Platon. Timée, Irad. Callet, Paris 1845, V
3. Aristote. Œuvres, trad. Barthélémy Saint-Uilaiiœ. Traité du Ciel, 1. n, cap. XI, § 2.
formule en disaDt avec Wolf : Nihil est sine ratione cnr potius sH quam non sit^)), ce qui est, ou le voit, littéralement renoncé de Leibniz.
Mais Leibniz s'est, dans d'autres passages, expliqué avec plus de précision sur la manière dont il entendait la cause ou la raison déterminante. Dans le traité De legihus tiaturœ et vera œstimatione virium motricium, on lit (il s'agit de la démonstration par Tabsurde du principe de la conservation de la force vive) : « Il s'ensuivrait que la cause ne pourrait être restituée en entier, ni substituée à son effet, ce qui, on le comprend aisément, est entièrement contraire aux habitudes de la nature et aux raisons des choses- », et dans la Dynamica (proposition o) il écrit : « L'effet intégral peut reproduire la cause entière ou son semblable ^ ». Il exprime encore la même idée dans son Essay de Dynamique (C'est également le principe des forces vives qui est en jeu) : «Car si cette force vive pouvait jamais s'augmenter, il y aurait l'effet plus puissant que la cause, ou bien le mouvement perpétuel mécanique, c'est-à-dire qui pourrait reproduire sa cause et quelque chose de plus, ce qui est absurde. Mais si la force se pouvait diminuer, elle périrait enfin tout à fait, car, ne pouvant jamais augmenter et pouvant toujours diminuer,, elle irait toujours de plus en plus en décadence, ce qui est sans doute contraire à l'ordre des choses*. » En somme, on le voit, le principe de Leibniz revient à la formule bien connue des scolastiques, causa œquat effectiim.
Jean BernouUi, que nous avons cité plus haut, se sert du même énoncé : c'est l'égalité entre les causes et les effets qui lui paraît la garantie indispensable de l'ordre dans la nature. Lucrèce écrit : Nil posse creari de nihilo^, ce qui est évidemment la formule d'Anaxagore : Rien ne 7iaU ni ne périt, formule dont on a parfois fait honneur à des auteurs bien plus modernes, jusqu'à l'attribuer à Lavoisier. Il est clair, d'ailleurs, que cette formule se déduit immédiatement de la pré-
1. ScHOPENUAUER. SasmmlUche Werke, éd. Frauenslaedt. Leipzig, 4877, p. 5.
2. Leibniz. Malhematische Schriften, éd. Gerhardl, Halle 18Gu, vol. VI, p. 206. u Sequerctur etiam causam non posse itcrum restitui suoque effectui surrogari quod quantum abhorrct a more naturse et rerum ralionibus facile intelligitur. w
3. Ib,, p. 439. « Efïecius integer causam plenam vel ejusgemellumreproducere potest. »