‹ Identification anthropométrique; instructions signalétiquesChapitre 3 sur 143 · AVERTISSEMENT V · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT V

d'en tirer en un mot tout ce qu'il est possible d'en tirer: car il faut, pour bien voir ou mieux pour percevoir ce que l'on voit, connaître d'avance quels sont les points à regarder.

C'est l'idée que le célèbre anatomiste Peisse a résumée en cette sentence que le D' Paul Richer a mise en épigraphe â son récent et magnifique traité d'anatomie artistique :

«l'œil ne voit dans les choses que ce QU'n. Y REGARDE ET IL NE REGARDE QUE CE QUI EST DÉJÀ EN IDÉE DANS L'ESPRIT ».

Nous avons déjà eu l'occasion d'exposer dans un petit opuscule sur la photographie judiciaire (i)que le meilleur et même le seul moyen pour un agent d'imprégner sa mémoire visuelle d'un portrait photographique était d'en faire par écrit une espèce de description morphologique exacte et complète : « On l'a dit depuis longtemps, nous ne pensons que ce que nous pouvons exprimer par la parole. Il en est' de même du souvenir visuel, nous ne pouvons revoir en pensée que ce que nous pouvons décrire. L'agent chargé d'une mission aussi difficile que de rechercher et d'arrêter un criminel à l'aide d'une photographie, doit être à même de réciter et de décrire de mémoire la figure de celui qu'il poursuit, d'en faire, en un mot, une espèce de portrait parlé. C'est la meilleure manière de prouver à ses chefs qu'il a pris à cœur la tâche qu'on lui a confiée. »

Ces prescriptions ont reçu, depuis leur publication dans l'ouvrage que nous venons de citer, la haute et complète approbation de MM. Lozé, préfet de Police; Viguié et Cavard, chefs de son cabinet; Goron, chef du service de la Sûreté à Paris; Taylor, ancien chef de la Sûreté; le D*" Guillaume, secrétaire général de l'association pénitentiaire internationale; Le Royer, sous-secrétaire du département de Justice et Police de Genève (2); Mac Claughry, chef delà Police de Chicago, etc.

(1) Paris, Gauthier-Villars, 1890.

(2) « 11 faut donner aux agents de police une Instruction qui leur permette d'utiliser avec fruit une fiche munie d'une photographie, par exemple de savoir reconnaître une oreille, car cette partie du corps est la plus importante à ce point de vue et fournit des indications nombreuses et précieuses qui ne permettent pas de confusion.» (H. Lb Roybr, lie jur. in Revue pénale tuiêtet 4' année.)

On trouvera dans VAltum des r::* i jles de formules descriptives, et de non:breuses ;*h'.'i"-:rarh:es de types phys:onor:":ques 7 resentes en tanleau. en vue de ser\"ir de rruide a la rédaction du foriraii fjrli. Leur vuiLrarisation dans les ser.ices de poiice active n'est plus qu'une aiTaîre de tentps: la thèse théorique est ça^mee. Mais il est bien entendu cu'un laMeau aussi C'-n^pIrt de rurriques descri|>tives ne d«'ii pas être dresse p'-ur chaque sujet examine: ce cadre visant principalement l'analyse d'un p^-nrait photographique en vue de faciliter :a recherche et la reconnaissance d'un maliaiîeur en fuite, ne doit servir que lorsque les circonstances l'exiçrent. Les enquêteurs de ce trenre disposent alors de tout le temps nécessaire, et l'importance de la tâche qui leur est connce est telle que le supplément de travail qui en résulte pour eux ne saurait entrer en ligne de compte.

Ainsi tous nos efforts, en composant les Insiruciions sur les RENSEIGNEMENTS DESCRIPTIFS Ont tendu a mettre à la portée des aç-ents de la force publique une méthode à la fois rigoureusement scientifique et aussi simple que fë sujet le comporte. La chose en valait la peine, car il est bien évident que le st);(Ttjlemeni anthropométrique pur ;pour lequel nous ne saurions être soupçonné de sevérite ne peut entrer en concurrence avec le descriptif pour les applications a la police extérieure et notamment pour \ identification d'un malfaiteur en fuite.

Or. a res^arder les choses d'un pc'int de vue élevé, touten police est affaire d'identification. L'n crime vient d'être commis parun inconnu: la tâche de la police vaconsister: i*âdécouvrir l'individualité du coupable: 2* à le rechercher pour l'arrêter: c'est-a-dire à Vindividualiser au milieu de la foule des humains. Depuis le commencement jusqu'à la fin del'enquêtejudiciaire.cenesontque questionsd'identité,de description, de si^male??:ent à L-lucider. en prenant pour base des éléments bien vagues et bien trompeurs des témoins, il est vrai, mais au milieu desquels la nouvelle méthode a le mérite de jeter quelques lumières.

N'est-ce pas la un premier pas vers une police scientifique où les connaissances techniques de la chasse à l'homme

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seraient coordonnées. Jusqu'à présent en cette matière tout était laissé àrinstinct c'est-à-dire à la routine. L'instruction professionnelle du policier était limitée à quelques bribes de législation. Or, les connaissances juridiques ont toujours été et seront toujours en premier l'apanage de la magistrature qui connaît la loi mieux que qui que ce soit. Mais quelle différence si nous passons à l'application! Tandis que la Justice doit exécuter seulement ce que la loi lui commande de faire, tous les moyens sont bons pour la police, du moment qu'ils peuvent aider à la découverte de la vérité: en fait de législation elle n'a guère besoin de connaître que les limites que la loi et les coutumes lui interdisent de franchir.

Rien n'empêche donc la police d'évoluer à son tour dans la voie des applications scientifiques. L'anthropologie n'est pas autre chose, par définition, que l'histoire naturelle de l'homme. Est-ce que de tous temps les chasseurs ne se sont pas piqués de connaissances en histoire naturelle et inversement, les naturalistes ne sont-ils pas d'instinct un peu chasseurs?

Nul doute que les policiers de l'avenir n'arrivent à appliquer à leur chasse particulière les règles de l'anthropologie, tout comme les chauffeurs de nos locomotives mettent en pratique les lois de la mécanique et de la thermodynamie.

Signalons encore parmi les modifications techniques l'innovation relative aux numéros d'ordre de la couleur de l'œil qui, tout en rendant la notation delà nuance plus exacte et plus simple, a permis de supprimer la rubrique limite qui avait été généralement mal comprise. Ainsi corrigé et illustré d'une planche en chromotypographie, le chapitre de l'œil nécessitera de la part des anciens opérateurs une nouvelle étude.

Les changements apportés à la troisième partie, le relevé des particularités, consistent uniquement dans le remplacement de certains termes par d'autres susceptibles d'abréviations plus cursives. Grâce à ces transformations, les graphiques recommandés maintenant sont communs dans leurs initiales à l'anglais et au français, ou au français et au latin. Des tableaux synoptiques, disposés spécialement en vue ou de l'écriture ou de la lecture des relevés cicatriciels, offriront un guide facile aux personnes peu familières avec l'emploi de ces signes.

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