‹ Identité et réalitéChapitre 164 sur 274 · LB NÉANT · texte numérisé non relu

LB NÉANT

coatinuité absolue de la pensée maltresse d'où elles sont issues se révélera mieux encore si nous suivons l'évolution que les concepts de temps et d'espace subissent par le fait des explications successives du devenir et de Tètre. Nous avons commencé par considérer le temps et l'espace comme homogènes tous deux par rapport aux lois: nous avons posé en même temps l'identité des corps dans leur mouvement à travers l'espace. Cestroisconditious caractérisent la partie empirique de la science, la science des lois. Postulant ensuite l'identité des corps dans leur mouvementé travers le temps, nous sommes parvenus à la notion de cause et avons vu naître la partie rationnelle de la science, la science des hypothèses. Mais parvenus là, l'analogie entre le temps et l'espace que nous avons cru rétablir par cette opération se montre au contraire troublée une fois de plus. Les corps, identiques à travers le temps, sont aussi immobiles dans le temps, alors que, identiques à travers Tespace, ils pouvaient encore s'y mouvoir. Par suite du fait que le temps n'a qu'une seule dimension le long de laquelle tout se meut d'un mouvement uniforme dans la même direction, le postulat de l'identité des corps à travers le temps, qui constitue la causalité, vide pour ainsi dire du coup le temps de son contenu. Les instants successifs sont devenus identiques; mais, dans l'espace, les parties se distinguent encore par les corps qui les remplissent. Cette fois l'identification est donc plus complète pour le temps que pour l'espace. Alors « l'explication » continue son œuvre et ramène définitivement l'espace à la condition du temps, en identifiant toutes ses parties.

C'est à cette dernière identification que les hypothèses mécaniques doivent l'unité de la matière qui les caractérise, cette unité n'étant d'ailleurs qu'un acheminement vers la réduction de la matière à l'espace. Les deux tendances en effet ont encore ce trait commun que, le but visé par notre entendement lui paraissant excessivement éloigné, il est tout prêt à se contenter de satisfactions partielles, quelque minimes et quelque imaginaires même qu'elles puissent être. Tout progrès, môme purement apparent, dans l'une ou l'autre de ces directions nous apparaît toujours comme une « explication » ; et l'on voit fort bien comment Aristote a pu, à un moment donné, les confondre et désigner par le terme de cause ce qui n'avait manifestement aucun rapport avec Tidentitédans le temps.

Obéissant aux deux tendances, nous avons, de théorie en

(iKorp >f 1 ;iipnf.rn\'ttioa -^ii nieiitiiicaiioa. fait compiètement !i«o;irfi{r'î p nionile r^îp! ^--lU.s r.*'>QS t'ibonl expliqué, o'estf-|ir* nu* .(*. ^nitiiir-meur. iilenMiaiiL l'iatecedent etie coaaépn'nt *? il ii.ir^îif* lii mouite s>st iiTf^tee. Il nous restait un «îîO'MV .-Nn:)!. l«», TorpH NoiH iV'jQd <!onstitue les corps avec tp \»'^r):<iv. rrimi^în* .es .^.rps a i>Hpaoe, et les corps se sont * -f loirs 1 i'»iir rniir. Osr !e ."nie. ♦ riea «iiitoat > comme dit Mai v^Jî .»> :i»^anr.. i'jïr ie temps et l'espace se âoat dissous. Le ■pm;><» lii'ir le Niur^ ninipliti'ie pl.is de chamremeat. est .ii'lHf^»*r'i;ffi'e. ijiexi.-Unr. : -c i'esp;ii!e. vide de corps, a'ètaat 1 ' j -« m:f r { if. :/\ r rien, i i i> p-'j ri i \ ;i iiss i .

i; nr*, jVi'ivi:- "i!! r^tr^: a;i':r'^aient. N"}us avoas cherché le p^'i;'.,' ioi «i i \i\n\'n[y. réel, et aoji^ i .ivt)Qs f:iità l'aide du prinr-.'.u** J ;M'\'.*i'.V Li -.''i'irce iiîtime de t.)ute réalité ae peut doûc '*v^ i'i "t.^priMK.^riient identi'jue à elle-même, aux parties '.ii I ■• /■i-r^M»;'» f, *:-X hi-n. oett^ f-iis, la sphère de Parménide. ■f:.-. i ii^r'-^ prirt. c«imment cette chose eu soi, u'ayaat A ."..ïXï- ^l.;er^;'.-. ^r:i:r'=îrait elle eu rapport avec ce moade f\'. f-r^ ' fl (-M trop oUjir. dit avec raisoQ Reaouvîer, que la tù'i'i^-r^: 'i.-ijform'=; iiornoçréne et immobile u'est ni cause ni fii-'in <[f\ ^{ijoiqije ce .s^it an monde-. > N étant cause de rien, n'-n'i-^'int p-'is. elle est comme si elle n'était pas et par conseil u^rut -v"êv?irioijit.

\ >'M f)Oijvofis, p?ir une ?iutre voie encore, rendre sensible Il U//i/fii'; de ce résuilat. Le raisonnement causal, de par son f'-ciirc,, tend à reiiiont':r à une cause ultime, puisque (\\'if\\iti f.iiu^fi rJfVouverte devient aussitôt, par ce fait même, nu'; /onsiVpifînr;?; dont il fjiut rechercher la cause à sou tour. Oi\ fine p**iit rtre cette cause ultime ? Elle ne peut être, pour pîirlf^r îivecSpifiozr'j qui n'a d'ailleurs fait que reproduire une f'Kfir^Hsion de saint Anselme; qu'une chose qui soit cause de Hoi, r/tusa aui^ c'est-à-dire v ce dont l'essence enveloppe IVxiHtence- />. lioric, aboutir au néant, c'est simplement constalr»!- qu'il est imjiossible de trouver celte cawjf^ (/<» 50«.

Kst ce donc là Tultime résultat de la science et ne nous rente tjl, conuneà riiiéropbante de Sais, que le regret d'avoir d'une main téméraire arraché à la vérité ses voiles? Pour qu'il en fiU ainsi, il faudrait d'abord, semble-t-il, que cette c(»nHta talion fiU réellement au bout de la science. Or, il n*en est rien. I^e mécanisme n'est pas le fruit de la science, il est ne

1. IUnouvikii. (lrlli(|tio pliilosphiqiic, vol. XI, 1, p. 188. ^. Kpinoxa. Opéra, La Huyc 1887, Ethique, h 39.

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