Notions générales
1. — Aucun caractère ne présente à la fois plus d'immuabilité chez le môme individu et plus de variabilité d'un individu à Tautre. La classification rigoureuse dont sa description est susceptible lui donne une valeur signalétique égale à celle des meilleures mesures, en môme temps que Timpossibilité de la part du sig et d'en altérer le moins du monde les caractères, la facilité pour l'observateur exercé d'en apprécier la nuance sans Taide d*instrument, impromptu, sur la voie publique, en font le meilleur des renseignements descriptifs. Si rimportance de la couleur de l'œil au point de vue signalétique n'a pas été jusqu'ici plus généralement reconnue, la cause doit en être attribuée à l'absence d'une notation rationnelle et à la confusion qui en résultait.
2, — La méthode analytique que nous allons exposer ici, a fait ses preuves depuis dix ans. Si quelques-uns, au premier abord, l'ont trouvée difElcile et compliquée, d'autre part de nombreux agents de l'administration pénitentiaire sont arrivés à s'en rendre parfaitement maîtres en dehors de tout enseignement oral, par la seule étude des
instructions théoriques qui leur avaient été transmises antérieurement. La planche chromotypographique qui accompagne cette nouvelle édition, aplanira toutes les difficultés.
3. — La confusion que l'on remarque dans la désignation de la couleur des yeux provient, en grande partie, de Tinfluence extrême que la direction et l'intensité de Téclairage exercent sur leur nuance apparente. C'est ainsi, par exemple, qu'un œil bleu ardoisé foncé observé à contre-jour et à quelques mètres de distance, semblera noir par suite de l'opposition de la nuance foncée de l'iris sur ce qu'on appelle le blanc de l'œil.
4. — L'œil gris du public n'est le plus souvent qu'un œil bleu plus ou moins jaunâtre et qui ne paraît gris qu'à cause de l'ombre projetée par les sourcils, etc.
Rien de plus inexact, de plus vague que le qualificatif gris appliqué dans la pratique journalière à plus des trois quarts dès yeux. A bien parler, la teinte grise est un mélange de blanc et de noir dont la gamme complète s'étend du noir au blanc. Comme exemple de gris, on peut citer la tache que laisse sur du papier blanc un trait au fusain étalé au moyen d'une estompe, ou un lavis à l'encre de Chine sur fond blanc. Jamais œil humain observé dans de bonnes conditions d'éclairage ne présente de tons approchants. Le centre de l'œil ou pupille est un petit cercle nécessairement noir; quant à la bande circulaire, appelée iris^ qui l'entoure, elle a toujours un fond coloré^ elle ne saurait donc être qualifiée de grise,
5. — Ces prétendus yeux gris se rattachent généralement aux tons clairs. Pourtant quelquefois le public appliquç le même mot à certains yeux bleu foncé, appelés aussi gris d'acier et que nous désignons sous ie terme de bleu ardoisé pour les tons foncés et bleu intetnnédiaire violacé pour les tons clairs. Quant au mot gris, il ne doit être employé pour la désignation de la couleur de l'œil que dans certains cas particuliers, dont il sera parlé ultérieurement (voir page 45, note).
6. — Les yeux ordinairement appelés noirs demandent aussi quelques explications. 11 n'y a pas plus d'iris noirs qu'il n'y en a de véritablement gris. Les yeux ainsi dénommés sont généralement des yeux marron fbncé et quelquefois des yeux bleu ardoisé foncé,
7. — Le qualificatif brun est fréquemment aussi appliqué aux yeux que nous appelons marron vioyen ou marron foncé, les mêmes que d'autres appellent quelquefois noirs.
8. — Tous les autres adjectifs en usage pour la désignation de la couleur de Pœil participent des mêmes confusions et doivent être oubliés par le lecteur dès le début de cette étude.
0. — Poar analyser la Douleur da l'iris d'une manière uniforme, le premier lotii
i* l'àbHmtenr àevn it» do te pUoer vls-à-vii toD «njol, L trente ceatitnttraa environ de loi et le. doi tourné au Jonr, de telle sorte qae l'iail i «ummer reçoÎTe «a plein une lamiire vive i,mala non les myon» du aaluilj; poi» il l'invitera k le regarder les yeuae dana lea y«ux, eu lui soulorant ligiremenlU milieu du sjurcil gauclie (Fig. 2i).
iO. — Si la aalle d'opération était éclairée par un jour venant d'en liaut et que, concurrement, l'observateur se trouvât être de petite taille, il devrait faire asseoir ses sujets, avant de procéder au relevé de la couleur de leur œil : 11 eit en effet inâitpen- •able.pour avoir dea reiuBlgnementa rigoureusement oomparables, que le regard de l'observateur plonge dans l'œil du sujet dans la mfime direction que l'arrivée de U lumière.
11. — La mi^me règle d'éclairage est â observer pour l'étude du grand tableau chromotypograpliique des nuances de l'iris humain, qui est adjoint a ces instructions (i).