune ; et 2"" delà coloration sanguine. 11 sera répondu à chacun de ces mots par petit, moyen ou grand,

La notation de la nuance de l'iris soulève plus de difiBcultés. On dit couramment dans le public que la couleur de l'œil change plusieurs fois par joiu* suivant les états d'âme et de santé du sujet, etc. Ces croyances ne reposent sur rien de bien sérieux ; la vérité c'est que l'iris, ombragé par les arcades sourcilières qui le surplombent est grandement influencé par les changements de direction de la lumière ambiante ; aussi la première des conditions pour avoir des observations comparables entre elles est de n'y procéder que dans des conditions identiques d'éclairage. «L'observateur, disent les Instructions signaUiiques, devra se placer vis-à-vis son sujet, à trente centimètres environ de lui et le dos tourné au jour, de telle sorte que l'œil h

XLIV INTRODUCTIOX

examiner reçoive en plein une lumière vive (mais non les rayons du soleil) ; puis il l'invitera à le regarder les yeux dans les yeux, en lui soulevant légèrement le milieu du sourcil gauche. »

Quelques observations pratiquées de cette façon suffiront pour démontrer que la couleur de l'œil telle qu'elle apparaît à distance résulte de la fusion de deux éléments indépendants : la nuance du fond de tœil, qui oscille entre les deux extrêmes bleu azuré et bleu ardoisé, et F intensité de la pigmentation jaune-orange , qui est groupée superficiellement en auréole autour de la pupille (voir la planche chromotypographique spéciale).

Il faut donc, pour arriver à une notation sériée, considérer séparément chacune des deux zones composantes. C'est l'auréole jauneorange qui présente les éléments distinctifs les plus nets, les plus aptes à un classement. On la qualifiera des moi^: pâle, jaune, orange, châtain ou marron selon le degré d'intensité de la nuance pigmentaire (i).

Le premier terme, auréole pâle, vise les yeux richement pourvus de stries blanchâtres rayonnant du centre vers la périphérie, mais dépourvus de matière jaune. C'est la classe i , le premier échelon de la série. Un tiret remplace l'indication de l'auréole lorsque cette dernière est peu apparente, particularité qui implique l'absence de pigment et l'uniformité de la nuance azurée ou ardoisée.

Quant aux yeux à pigmentation marron, ils sont subdivisés en trois classes, selon que la matière brune : ou i** reste confinée autour de la pupille; ou 2** envahit la totalité de l'iris, tout en laissantà découvert sur le fond des stries ou des secteurs jaune-verdàtre ; ou 3** recouvre l'œil en entier d'un velouté brun foncé uniforme.

La série complète : i° yeux impigmentés (avec ou sans auréole pâle) ; Q® h auréole jaune ; 3** à auréole orangée; 4** à auréole châtain ; 5» à auréole marron groupée en disque ou cercle autour de la pupille; 6** à auréole marron recouvrant imparfaitement la totalité de l'iris ; 7<> h auréole marron recouvrant uniformément la totalité

de l'iris, suit une progression qui satisfait aux conditions requises de gradation indiquées précédemment, en ce qu'elle permet de passer insensiblement, pas à pas, de l'œil bleu (azuré ou ardoisé) des races blondes à l'œil marron foncé de l'Arabe. Chaque classe peut être

(i) Cos termes sont onipruntcs pour la plupart au paragraphe où Uuflbn analysa et décrit l'aspect de Tiris humain. La classification et la sûriation dos termes seules me sont

{>erMonnc)les : et pourtant elles n'avaient pas échappé à Aristole qui assignait «trois coneurs principales à Tiris des yeux humains: i* le bleu; a <* l'orange obscur : et 3° le brun noir » .

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