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Spir, /. c, p

184 LA CONSERVATION DE L ÉiNERGIE

nant Dieu à ud synode religieux ^ Mais ce nest là évidemment qu*une boutade; le Dieu dont parle Joule n'a rien de commun avec la théologie : il est, comme celui de Descartes et de Leibniz dans quantité de passages analogues, comme celui de Colding dans l'extrait que nous venons de citer, un symbole de l'ordre général de la nature, et, dans le cas particulier, de l'immutabilité essentielle des choses, c'est-à-dire du principe causal.

Helmhoitz, dans son travail de 1847, invoque, tout comme ses prédécesseurs, le principe causaP et dix ans plu^ tard encore. Faraday, en exposant ses idées sur la conservation de l'énergie, ne songe pas un seul instant à la traiter en loi expérimentale, mais fonde sa conviction sur l'égalité de la cause et de l'effet '.

A côté (le ces déductions purement causales, qui dominent incontestablement, on en trouve d'autres où la causalité semble moins directement mise en jeu. Elles appartiennent à deux types principaux : la démonstration par les forces centrales et celle qui est tirée de l'impossibilité du mouvement perpétuel : toutes les deux se trouvent formulées dans le travail de Helmhoitz de 1847. La première consiste à supposer que tous les phénomènes du mouvement sont exclusivement régis par des forces émauant de centres et dont l'action se produit suivant des droites qui joignent ces centres deux à deux, d'après une loi qui ne dépend que de la distance ;

1. Macii. Die Principien der Waennelehre. Leipzig, 1896, p. 261.

:2. IIekmhoi.tz. Wissenschaflliche AbUandlangen, p. 13. « Wir werdcn genoelhigt iinci berochtigt... diirch den Grundsatz, dass jedc Vcracnderung indcr Natur cine zureichcnde Ursarhc haben miicssc. m Plus tard Uclnjholtz, en njoulant des notes ù ce travail a déclaré qu'il avait été trop infhionré par Kant cl que le principe de causalité n'élait que l'hypothése de la légalité de tous les phénomènes (Cf. p. 2). C'est la confusion bien connue, et l'on se rend compte aisément que le principe dont Helmhoitz s'est servi pour aflirmcr qu'il fallait rétluire les phénomènes à dos forces immuables dans le temps, est bien celui de causalité. On voit aussi par la sui'.e du passage iib., p. 68) que ce qui l'a induit en erreur, c'est la confusion entre les lois et les propriétés des corps : a Das Geset7 aïs objektive Macht anerkannt, nennen wir Kraft. » (Cf. plus haut, p. 28 ss.)

3. Faraday. On Ihe Conservation of Force. Phil. Mag. (4) XIII. 1857, p. 239, cf. In. Expérimental liesearches on Electricity. Londres, 1839-1855, vol. 11. §^ 2069, îi07;s. Il est curieux de constater que les violentes attaques de Tait contre .I.-R. Mayer et Séguin accusés d'être « philosophes spéculateurs » el « métaphysiciens » (cf. par exemple Tait. Conférences, Paris, 1856, p. IS, 73. 77) se retournent contre Faraday et même, nous l'avons vu, contre Joule.

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