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2, Descartbs. Principes, !!• partie, cap. iv.

228 LUMTK DE LA MATIERB

Locke éoumëre comme suit « les qualités du corps qui n'en peuvent être séparées et qui produisent en nous des idées simples » : la solidité, retendue, la figure, le nombre, le mouvement ou le reposa Ce sont là encore, si Ton excepte la première, des qualités purement spatiales. Locke d'ailleurs, pas plus que Leibniz dans ses discussions avec les cartésiens, n'essaiera détablir que la solidité (Leibniz dit impénétrabilité ou antilypie et puissance) peut se loger réellement dans Timage spatiale. Il la pose par postulat en déclarant que le corps ne peut agir que par impulsion^.

Donc, au point de vue logique. Descartes a raison contre Locke. Ou a dit fréquemment que Descartes annihile Tespace au profit de la matière, et cela est exact, car il n'existe pas d'espace chez lui en dehors de celui que remplit la matière. Mais c'est en réalité une assimilation bilatérale et si la matière résorbe lespace, elle n'est en revanche elle-même autre chose que de Tespace hypostasié, puisque, nous venons de le voir, elle n'a d'autre propriété que la grandeur spatiale. Avec la prodigieuse vigueur de son esprit. Descartes, en cette question comme en bien d'autres, est allé du coup aux limites de la pensée humaine : il n'y a pas d'autre « explication » de la matière et de Tètre en général (l'être intellectuel et moral, bien entendu, mis à part) que par l'espace, et c'est bien en vue de cette explication ultérieure, comme acheminement vers elle, tout comme nous l'avons vu pour le temps, que nous cherchons à éliminer de la matière toute « qualité occulte », c'est-à-dire toute propriété spécifique eu général.

Descartes d'ailleurs, sur ce point, ne faisait que préciser les idées des anciens alomistes. Leucippe et Démocrite, nous dit Aristote, ne connaissent que trois différences, causes de tous les phénomènes: la forme, l'ordre et la position ^ Il n'est pas douteux que le terme forme est employé ici dans le sens spatial; ce sont donc des relations purement spatiales.

Si notre supposition est exacte, il doit évidemment se manifester dans la science moderne, parallèlement à la tendance à unifier la m:itière, une autre tendance vers la réduction de la matière à l'espace. C'est ce qui a lieu en effet.

Notons d'abord, à l'appui de notre affirmation, quelques

i. Locke. Essai philosophique concernant V entendement humain, Irad. CosTE, 4« éd. Amsterdam, 4742, cap. viii, § 9.

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